Apiculteur- A. Bashung

Alain Bashung , mort un samedi de Mars 2009. L’apiculteur ( texte: J . Fauque, A.Bashung/ musique : A.Bashung)

D’heures en heures
 L’apiculteur se meurt
 Il a eu son heure
 Il a fait son beurre
 Happy apiculteur
D’heures en heures
L’apiculteur effleure
La fin du labeur
Happy apiculteur
Dans une autre vie
 Les marguerites s’effeuillent au ralenti
 Personne n’est vainqueur
 Les proies les prédateurs
 Savourent le nectar
D’une pomme d’api
Happy apiculteur
L’heure c’est l’heure
 On n’est pas d’humeur
A verser des pleurs
Fières sont les ouvrières
 Le jour en tailleur
Le soir en guêpière
Quand la mort vous susurre
Des serments veloutés
Que rien n’est moins sûr
 N’aura plus d’importance
 Ni la chaleur Ni les piqûres
Happy apiculteur Happy apiculteur
D’heures en heures L’apiculteur se meurt
Trouve l’interrupteur
 Une oasis Aux allées bordées d’épagneuls
 Que la splendeur n’effraie plus
Happy apiculteur
Happy apiculteur Happy apiculteur
Happy

Les abeilles – Bourvil ( clip et paroles)

L’essaim se gonfle et s’abandonne

A la caresse du printemps

Et, dans la ruche, tourbillonnent,

Prêtes à prendre leur élan,

Bzz, bzz, bzz,

Bzz, bzz, bzz… les abeilles !

Se posant par cent et par mille

Sur les fleurs qui s’ouvrent à peine,

Elles butinent leur pistil

Pour en extraire le pollen,

Bzz, bzz, bzz,

Bzz, bzz, bzz… les abeilles !

Ces gentilles petites bestioles

Fabriquent d’abord de la cire.

Elles y font des alvéoles,

Doux petits nids pour bien dormir,

Bzz, bzz, bzz,

Bzz, bzz, bzz… les abeilles !

Mais gare à celui qui s’égare

Au milieu d’elles, par hasard.

Il aura beau s’enfuir dare-dare,

Il sera piqué par le dard.

Bzz, bzz, bzz,

Bzz, bzz, bzz… les abeilles !

Quand vient le grand jour de la ponte,

La reine doit faire de son corps don

Et dans l’azur elle monte, monte,

Poursuivie par tous les bourdons.

Bzz, bzz, bzz,

Bzz, bzz, bzz, ça va être sa fête !

C’est celui qui la rattrapera

Qui sera le bourdon papa,

Mais, tout de suite après, il mourra

Pour avoir donné tout ce qu’il a.

Bzz, bzz, bzz,

Bzz, bzz, bzz, vaches d’abeilles !

Si tous les hommes ici-bas

Devaient mourir à ce moment-là,

J’en connais plus d’un, croyez-moi,

Qui y regardrait à deux fois.

Bzz, bzz, bzz,

Bzz, bzz, bzz, à d’autres !

Heureusement que c’est pas demain la veille

Que les femmes deviendront abeilles.

Dans ce cas, je dors sur mes deux oreilles

Et je dis miel aux petites abeilles.

Pensez bien, moi quand j’suis avec ma fiancée,

J’me fiche pas mal des abeilles…

Les abeilles… J’me demande un peu…

Enfin, allez, à la ruche… A la ruche…

Earth Hour, clair obscur autour d’une bougie à la cire d’abeille

Aujourd’hui, samedi 31 Mars , Earth Hour à travers le monde / principe de puis plusieurs années, au départ d’une initiative Australienne, éteindre les lumières pendant une heure . Devenu élément médiatisé , ce sont les « états » voulant se donner bonne conscience dans un élan de générosité qui couperont pendant 60 minutes la chique à Dame la fée  Electricité , plongeant dans le noir  des monuments publiques, des immeubles ou lieux symboliques. . Photographiée alors depuis l’espace, la petite planète devrait faire preuve d’une pensée  » écologique » éphémère. Etonnant de noter la durée de vie de certains événements. 2012, année du dragon, année bissextile ( ah ça c’est bien le seul élément qui revient tous les 4 ans , quoique 2012 année de la fin du monde pour certains !), année de l’énergie durable décrétée par l’ assemblée générale des Nations Unies , année de l’eau ( on voit les résultats obtenus par le forum mondial à Marseille , cette année, personnellement celle tenue par les Altermondialistes coulaient de source !)Ah , il va falloir attendre un an pour une réflexion mondiale sur la coopération dans ce domaine vital qu’est l’eau .. Il va en couler sous les ponts avant que des actions efficaces , raisonnées soient menées . Merci les Organisations Non Gouvernementales de vous y être attelées depuis longtemps . Il y a les mois de soldes, de sensibilisation à une cause, de B.A  avec gratuité de dépistage ( vive la prévention et la diffusion des savoirs ). Quant aux journées  dédiées, inutile de revenir et d’y perdre du temps …Alors une heure pour la Terre  !!!  » No comment » , comme disent mes amis de langue anglaise . Une occasion de plus pour allumer des bougies .

