(Tr)oppressé

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Avec la série (Tr)oppressé,Arte propose en 10 épisodes d’une durée de 5 à 6 minutes chacun (disponible jusqu’à fin 2020 sur sa chaîne du Net de prendre le temps d’ouvrir des pistes de réflexion sur la frénésie collective et individuelle dans notre société hypercapitaliste. Du diktat » du plus , plus vite, plus fort, plus performant » , sociologues, philosophes, journalistes et auteurs contemporains nous offrent  leur regard sur les dérives sociétales , les modes de vie induits. Illustrée par des extraits d’archives vidéos, films et publicités, la série dénonce au travers de 10 facettes les thèmes de l’hyperconsommation, la mode, le travail, la manipulation numérique, l’amour ou les médias. Quand le trop pressé cherche à combler d’un petit clic  à tout prix le vide de sa vie , que de consommateur dans l’urgence il devient le produit consommable jetable, pressé comme un citron,  oppressé.

De son temps de cerveau disponible, le bercer d’illusion, l’absorber dans le « flow », il devient numéro, partie intégrante des statistiques, manipulé par des algorithmes endiablés . Champion le français , catégorie  » consommateur » d’antidépresseurs, progression des « burn-out », rien n’est perdu . L’idée émise qu’il nous faut ralentir, limiter les consommations matérielles, prendre le temps d’apprécier les choses simples de la vie, contempler, méditer pour une « quête de sens » , placer son cerveau en  » mode avion » pour se reconnecter aux vraies valeurs, en pleine conscience . De cette sobriété volontaire , du bien vivre Paul Aries et Serge Latouche, entre autre , en avaient ouvert les portes . Il  en est maintenant de l’ordre du débat public relayé par des médias relatant les actions et initiatives alternatives de personnes ayant modifié en profondeur leur comportement à l’échelle individuelle et collective . Des signes positifs de changement collectif et structurel s’annoncent re-définissant le bien commun , la vie en société , prémices d’une nouvelle civilisation pour vivre bien , pour être bien ensemble aujourd’hui et demain.

 

  • Sous haute tension

 

Intervenant : Tristan Garcia, écrivain , philosophe , enseignant « La vie intense , une obsession moderne ». Par le passé, les valeurs d’une vie bien menée était le confort et la morale tout en espérant le meilleur pour celle d’après la mort dictée par le poids des religions. Celles d’aujourd’hui se caractérisent par le “ici et maintenant”. La vie se mesure en intensité. Depuis le  18ème siècle, elle devient électrique (affect, passion) Il faut vivre intensément , ressentir quelque chose de fort quelqu’en soit la cause pour se sentir vivant. Cette obsession à soumettre son corps à l’injonction d’intensité exponentielle tendant vers l’infini , passant par la douleur (souffrir pour se sentir de nouveau vivant) amène inexorablement vers le Burn Out et la destruction. La solution est de faire barrage , de limiter cette course à la performance des désirs, des affects, des flux de sensations. Opposer une situation aux flux individuels et culturels  sans les nier, ni les affirmer mais d’y résister . Les sentir et les éprouver , car il faut les ressentir pour pouvoir s’y opposer afin d’éviter le crash et le Game Over.

  1. Conso, boulot, dodo

Intervenant 1 :Christophe Bouton , philosophe “  Le temps de l’urgence”.

La société de consommation est organisée et orchestrée sur le principe du plaisir ( réalisation immédiate d’un désir  dans sa notion Freudienne). La vente par Internet amplifie le phénomène , favorisant l’achat compulsif  24h/24 . Le “ je le veux tout de suite  et plus vite que ça “ crée l’impatience et oublie les conséquences sur les  employés de ce commerce ( cadence imposée et conditions de travail) par cette frénésie de consommation . La mode est le parfait exemple . Elle crée un désir très éphémère : dès qu’on possède l’objet, il engendre  déception ou insatisfaction, par habitudes psychiques  source de frustration.

Intervenant 2 :  Raphaelle H’limi , styliste. Sensibilisée , elle a réfléchi au problème de la création pour vendre plus, plus vite, de l’éphémère et du jetable . Pour éviter ces cadences infernales , elle se partage entre son métier de styliste , création au bon rythme et l’enseignement pour transmettre aux futurs créateurs ses valeurs . Ses pièces vestimentaires racontent une histoire , devenant oeuvre d’artiste intemporelle ou sont preuve de sa démarche  en recherche,  en innovation dans les textures, par exemple, pour aller au delà du désir éphémère.

