Pyrénées, quand ta Flore conte Fleurette

Libérée des contraintes ordinaires d’un travail harassant consommateur vorace d’énergie et de sueur, elle découvre toutes les beautés du monde dans le simple appel de la brise dans le feuillage d’où s’égrenaient les perles de pluies d’un orage passé. Le ciel , délavé de la poussière , dévêtu de ses voiles de nuages offre à son regard ébahi la chaine montagneuse si prés qu’elle peut la toucher du bout des doigts. La vue perçante d’un aigle lui fait entrevoir, nichée entre  éboulis de pierres et pans de rochers abrupts, une vipère pointant sa tête de forme caractéristique non loin de pédiculaires chevelues, d’euphorbes . Sur ces pentes ensoleillées , il n’est pas rare de trouver Ibéris de Bernard, alchémille plicatula, fétuques à balai ou gispet et saxifrages…. Chaleur et eau tombée du ciel si salvatrice,  ont couvert de mille couleurs la région .
Dans la plaine ,les  tournesols aux fleurs suivant la course de l’astre lumineux   jouent les géants face aux plumets rougeoyant du Sorgho. Les coquelicots, bleuets reviennent peupler  les champs et bas cotés. Quant au tapis fleuri des versants,  sortant son nez du gel et de la fonte des neiges , rhododendron,  au versant nord tardivement enneigé, sapinière pectinée aux aiguilles insérées en forme de peigne , essence des forets en altitude , lichens décorant branches et troncs comme algues en mer, toute cette flore locale se pare . La  gentiane à fleurs articulées s’adapte à la température et à l’humidité en faisant gonfler sa robe ou en s’encapuchonnant  comme la pulsatille printanière poilue pour se préserver des ultras  violets. Végétation étagée ,  l’hêtre en douceur, en bas, installe son
confortable vert . Orchis sureau et renoncules des Pyrénées , primevères , sabots de Venus( orchidée inoubliable , sabot de la reine pour les espagnols ,une merveille de Dame Nature , promeneurs prenez y grand soin .)

Point d’herbier, de catalogue ou de grande encyclopédie, c’est à pieds , à cheval ou à dos de mulet( le crottin saura laisser la trace et nourrir en retour ces trésors) que le réel de la Terre offre ses plus beaux joyaux. Science de la botanique et philosophie de la vie dansent une folle farandole pour affoler les sens de celui qui sait arrêter le temps, redécouvrir l’espace .

Quittant la vision de loin, elle  se campe là, en plaine profitant de l’instant présent. Toute l’histoire de l’humanité se raconte dans une fleur, une graine, un brin d’herbe. Apres en avoir cueilli un délicatement, elle le porte à ses lèvres pincées et dans un souffle sibyllin en tire un sifflement mélodieux ou serait- ce le  chant d’un oiseau en écho . Happeau naturel restituant le langage animal, il devient bijou tressé et paré de corolles chamarrées de fleurs champêtres. Longeant la barrière du pré, elle se sent engloutie entre les pages du livre de cette nature .Une poulinière et son petit s’approchent d’elle. La mère , tout naseau tendu, hume son odeur humaine , « Hominescence » . Ne plus bouger et profiter de ce rapprochement , de cette communication comme un moment de grâce et se sentir transporter dans une nouvelle dimension, un espoir un peu vain d’une nouvelle naissance où femme et animal ne formeraient qu’un seul corps, qu’une seule âme.

 » La sagittaire  se réveille en moi » pense t’elle. Et si elle  était  une équidée qui s’ignore??? Alezan soupe au lait , Pie Bai ou Grise Pommelée. Et de chantonner comme une comptine enfantine :  » Bel Animal Né Cheval, Beauté Irrésistiblement Sage, Galope Avec Légèreté, Royal Partenaire !! » point de bride sur le cou, de troussequin ou d’étrière, elle ne se sent plus solitaire , prisonnière d’une vie qu’elle rêvait. Le bonheur n’est peut être pas dans le pré , mais la simplicité, la joie pure et sans complexe lui donne un élan de vie, une bourrasque d’envies. Vivre enfin son rêve avant que les vents malins ne s’en mêlent à cor et à cri et d’aller en mer,  en eau louche créant un giron plus ou moins hospitalier ou qu’un bras ne se tende avec agressivité ou ras le bol et n’attrape cette musicienne en herbe folle à force d’être à jeun et  la secoue comme un prunier.

Libérée de contraintes, enfin à quel prix? Celui d’oser, celui qui laisse exprimer le contraste de savoir s’arrêter , prendre une pause tout en laissant exprimer par les mouvements naturels, les penchants de son corps ,ce que la tête imagine à grand renfort de crayons  bois de couleurs,de pastels, d’acryliques. A crier qu’elle a besoin d’aimer, de sentir, de ressentir, d’entrer dans le véritable dialogue. Se réveiller enfin , ne plus dormir sur les lauriers des espoirs passés, surannés, dépassés qui hantaient ses nuits blanches. Déception , frustration , vaine attente. L’appel de la nature en cascade de sourire, de rire d’enfant, aller à la rivière et voir si l’aube de la roue du moulin suit un trajet géométrique ou mathématique. Qu’il soit futur antérieur, passé composé , elle le vit au présent et laisse tomber les scies.  Pas la saison encore de la taille, laissons les rameaux croitre, arrêtons la déforestation.  Respect pour les poumons de la terre, elle ne veut plus manquer d’air! D’une démarche singulière, elle fait face au monde , à ses critiques acerbes et hypocrites. Quitter la masse du troupeau, on ne lui tondra pas la laine sur le dos , le nez en l’air, elle reprend son chemin à petits pas feutrés, sur le sentier de la vie en grande randonnée.