Ah , le romantisme d’un diner aux chandelles ! Cette douceur, suavité , cette chaleur , cet hypnotique moment parfois que de se perdre dans la vue d’une flamme. Encore faut -il bien choisir sa source de lumière.

Les bougies sont fabriquées avec différents « produits ». Le plus couramment , la paraffine ( du latin »  parum infinis  » signifiant : peu d’affinité ; produits de distillats d’hydrocarbures saturés, pétrole lourd . Mais aussi , la cire de soja , peu développée en Europe , mais recevant un franc succès aux U.S.A . Cette fois ci , difficile de cacher une certaine animosité sur le risque d’y voir poindre quelques » OMG »  heu O.G.M ( Organisme Génétiquement Modifié). La cire d’abeille, bien sûr, pensez-vous depuis longtemps . Je vous entends d’ici!

Connue  et utilisée depuis la nuit des temps , rien de plus naturel que cette cire là . Elle  est le principal matériau constituant les opercules de chaque cellule à miel, dans une ruche. Les apiculteurs, pour obtenir cet or si précieux doivent désoperculer les cadres et d’une lame de spatule ou de couteau, enlever délicatement cette couche. Centrifugée, chauffée , elle libère les 2 produits phare : le miel et la cire . Pour la gelée royale et ses bienfaits, un autre article ne suffirait pas ! Mais pour combien de temps encore ??? Il ne suffira pas d’une heure sans usage d’électricité pour enrayer la catastrophique destruction des abeilles . Rappelez vous , le gaucho, le régent de BASF, actuellement le cruiser ou autres  pyréthrinoïdes, pesticides neurotoxiques  systémiques .

Le réchauffement climatique  et la durée anormalement longue du printemps  ou plutôt la diminution de vraie saison d’hiver froide  seraient aussi à l’origine d’un surcharge de travail des butineuses , tant pour la collecte du pollen que pour leur reproduction .  En effet des  » couvées » précoces seraient à l’origine de la plus grande dangerosité d’un acarien parasite  » la varroa » se développant au détriment des œufs et larves d’ abeille (  2009: source de recherche Umberto Solimene, directeur du centre de recherches en bioclimatologie médicale, biotechnologies et médecines naturelles de l’Université de Milan, avec la collaboration de Vincenzo Condemi, climatologue de l’Université de Milan.)

Bougie allumée en source d’éclairage , en souvenirs, en commémoration, en symbolique prière, en zénitude , en source hypnotique, qu’un Pierrot à la lune plus coquin qu’il n’y parait, pour en éclairer le regard de sa voisine , derrière les rideaux de fenêtre en a tiré le briquet ! Soyons vigilant, veillons donc à conserver, protéger, prévenir tous les impacts d’avancées techniques et technologiques sur l’environnement pour que les petites abeilles puissent encore butiner et polliniser . ‘est notre pain quotidien , notre alimentation naturelle qui est en jeu. Les 3/4 de la culture agricole en Europe contre l’avancée  des semences de  » Monsanto »& CO !!!!

BeeZzzz

D’un fil de blog , compagnon de neurones / De la passion d’avoir envie

Envie, désir, souhait, passion : sont-ce des mots à bannir de son vocabulaire?

Que de chemins couverts de larmes, de mouchoirs en papier, de mouchoirs de Cholet ou d’ailleurs… Vous savez les  » si grands  »  à carreaux qu’on les prendrait pour des serviettes, ou ceux  » si beaux » d’une blancheur immaculée ornés de fines broderies ou ajourés de points de dentelles. De ces merveilles , j’en ai fait des voiles de mariées pour poupées et des autres , pour maison de poupettes, des nappes pour table de ginguette , en bord d’une rivière imaginaire où retentiraient les flonflons d’un accordéoniste.