3.Temps de cerveau disponible

Intervenant James  Williams; Ex expert en éthique chez Google , portant son intérêt sur les manipulations générées par les applications et les effets secondaires comme la distraction et dépendance . La technologie devait  faire sauter les barrières entre nous et les autres grâce à l’information et la communication . Elle est source de manipulation par détournement d’attention  comme en prestidigitation. Plus il y a d’informations, plus l’attention est détournée de l’essentiel. Les applis  sont faits pour déverser un flux, flot de récompenses nous maintenant dans l’impulsivité et les stimulations émotionnelles. Il dénonce le problème politique et moral qu’est l’industrie globale de persuasion basée sur ce concept entraînant l’érosion et la destruction progressive de la volonté humaine . Il Cite Goethe “ pour être grand, il faut savoir se limiter.” Comment régler le problème climatique ou autre si nous nous dispersons et ne nous concentrons pas sur ce qu’il compte maintenant et là où cela se passe ?

Signs Warning of Approaching Curve

  1. Mob Générale

Intervenant 1 Maurizio  Ferraris , philosophe . Il parle de la mobilisation totale et l’appel du portable , smartphones et le Net . C’est devenu une injonction à  répondre 24h/24 quelque soit le lieu , comme la situation d’un militaire. Chaque message est comme un ordre écrit , enregistré, archivé . Le système totalitariste est en place : on pourra vous reprocher de ne pas avoir réagi.

Intervenant 2 Christophe Bouton nous donne la solution : Mettre son portable en mode avion, c’est prévenir le crash, évite de craquer … savoir agir, réagir ,ne plus être dans le flux. Il revendique le droit à la déconnection . Un exemple : déconnecter les serveurs au sein d’une entreprise pour éviter ,via la compétition et l’émulation, aux employés de rester connectés le week end et continuer à travailler de chez eux aux risques de Burn out et baisse de productivité induite.

  1.  En direct , une réaction ?

Intervenant 1 Alice Geraud, rédactrice en  chef ex Liberation , co -fondatrice de “ Les Jours”, site payant  où elle raconte l’actualité pas à pas sous forme de séries. Le déclic dans ses changements : une phrase entendu “ Ton reportage n’est pas top. Ce n’est pas grave, tu n’as qu’à le mettre sur le Web” . En modèle gratuit, comme la publicité, il suffit qu’il soit vu, qu’il ait du flux, qu’il fasse le plus de  buzz possible . la frénésie de faire des articles  s’empare de certains journalistes , plus et plus vite pour couvrir du sensationnel négligeant l’investigation, la qualité d’écriture et la ligne éditoriale .

Intervenant 2 Christophe Bouton . Devant la prolifération des infos et la difficulté à hiérarchiser le cerveau s’émousse , la réactivité diminue. On se protège ainsi du flux. Un genre peu intéressant de journalisme est apparu , le journalisme de réactions . La  classe  politique réagit  aux réactions de l’info et d’étaler cette réaction comme les réactions aux tweets de certains présidents ou membres d’une élite.  Il est réponse aux attentes de la population dans cette urgence à vouloir tout connaitre.

Les journalistes ont la sensation d’être cannibalisés par la communication et  d’ être sous  storytelling les menant à être esclave des communicants et des événements dictés par leur agenda.  La rhétorique de l’urgence pour maintenir l’attention des médias  menée par  les hommes politiques issus parfois de ce milieu , en exemple Berlusconi, Trump, Putin , Sarkozy etc etc … Un journaliste n’est pas un historien . Il doit saisir ce qui se passe en ce moment  afin de comprendre notre époque et de l’expliquer  pour être un outil démocratique. Les quotidiens et l’immédiateté  sur Internet n’empêchent pas de recontextualiser afin de produire une info qui ait du sens et d’inscrire le temps court dans un temps long , tel est la mission du  slow ou deep journalism.

