Homme-Perroquet: Accords à la Vie

Man with Parrot-circa1902

« Tout homme porte sur l’épaule gauche un singe et, sur l’épaule droite, un perroquet »  Jean Cocteau dans Thomas l’imposteur.

Quand les toulousains débarquent en Ariège, ils ramassent, ils grappillent, ils détruisent tout sur leur passage tels les doryphores, ces gros insectes, espèces de coléoptères, d’olibrius ostrogoths, d’ectoplasmes à roulettes, marins d’eau douce, mille milliards de mille sabords de tonnerre de Brest….Mille et un jurons prononcés par François chevalier de Hadoque, capitaine de la Marine du Roy et commandant du vaisseau La Licorne, ancêtre du capitaine Haddock ainsi que ceux des descendants de ses perroquets.

Autre homme illustre au perroquet : Louis Ferdinand Céline  interviewé plusieurs fois  à Meudon, marié à Lucette Almanzon, professeur de danse donnant ses cours au premier étage ; jamais il ne grimpa l’escalier de ce domaine privé. Céline alias  Dr Destouches , médecin des pauvres , plein de colère et enveloppé de misère , entouré de  chiens batards et rageurs ,  ses amis « mon petit père » comme ils les appellent  avec tendresse . Son  ami le plus intime est son perroquet . Son bureau est aussi un cabinet de consultation . Il  ne fume pas, boit de l’eau , mange et  dort très peu, il travaille .  Céline se bat  contre l’ époque du monde moderne et de la publicité , monde de l’objet …  Né a Courbevoie , département de la Seine à l’époque . Mangeait souvent des nouilles , car à la cuisson  cela  ne produit aucune odeur .  Sa mère était  » réparatrice de dentelles « dans la mode , donc  fournir à sa famille une nourriture qui ne créait aucune odeur, ne dénature pas et ne souille son labeur.  L.F.C a  arrêté la scolarité traditionnelle au certificat d’étude  et en faisant des petits boulots a travaillé les cours par lui-même jusqu’à passer le bac, une partie en 1912, puis s’est engagé pour la guerre , a passé haut la main la deuxième partie en 1918. Soigneur de l’homme , il se sentait, avec la vocation de médecin , préférant   les constructeurs et détestant les destructeurs .

 » Les gens , boivent, mangent , dorment .. La fonction humaine ainsi, est  assez vulgaire , l’ esprit est lourd  , l’homme est lourd.  Très peu de légèreté chez l’homme , il est lourd extraordinairement lourd  .  l’auto, alcool, ambition, politique le rend lourd . La révolution de l’esprit contre la lourdeur n’est  pas pour demain . Les hommes  sont jaloux comme un percheron contre un pur sang,  cotillon contre dentelle . Ils sont lourds , quand ils boivent ; c’est un marteau pilon sans contrôle,    il  active et  augmente le poids au lieu de se rendre léger.la lourdeur les rend infirmes  »

D’écrivain est devenu  » chroniqueur » , se définissait comme un pauvre travailleur contre le  vice de la civilisation, petite imitation de la civilisation grecque , dont la priorité et le défaut est de vouloir faire très vite . Il ne se définissait pas comme un être de joie, un passager  . Ne croit pas en Dieu , se dit mystique , ne s’intéresse  pas aux hommes , il s’intéresse  aux choses . « Prophète d’apocalypse » les hommes ont le désir de mourir . Si les hommes disaient qu’ils ne veulent pas aller à la guerre , il n’y en aurait plus , les hommes aiment et la font .

A la question  » que vous manque t’il? Il répond : Manquer d’égoïsme , ce qui est rare car l’homme en est plein. »  Louis Pauwels,Jean Feller , Jacques Mousseau .. En français dans le texte , interview de
F.L.Céline .

 » Je suis femme du monde , pas putain  » disait Céline , sacrificiel pour les semblables , être gratuit !! Ne cherchant  pas les avantages , il  n’est pas homme politique , ni acteur . Ses pistes de travail  :
les Turpitudes humaines . Son Chef d’œuvre , » Voyage au bout de la nuit  » , 2500 pages manuscrites assemblées avec des  pinces à linge en fait une étoile dans le ciel du style littéraire, on l’encense   puis décrié par des délires , des critiques, des prises de position , on le jette plus bas que terre, on le diabolise.

Deux réflexions de Céline à méditer :  La France n’est rien en face des Blocs humains , n’a  pas le nombre . Dans la  petite Europe , elle  n’est pas plus importante que , les Deux Sèvres,  la Drôme ou l’Ariège.

Napoléon disait que la Chine est un géant qui dort , quand il remuera le petit doigt il fera trembler le monde . Et il bouge le petit doigt . La France n’a  plus sa souveraineté depuis longtemps;  enlevée , elle  la prend là où on lui prête , en Russie ou aux USA.

