Participation amicale au jeu d’écriture(s) à 1000mains . Un dessin est mis en ligne, en l’occurrence cette fois – ci, celui de Marlène . Chaque petite main écrit alors un texte, sous quelque forme que ce soit, le publie sur son blog ( il y a toujours la possibilité de s’exprimer même si vous ne bloggez pas ). Suivez les liens…Une chaine de mots pour une chaine d’amitié. C’est bien la seule contrainte physique acceptable dans ce monde de furie et de bruits.
La fenêtre aux alouettes
Solitaire face à sa fenêtre, enveloppée d’un peignoir de soie négligemment porté à l’envers tel une camisole de force qu’on aurait oublié de lui lacer dans le dos , elle laisse trainer un regard vague . Dans ce petit matin frileux , aucune lumière encore ne pollue l’image qui s’offre à elle. Disparue la ville et ses hautes tours infernales, disparue l’antenne qui pointe son dard empoisonné, irradié, menaçant. Ce doigt levé, accusateur, cet aiguillon vicié, ce mouchard pirate des airs, tueur de libellules éphémères qui osent s’aventurer dans cet univers hostile!
Elle danse d’un pied sur l’autre, se balance, berce son corps pour l’aider à trouver l’apaisement d’une nuit sans sommeil. Quand les premières lueurs du jour baignent d’une couleur bleutée au reflet de perle, les aiguilles de l’horloge interne s’emballent dans un mouvement inversé et entament une course poursuite diabolique. Elle suffoque. Vite, prendre une longue inspiration!
Perdue dans les souvenirs de ses montagnes , si lointaines et si vivantes dans son cœur, un frisson la secoue. Ce froid glaçant ses os, crispant ses muscles, cette mélancolie qui l’anéantie. Ne plus lutter, se laisser glisser, envahir, anéantir. Soulever le loquet, entrouvrir ce miroir faussé, prendre appui sur ses frêles poignets, se hisser…… Tendre tout son corps et…
Et tirer la langue pour happer au passage les plumes d’ange , ces merveilleux flocons laiteux, cadeau de la providence, grains de sucre candi poudrés de riz, poussières d’étoile, microscopiques fractals de l’univers. Instant fugace de bonheur retrouvé !
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Nuit d’hiver hébétée
je quitte mon lit mouillé
par la baie je guette
la main du vent
depuis , j’attends
je jette un regard sur la ville
je vois mon reflet qui file
suivant son chemin
l’œil se pose sur les grains
d’ombres claires
signes ouatés
d’un matin clair
à mes yeux fatigués