Je veux dédier ce poème à toutes les femmes qu’on aime …

Les passantes, poème  d’Antoine Pol , écrit en 1911,publié dans « Emotions poétiques » en 1918, découvert par Georges Brassens dans les années 40 chez un bouquiniste, la met en musique en 1971 . Aujourd’hui, c’est Charlotte Abramow , réalisatrice photographe, qui nous présente en tableaux esthétiques la vision de la femme actuelle dans la liberté et la diversité .

« J’ai imaginé cette vidéo comme un poème visuel. Une ode à la femme, à leur liberté et à leur diversité. À tous types de corps, tous types de métier. Montrer qu’il ne doit pas y avoir de barrière pour la femme, un être humain avant tout. » Charlotte Abramow

 

Eloge des femmes , de celles mystérieuses ou insaisissables , des rencontres. manquées  . Regard d’homme sur ces femmes aperçues , croisées et qui passent pour le texte original d’ Antoine Pol. Vision de ce qu’était peut-être leur vie ..

Une existence humaine en un fugace instant de conscience ou un rêve chimérique et pudique à la lueur d’un visage entraperçu sur lequel on aurait aimé lire un signe d’approbation pour arrêter le temps et y trouver une invitation à un rapprochement profond  .

Dessinées comme des silhouettes furtives, mises à distance mais révélant les sentiments d’homme vis-à-vis de rencontre inaboutie, de désir non accompli, mélancolie et regrets , rêverie sur les actes manqués  . Petites histoires d’un quotidien , loin d’un monde fantasmé , sur la difficulté parfois des relations homme/femme . C’est une ode aux occasions ratées et à travers elles, à notre impuissance à sortir des sentiers battus. Loin d’être tableau de chasse d’un séducteur, Don Juan, quand il s’agit d’oser se lancer pour une autre histoire que celle sans lendemain  S’adressant aux autres hommes comme pour les prendre à témoin d’un ressenti universel quand, pour eux, la femme est un avenir. Quand deux êtres humains se rencontrent, se découvrent , se donnent cette chance d’écrire un passage de leur histoire en commun dans un à venir . Combien , d’entre vous , Messieurs, se reconnaitront  dans cette dédicace aux femmes???

Brassens , lui-même, dans des mots adressés à Yvonne, la veuve d’Antoine Pol  a dit :

 « Je suis malheureux de n’avoir pas pu rencontrer votre mari, et je suis terriblement jaloux de lui, à cause de son merveilleux poème « Les Passantes ». Il me l’a pris, car c’est aussi ce que j’ai vécu. Son regard admirable sur les femmes reste pour moi, le seul vrai et grand poème de ma vie… ».

Texte complet dont G. Brassens avait coupé 2 passages signalés par (   :

Je veux dédier ce poème

A toutes les femmes qu’on aime

Pendant quelques instants secrets

A celles qu’on connaît à peine

Qu’un destin différent entraîne

Et qu’on ne retrouve jamais.

A celle qu’on voit apparaître

Une seconde à sa fenêtre

Et qui, preste, s’évanouit

Mais dont la svelte silhouette

Est si gracieuse et fluette

Qu’on en demeure épanoui.

A la compagne de voyage

Dont les yeux, charmant paysage

Font paraître court le chemin

Qu’on est seul, peut-être, à comprendre

Et qu’on laisse pourtant descendre

Sans avoir effleuré sa main.

(A la fine et souple valseuse 

(Qui vous sembla triste et nerveuse 

(Par une nuit de carnaval 

(Qui voulut rester inconnue 

(Et qui n’est jamais revenue 

(Tournoyer dans un autre bal.

A celles qui sont déjà prises

Et qui, vivant des heures grises

Près d’un être trop différent

Vous ont, inutile folie,

Laissé voir la mélancolie

D’un avenir désespérant.

(A ces timides amoureuses

(Qui restèrent silencieuses

(Et portent encor votre deuil

(A celles qui s’en sont allées

(Loin de vous, tristes esseulées

(Victimes d’un stupide orgueil.

Chères images aperçues

Espérances d’un jour déçues

Vous serez dans l’oubli demain

Pour peu que le bonheur survienne

Il est rare qu’on se souvienne

Des épisodes du chemin.

Mais si l’on a manqué sa vie

On songe avec un peu d’envie

A tous ces bonheurs entrevus

Aux baisers qu’on n’osa pas prendre

Aux coeurs qui doivent vous attendre

Aux yeux qu’on n’a jamais revus.

Alors, aux soirs de lassitude

Tout en peuplant sa solitude

Des fantômes du souvenir

On pleure les lèvres absentes

De toutes ces belles passantes

Que l’on n’a pas su retenir.

 Le texte de Pol est traduit en plus de 18 langues et a été repris par de nombreux artistes .  Montage vidéo avec intro à l’accordéon par Daniel Thonon(version 2004), interpretation par Fabrizio De Andre (1974)et Tiziano Ferro(live 2009), lyrics  subtitled in english.

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