  1. Algorithmes endiablés

Intervenant Bernard Stiegler , philosophe Ce 6eme volume s’ouvre sur les images d’archives montrant , le 23 Octobre 200.8, l’audition d’ Alan Greenspan ( président de la Réserve fédérale, la banque centrale des États-Unis d’ Aout 1987 à Janvier 2006) par le Sénat américain à propos de la crise des subprimes :  » ce qui semblait édifice et pilier essentiel  de la concurrence et de l’économie de marché s’est effondré , et cela m’a choqué! Je ne comprends toujours pas pourquoi c’est arrivé « Bernard Stiegler dénonce l’emballement des machines et ceci ne nous emballe pas du tout .  “Quand Greenspan dit qu’il n’y comprend plus rien , cela veut dire qu’il est prolétaire au sens où Marx et Engels avaient en 1848  décrit la prolétarisation : perdre son savoir et travailler pour un système qu’on ne comprend pas et qu’on ne peut pas changer . Ils concluaient en disant , pour l’instant ça touche les ouvriers, mais cela touchera aussi les cadres et à la fin tout le monde . Ce qui se passe actuellement  Nous sommes pilotés par de algorithmes et ceux qui les créent pour piloter des choses se retrouvent eux même pilotés . Ils ne contrôlent plus rien . Stiegler  appelle cela  la destruction qui produit un sentiment de chaos , source d’angoisse et d’agressivité toujours croissantes,liée à la vitesse . Nous approchons du moment où la vitesse chaotique sera absolument incontrôlable .

Le 6 mai 2010, Wall Street connaît son premier Flash crash :  le Dow Jones perd 1000 points en 4 min 30 secondes . Le modèle spéculatif qui avait craqué en 2008 a été remodelé en profondeur  en exploitant de plus en plus les  » mathématiques financières « , des algorithmes pour produire une spéculativité moins visible, plus complexe . On a de plus en plus de difficulté à anticiper ce qui va se passer . On est dans ce que les punks depuis 1977 à Liverpool appelle NO FUTURE . il y a une désarticulation entre ce nouveau système  technique reposant sur les technologies qui vont 4millions de  fois plus vite que nous . Quand on utilise une plateforme , un réseau , nous sommes traités en permanence par des algorithmes qui font du calcul intensif ( traitent des milliards de données simultanément) . Avant même que vous n’ayez fini de taper le nom d’un objet en recherche  que s’affiche quelquechose de similaire, complémentaire  à ce que vous avez envie de voir .  Tout votre profil est analysé en temps réel , croisé avec le  profil de vos amis, contacts etc .. Il est couplée à des algorithmes basés sur les probabilités  . Nous sommes tous sous le contrôle du « Big Brother » , mais ce n’est pas la machine qui vous contrôle mais l’homme qui s’en sert . B S N’est pas contre l’accélération, il ne faut pas tout rejeter mais les repenser, sortir de ce modèle en circuit court . ce n’est pas faire de l’autarcie et revenir en arrière mais  utiliser les réseaux intelligemment , en toute lucidité, pour construire une économie mondiale, solvable, durable et qui fait augmenter la néguentropie de définition: organisation de système allant à l’encontre de la désorganisation , du chaos.. ( au printemps, le soleil, les fleurs, les papillons   environnement qui rend heureux, prend-il en exemple)   .

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.7. Cerveau en “mode avion”

Intervenant Francis Eustache, neuropsychologue, étudie comment notre cerveau intervient dans la mémorisation des informations :  aujourd’hui, notre mémoire s’enrichit car a accès à beaucoup d’informations ou plutôt l’info a accès à nous de façon virulente et omniprésente. Traiter l’information en profondeur pour lui donner du sens va  aider à la mémoriser . Mises en relation avec d’autres éléments qui lui sont liés dans notre “bibliothèque’ mémoire, tri, analyse, comparaison, assimilation sont les processus de construction de nos connaissances . L’expression de surfer sur Internet est juste quant à la notion de surface.Il est aisé de se dire que l’information est dans la mystérieuse boîte du Web et de ne pas se l’approprier . Impossible d’inventer Kant si on n”a pas lu  La critique de la raison pure. Point ne sert de dire que Kant a écrit ceci ou cela si on ne s’est pas approprié le sens par le mécanisme intellectuel de la lecture du texte original.   En critique, est montrée une pub pour un site faisant des résumés complets de livres d’auteurs réalisés par une équipe de lecteurs .. Ou comment  en 30 minutes  survoler une œuvre .Pourquoi allons-nous vers ce type de sites ??

