Miroir réfléchissant: de l’humain au divin

Un jour, bien avant que le temps soit né,  le dieu suprême avait un miroir particulier appelé  Vérité.. Parmi les dieux, il en existait un qui croyait que , posséder ce miroir le rendrait roi des dieux. Il essaya de s’en emparer. Ainsi débuta une guerre entre les divinités. Tonnerre et éclairs grondaient pendant qu’ils guerroyaient. Leur sang immortel aspergea Gaia et c’est ainsi que les hommes et les femmes apparurent à la surface de dame Terre.

Pendant qu’ils se battaient, ils oublièrent la cause initiale : le miroir. Et le miroir tomba par erreur sur Terre et se brisa en des millions de fragments. Les hommes et les femmes apprirent la  nouvelle.  » La vérité est quelque part sur notre terre. Il est de notre devoir de la trouver ».

Ils commencèrent à courir à travers les pays, cherchant sous les pierres plates des torrents, les galets des plages, grimpant au sommet des monts aux neiges éternelles et des volcans . Tout ce qui brillait et reflétait un peu de lumière fut exploré. Ils retournèrent ciel et terre . Et tout ce qu’ils touchaient , que ce soit naturel ou créé de leur main perdait à leur contact la brillance , devenant terne ou tombait en poussière. Le bronze et l’airain se changeaient en boue, en cendre. Plus aucun éclat, plus un seul signe d’idée avisée. Les êtres humains devenaient insensés, coléreux, envieux, jaloux, menteurs, violents envers leurs voisins, leurs frères, leurs pères et mères. Aveuglés et sourds par leur quête de pouvoirs, personne ne pouvait distinguer l’étincelle d’espoir , de paix et de vérité, qu’elle soit sur la lame d’une vague de l’océan des émotions, dans les étoiles du firmament des rêves  projetés. Personne ne pensait à regarder au-dedans , à l’intérieur même de ce qui constitue le plus beau miroir de la Vie : l’âme.

Celui ou celle qui sait prendre le temps de s’arrêter, de se poser , de s’accorder un instant rien que pour soi . La méditation, la prière, la concentration, la contemplation , simplement ouvrent la porte sur les richesses intérieures , sur les forces et énergies inépuisables dont chacun regorge s’il se donne la peine de les chercher.

Au fond de soi, ne peut -on lire la vérité? Rappelez-vous que le miroir fut éclaté en millions de pièces! Chaque homme, femme, enfant porte en lui un bout de vérité, de l’origine de la Vie. Réunir ces esprits, ces forces, ces réflexions serait peut- être ce que les dieux cherchent à nous dire à travers l’image inversée que chaque surface miroitante nous renvoie : un peu de divinité dans l’humain , un peu d’humain dans le divin. Le miroir réfléchit ,sur le réel en lui-même, les certitudes prises pour vérités, les images et les « représentations mentales et sociales » associées à nos pensées. Autant d’interprétations qui ouvrent au questionnement plus qu’elles n’apportent de réponses. Symbolique bouclier poli en facette brillante, miroir des âmes, réflexion , fragment de vie…

Photographies: dessin Escher, peinture Magritte

Texte: Pascale Lafraise

Publicités

Jean Barak- Miroir Brisé

Κυρία των μέσα μου ανέμων- Dame des mes vents intérieurs- G.Aggelakas

Στίχοι: Γιάννης Αγγελάκας

Κυρία των μέσα μου ανέμων,

Δεν θέλω να αρνηθώ ό,τι ακριβώς σε οδήγησε,

Να σπείρεις μέσα μου την ευλογία της κίνησης,

Της πράξης,

Να ρίξεις το σκοινί,

Στο σκοτεινό κι αλλόκοτο πηγάδι,

Που χρόνια λαθροζούσα,

Για να βρεθώ ξανά στο λαμπερό σου κόσμο,

Τον θαυμαστό, Τον πληγωμένο.

Σου υπόσχομαι να ξεκοιλιάζω κάθε βράδυ,

Τους θλιβερούς ορίζοντες της λογικής μου,

Ν’απογειώνομαι από τις φλούδες του γραπτού μου λόγου,

Στους πλησιέστερους φιλάσθενους πλανήτες,

Κάθε φορά και μ ένα αλλιώτικο τραγούδι,

Να ξεμουδιάζω γλείφοντας τον κοφτερό σου σκελετό,

Κι ούτε ένα Μάιο δε θ ανεχτώ,

Να σκύψει πάνω μου,

Με λόγια σκωπτικά,

Και σύριγγες,

Και φαγωμένα χείλη,

Να ειρωνευτεί την αδειανή και χυλωμένη μου πατρίδα.