De promenade en errance, tel un insecte ouvragé par un orfèvre informatique ou plein de tics , de puces, poursuivie par une souris zélée, je ne vois que tristesse, mélancolie, nostalgie parfois, quelques cris de colère, mais aussi des rancœurs dont les mots en lame de couteau sont jetés dans le vent sidéral de la toile.  » Comment ça va , bien , berk ou bien? » semblent  narguer les commentateurs en verve, appuyant avec délice ou humeur narquoise sur la touche « étoile ». Ah , il est beau , le firmament des confidences solitaires.  Bien tapie sous des métaphores, ensevelie sous de rimes qui se veulent jubilatoires à défaut d’y croire, une décision a germé. Surtout ne plus jamais taguer  » poésie » pour ce qui germe ici . Ah si , celle des autres , des connus, reconnus , validés, publiés ou en passe de l’être. Il est temps de grandir, il est temps de mûrir et de pouvoir s’offrir le luxe de s’autoproclamer reine des imbéciles.

Vous savez ce que c’est, vous, un imbécile heureux? Reprenez donc le classement  du Quotient intellectuel : entre  26 et 51. Ah, ya pire.  L’idiot est de 0 à 25, alors que le crétin peut faire le fier  avec un score supérieur à 50. Heureusement que les termes ont changé dans cette nomenclature d’un autre temps.

Oui madame, oui monsieur , vous avez devant vous une imbécile . Oui, mais heureuse !!!

Heureuse d’arriver à déchiffrer en tout langage des thèmes de nourritures  spirituelles, intellectuelles, humoristiques, satiriques ou véridiques . Emue par les photos, les croquis et dessins, les peintures et sculptures offerts aux regards pixélisés de cet univers parallèle qu’est le Net, point de mots à rajouter, l’image a cette universalité de langage. Non , je n’étale pas sur la mie de pain frais, un peu de confiture de fruits rouges, dont la culture pose des questions écologiques, économiques et humaines parfois. A dire vite ,vive les gens qui se tiennent  à l’écart, qui prennent tout simplement un livre, le lisent , en tirent la substantifique moelle et cherchent à communiquer cette envie, ce désir, cette passion pour un sujet ou un autre.

Honnêtes, certains le sont dans leurs témoignages, partages d’expérience de Vie, de douleurs et souffrances, maladies, pertes d’êtres aimés, parcours du chaos dans leur quotidien, leurs voyages intérieurs ou extérieurs. Parfois « vengeur masqué », d’autres lancent des piques, des hallebardes, des pointes au curare avec leur sarbacane. Règlement de compte anonyme qui n’ouvre pas au débat. Souffrez-vous de bruxisme ? Non , je ne vous traite pas de brute, mais attention à l’usure prématurée de votre émail, à trop grincer des dents, vous pourriez perdre la possibilité de mordre, de croquer avec délice une pomme, de vous mordiller les lèvres , peut être celles du voisin.

D’autres, au contraire, partagent leurs connaissances , leur savoir-faire, leur savoir être. Bravo à celui qui sait, encore plus à celui qui vit une expérience personnelle et nous en fait part de manière passionnée et positive. Bravo à celui ou celle qui s’engage publiquement dans un action volontaire et non pas par obligation , et tient dans son journal les succes ou échecs, les trophées ou revers de médaille, dans sa démarche, le long de sentiers tortueux, souvent semés d’embuches. Ses  » lecteurs » , alors , sont autant d’encouragements, de mains posées amicalement sur son épaule, de petites pichenettes affectueuses. Anonymes pour la plupart, ils ne figureront que sous la forme  d’une visite supplémentaire sur telle ou telle page. Mais ce regard , ces minutes passées, mieux que des mots qui , dans la représentation subjective que leur concept induit en chacun et cause d’ « incompréhension », ce petit chiffre apposé à un autre nourrira la motivation initiale de son créateur.