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Dessert.Wine.the Stickies- François Gillet

Dessert. Vin. les Collants : Ce qui pêgue comme on dit dans le Sud. Pas la poisse ni la glue, non le liquoreux, suave et doux. Fondant quand il est au palais des saveurs mais tenace en arrière plan . Quand le moelleux réjouit le gourmand, le croquand s’enhardit et , dans la caverne hérissée de dents, amour liquide sera englouti

Freedom Flotilla- Stay Human

A l’initiative de la Grèce, « Bateau pour Gaza », Le « Dignité-Al karama », bateau français pour Gaza , est parti des eaux de l’Ile Rousse au large de Marseille en Corse, samedi 25 juin 2011. Un autre , le fameux 2 Mats , le « Louise Michel » devrait prendre la mer  sous peu.   40 français embarqueront pour rejoindre la
Flottille de la liberté : Freedom Flotilla

Israël est énervé par ces activistes et prêt à des actions militaires et armées contre ces volontaires « Freedom Flotilla » , se disant dans le même temps prêt  à arrêter le flow de rockets et d’armes dans Gaza , mais à quel prix?? Depuis le blocus , le niveau de pauvreté dans le territoire a triplé. 65% de la population est en dessous du seuil correct d’alimentation et 45% de la population active est au chômage, un des niveaux records au monde . .

Rappel : lors de l’attaque du »  Mavi Marmara  » l’an passé, les soldats israéliens ont tué 9 pro palestiniens activistes et blessés plus de 50,  quand ce bateau turc essayait d’amener de l’aide à la population palestinienne . Israël avait déclaré comme illégale cette action de volontaires et abattu arbitrairement certaines personnes , d’autres subissant la torture . La Turquie , la France et la Grèce sont sous tentative de pression exercée par les dirigeants d’Israël .

Doivent partir des hommes politiques, des députés, des écrivains, des représentants religieux, des
gens des arts et de la culture et des activistes. Seront également à bord de nombreuses équipes de télévision (CNN, NBC, Al-Jazeera, etc.) ainsi que des journalistes envoyés par divers médias et journaux du monde entier.

Des menaces à l’encontre de ces même journalistes  sur le départ ont été lancées ( dix ans d’interdiction de venir sur le territoire Israélien et les territoires occupés  s’ils embarquent sur les navires du convoi pour Gaza ( source  presse officielle du gouvernement israélien retransmis par une reporter israélienne  qui embarquera sur un navire canadien) )pour les décourager de partir .
Tous les moyens technologiques sont mis en œuvre pour  relayer les  informations et soutenir ce mouvement d’ entraide  Freedom Flotilla 2- Stay Human , Rester  Humain . Des sites du Net, presse,  Stream et autre , les associations  de soutien et de solidarité pour l’ action pacifiste de volontaires permettent de suivre étape par étape  la préparation, la mise en place du matériel d’aide  en containers, la motivation et la volonté de résister contre vent et marée . Informer, relayer  , c’est déjà un engagement , une action  . Se taire , laisser faire , se voiler la face , c’est  refuser la résistance , c’est être complice , c’est monter des briques supplémentaires  d’un  mur de la honte , dresser des barbelés , armer les fusils et les lances roquettes .

Constituée de 2 cargos et de 8 autres embarcations de passagers ou plus, souhaitons  » Bon Vent » comme il est de tradition dans la Marine. Alors que se tracent les mots d’une « rien du tout » ici , la conférence de presse a lieu en Grèce, salle ISIA  à Athènes ( communiqué ISM-France)

 » Notre Flottille pacifique naviguera malgré les mensonges, les pressions et le chantage du gouvernement israélien à la communauté internationale et aux autres gouvernements pour empêcher par tous les moyens, administratifs ou répressifs, les bateaux de prendre la mer. Le gouvernement israélien essaie ainsi de transférer la responsabilité et les coûts politiques de sa propre politique inhumaine d’occupation de la Palestine  sur les gouvernements des autres pays.

Nos gouvernements portent une grande responsabilité puisqu’ils évitent d’obliger Israël à respecter le droit international, ainsi qu’ils évitent de prendre les mesures nécessaires pour protéger leurs propres citoyens, qui sont désarmés et qui participent à cette action humanitaire pacifique. »

La Fédération Internationale des Droits de l’Homme a réaffirmé dans un communiqué de presse la responsabilité de la communauté internationale de prendre les mesures nécessaires pour assurer l’acces  de l’aide humanitaire à la population de la bande de Gaza . Israel , pour calmer le jeu ( en est-ce un ? ) a autorisé l’ONU à importer les matériaux nécessaires pour la construction de 1200 logements et de 18 écoles dans la bande de Gaza .Petite goutte d’eau dans la mer de besoin de ce pays, une autre façon de
contourner les droits fondamentaux et la dignité du peuple palestinien .