Autre médecin, neuropsychiatre, qui, dans son dernier livre » On peut se dire au revoir plusieurs fois » , David Servan Schreiber parlait de la capacité vitale à reprendre le pouvoir sur soi même . Il s’est éteint , rechute du cancer dont il s’était fait « porte parole ». Modifier ses habitudes de vie, renforcer ses moyens d’auto défense par l’exercice physique, la méditation, la lutte contre le stress d’une mauvaise alimentation, des addictions. Critiqués par les détracteurs en tout genre , son ego semblait démesuré par la notoriété, une cupidité en réponse au succès populaire de ses écrits. Cynique gourou pour certains, jalousie familiale du poids patronymique. « On ne saurait être l’homme de sa spécialité que si l’on est aussi victime » écrivait Nietzsche
dans  » le gai savoir »

 » Est-ce ainsi que les hommes vivent , Et leurs baisers au loin les suivent ,Comme des soleils
révolus.  » écrivait Aragon dans un poème. Est-ce ainsi que les hommes
meurent et   doivent être dépossédés de leur squelette; dépouille mortuaire que les charognards se délectent. D’ Aragon aux  » Fleurs du mal » de Baudelaire à « J’irai cracher sur vos tombes » de Boris Vian , il est facile de dénaturer les propos, de calomnier et de médire. La vie n’est pas un long fleuve tranquille , la mort non plus . Elle n’est pas , comme le chantait Gérard Manset un « jardin des délices » :

Quand le monde autour de toi aura tant changé

Que toutes ces choses que tu frôlais sans danger

Seront devenues si lourdes à bouger

Seront devenues des objets étrangers

Où l’a-t-on rangé

Ce bout de verger

Avec ses fleurs grimpantes

Sa lumière en pente

Couleur de dragée

Quand le monde autour de toi sera mélangé

Que le drap de ta chambre dans l’ombre restera plongé

Que viendra la nuit aux pourpres orangés

Et sans rien de plus peut-être pour te protéger

Où l’a-t-on rangé

Ce bout de verger

Avec sa glycine

Comme une racine

Dans la terre plongée

Jardin des délices

Tourne comme une hélice Dans le fond du crâne

Tourne comme une hélice.

Est-ce ainsi que les hommes meurent( Extrait) , Gérard Manset :

Depuis bien longtemps,

Je ne dirige plus les musiciens.

Depuis bien longtemps,

Laissé pendu l’habit de magicien

Dans le parc, devant la mer.

Les robes blanches,

Enfants fragiles comme du verre,

Jouent sous les branches,

Enfants fragiles comme du verre,

Jouent sous les branches…

Est-ce ainsi que les hommes meurent ?

Et leur parfum, au loin, demeure.

 A qui n’a pas aimé (Extrait) : Gérard Manset.

Mais c’est sans doute là-haut,

Dans la félicité,

Que ceux là seront atteints

De cécité

Et réunis sans devoir se cacher,

Aveugles sur le monde

Et sur sa cruauté

Comme une fleur arrachée

A la terre, au fumier,

Comme une main

Qu’on a lâchée.

A qui n’a pas subi sur lui

Cette caresse,

A qui n’a pas touché du doigt

Cette herbe épaisse

Qui frissonne et se courbe

Comme avant

Mais ces trous sont ses yeux

Par où passe le vent

Et tout ceci finit par m’être indifférent.

Peut-être disparaître

Dans le pli du néant,

D’avoir été ensemble,

De n’être plus

Que ce qui dans les larmes

Et dans l’eau se dilue

Comme une plante arrachée

A la terre, au fumier

Qui par sa tige reste attachée

Et ne peut ni grandir ni périr ni passer,

Simplement dépérir,

A qui n’a pas aimé.

Au milieu de nulle part, en Scandinavie,  en corne d’Afrique, en terre Adélie, en terre de pleurs, de famine, loin du jardin d’ Eden , des portes du paradis, dans un crâne d’oeuf, une ile ou dans le désert, n’être imparfait que de petits rien, ne rêver ni d’or, ni d’argent , ni de gloire , ni de reconnaissance.  Juste vouloir vivre  et chanter une chanson d’amour avec l’accent de vérité du cœur : Je t’aime la Vie , car comme un enfant du soleil au bout de la nuit , jusqu’au bout de la  vie quoiqu’elle te réserve, quoiqu’elle te fasse subir , sois l’homme de ton destin , forge toi dans tes rêves, dans tes peurs, tes joies, tes découvertes enfantines , arme toi. Ta parole est sacrée, elle doit être impeccable. Respecte le vivant et embrasse l’ange de la mort, ne pose pas de si, de mais . Digne de tes gestes , apprends de tes erreurs. La flamme, petite lumière , prière , incantation brillera sous ta peau, dans tes yeux, au creux de tes mains. Offre la sans retenue . Aime et laisse toi aimer en retour.

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