Allez , chassez le naturel , il revient au galop. Et de chasse comme Artemis à la philosophie , il n’y a qu’un pas ou qu’un sabot, d’un petit Nietzsche de derrière les fagots, en tartine tous les matins je « petit- déjeune » . Question de créateur et de grain à moudre, pour le pain quotidien , il s’y connait :

 » Ce sont des compagnons que recherchent le  créateur, pas des cadavres , pas des troupeaux , ni des croyants . Le créateur cherche d’autres créateurs , ceux qui écrivent de nouvelles valeurs sur de nouvelles tablettes. Ce sont des compagnons que cherche le créateur et des moissonneurs, car tout ce qui le concerne est mûr pour la récolte. Nietzsche

Que ce soit WordPress,  ou tout autre élément du puzzle de la blogosphère , y surfer, y glisser et chercher à creuser, encore et encore le tunnel pour y apercevoir une petite lueur. Envie, désir, passion, continuez à écrire , à publier,continuez à l’ouvrir cette bouche de papier, de 0 et de 1, continuez  à nous nourrir .

Words..Words..Words . Leo ferré

Andrei Zadorine

Einstein on the beach- 1976 à 2012 – Re-création

Extrait d’un documentaire sur l’Opéra de Philip Glass, Robert Wilson :  » Einstein on the beach »  1985

Traduction approximative du clip.

Rob  fut le premier d’entre nous à aller à Broadway et de monter quelque chose pour  un » autre Broadway ».  Rapidement , Nous avions discuté d’une pièce , mais sans savoir quel genre se serait. Nous est venu le titre « Einstein on the beach » . Einstein est un Dieu de notre temps. Nous connaissons toutes les histoires autour de lui . Nous sommes allés au théâtre partager quelque chose ensemble et , dans un sens  pas besoin de raconter l’histoire car nous la connaissions déjà,  cette moisson qu’est l’homme mais aussi un pacifiste ayant contribué à l’explosion » de l’atome.

Einstein était l’esprit dans la pierre de l’édifice de la  plus sauvage des revendications d’égalité. Il a permis tous ces spectateurs et a créé l’opéra. Je pense que c’est la première fois dans l’histoire de l’opéra qu’ une musique est écrite pour tourner autour de ce point de départ.

.Je crois que j’ai vu Einstein  40 fois. C’est peut être le plus grand opéra du 20 eme siècle , il n’y a plus rien de tel . Et  cela  a rendu encore plus.  Des que j’ai fait Einstein , je suis allé au Metropolitan Opera Ballet( MOB) et je leur ai demandé s’ils le monteraient . Je suis allé au National Dance  pour savoir s’ils soutiendraient  en disant que ce n’était pas une pièce pour un théâtre commercial en ville . Tous étaient effrayés de n’avoir aucun public  pour ça.  Le public ne se déplacerait pas pour un truc pareil. .Ils avaient  » leur public. ». J’ai essayé partout pour  obtenir e l’argent.

Je suis allé à Paris, France  et ai  été reçu par Michel  Guy  qui était ministre de la culture à cette époque, ( Secrétaire d’état, précisons de PL ). Le monde a perçu que quelque chose d’inhabituel se passait là.

Jane Herman avait la charge des événements spéciaux.  Elle est venue voir la pièce et  a dit  » peut être , comme un événement spécial , nous pouvons la faire venir  au Metropolitan Opera , mais ils me voulaient  « moi » Robert Wilson   »  pour trouver les fonds et fonder le spectacle pour le produire  sur les jours de fermeture . Ils m’ont permis de louer les lieux , un dimanche  au triple du tarif en vigueur. Je ne m’avouais pas vaincu par le manque d’argent. Allons y , faisons le » .

Benedicte Pesle :   » Phil, Rob, Lu (  Lucinda, la chorégraphe ) se sont absolument crevés pour mettre leurs mots pour un public bouffeur de bacon. Et , non,  l’ œuvre  trouve un public européen mais  l’Amérique n’est pas l’ Europe. Ils veulent des américains , ils les veulent  comme çà fonctionne aux U.S.  »

R.W : « J’ai vendu des tickets de 2 à 2000 dollars. Nous avons vendu  2 pas.  Et j’ai posé le ticket à 2 dollars à coté de celui à 2000.

« Nous y sommes allés en famille ,  assez impressionnés . Je n’étais jamais allée au Metropoloitan ( mob)  pour une représentation brillante  et nous semblions très spéciaux, importants. Mon père était un gros fumeur et de rester en place pour un temps si long était une mission , et mon père est resté  pendant toute la durée sans faire une coupure ,  c’était incroyable . A la fin, quand les gens se sont levés « en standing ovation » applaudissant and sharing  leur enthousiasme pour les artistes , , il y avait des larmes et de la fierté sur son visage, incroyable . « ( précision  PL : Le spectacle dure 5 heures avec liberté d’entrer et de sortir de la salle pour les spectateurs !!!!)