La duplicité des pays occidentaux dont la France , dans le « non respect » des droits de l’homme en intra et extra muros, le détournement des idéologies en facteurs publicitaires pré électoraux, les choix et « pseudo actions » gouvernementales en soutien  au printemps des révolutions du monde arabe contrebalancés par leur rôle en Libye et le colportage de rumeurs et de manipulation des masses renforce l’état d’ Israël
dans son despotisme  et tel un serpent envenime la marche vers la démocratie de certains pays en révolutions armées et sanglantes .

Surtout ne pas se taire et  soutenir les connus ou inconnus, pour s’être levé et partir « marcher  » sur les eaux, aider et témoigner. Hormis cette action , qui sera médiatisée, à signaler d’autres incognito, anonymes qui partent chaque année  sur le terrain , dans le cadre d’une action d’entre- aide humanitaire individuelle ou collective, via des organisations non gouvernementales , le plus souvent et dont on ne parle jamais ( sauf dans les réseaux considérés comme dangereusement potentiels pour vos ordinateurs !!!). Peur des virus, à vos protections, ouvrez vos ombrelles , parapluies, armez vous de préservatifs sur vos prises Jack, Ethernet , vos Plug in . Et comme disent les anglo-saxons : and the show must go on !!!!Moi , j’ai décidé de faire partie du « Chorus Line »

E Sotraggo : Cibo, corpo,Peso Poême Giovanna Lacedra (V.I-V.F)

Giovanna Lacedra : Io  Sottraggo

Jeudi 30 juin 2011  performance à 19:30 Milan  Italie

A cura di grace zanotto . Galerie Famiglia margini/ Rue simone D’Orsenigo

E Sotraggo :
Cibo, corpo, Peso  Giovanna Lacedra

Sottrarre da me ogni sporgenza.

Ogni morbidezza, ogni eccesso, ogni evidenza.

Sottrarre da me ogni appetito.

Svuotarmi del desiderio.

Con la scrupolosità di una miniatrice,vaglio
questo poco spazio alla ricerca del peso esatto

e della forma perfetta.

Cerco il Numero d’Oro.

La Sectio Aurea.

La Divina Proporzione.

Il Mysterium Magnum.

La Perfezione.

L’esattezza del calcolo aritmetico mi è venuta in soccorso quando non ne ho potuto più
di “sentire”;

quando non ne è potuto più di “inglobare” assenze.

La perfezione matematica ha saputo
arginare il flusso di qualcosa che non ha nome,

di una corrente che non so “chiamare”.

Di un disordine fluttuante

fatto di incognite e approssimazioni,

temibile quanto irrisolvibile.

Ho geometrizzato le mie forme,

mi sono
innamorata degli spigoli,

ho sviluppato una ferocissima passione

per le mie ossa.

Sono diventata dismorfofobica.

E ho perso l’orientamento.

Tornare indietro mi sembra impossibile.

Tornare indietro equivale a sprofondare.

E l’imperativo si consolida :

Leva! Togli! Sottrai!

Non so vivere una sola ora della mia vita

senza toccare, testare, misurare, controllare,

pesare

questo mio corpo.

Lavorando con i numeri,

operando per sottrazioni quotidiane,

accogliendo quantità sempre più ridotte di cibo e
di vita,

vado avanti a scolpire me stessa,

con l’obiettivo di redimere quella donna perfetta

che è stata sepolta dalla carne.

Voglio soltanto sentirmi leggera.

E per questo, sottraggo.

Razzio la materia.

Sferro colpi algebrici.

Lo scalpello  michelangiolesco elimina il superfluo.

Ma il mio corpo, suo malgrado,

aderisce alla poetica del non-finito.

L’ideale è imperseguibile,

la libertà si allontana ad ogni
scalpellata,

e resto eternamente intrappolata

in  questa pesantissima fissità.

Continuo a contare, ossessivamente.

Perché il principio è: contenere tutto.

Trovare il minimo comune multiplo.

Imparare ad avere argini.

E aggrapparsi ai numeri.

Perché i numeri sono sedativi.

Sono soluzioni.

Sono le sole, uniche risposte.

Numeri come anima.

Numeri come malattia.

Io no, non sono anoressica.

Sono soltanto

la presentificazione di una mancanza.

Le mie ossa

sono il mio trofeo.

Se non posso mangiare il tuo amore

Allora non voglio mangiare niente.

Mi rendo inesistente.

Mi sottraggo:

forgio questo corpo

a immagine e somiglianza di te.

A immagine e somiglianza

di qualcosa che non c’è.

Soustraction Nourriture, Corps, Poids de Giovanna Lacerda( Traduit par Lafraise)

Soustraire de moi à chaque bord,

Chaque douceur  , tous les excès, toutes les preuves.

Soustraire de moi tous les appétits.