Intervenant 2  Bernard Stiegler, philosophe ,  constate que les moteurs de recherche nous aident moyen, moyen . Parce que s’opèrent des phénomènes de désapprentissage à travers le  capitalisme linguistique . La technologie linguistique de Google, quand préconise des liens, repose sur les statistiques des moyennes :. Google analyse des moyennes. Cce que Adolphe Quetelet, belge du  19 -ème siècle appelait  ‘l’homme moyen’  . C’est un médiocre! Ce sont les écarts par rapport à la norme qui enrichissent le langage qui font la poétique du langage , la  richesse  et c’est ce que la politique de Google est en train de nous rendre de plus en plus compliquée. La plupart des enfants de la Silicon Valley vont dans des écoles de style Steiner  où il est interdit de faire entrer un ordinateur , télévision , radio . Quand ils seront grands ils  pourront prendre la décision eux même .Francis Eustache dit : on a besoin de moments de pause, on le ressent de façon intuitive, subjective . Le cerveau a besoin de ces pauses , moment de synthèse, Il existe un réseau de mode par  défaut qui, lui, réalise cette synthèse. Face à un problème, on va chercher les information stockées dans la banque de souvenirs, les passe en revue, les classe et les comparent aux données du problème .Pour le solliciter, il ne faut pas que le sujet soit submergé par des infos extérieures. Temps nécessaire de  se replier sur lui-même, faire la synthèse , ce qui lui permet en même temps de naviguer dans ses pensées .

Intervenant 3 John Cleese des Monty Python  : ‘maintenant que vous savez vous mettre en mode ouvert, il faut que vous gardiez en tête que le sujet qui vous travaille, vous fait rêvasser;  mais vous le ramenez  à l’esprit comme avec la méditation . Ce qui est extraordinaire  avec la créativité,  c’est que vous pensez à un problème  , en le laissant aller venir sans forcer avec persistance. Tôt ou tard votre inconscient vous récompensera, probablement  sous la douche ou au petit déjeuner le lendemain , mais soudain  sortant  des songes, une nouvelle pensée mystérieusement  apparait  à la condition que vous ayez pris le temps de cogiter avant .”

8 L’amour est dans le Swipe

Intervenant 1 Fabienne Kraemer, psychanalyste , consultation des accros aux sites de rencontres, déçu des tchats sans fin .   On pense qu’en 2030, 80 % des gens se seront rencontrés par des applications . Elles ne vous aident pas à rencontre l’ amour telles qu’elles sont conçues actuellement , sont faites pour pousser à la consommation . Les gens cumulent les rendez-vous, annulent au dernier moment , se parlent à travers un simple SMS . La plupart ont rencontré des personnes avec qui ils pourraient vivre des histoires merveilleuses  mais ils n’ont pas donné le temps à l’histoire de se développer . Pour que l’amour naisse , il faut au moins un vingtaine de jours, ceci est lié à la biologie  ( comme ce délai minimum pour faire  passer barrière encéphalique aux produits tels que antidépresseur, impregnation dopamine. C’est le délai de fabrication des ocytocines,  temps des nouvelles connexions neuronales . Le temps de s’attacher à quelqu’un (développer un affect)  . Il s’agit de vivre les choses (le moment) pas de les consommer pour les consommer . Donner le temps à notre organisme d’être dans le désir puis dans le besoin de quelque chose ; Aujourd’hui on a aucune  éducation à la frustration . Hors, la vie est , par essence, frustrante

Intervenant 2 Miguel Benasayag, philosophe et psychanalyste (observe la peur à l’engagement intime) . Le lien n’est pas quelque chose à décider consciemment . La question  on est embarqué ou on ne l’est pas , dans notre société c’est une figure négative, il ne faut pas être embarqué dans quoique ce soit , il faut être capable de picorer de partout et ne pas être enraciné dans quelque chose .F Kraemer  : le désir n’est pas quelque chose d’inépuisable, il existe des hommes désabusés par la sexualité car  trop de filles , très jeune , trop d’histoires sans lendemain .