David Byrne :  le fait que c’était au MOB l’a fait aller de la périphérie au centre Ville.  Ce qui a été choquant pour de nombreuses personnes de voir l’idée et l’historique , de ce que je pourrais appeler les éléments du centre-ville, les corps ennuyeux ne cédant pas à la baisse de  professionnalisme , en tout point égal que ce soit un show de  théâtre de Broadway ou un Opéra. C’était une façon de dire  » nous sommes égaux » .

RW /  » Mon père a dit , oh ce doit être impressionnant;  ça a dû te faire beaucoup d’argent.  j’ai non, papa , j’ai produit  ce travail , il m’en a couté 1 million de dollars; , j’ai récupéré 850.000 dollars. Je suis endetté de 150.000 dollars.  150.000dollars de dette? Oui, Monsieur il m’a dit : mon fils :  je ne savais pas que tu étais aussi  » smart » pour perdre 150.000 dollars,  » c’est probablement la chose la plus magnifique qu’il m’est dite.  Je lui ai répondu que cela m’avait demandé beaucoup de travail , cela avait été vraiment dur !!

Nous avons toujours à la célébrité et au succès financier allant de soi. Mais non, en fait. Le succès peut venir en premier et l’argent suivre ou non.
Eventuellement, qui sait , mais qu’importe . Peut être devrions nous faire quelque chose de plus petit et rester à New York? La grande scène fut à N.Y. Il n’y avait pas d’autre endroit en Amérique pour la monter convenablement .

Rappelons que cette œuvre fut créée en France à l’ouverture du festival d’Avignon en 1976. Le reportage date de 1985 . La reprise de cet opéra et sa tournée européenne en 2012/2013 ont  vu cette fois  se fermer les portes d’endroits tel que le théâtre du Châtelet pour Paris , la Scala  de Milan , Le Theatro Real de Madrid. Coupes budgétaires et demande exorbitante de la production  Pomegranate Arts. Pour la France , seul l’Opéra Berlioz du  Corum de Montpellier a relevé le défi pour 3 représentations mi Mars 2012. Re Création mondiale, après Avignon 1976, Montpellier 2012 ( et oui tout ne se passe pas qu’ à la capitale !!!). L’avant première eut lieu en janvier aux U.S.A, dans le Michigan. Tournée prévue après 2 représentations  ces jours passés à Reggio Emilia en Italie, Londres, Toronto, New York, Berkeley, Mexico , Amsterdam en janvier 2013 et Hong Kong pour Mars prochain. Baroud d’honneur pour certains directeurs de salle, prise de risque avec recherche de mécénat pour contrebalancer les frais demander par la production américaine , équipe de marketing à la made in U.S.A.

Cette nouvelle visite de  » Einstein on the beach » est constituée de différentes séquences s’articulant les uns aux autres comme autant de facette d’un prisme. Le monde américain de 2012 se regardant dans le miroir de fin 70 se regardant lui-même dans celui des années 50. Une mise en abyme, un œil critique à travers Einstein et son procès.

Certains textes sont écrits par Christopher Knowles le fils adoptif de Robert Wilson , un jeune autiste rencontré dans un c entre lorsqu’il était éducateur . d’autres par Lucinda , la chorégraphe, Samuel L Johnson , et des bribes, des phrases des notes  et  des chiffres psalmodiés.. Construction de l’œuvre sur les dessins de Robert et les notes en commun de Rob et Phil. Philip Glass et sa musique répétitive, Robert Wilson pour la mise en scène  et les visuels, Chorégraphie de  Lucinda Childs

Extrait  / The train

Philip Glass , exercice de musique répétitive. Opéra  » Einstein on the  beach »

Semaine 12, semaine de toutes les questions.

La semaine 12 de 2012 a été chargée d’évènements . Passage de l’hiver au printemps, passage à l’heure d’été. La machine à remonter le temps ou à voyager dans les espaces -temps n’est pas encore d’actualité, comme ces projets fous d’ascenseur pour l’espace ou les téléportations  grâce à l’avancée de la physique quantique et d’une plausible mise en application technologique.

Ma région, mon département, ma commune ont été frappés de plein fouet par le cours de l’histoire et mon jeune homard, la jeune adolescente qu’est ma fille a vu s’arrêter le temps pour la première fois de sa vie.

