Partie d’échec avec une autiste  » Asperger ».

échiquier surréelTu connais les secrets du cœur
Tu sais ce qui blesse et ce qui soulage
Tu ne veux faire de mal à personne
Et tu en fais , malgré toi
Malgré ta bonté
Malgré ta grandeur d’âme
Tu joues aux échecs.
Attention à la reine , attention au roi,
Le cavalier n’existe plus,
La tour vigilante menace encore .
Mais, qui te dit que ta stratégie vaincra ?
Es-tu certain d’avoir bien choisi ton ouverture ?
Pense aux parties mémorisables !
Pense que peut-être tu as devant toi
Un adversaire qui ne connait pas
Les parties « sacralisées »,
qui joue d’instinct,
Un autiste Asperger
Qui n’a pas encore fait en miroir « faussé »
Ce que font les humains
Béta, Alpha à Omega
Imiter !
Oui, je revendique mon autisme.
Certainement née avec trop
De connexions neuronales,
Avec un manque de contrôle,
Une inaptitude innée
A maitriser les aires préfrontales,
A décrypter les émotions
Sur les visages de mes semblables.
Ah non , c’est vrai,
J’oubliais encore:
Je ne suis pas normale,
Je suis vécue par autrui
Comme une handicapée,
Une attardée,
Pire qu’idiote ou débile.

personnes-dans-le-mur--les-mains-Je n’ai pas acquis la notion de morale,
Je suis « bestiale » ou
Petit animal sauvage.
Des responsabilités
En pacte,
Je me cogne le front
Dans le mur,
Je n’y comprends plus rien
Ou je n’ai jamais rien compris.
Je m’enferme dans le mutisme,
Je rentre dans ma coquille.
Tel un hérisson en danger,
Je me mets en boule,
Je sors les piquants;
Telle une tortue,
Ma faiblesse quand on me retourne,
Quand on me met sur le dos
Tout ce que les bonnes consciences
Reprochent aux gens comme ça.
Les gens différents,
Ceux qui sortent du rang,
Qui franchissent la ligne
Avant même de naitre,
Hors-norme,
Hors gabarit,
En dehors de la réalité
Qu’on veut leur faire gober,
Hors de la mode du moment,
De la politique du moment,
de la pensée unique du moment,
Hors du temps et de l’espace,
Hors la loi,
Hors de ce huis-clos
Où l’enfer c’est les autres
Et où le paradis n’existe pas non plus.
Me déplaçant en diagonale,
Tel le fou, la foule vindicative
Se rallie aux savants,
Aux psychanalystes de tout poil,
Ceux qui ont décrété détenir le savoir,
La science infuse.
Leur remède:
Institutionnalisation à vie
En Hôpital psychiatrique.
Tampon « inapte »
A la vie civilisée,
Au monde du travail,
A l’Univers de Big Brother,
Trop fatigant d’assister
Aux actes impulsifs,
Aux gestes d’autodestruction
Quand je ne comprends pas,
Quand je n’arrive pas
A créer le dialogue,
Quand les images me manquent
Ou sont parasitées
Par de fausses interprétations,
Quand les personnages
Qui s’animent devant moi
Jouent un autre scénario,
Une autre partie d’échec
Ou plus un jeu de dames,
Une partie de poker
(Là, je suis perdante d’emblée,
Je ne sais pas mentir, bluffer,
Tricher ).