Intervenant 3  Témoignage de Giulio Minghini, écrivain, auteur de Fake (roman inspiré de son addiction aux sites de rencontres) ; rencontrait plusieurs femmes par semaine , avec plusieurs relations parallèles qu’il décrit t comme une forme d’hallucination aussi bien qu’une addiction ,Etonnant que les applis les nouvelles technologies , les sites de rencontre arrivent à augmenter la solitude et l’isolement des personnes en perfectionnant  une sorte d’aliénation complète . En s’inscrivant sur un site de rencontre, on devient une fiche qui rentre dans une galerie  de fiches et voilà ce que j’étais devenu : un produit ! F Kraemer :  il va falloir trouver un autre mode que la consommation pure de l’autre  pour se rencontrer à travers ce qui est notre modernité, c’est-à-dire les appli mais dans un cadre responsable et de qualité .où l’idée sera de bien traiter l’autre . La rencontre est un travail personnel, le moment où on est prêt   à rencontrer quelqu’un qui nous est foncièrement étranger. Dans cette démarche beaucoup de personnes vous correspondraient à partir du moment où ils sont prêts eux aussi .

  1. Tout pour être heureux

Intervenant 1 Carl Cederström, sociologue ‘dénonce le bonheur préfabriqué dans son pamphlet  Le syndrome du bien -être. Il décrit la définition du bonheur tel que représenté dans notre société occidentale .: Aujourd’hui on doit montrer qu’on est en progression , qu’on est productif , on se doit de travailler dur  sur soi-même , non pas pour des raisons  philosophique mais pour devenir « meilleur » . Et le bien -être tel que je le conçois comme idéologie n’est pas la santé et  le bonheur , c’est d’être en bonne santé et heureux tel que représenté dans le pack complet .

Intervenant 2  Miguel Benasayag,  philosophe, psychanalyste, chercheur en épistémologie et ancien résistant guévariste franco-argentin. ,milite contre toutes les dictatures .. Comme celle du bonheur qu’on nous vend !)Si on a le bonheur en objectif , ce que je peux dire après plus de trente années de pratiques psy , on se condamne au malheur .Le bonheur est un truc aliénant , en général . On est heureux là où on  nous dit d’être heureux . Bord de la piscine, doigts de pieds en éventail , là tu es heureux ou tu es névrosé ! c’est ce truc réactionnaire que disent les parents à leurs enfants  » tu as tout pour être heureux » . Ce n’est pas vrai . Il n’y a pas un  tout pour être heureux , le bonheur n’a pas besoin de  condition nécessaire, ça arrive de surcroît , en suivant son chemin . Le problème de notre société c’est qu’elle n’a pas la moindre idée de quel serait son chemin .

C.C  dit :En 1962 Norman Vincent  Peale a écrit  « la puissance de  la pensée positive »  Les opinions et attitudes sont plus fortes  et plus importantes que la vérité . Il s’agit de remplacer une mentalité de perdant en une mentalité de succès , de passer de la pauvreté à la richesse ; c’est extrêmement individualiste, cela repose sur  l’idée qu’on peut tous être heureux et en bonne santé  si on fait assez d’effort , travailler dur  sera payant (oops si pas de Burn out entre temps )

M.B : un nouvel apartheid s’est formé, de bonne conscience car pas apartheid racial ou religieux . C’est celui des winners / losers . Court extrait télévisuel deMr Ségala disant à propos d’une montre Rolex:” une rolex, tout le monde en a. Si à partir de 50 ans  on n’en a pas, c’est qu’on a quand même raté sa vie !” Un winner est quelqu’un qui mérite ce qu’il a Il a gagné . Le mécanisme qui correspond à individualiser le “  toi tu mérites!”est très réactionnaire .

CC : ce mode de pensées est très pratique pour beaucoup de personnes pour ceux  qui ont  une position privilégiée et tiennent  ce langage: “ j’y suis arrivé car j’ai adopté la bonne attitude, j’ai travaillé dur” et disent aussi “les pauvre pourraient y arriver s’ils faisaient aussi des efforts” ( fait penser à ce que Michelle Obama tient comme discours aux enfants défavorisés des écoles où elle se rend .. Je suis issue du même milieu que vous et regardez, avec les efforts, là où vous aussi vous pourriez arriver !) C’est une façon de normaliser et d’accepter comment le monde fonctionne actuellement .Beaucoup de gens pensent que de faire du sport les rend meilleurs, si vous dites à votre femme que vous avez besoin de souffler  et d’aller au pub, bar boire quelques pintes de bière vous ne gagnerez certainement pas des  points de popularité.Si vous sortez pour aller courir 2,3 heures c’est parfaitement accepté , socialement .  