Le monde de l’enfance qu’elle essayait de rejeter l’a vu y revenir au galop pour s’y réfugier, pour y chasser les démons, les fantômes, les angoisses, les cauchemars, ses propres cris au creux de la nuit. Tant d’incompréhension, tant de réflexions de ses camarades de cour d’école qui résonnaient . Tout le monde en parlait, petits et grands  faisant grossir la rumeur alimentée par la présence obsessionnelle  de voitures de police et gendarmerie, d’équipe télévisée de France 3 à la recherche de témoignages de voisins prêts à confier ce que la masse  aimerait entendre . Cauchemar débuté lundi dans l’esprit de nos chères petites têtes officialisé par la minute de silence à observer après les explications du professeur ainsi que, quelques jours après,  son intervention en plein cours d’un confrère pour annoncer la mort du « présumé coupable » des tueries ayant  frappé l’imagination et la fantasmagorie de ces jeunes. Combien auront verbalisé avec leurs parents et chercher à obtenir des réponses à toutes leurs questions? Avec quelle neutralité, ceux-ci leur auront-ils répondu ouvrant le débat ?

Mon homard, ma grenouille, ma perle, mon trésor des mers universelles ne fut pas en reste pour me nourrir de ses  phrases et questions chocs.

 » Maman,  c’est quoi le terrorisme ?  Un juif , un musulman, un chrétien, je connais . J’ ai lu « le journal d’ Anne Franck »  et  certains livres de Marie Melissou et d’auteurs de littérature pour jeunes m’ont éclairé sur la tolérance et le respect entre personnes de culture, habitudes de vie, croyance différente?  Dis – maman, le terrorisme c’est vouloir nous faire vivre dans la peur, la terreur?  Et quand le président  Nicolas dit aux enfants de la classe   » ces enfants morts, ce pourraient être vous aussi ! », tu trouves ça rassurant???quelle phrase effrayante, de quoi leur donner des terreurs nocturnes, tu ne crois pas, maman??

  • Mais , dis moi, qui dois-je      croire, le président, par ce qu’il est comme un empereur, comme un roi au      dessus des lois, au dessus du peuple, mes professeurs qui ont du savoir,      ce qui est raconté à la télé, ce que me disent mes copains et copines, mon      père ou toi ? Est- ce que j’ai le droit de croire et de faire des prières      à un Dieu ou une déesse de mon choix puisque vous ne m’avez pas      choisi  une religion particulière      mais  juste donner des informations,      des pistes sur chacune de mes amis ?       Pourquoi mes amis, n’ont pas eu le choix?  Tu penses qu’il entendra les mots que je      lui chuchote dans le noir?

  • -Est-ce qu’il est normal      d’avoir peur et de ne pas savoir de quoi? Dis , maman , toi qui a le droit      de voter, allez, dis moi ? Pour qui vas-tu voter?  Pourquoi appelle t’on ça la gauche , la      droite, le centre , les extrêmes?       Bon , ok , j’ai eu quelques notions en classe, ce que tu      appelles  Education Civique, mais      j’ai préféré les cours sur le tri selectif, le traitements de l’eau, des      déchets. Ce n’est pas en respectant notre planète et tous les êtres qui      l’habitent, la chérir, la préserver que nous sommes des vrais citoyens? Tu      m’as bien expliqué que le mot « politique » venait du grec      politikos  » de la cité » et citoyen  est de la même racine , non? Alors,      explique -moi pourquoi les hommes qui se disent politiques ne se      préoccupent plus que de la détruire , son sol, sa faune et sa flore , ses      richesses, ses beautés et nous avec? Profit, m’as-tu dit ! Ce sont eux les      profiteurs? Pourquoi dois-je dans l’avenir travailler? Et si je refuse ce      futur ? Être un politique , est-ce que c’est faire des promesses qu’on ne      tiendra pas? Tu me prônes les valeurs de la  confiance, d’ apprendre à discerner le      vrai du faux, le mensonge. Tu me dis qu’il n’existe pas une vérité. Et      moi, maman , tu y as pensé? Comment dois-je faire pour m’y retrouver dans      tout ça? Les terroristes , ce sont ceux qui colportent toutes ces rumeurs,      qui m’effraient et viennent hanter mes nuits?

  • -Maman, où est-elle , la positive attitude? Maman, tu pleures… tu ris…tu ne dis rien? Tu me souris ….. «