paint-dripping-on-face-14514-400x250Les notions abstraites
Me sont inconnues
Et pourtant je peux
Maitriser les arts mathématiques,
Les principes de physique évoluée.
Je mémorise inlassablement
Des pages entières
Du bottin mondain, de l’annuaire.
En me frappant de l’annulaire
Ou des poings.
Je m’en balance parfois
Des vertes et des pas mures
Et oui , je suis Le Mur,
Ce film de Sophie Robert
Qui a montré au monde entier
Le retard phénoménal
De la France cataloguant encore
La maladie comme psychiatrique,
Relation mère-enfant déficiente
A l’origine des troubles.
Je revendique mes troubles de développement
Durable et précoce engendrant l’isolement
Je cherche les interactions sociales,
Lutte contre la restriction des intérêts.
C’est mon système neurologique central
Qui présentent des anomalies
De développement.
Gènes, problème biologique
Ou environnemental,
Les chercheurs le diront
Si on les laisse faire,
Si la Haute Autorité
En Santé le cautionne,
C’est les neuro-sciences cognitives
Et comportementales
Qui trouveront les clés
De mon emprisonnement forcé,
Et feront avancer dans la plus juste voie
Non seulement la qualité de la prise en charge
Mais aussi , je l’espère, la prévention.
Qu’on me croie ou non
Là n’est pas le problème.
C’est à pas de fourmi
Que peut s’ouvrir le monde
En prenant toute la valeur
De cette différence.
Ah , j’oubliais encore:
Gestes stéréotypés
Un seul centre d’intérêt,
Prédilection et seule nécessité
De communiquer avec autrui
Qui m’envahit:
L’Amour ,
L’Amour,
Encore,
Toujours.

Texte:Pascale Lafraise

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Lectrice – Marilyn Monroe

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Poesia in Gabbia d’ Amore – Poésie en Cage d ‘Amour

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Emprisonnée dans la cage des rêves, je m’évade en pensées vers toi, vers ta peau, ton parfum envoutant, cette douceur satin et soie qui appelle irrésistiblement mes lèvres, ma bouche pour la couvrir de baisers.

Mille papillons se posent sur ta nuque, virevoltent  le long de ta colonne vertébrale pour se nicher dans les replis secrets , les dédales du labyrinthe de ton cœur .

Tes dents, perles nacrées, je les imagine mordillant à loisir, à plaisir, les lèvres de ton aimée. Fais apparaitre une minuscule goutte de sang  qui ruisselle lentement dans le cou pour finir mélangée aux virgules de sueur, ponctuation née des caresses  tant désirées.

 Réchauffons-nous à la chaleur de nos âmes, qui se lient et s’entrecroisent en une dentelle aux fils inextricables de nos envies, de nos désirs, de nos plaisirs de nos appétits et de cette soif éternelle d’infini aux confins des profondeurs abyssales.

Toi , le maitre de la lumière, tu fais fuir les nuages sombres des craintes  , de l’absence, de l’attente des corps inassouvis.

 Chaque seconde égrène  sur la pendule de notre amour, balancier, équilibre, battement incessant du cœur , rythmant à l’unisson, en harmonie, en chant, en murmures , en soupirs, en onde propageant notre énergie vitale , dans le cosmos , en pluie, poussière d’étoile.

Tes gestes, ta douceur, ta tendresse, ta bonté, ton regard bienveillant, réconfortant, apaisant , sur la nudité vraie de nos sentiments, sont autant de cadeau du monde immatériel , magnétiques, mystérieux : l’amour que nous nous donnons , que nous recevons . La clé coulisse alors dans le cadenas , la grille de la cage des songes s’ouvre . Les yeux encore mi-clos, je cueille dans ton souffle l’arôme de ton amour.

Nous nous libérons , en pensées réunies des limbes de la nuit, des torpeurs nocturnes, des évasions somnambules et célébrons le premier rayon de soleil qui pointe.  L’humidité de la nuit couvre encore nos corps se métamorphosant en rosée délicate, effluve de nos corps enlacés, elle ruisselle goutte à goutte. D’une langue taquine , je lèche goulument le sel de ta peau, de ta vie, le miel de ton cœur et ce nectar divin apaisant porte un nom :  je suis tienne , tu es mien .  Amour.

Texte ( traduction française d’un texte écrit originellement en italien):Pascale Lafraise

Vulves en Pubis :Toutes à poil ou presque.

assiagranatouroff-RemyDuval1935Remy Duval (1935)

J.P.FourJean Paul Four

suction_by_ancillatiliaAncilla Tilia

Nude_art_0026photo site ANI

nu-136-vers-1933BrassaiBrassaï (1933)

Corps de femme mis à nu : des limites ?