MB :dénonce   le modèle unique du ‘ con’  qui se lève tôt, qui étudie , fait de la gym, travaille beaucoup … il doit considérer qu’il est le modèle et que tous les autres sont des déchets . Dans cet idéal  d être au top , ne pas souffrir est un idéal mortifère , très morbide. C’est avoir la dureté d’une pierre, un roc , mais une pierre  ne vit pas .

10  basique instinct

Intervenant Thierry Janssen, ancien chirurgien  a arrêté son activité pour réapprendre à écouter son corps  et son instinct  : il dit  .. l’intuition, phénomène totalement naturel à la disposition de tous les êtres humains réside sur notre capacité non consciente à analyser toutes les informations perçues par nos sens . Certains parlent de perception extra  sensorielle, je préfère hyper sensorielle . Parce que l’intuition naît précisément,  de nos 5 sens , n’est pas rationnelle . Elle est d’abord  émotionnelle .   J’ai senti et analysé de façon non consciente . Je ne sais pas pourquoi  mais ressenti que cette personne, par exemple, je ne peux pas lui faire confiance …Pourquoi ne l’aime tu pas ?   Je ne sais . Cette personne , je ne La sens pas .Question de sensation , de perception . Les lois du corps sont des lois impitoyables et quand un corps se manifeste avec des émotions , il faut les écouter . Les neuroscientifiques le montrent et je pense à Antonio Damasio on ne pense pas juste si on n’a pas une pensée en lien avec l’émotion .  L’émotion vient informer le système de pensée , c’est la plaque tournante entre la vie physique, matérielle, corporelle et la vie intellectuelle , mentale , l’imagination , la pensée . Tout l’intérêt de l’intuition est de développer ce sixième sens qui englobe tous les autres , de savoir ce qui est bon pour moi ou pas . Aujourd’hui les personnes , dans les supermarchés avec les produits tout emballés sont déconnectées avec le produits et déconnectées avec elles  même. Elles ne sentent pas ce qui sera bon pour elles ou pas . L’hyperconsommateur  est tellement coupé de son ressenti  qu’il va se fier à des éléments extérieurs comme les slogans véhiculés par la publicité et remet son pouvoir  de décision à quelque chose qui est loin de lui . Il y a des logiques de système et la Société occidentale , cette civilisation, s’est construite sur un système de déconnexion  de la Nature, pour un contrôle de celle-ci , d’une volonté de diminuer au maximum l’inconfort en inventant le plus de moyen possible pour éviter de ressentir la moindre frustration . Moyen pour nous faire consommer en nous faisant croire que ce qui nous est proposé  nous manque . Dès l’école on fait remarquer aux enfants ce qu’il n’ont pas, ce qui n’est pas assez bien développé chez eux plutôt que de leur montrer ce qui est déjà extraordinaire en eux et pourraient être valorisé, potentialisé . Cela  contribue à fabriquer des futurs adultes dans la volonté de faire mieux, d’ avoir plus, de combler ce grand manque originel .  Les personnes  sont en train de chercher des solutions pour retrouver une vie plus en harmonie, un rythme  plus naturel . on est en train de retrouver cela  en occident au travers de la méditation . on l’appelle la méditation en pleine conscience . Quand on est pleinement conscient on est juste là dans ce qui est présent, sans  analyse, sans jugement , sans interprétations , sans positionnement par rapport à un passé et sans espérances par rapport à un futur . Pousse un long soupir et sourit  , c’est tout simplement cela !

 

Nota Bene : Résumés et retranscription du contenu de la série afin de conserver une trace lorsque celle ci ne pourra plus être visionnée ou pour les personnes ne pouvant y accéder .

De nombreux thèmes soulevés dans cette série de documentaires sont à retrouver  déjà ébauchés depuis plusieurs années  au fil des pages de ce blog.

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