Vider de soi le  désir.

Avec une scrupuleuse minutie,

A examiné ce petit espace à la recherche du poids exact

et la forme parfaite.

Vous cherchez le Nombre d’Or.

La section d’ Or.

La Divine Proportion.

Le Mysterium Magnum.

Perfection.

La précision de l’arithmétique est venue
à mon secours quand je n’ en peux
plus de «sentir quand il n’est pas en mesure `;

plus à «intégrer les« absences.

La perfection mathématique

a été en mesure d’endiguer le flux de quelque
chose qui n’a pas de nom,

Je ne sais ce qu’est ce  courant «appel».

Dans un désordre fluctuant

En raison des incertitudes et
d’approximations,

Redoutables que les insoluble.

Je géométrise ma forme,

J’aime les coins,

J’ai développé une passion féroce  dans
mes os.

Je suis devenu dysmorphophobique.

Et j’ai perdu l’orientation.

Le retour semble impossible.

Retour équivaut à l’effondrement.

Et l’impératif est renforcé:

Lever! Retirer! Soustraire!

Je ne peux pas vivre une seule heure de ma vie

sans toucher, tester, mesurer, contrôler,

Pesant mon corps.

Travailler avec les chiffres,

Un travail de soustraction quotidienne,

j’accepte toujours une quantité décroissante
de nourriture et la vie,

Je me suis passée à  la sculpter,

dans le but de racheter la femme parfaite

qui a été enterrée dans la chair.

Je veux juste sentir la lumière.

Et donc, il faut soustraire.

Question Rockets.

Tir déclenché algébrique.

Le ciseau de Michel-Ange élimine le superflu.

Mais mon corps, malgré lui,

adhère à la poétique du non-fini.

L’idéal est imperceptible,

La liberté est ciselée de part en part

et je reste éternellement prise au piège

dans ce calme très lourd.

Je continue à compter, obsessionnelle.

Parce que le principe est le suivant:
organiser tout cela.

Trouver le plus petit multiple commun.

Apprendre à avoir des digues.

Et se  maintenir sur les chiffres.

Parce que les chiffres sont sédatifs.

Sont des solutions.

Ne sont les seuls comme  réponses.

Numéros comme une âme.

Numéros comme une maladie.

Pas moi, je ne suis pas anorexique.

Je ne suis que la représentation , présence
d’un manque.

Mes os

sont mes trophées …

Si je ne peux pas manger votre amour

Alors je ne vais pas manger n’importe quoi

Je suis inexistante

Je soustrais : forger ce corps

Dans l’image et à votre ressemblance.

Dans l’image et ressemblance

De quelque chose qui n’est pas là.

De Corps, de Peau et d’ Âme

A Massimo et Gio, mille mercis.

« L’érotisme , selon Nietzsche,  c’est quand l’imagination fait l’amour avec le corps « .  De là, l’infini prend ses aises et les hommes seraient -ils sourds comme le pensait Diderot. Erotisme, sensualité loin de la
pornographie… Caresser l’âme de mots, devenir orpailleur d’un délicat souffle posé sur sa hanche , en bénir les rondeurs , en admirer la courbe . Lentement la dessiner en la suivant d’un doigt, yeux fermés ou bandés peut être. Aimer respirer en son absence son parfum  encore niché dans les draps ou un foulard oublié , le lisser , y lire dans chaque plis froissé un « je t’aime » un « peut être » . Y percevoir ce corps imaginé, cette image fugace qui nous a fait craquer, ce détail  dans la voix, la posture inconsciente   qui a fait chavirer en moins de temps que la rétine n’ai eu à l’imprimer un tressaillement, un frisson dans la nuque. Rien n’existe vraiment . Aucun élément physique pour dire   » c’est ton nez retroussé , ta chute de
reins vertigineuse , ta poitrine vibrante, ton torse d’ éphèbe, ton triceps sculptural, ta bouche perlée qui m’a rendu amoureux(se) de toi. Le sait-on jamais ? Aimer c’est s’oublier dans l’élu et se découvrir autre par l’image qu’il renvoie  ou de ce que vous espérez y lire . 1+1  en arithmétique et mathématique de l’amour ne fait pas 1. Les 2 moitiés d’orange, l’âme sœur , la partie qui vous manque vous effacerait , vous phagocyterait.. Sombre sentiment que cet amour là. Comment pourriez vous vous laisser aller alors et confier votre plus intime ? Pas de dialogue, de jeu, de préliminaire à la découverte des  limites qui sont dépassées pour que déborde enfin l’exultation des corps et des âmes. Ah, la maladie d’amour, elle est rougeole virulente , crise comitiale, ictus cérébral à vous en laisser des séquelles à vie. Les premiers symptômes en sont brutaux ou insidieux. Le chiffre de prévalence et de morbidité n’apparait pas dans une courbe de Gauss.
Aphasique à ne plus savoir s’exprimer ou à comprendre ce qui arrive, ataxique aux gestes incoordonnés et à en perdre son équilibre, apraxique en oubliant les gestes élémentaires comme de dormir parfois, mais ça ne dure pas ! Vivre d’amour et d’eau fraiche :  encore une utopie, gourmandise plutôt et appétit vorace. L’amour épanouit, nourrit le corps de substances chimiques, d’enzymes. Plus efficace des stéroïde, euphorisant de l’ âme , il saoule parfois et assomme à devenir pesant et envahissant. Il étouffe quelquefois. Il comble et aide à la qualité du sommeil et rend beau ou belle ou rebelle parfois, quand il se régénère. Il est 1+0 et se meurt, il est 1+1+1+…….