Πιο ριψοκίνδυνος κι από το Ναζωραίο,

Θα περπατήσω πάνω απ’την κινούμενη,

Τη σαρκοφάγο άμμο,

Που διατηρεί απρόσιτες τις χώρες των ιερών παλιάτσων,

Και των σεληνιασμένων γελωτοποιών,

Τραυλίζοντας λόγια ισχνά,

Μα και σπουδαία,

Θ’αποσυρθώ στις προθανάτιες κοιλάδες των λοιμών,

Και της αγάπης,

Όπου απ’το μαύρο χώμα τους διάσπαρτα ξεφυτρώνουν,

Κορμιά ανθρώπινα διαμελισμένα,

Πλάι στις φεγγαρολουσμένες παπαρούνες,

Ίσως κι εγώ εκεί να λησμονήσω τον τραυματία ουρανό,

Και ν’αρχινήσω ένα τραγούδι που θα λέει μόνο,

Σ’αγαπώ σ’αγαπώ.

Και σαν τελειώνει θα σταματάνε τα ποτάμια,

Κι οι οδοντοστοιχίες θα εκρήγνυνται,

Και θα γεμίζει ο αέρας πέταλα καρατομημένων ανθών,

Καρπούς γυναικείων χεριών,

Και λιωμένα κοσμήματα,

Κυρία των μέσα μου ανέμων,

Τιμώρησέ με αν θες,

Γύμνασέ με στο γέλιο και στον πόνο,

Είμαι ο οριστικός εραστής σου,

Ο αόριστος,

Ο τωρινός και ο παντοτινός,

Ο πιο ανώριμος,

Ο πιο σοφός,

Τώρα πια γνωρίζω τι μ’οδηγεί να υποτάσσομαι,

Στην ετοιμόρροπη και ασθενική σου θέληση.

Dame des mes vents intérieurs : Giannis Aggelakas

Dame de mes vents intérieurs

Je ne nierai pas exactement ce qui m’ a conduit

A semer en moi la bénédiction du mouvement,

La Loi,

Pour lancer la corde,

Dans le puits sombre et grotesque,

Lorsque cette année là, projeté

Pour me retrouver dans votre monde glamour

Le merveilleux, blessé.

Vous promettez ,  tous les soirs, d’éviscérer

L’horizon sombre de la raison,

Je ne pardonnerai pas d’accrocher à  l’écorce de l’écriture  de mon discours,

Les planètes les plus proches, fragiles,

Chaque fois avec une chanson différente,

M’engourdissant  pour  lécher votre squelette à vif

Et pas  qu’  en mai . Je ne  tolère pas que ,

Vous vous appuyez  sur moi

Avec des mots satiriques,

Et des seringues

Et les lèvres mordues,

Faites vous  plaisir du vide qui mènent à ma maison.

Plus risqué qu’à Nazareth

Je marche  à petit  mouvement

Dans le sable carnivore

Gardant le   pays inaccessible du clown sacré,

Et bouffon sel il y a mais non,

Mots, traits horizontaux maigres,

Mais aussi important,

La peau et les aponévroses des vallées de la maladie de Carré,

Et l’amour

De la terre noire où elle est dispersée,  à éclater,

A démembrer le corps humain,

Outre les coquelicots rouges sanguinolents,

Peut-être que je ne peux oublier  le ciel blessé dans les batailles

Et cette ancienne  chanson qui dit :

Je t’aime Je t’aime.

Et comme les bords  arrêteront  les rivières,

Et les gencives  vont  exploser,

Elle remplit les pétales de fleurs embaumant  l’air

De fruits  comme des mains féminines

Et des bijoux fondus,

Lady de mes vents

Punissez-moi si vous voulez,

Manipulez  entre  le rire et la douleur,

Je suis votre amant final

Le résumé,

Le présent et l’  éternel

Le plus immature

Le plus sage,

Maintenant je sais ce m’oblige à être à vos ordres,

Jusqu’à ma ruine et asthénique comme vous le désirez.

Texte issu d’une chanson : G.Aggelakas

peintures: Pascal Chove

ΚΥΡΙΑ ΤΩΝ ΜΕΣΑ ΜΟΥ ΑΝΕΜΩΝ – G.Aggelakas/G.Christianakis

Odilon Redon

Tout ce que je veux-Chanson de Giannis Aggelakas

All i want, by Giannis Aggelakas (song)

All i want is an untouched body,

a pure body

so i can carve on it the story of my life..

All i want is an innocent heart, a childish heart … an unweary one

so i can listen at its very first murmurs

of my sordid melodies.

Tout ce que je veux – chanson- G.Aggelakas

Tout ce que je veux , c’est un corps intouché

Un corps pur

Aussi puis-je y  taillader dessus l’histoire de ma vie

Tout ce que je veux c’est un cœur innocent, un cœur d’enfant..

Un non-porté pour pouvoir entendre ses tout premiers murmures de mes sordides mélodies.

Eric Corbel