Métamorphoses des arbres , Pollet et Romeo : des écorcés vivants

Il est des hommes qui parlent aux arbres, qui les enserrent dans leurs bras pour en sentir l’énergie en jaillir et les transpercer. D’autres ramassent ces bois flottants , ballotés et ouvragés par le courant et les marées. D’autres encore les cisellent et en réveillent des métamorphoses aux portes des songes et des rêves. Par ce lien sacré avec le végétal , certains artistes s’immergent alors dans le chaos du silence, dans les caprices des méandres des troncs et branchages.

 

Métaphoriques visions arrachées , caresses du regard du photographe pour une mise à plat de tourmenteur d’arbres morts .Leurs  racines ,  leur tronc éventré,  cœur ouvert et fendu ne traduisent pas que la douleur , mais au contraire la joie , la vie, la sève passée  ,la libération de l’essence .

Cédric Pollet et ses 450 clichés  » écorces » nous en révèle l’incroyable richesse .Couleurs, textures rivalisent de créativité. Allez visiter son site, une merveille pour les yeux et l’imagination est au pouvoir . Sillonnant les différents continents , à la recherche d’essence nouvelle à vous offrir , cet infatigable créatif ne connait de repos que dans la contemplation des offrandes de Dame Nature !

Emmanuel Roméo qui expose  ses photographies  du 1er au 30 Juin 2012 à la Galerie 30 au Cannet ,06- Alpes Maritimes , dévoile d’autres beautés cachées dans cette nature qu’il faut savoir cueillir du regard après de longues périodes d’errance . Ses séries d’images se nomment :«Echos d’arbres », « Impressions », « Rencontres » « Mondes passagers » « Végétraces », « Entre temps ».

Emmanuel présente ainsi sa démarche artistique :  » Laisser parler l’imaginaire en observant un arbre, une route déserte, les caprices de la lumière sur un détail de paysage, fait autant partie du quotidien de l’enfant rêveur et solitaire que de certains photographes. Une foret abandonnée me raconte plus d’histoires que cent cités humaines. C’ est au cœur de cette mélancolie parfois incroyable que je retrouve le sentiment d’aller au fond des choses. Des êtres de légende émergent des vieilles pierres ,de regards  indéfinissables me surprennent au moment le plus inattendu ,reflets et matières vont mourir et renaitre pour révéler un univers des possibles.

Vouloir interpréter ce que je crois percevoir est de la pure utopie. Pourtant certains instants insolites existent et récompensent des journées de patience , et qui fait de la photographie une ascèse et un véritable paradoxe , mais aussi le mirage d’un genre un peu spécial auquel l’artiste lui-même se laissera prendre, par amour et par aveuglement . « 

Celui qui en parle le mieux :

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d’une vingtaine d’ouvrages et collabore à plusieurs revues. Extrait de sa bibliographie

  • Cyclope-      Editions de l’Atlantique -2011
  •  » La      mariée était en rouge » – Le chant du cygne, Paris, 2009
  • « Beckett      et la poésie : La disparition des images  » le manuscrit, 2001″
  • « Trois      faces du nom » – L´harmattan, Paris
  • « Chants      de déclin et de l´Abandon » – Pierron, 2003
  • « A      l´Epreuve du temps » – Dumerchez 2003
  • « Donner      ainsi l´espace » – La Sétérée 2005
  • « Porc      Epique » – Le Petit Véhicule, 2006
  • « Les      impudiques » Editions du Cygne,2006
  • « Mon ex      a épousé un schtroumpf  » -sous le pseudonyme de Garr Gammel –      Editions Chloé des Lys, 2008, etc.

Il écrit, à propos des œuvres d’Emmanuel Romeo:

 » Elles répondent dans leur perfection à la même exigence. Celle-ci donne un écho au silence, une vibration à la souche. Elle permet aussi de s’immiscer dans les labyrinthes du songe par les métamorphoses qu’elle engendre. En ce sens l’artiste se rapproche d’un certain art photographique ou cinématographique japonais, le plus minimaliste et le moins exotique (Ozu par exemple).

De no man’s lands abandonnés par la marée, de quelques poteaux télégraphiques plantés ou encore de souches torturées l’artiste crée un univers farouche mais apaisé. Tendre mais dénudé. Il évite avec soin de saisir les humains. Il préfère éteindre leurs bougies comme si ,à travers elles, la lumière ne pouvait se saisir. Une lumière térébrante, puissante prise sur le temps qui ronge les heures ne peut se saisir que par d’autres « chairs » plus minérales mais peut-être plus existentielles…

Aussi nocturne que diurne l’œuvre les saisit en des instants cernés par un certain vide où le regard bascule. Parfois la lucidité du noir trouve appui sur une certaine idée de la chute avant de se perdre sur les hauteurs d’un brusque mouvement d’air. Tout joue entre équilibre et déséquilibre. Parfois le ciel est en abîme mais parfois c’est la matière elle-même qui est saisie en un pur chaos.