À l’infini quand il est Majuscule, l’ AMOUR du prochain . Il sera magnifique quand il sera le prochain et fera renaitre des cendres ce qu’on voulait oublier , s’oublier et se perdre. L’essence de cet amour n’est pas de le connaitre mais d’apprendre à le découvrir, l’apprivoiser de peur qu’il ne s’éteigne comme feu de paille. Le vent de l’absence souffle les braises, déclenche un incendie de désir et le manque de l’ être chéri devient soleil ardent. Les fausses vapeurs, mirage dans le désert où son vide en moi crée le doute du « nous » et je deviens concave caressant le complexe de sa convexité. Le miel de ces yeux, la soie de
son sourire, les fleurs de ces baisers, la sève spirituelle éthérée et muette sont autant de signes et pourtant peut être des repoussoirs emporte pièce .AH,  Stendhal et ses conseils de ne point dévoiler à l’être aimé ses réels sentiments par esprit de conquête. Le corps paré d’un voile de transparence où d’opaques zones d’ombre dissimulent les mystères à imaginer, à convoiter mais ne jamais s’approprier. Tu me cries
ton amour et je te rejette ou te relègue. Tu joues l’indifférent , l’indécis ou pire le replis et je te cherche , te désire. Nous revoilà parti dans le jeu du chat et la souris , parfois le vilain petit canard et le hérisson , ou même la « Grenouille  » à la quête du Parfum de Femme, de son essence  de celle en toutes  ou toutes en Elle. Extatique féminité, j’écris ton nom en lettres d’AMOUR, car elle vivra à défaut d’être  toujours. Erotisme, Eros ( n’existerait-il que pour les mâles et leur notion de possession accroché à l’image, au
paraitre, à l’extérieur). En miroir inversé, la sensualité, essence divine , immortelle, intemporelle, impalpable, insaisissable, incassable, inoxydable, indéfinissable. L’infini serait cette « esse »nce, racine d’être. De nouvelles dimensions s’ouvrent alors, autres perceptions, autres émotions.

L’amour , reflet de ce que je recherche en toi ou peut être en moi. Commencer par se découvrir et à
s’apprendre au travers des gestes, regards, caresses, sentiments projetés par toi , le guide, l’inventeur, le découvreur, l’instigateur, le détective de monprivé, de mon intime que j’accepte de te dévoiler si je puis m’aimer alors. Non pas qu’un amant, la mère, le père, la fratrie contribuent chacun dans les liens ainsi noués à m’aider à me construire dans ce château d’amour. Ils me définissent parfois les limites et les bords de ce corps parfois ressenti comme blessure, déchirure, cicatrice ou plaie de vie.

Premier acte au sortir de la matrice, premier œil jeté sur ce petit amas sanguinolent et vagissant. Posé sur le ventre de sa mère où il rampera jusqu’au nid de ses seins, les humera, les sussotera. Premiers gestes d’accompagnement en tendresse ou rejet, sécheresse ressentie par ce nouveau né. Pas un poupon en celluloïd ou à tête de porcelaine, ni poupée de cire ou de son . Rondeurs des mots câlins, des mains , de la peau  forgeront cet amour naissant , son amour propre, le sien . Refus de ce corps à corps, visage
froncé, apeuré, égaré, gêné ou pas de regard du tout et le voilà angulaire, triangulaire. La mère, l’enfant et le vide. Son vide qu’il cherchera coûte que coûte à retrouver là ou plus tard, troubles du sommeil, de croissance  et troubles alimentaires. L’anorexie , la boulimie, ces fléaux du monde moderne, de la psychiatrie trop vite annihilant, enfermant, finissant d’ amorcer la bombe à retardement. Loin , tres loin de la volupté d’une courbe, celle de la balance est épiée. Calcul incessant des kilocalories contre ces kilos imaginaires. Se vider de toute substance, devenir rien comme cette image dévalorisante constante et obsédante. Demander à une jeune fille de se représenter en silhouette ou d’en choisir une pré étalonnée
lui correspondant . Le résultat est effarant . Modigliani est alors à Rubens ce que Brancusi est à Rodin … Les peintures et sculptures font place à la publicité sur nos T.V, les affiches murales, les filles sur papier glacé. Des artistes , des photographes , des écrivains , des poètes et des anonymes du Net se mobilisent en une magnifique chaine de sensibilisation , de témoignages pour offrir à ces enfants, ces jeunes en devenir, ces adultes une autre vision du corps, de l’essence et de l’âme.