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L’exposition médiatique du corps nu de la femme reste encore un des sujets de discorde entre les féministes  et les amoureux de la Femme ( corps et âme). Afficher la nudité , dans les pays où se montrer nu dans un endroit public est sanctionné par la loi, est-ce chercher à faire tomber des barrières, des limites et se montrer dans sa vérité originelle ?

Ne dit-on pas :  » c’est la vérité toute nue » ..  » Se mettre à nu » . En art , le corps de la femme se dévoile, pudiquement , chastement ou plus vrai , plus cru. Dessin , peinture, sculpture, photographie livrent les formes , les courbes sensuelles et maternelles. Les seins se montrent sans vergogne, sans honte . Ils sont porteurs de toutes les représentations sociales, culturelles, ethniques et religieuses . Générateurs du lait nourricier pour le nouveau-né. Démocratisés ou désacralisés , ils deviennent incontournables dans la gestion d’une publicité racoleuse, prônent sur les couvertures des magazines, des pochettes de disques, sur les affiches publicitaires, sur les plages et dans la rue. Ils se dressent , ils manifestent , ils revendiquent .

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Hypocrisie de certains ou certaines que de mettre l’étiquette pornographie, image dégradante de la féminité lorsque la vulve à son tour se montre. Où se trouve les limites entre sensualité, érotisme, pornographie , entre esthétisme ou provocation ? La pureté d’un corps féminin nu sans artifice ne perd t’il pas de sa virginité de l’instant lorsque le visage se grime d’un maquillage outrancier, qu’un objet dans le décor détourne le regard et vient planter alors le doute, la gêne ou exciter l’imagination du spectateur dans ses projections , ses fantasmes ? L’Histoire de l’Art replace , dans le contexte historique les libertés et censures des artistes ( pays, culture, politique, philosophie, mouvement de pensées ). Les sexes tant féminins que masculins se dévoilent ou se cachent , perdent leur proportion anatomique pour devenir le reflet de la société du moment.

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L’image de la femme  , en 2014 quelle est-elle? Celle de la parité à tout prix dans les formations de listes électorales, tenue bon chic bon genre, celle de la femme qui se montre visage nu ( sans maquillage, sans teinture de cheveux) , qui montre son crane chauve post chimiothérapie, son buste d’amazone au sein coupé, ses seins peinturlurés de slogan comme les Femen ou comme aux à New-York ( photographies Nue York, autoportraits d’ Erica Simone contre la dictature du vêtement , contre le carcan social, le « poids » d’hyperconsommation de la femme, première victime du  » fashion system » ainsi que de l’illégalité hypocrite de la nudité.

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 » Je me pose  comme une artiste exprimant des questions à la société. Me sentant bien dans ma peau, la nudité ne me semble pas quelque chose d’effrayant. Le corps relève de l’essence humaine, animale. Que certains aient l’esprit puritain au point d’être offensés par un corps nu constitue, à mes yeux, un mystère.Certes, je conçois que la nudité ne se prête pas à toutes les situations, et que certains pourraient l’utiliser de manière malveillante. Pour autant, le fait que la loi nous interdise d’être nu en public, c’est-à-dire d’évoluer dans l’état le plus primitif et naturel qui soit, cela me rend folle. La nudité n’a jamais tué personne. Ce n’est pas le cas des armes à feu qui, elles, sont autorisées aux États-Unis. Dans ce pays, posséder un pistolet est bien plus acceptable que d’être nu en dehors de sa salle de bain !  » Extrait d’un interview recueilli par Cyrill Bonnet .

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L’artiste  s’exprime avec ses valeurs intrinsèques , livrant toujours la possibilité et la liberté à celui qui regarde de porter ses propres jugements, sa vision sur autrui et sur lui-même. Il offre ses questionnements, un chemin de réflexions propre à tout être humain sans distinction , sans tabou , sans frontière .

Le corps de la femme mis à nu, et vous, où sont vos limites ?

Nue York – Erica Simone :

http://ericasimone.com/gallery/nue-york-collection/