Emmanuel Romeo absorbe le monde. Il demeure porté par certains de ses courants. Les plus primitifs, les plus essentiels. Rien n’est jamais boueux dans ses prises. Et si une blessure les habite rien n’en sera dit dans ce qui échappe au décoratif pour entrer dans l’ordre de la cérémonie. Le photographe semble se retirer de la simple évidence du monde en ne cédant pourtant en rien sur certains de ses éclats. Il prend à témoin le végétal, le minéral. Il en fait son lit de silence juste avant qu’un mince soleil sombre. Mais la lumière de chaque épreuve parle en son nom tout en rejetant un pur effarement blanc.

L’artiste provoque des césures face à l’énigme du monde. Au bout d’une ligne qui court et se rompt reste la poussière du ciel acharnée ailleurs à découvrir par effet de miroir l’invisible patience de l’eau livrée, lorsque la marée, se retire aux caprices du sable. Dans les méandres de la terre comme dans ceux des arbres Emmanuel Romeo inscrit sa narration d’un monde provisoire qu’il sauve avec obstination de la débâcle des naufrages. Tout est de l’ordre de la célébration de fragments de clarté. « 

Inspiration de l’homme recherchant ses racines et ses attaches dans les arbres. Forces vitales retranscrites en image au hasard  des rencontres du troisième type . Tronc commun de la photographie pour Pollet et Romeo, mais 2 univers, 2 visions qui ouvrent les portes à l’imaginaire .

Roger Parry

Sinsémilia – Little Child

Sincémilia : Little Child

Oh little little child, I saw in your eyes

Too hunger, fears and cries, cries for your Africa

Oh little little child, yes I know that sometimes

You’re asking yourself why Jah made you live this life, live this life
What’s the answer for the african children?

Where is this world of hope for their future?

What’s the answer for the african children? What is this world…find the future
Oh little little child, I’m sorry for my lies

But it was really too hard To talk and break your heart Break your heart
Let Jah bless Africa children Jah bless Africa children
Oh little little child, man is getting too wild

to selfish in this time

Don’t ask me why.

There is an answer to the african teachers

What in this world , how find the future

So keep your faith in Jah Yes solution stays in Jah.

Sinsémilia – Jeu d’enfant

Sincémilia : Jeu d’enfant

Papa et maman parlent de divorce souvent

Histoires de compte commun

Histoires de comptes courants

L’argent n’ fait pas l’ bonheur et pourtant

J’ai parfois l’impression que l’amour en dépend

Ca doit être pour ça que papa prétend

Que l’amour est une affaire de grands

En amour il y a aussi des histoires de maîtresses

Ce que papa appelle de simples histoires de fesse

Mais maman dit que ça la blesse

Papa lui dit qu’il l’aime et les larmes disparaissent

Moi avec ma maîtresse, ma seule histoire de fesse

Est une grosse fessée pour cause d’impolitesse

Enfin, tout ça me semble bien complexe

Finalement je n’sais pas si l’amour m’interesse?

Laissons les enfants vivre

Laissons leur juste une chance

De ne pas nous ressembler

Laissons les enfants libres

Laissons leur innocence

Rafraîchir nos idées

Mais les enfants nous font peur

Et comme des bêtes sauvages

On cherche à les dompter

Les enfants nous font peur

Car dans leur yeux sages

On voit la liberté

Papa et maman ne vont pas fort en ce moment

La vie, le boulot et puis le mauvais temps

Et moi qui suis dans les nuages tout l’temps

Papa dit qu’il n’est pas normal de planer autant!

D’ailleurs maman veut m’envoyer chez le psy

Je rêve le jour, elle n’en dort plus la nuit

Elle veut que j’ailles voir le docteur aussi

Car elle est épuisée par mon trop plein d’énergie

Moi, les nuages, si j’pouvais y aller vraiment

je m’y serais installé depuis longtemps

Je suis sûr que là haut, on respire plus facilement

Mais je suis déjà trop lourd malheureusement

Ma tête déjà trop pleine de principes encomprants

Qui m’attirent au sol comme un aimant

Papa et maman s’inquiètent pour l’avenir

de temps en temps

Devant la télé, affalés sur le divan

Comme le changement ils n’y croient plus vraiment

Ils veulent juste sauver leur peau

Et celle de leurs enfants

Maman m’a dit de n’pas parler aux inconnus

De tracer droit lorsque je marche dans la rue

Alors je me camoufle et passe inaperçu

Pour éviter les pièges que la vie m’a tendus

Moi, la vie, j’aimerais y planter toutes mes dents

Quitte à en laisser quelques-unes dedans

Mais soyons raisonnables, restons méfiants

Car il paraît que Dieu punit les imprudents!