Lafraise s’associe à cette démarche d’utilité publique, d’éducation, de don. Pour que leur vision, leur combat, leur don d’ AMOUR puissent trouver des âmes à émouvoir, à y reflechir en abyme leurs échos en miroir.

http://www.massimoprizzon.it/progetti-projects/lanima-in-corpo

 Traduction du projet d’exposition : l’ anima in corpo du Photographe italien Massimo Prizzon :
Les canons de beauté féminine, proposés par l’actuelle  iconographie inspirée par la mode et les pages des magazines spécialisée ou non, ne se référent  pas à un modèle de femmes irréelles, par le biais de traits androgynes,  paraissent privées de  bonheur et estime de soi, remplies de tristesse en bref, et de sentiments souvent agressifs ou négatifs.

C’est probablement la dégénérescence d’exigences fonctionnelles des designers qui, afin d’améliorer leurs créations, ont besoin souvent de femmes filiformes, vraies mannequins vivants « Pour les nuls ». Le problème se pose lorsque cette exigence d’une parade devient une exigence, un canon esthétique qui pousse les femmes réelles à se transformer en de nombreux clones de ces mannequins et à  renoncer à leur  beauté authentique et leur  personnalité.

Le projet, sur lequel je  réfléchis  depuis plus d’un an, vise à « Dire » – àtravers  un langage  photographique (comprenant un traitementlui-même loin du glamour qui distingue la plupart  des photos sur papier glacé des magazines de mode et de beauté ) – femmes réelles ; les femmes qui, hors celle   esthétique, expriment une beauté qui provient de l’équilibre interne, l’  estime de soi pour ce qu’elle est, une harmonie entre la « physicalité  » perceptible, de sensualité et d’intériorité.

Le produit qui est selon moi une exposition photographique, si possible avec des images strictement en noir et blanc – comme mieux capable de sortir le rêve, une beauté presque archétype – composée de cinq impressions grand format pour chacune des interprètes féminines. Aux côtés de gravures je prédis, pour
chacune des femmes mises en histoire, un moniteur sur lequel vous exécutez dans des boucles de 250 à 300 photos faire les meilleurs choix prises au cours de la session du portrait. Les images seront accompagnées  d’un enregistrement de la voix de chacune des modèles vivants racontées par elle-même.

Le résultat sera une sorte d’histoire pour les photos de la rencontre avec le « modèle » à travers laquelle s’exprime l’émergence de sa personnalité, son amour pour elle, son autodérision et sa capacité à jouer gentiment, même physiquement, ainsi que le fil d’une sensualité délicate.

L’objectif de l’ouvrage, juste à côté de la valeur esthétique des images n’est pas  tellement à parler  un Canon de beauté, parce que chaque femme, cette amie  d’elle même a en soi sa beauté unique et  son unicité, mais surtout a d’unique une manière de vivre sa  propre beauté contre toute taxe, en particulier contre ce qui pousse jeunes et moins jeunes femmes vers le penchant  de l’anorexie.

http://www.famigliamargini.com/contenuti/exhibition/io-sottraggo/io-sottraggo.html

Giovanna Lacedra : Io  Sottraggo

 Jeudi 30 juin 2011  Lecture de poêmes, présentation d’œuvres
artistiques , photographies,   peintures, ouverture vers le débat et « happening ». à 19:30
Milan  Italie

 Accueil et organisation : Grace Zanotto .
Galerie Famiglia margini/ Rue simone D’Orsenigo , Milan . IT

E Sotraggo :
Cibo, corpo, Peso

 Présentation dans la presse par Giovanna Lacedra.

 Transformer en art la pathologie.

Le corps,  par des années de rituels obsessionnels, devient  otage, conteneur
vide pour les années, les absences et les pannes affectives, pour les années,
victime et  bourreau de lui-même, histoire expressive et créative devient l’une des plus paradoxales maladies ; troubles anorexigène boulimique. […)

Mettre dans le monde entier, ou le monde entier.   Déchiqueter  de façon compulsive  ce que vous n’avez pas choisi ou choisir stoïquement la renonciation.

Vérifier son  corps pour l’espoir   de contrôler toute  sa   vie.

Exploiter des calculs détaillés et établir une véritable arithmétique du désir.

Se dérober de ses  kilos pour éviter les désirs.Faire semblant d’être inaccessible, parce que le contact est déjà une blessure.

Je n’ai besoin de rien. Je n’ ai pas  besoin de nourriture.  Je n’ai pas besoin de toi.

Devenir soustraction : être la représentation imaginaire de ce lieu, mais des limites bien définies, dans laquelle vous une fois que l’on s’est aveuglé soi même, devenir une victime de cette pathologie paradoxale. C’est un endroit isolé, c’  est le locus de rituels obsessionnels ;  la triangulation alimentaire-corps-poids.

Un lieu qui lentement est  envahi et devient le seul  espace qu’ils ont. Devient la vie tout entière et ne laisse aucune place pour rien d’autre.

Ciné Cauchemar

Confessions sur l’oreiller après une nuit de cauchemar. Cauchemar : étymologiquement,  foulée de fantôme . Métaphores, je vous abandonne aujourd’hui. Parler vrai, mais qu’est ce que la vérité? La mienne n’est pas la votre. Vous ne pouvez démontrer le contraire , donc  peut être une toute petite lumière, une goutte de lucidité!

Scène d’ouverture de ce grand opéra nocturne : ah oui avec cette fraise , toujours en musique. Celle-ci serait jouée par un  » bandas » , une fanfare déjantée échappée du cirque Barnum, Zavatta .. Ça va pas?  Non , ça ne va pas trop… effet montagne russe, roller coaster. j’ai toujours adoré les sensations procurées par ces grands manèges, ces montées  lentes accompagnées du cliquetis des crans des engrenages pour hisser les nacelles et de cette mini angoisse qui vous assaille . Et si la mécanique lâchait, et si la révision avait été oubliée ou bâclée par souci d’économie, et si..Mais trop tard , arrivée au  point d’équilibre , le vide apparait devant vos yeux et vous ne pouvez descendre en route , heu  en l’air. Fermer les yeux  ou au
contraire lever les bras et crier, crier. Emportée par la vitesse , ballotée par la force centrifuge ou centripète, les notions de physique et de mathématique me reviennent, les formules ( bacheliers, je pense à vous ). La descente infernale prend fin et vous regrettez que ce soit déjà fini. Le cœur au bord des lèvres réintègre sa place, les battements dans les tempes s’apaisent progressivement. Vous descendez, les jambes flageolantes et reprenez pied sur le sol. Enfin, vous le croyez.. Quelques secondes de répit.

Scène 2,3,4… on ne sait plus. Les rêves sont décousus, sans queue ni tête, sans ordre chronologique, sans logique. Vous voilà projeté dans une sphère métallique reliée à d’autres par des tubes (supra structure architecturale du temps de la modernité révolue) , dialogue ou plutôt monologue de mauvais film, de navet, série Z, comme une fin d’alphabet, une fin de non recevoir. Ah , ça , vous ne recevez plus rien , l’image est  brouillée, l’antenne arrachée, la parabole vrillée, démantibulée… trou noir, non même pas , plus d’espoir, vide sidéral .
Le mot « fin » en générique, en incrustation sur fond noir… et bien non, la nausée vous submerge et une envie vous tenaille . Y placer une bombe , faire sauter cet endroit et l’effacer à tout jamais, la rayer de la carte mémoire pour qu’elle ne vienne pas vous hanter.

Nouvelle scène , nouveau décor.. Ah ce n’est pas une pièce classique . Pas d’unité de lieu, de temps et de personnages. De quoi en voir de toutes les couleurs ! Comment, vous rêvez en noir et blanc ?? N’essayez pas d’analyser, ressentez seulement. Ici effet kaléidoscope sans cesse renouvelé à chaque rotation de mon corps entre les draps du lit à défaut de bras  attendris, assoupis, assouplis par les douces rêveries.  A cet instant précis , image récurrente vécue tant de fois que je la connais par cœur: gros plan sur la sortie d’une station de métro , zoom avant sur les portes battantes. Une seule personne s’extirpe du couloir aux odeurs fétides, votre servante. (Vous avez noté, abandon de votre participation au cauchemar , le « je » reprend son droit de vie)…Une main devant les yeux, éblouie par la forte luminosité extèrieure, je grimpe lentement les marches en prenant soin de tenir la rampe, m’apprêtant à flâner dans la ville à la recherche d’une exposition de peinture ou de photographie à aller visiter. J’atteins le trottoir d’une longue avenue bordée de part et d’autres d’immeubles aux façades gigantesques, difficile d’apercevoir le ciel tant l’effet de perspective modifiée semble en faire s’épouser les sommets. La rue est déserte , mais un grondement se fait sentir sous mes pieds. Non pas celui de la rame de métro, non un ronflement qui se transforme en bruit assourdissant du coup de tonnerre se répercutant de flanc de montagne à l’autre. Ce sont des bruits de chaussures, de bottes frappant le pavé en cadence , d’un seul pas militaire. Une foule grouillante arrive en face de moi et me voile l’horizon. Des milliers de petits bonhommes gris, identiques, des ombres grimaçantes me font face. Les portes du métro se verrouillent dans un claquement sinistre. Je ne puis reculer, je vais me faire happer, piétiner par ce mouvement de masse auquel je ne puis faire face, seule. Dans un mouvement de protection instinctive , je plie les genoux, me recroqueville sur moi-même.
Tous mes muscles se tétanisent et soudain , je bondis tel un félin. Mes bras se tendent au dessus de la tête comme pour plonger et …. Je m’envole , les déploie de part et d’autre de mon buste… Je vole au dessus de la foule déchainée. Prenant de l’altitude vers le soleil couchant, la petite silhouette légère que je suis devenue dessine un V dans le ciel moiré de couleurs pastels. En communion presque parfaite avec la nature qui s’offre en cet instant , je me sens rebelle indocile, impossibilité de lire , de dire. Je souris à la vie. Le cauchemar s’éloigne, je vais enfin rêver et c’est là que la sonnerie fatale retentie.