On est bien sûr de soi quand on est grand

Avec notre savoir, notre morale

Tous ces principes auxquels on tient tant

Mais c’est souvent trop tard que comprend

Que le bonheur était simple

Simple comme un jeu d’enfant

Jeux d’ Enfants

Il est des jeux d’enfants qui peuvent être cruels comme d’arracher les pattes d’une araignée, la queue d’un lézard , de trancher un vers de terre.

Il est des jeux d’enfants qui ne sont pas si innocents : se glisser dans la peau du docteur ou de papa avec maman.

Il est des jeux où les poupées se frôlent, se caressent, première découverte de sensualité inconnue; ébauche de l’adulte en devenir.

Il est des chagrins d’enfant qui sont des puits sans fond, des gouffres de tristesse, de souffrance, de regrets et de manque.

Il est des mots d’enfant, perles d’humour défiant la bêtise des grands , leur petitesse d’esprit, leur aveuglement dans l’entêtement.

Il est des  amours enfantines marquant à jamais au fer rouge, les souvenirs , les âmes. Elles sont les fleurs aux essences rares  dans nos jardins secrets, petits cailloux semés pour se retrouver, les stèles gravées, les marbres où se reposent les êtres chéris, aimés.

Cette enfant là jouant, riant, pleurant, rêvant, se souvenant , tu la réveilles en moi. Noël avant l’heure , tu déposes ce cadeau dans mon cœur, offrant la minuscule clé pour déverrouiller le lourd cadenas du passé fermant le coffre aux merveilles. Elfes, fées, gnomes et lutins dansent une sarabande à l’orée de mon âme.

Un  arbre d’amour déploie alors ses branches, les dresse vers le ciel en une passerelle vers l’au-delà, le haut de ça, le La du haut.

Ta main se tend vers moi et me tracte dans ton rêve.

Il est des rêves dans les sommeils d’enfant résonnant au matin de l’automne de nos vies. La frontière de nos nuits disparait.

Il est un arc en ciel d’où s’échappe une corde tendue en son sommet et fuyant vers ailleurs, plus haut, plus loin , plus tard ….

Les vois-tu ces 2 « mômes » serrés l’un contre l’autre en une frêle silhouette, mains unies autour du manche d’un parapluie , brandi vers la voute céleste, fragile balancier pour ces 2 funambules oniriques somnambules.

Il est des babillages que seuls nos jeux, nos rires , nos cœurs , nos sourires, nos regards, nos gestes, nos partages peuvent traduire.

Il est des jeux d’enfants ………

Texte : Pascale Lafraise

Pain pas » perdu  » pour tout le monde

Faire son « pain » maison est déjà un plaisir en plus d’une substantifique économie financière. Frais et croustillant  , on le dévore  comme un gâteau . Il se conserve aisément mais perd de son croquant. Surtout ne pas jeter . Quand il devient dur , il n’est pas perdu pour autant .

Transformé en chapelure, il saura enrober poisson, volaille, boulettes de légumes . Penser à bien dessécher  le pain rassis en le passant au four doux (100° C, therm 6/7). Glisser le pendant que vous faites cuire un autre plat ( économie d’énergie oblige !).  Les aliments pannés seront un régal pour petits et grands et certainement un moyen de faire découvrir, sous le savoureux croquant doré, des mets qui parfois pourraient rebuter vos chères petites têtes blondes, brunes, châtains ou rousses . Idéal en bocal de verre ou dans une boite métallique , nature ou parfumée en y adjoignant des épices , vous pourrez l’avoir sous la main pendant 3 mois sans risque de moisissure. Gratins, crumble et autre délice en prévision .

Mais revenons au Pain Perdu . Rien de plus simple   et une très bon dessert improvisé ou de quoi réjouir un goûter d’enfant . Changer un peu du sempiternel pain -beurre-chocolat ! Un œuf battu dans du lait, et mieux que du sucre un peu de sirop d’érable , d’agave ou  une cuillère de miel . Y faire tremper les  tranches de pain finement coupées et faire dorer dans une poêle bien chaude légèrement graissée.

Une variante : le Poudding de Pain.