Messieurs les spécialistes, oui vous les docteurs, les médecins, je ne sais ce que vous m’avez perfusé la dernière fois. Certainement, un surdosage de drogue toxique , merci pour le cadeau. Des trips comme ça, à vous faire déposer des gerbes de chrysanthèmes, on s’en passerait. Moi, je préfère les violettes, les roses et les pâquerettes !

La Verdad- La Vérité Pablo Neruda ( VO-VF)

Os amo idealismo y
realismo,

como agua y piedra

sois

partes del mundo,

luz y raíz del árbol
de la vida.

No me cierren los
ojos

aun después de
muerto,

los necesitaré aún para aprender,

para mirar y comprender mi muerte.

Necesita mi boca

para cantar después,
cuando no exista.

Y mi alma y mis
manos y mi cuerpo

para seguirte
amando, amada mía.

Sé que no puede ser,
pero esto quise.

Amo lo que no tiene
sino sueños.

Tengo un jardín de
flores que no existen.

Soy decididamente
triangular.

Aún echo de menos
mis orejas,

pero las enrrollé
para dejarlas

en un puerto fluvial
del interior

de la República de
Malagueta.

No puedo más con la
razón al hombro.

Quiero inventar el
mar de cada día.

Vino una vez a verme

un gran pintor que
pintaba soldados.

Todos eran heróicos
y el buen hombre

los pintaba en el
campo de batalla

muriéndose de gusto.

También pintaba
vacas realistas

y eran tan
extremadamente vacas

que uno se iba
poniendo melancólico

y dispuesto a rumiar
eternamente.

Execración y horror!
Leí novelas

interminablemente
bondadosas

y tantos versos
sobre

el Primero de Mayo

que ahora escribo
sólo sobre el dos de ese mes.

Parece ser que el
hombre

atropella el paisaje

y ya la carretera
que antes tenía cielo

ahora nos agobia

con su
empecinamiento comercial.

Así suele pasar con
la belleza

como si no
quisiéramos comprarla

y la empaquetan a su
gusto y modo.

Hay que dejar que
baile la belleza

con los galanes más
inaceptables,

entre el día y la
noche:

no la obliguemos a
tomar la píldora

de la verdad como
una medicina.

Y lo real? También,
si duda alguna,

pero que nos
aumente,

que nos alargue, que
nos haga fríos,

que nos redacte

tanto el orden del
pan como el del alma.

A susurrar! ordeno

al bosque puro,

a que diga en
secreto su secreto

y a la verdad: No te
detengas tanto

que te endurezcas
hasta la mentira.

No soy rector de
nada, no dirijo,

y por eso atesoro

las equivocaciones
de mi canto.

——————————————————————————————————————-

Je vous aime idéalisme et réalisme,

Comme l’eau et la pierre

vous êtes

parties du monde,

lumière et racine de l’arbre de la vie.

Non, ne me fermez pas les yeux.

alors que je serai mort ,

j’en aurai encore besoin pour apprendre

pour regarder et comprendre ma mort.

J’ai besoin de ma bouche

pour chanter après, quand qu’elle aura disparu.

Et mon âme, et mes mains, et mon corps

pour continuer à t’aimer, mon aimée.

Je sais cela impossible, pourtant je le voulus.

J’ai un jardin tout de fleurs inexistantes.

Je suis résolument triangulaire.

Il me manque encore mes oreilles,

mais je les ai enveloppées pour les laisser

dans un port fluvial à l’intérieur

de la République de Malaguette. .

Je suis fatigué de porter la raison sur l’épaule

Je veux inventer la mer de chaque jour.

Un jour j’ai reçu la visite

d’un grand peintre qui peignait des soldats.

Tous étaient des héros et le brave homme

les peignait sur le champ de bataille

mourant comme à plaisir.

Il peignait aussi des vaches réalistes,

et elles tellement des vaches

qu’on se sentait mélancolique

et prêt à ruminer pour l’éternité.

Abomination et horreur ! J’ai lu

des romans-fleuves de bonté

et tant de vers célébrant

le Premier Mai

que je n’écris plus désormais que sur le Deux de
ce mois.

Il semble bien que l’homme

reverse le paysage

et cette route qui avait un ciel auparavant

maintenant nous écrase

de son entêtement commercial.

Il en va de même avec la beauté,

comme si nous refusions de l’acheter,

et ils l’emballent à leur goût et à leur mode.

Il faut laisser danser la beauté,

avec ses courtisans les plus inacceptables,

entre le jour et la nuit;

ne la contraignons pas à avaler comme une pilule

de vérité comme un médicament.

Et le réel ? Il nous le faut aussi, sans aucun
doute,

mais que ce soit pour nous grandir,

pour nous rendre plus vastes, pour nous faire
frémir,

pour rédiger

ce qui pour nous doit être

tans de l’ordre du pain tout autant que celui de
l’âme.

Sussurez ! tel est mon ordre

aux forêts pures,

qu’elles disent en secret leur secret,

et à la vérité: Cesse donc de stagner,

endurcies-toi jusqu’au mensonge.

Je ne suis pas recteur, je ne dirige rien,

et voilà pourquoi j’accumule

les erreurs de mon chant.

  •  Traduction Pierre Clavilier