Trancher le pain rassis . Beurrer chaque face. Graisser un plat allant au four. Y disposer une couche de tartines. Saupoudrer de fruits secs ou frais coupés en petits fragments ( raisins secs, figues, fruits rouges, pomme, poire, amande et noix diverses etc..). Alterner jusqu’à épuisement le pain et les fruits. Prévoir un plat à hauts bords. Pendant que le four préchauffe à une température moyenne ( 200/210° C therm 6/7) faire bouillir 3/4 de litre de lait préalablement sucré avec sirop d’érable, agave ou miel ( évite l’utilisation de sucre). Parfumer avec une cuillère de muscade , de cannelle, d’eau de fleur d’oranger ou d’eau de rose. Battre 4 œufs à la fourchette dans une terrine. Verser ensuite le lait parfumé et bien mélanger. Recouvrir le poudding avec cette crème . En préserver un peu  de cette crème anglaise pour accompagner au moment du service . Cuire pendant 25 à 30 minutes en prenant soin d’augmenter la température du four lors des 5 dernières minutes , pour la dorure . Sortir du four . Laisser refroidir . Dresser chaque portion accompagnée de fruits frais et de crème.

Fort délicieux  en remplaçant le pain de ménage par  de la brioche.  Tiens , ça me rappelle quelque chose !  » s’ils n’ont pas de pain , qu’ils mangent de la brioche . » aurait dit Marie- Antoinette après les événements d’Octobre 1789, soulèvement des femmes pour dénoncer le mécontentement du peuple face à la crise politique et l’enchérissement des denrées. Cette phrase figure dans le livre VI des  » Confessions  » de Jean  Jacques Rousseau vers 1782. Etonnant de voir comment l’histoire se répète, non ?

Hormis cette fameuse brioche à ne pas prendre sur votre bedon ,  il est possible d’utiliser des pains au lait , pain de mie ou reste de pâtisserie( comme un quatre quart par exemple).

Décidément , jouer les boulangers et recycler son pain ,c’est savoir astucieusement gagner sa croute. Le pain  :  pas perdu pour tout le monde !!!

Photographies : Lafraise

Au fil des femmes

Elles portent dans la courbe de leurs hanches toutes les promesses d’enfance à venir.

Elles ondulent du désir des hommes  qui les rendent sublimes.

Elles sont vibration, onde qui s’étend à l’infini, rebondit en écho , ricochet  en amour

Elles murissent et se gorgent de parfums enivrants quand elles continuent à briller dans les pupilles de leurs vieux amants

Elles sont terre nourricière, continent mystérieux quand elles abritent en elles,  9 mois durant, un petit amas de chair en pleine métamorphose. Elles deviennent architectes, plasticiennes,  chimistes , ouvrières. De cet artisanat, de cette alchimie, elles feront germer les plus incroyables fleurs que Gaia puisse porter.

Dans le don de la vie , elles accouchent de paradoxe. Trop important la vie pour la prendre au sérieux . Eclats de rire en miroir, elles se moquent de la morale des elfes, et d’un clignement  ironique se reflètent dans   l’œil d’Apollon.

Elles transcendent les païens, les croyants, les fervents, les pénitents , se muent en Hypatie, en Juliette, en Justine, en hypallages féminités orgueilleuses pour mieux les désarçonner, les envouter.

Elles sont îles nées de brumes et nuages entremêlés, de la magie de l’aube pointant le bout du nez, aurores boréales ou double arc en ciel en voute céleste tissé.

Elles sont filles du vent quand oiseau de passage , loin de toute cage ne peuvent être enfermées.

Elles jettent nonchalamment  des petits cailloux colorés pour nous aider à suivre la trace des fées. Anges ou démons, mythes ou réalité, elles sont muses ensemençant d’étoiles irisées les vies de chien de ces hommes délaissés, oubliés de tous.

Oasis en plein désert, elles nourrissent et abreuvent de leur souffle divin,  le voyageur égaré , le navigateur solitaire.

De leurs plumes d’ailes, elles caressent le front trempé de sueur nocturne  de l’enfant , enveloppent de leur tendresse , rassurent et chassent les terreurs , les pleurs et peurs, les cris étouffés rebondissant sans fin contre les parois du gouffre de la nuit des temps.

Elles nous laissent orphelin et ce manque à jamais , cicatrice qui ne peut se fermer devient flamme de bougie éternellement allumée.

Et que blanchissent les souvenirs quand elles s’appellent absence , elles nous tendent la main et guident nos destins,  nous protègent à jamais .

Peinture : Katherine Blackwell

Texte: Pascale Lafraise