Influenza aviaire : Qui seront les vaincus au jeu de l’OIE, le grand Sud Ouest a la chair de poule

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Vae victis , Brennus (dont les fans de rugby à 15 connaissent le fameux bouclier), chef gaulois , qui , pour la grande Histoire ne sont pas les ancêtres des français, n’aurait pu envahir Rome et son Capitole que gràce  ou à cause du signal donné par des oies . C’est  après un siège de plus de 7 mois que les romains, épuisés, affamés se rendent . De la mythification historique : Ce que nous appelons  peuple gaulois étaient
des Ambiens, des Helvètes, des Séquanes, des Sénones, des Carnutes, des Parisii, des Vénètes, des Pictes, des Rèmes, des Bellovaques, des Ménapes, des Aduapes, des Allobroges……. Rappel que Jules César mena la guerre des Gaules .Pluralité que ces gaules là.

Vae Victis : malheur aux vaincus . Ce sont bien les oies,les jars, les canes et les canards, du Capitole toulousain aux fins fonds de tout le Sud Ouest de la France qui vont être vaincus. Point de foie gras ou de magret, pas de destruction massive des élevages pour enrayer la grippe aviaire. Les palmipèdes vivants actuellement dans les élevages non infestés par l’influenza aviaire iront à maturité avant d’être tués et commercialisés . Un sort tout autre touche les œufs, qui eux seront détruits systématiquement pendant au moins 4 mois, suivis d’un vide sanitaire de 2 autres pour un retour à la normale fin juin, début juillet.
La formule adoptée prend effet dès lundi : les élevages ne recevront plus de canetons. La production va ensuite être progressivement arrêtée. Au fur et à mesure, ils vont se vider.
L’objectif est que dans quatre mois, il n’y ait plus aucun volatile dans les huit départements concernés : la Dordogne (13 cas), les Landes (28), la Haute-Vienne (1), le Gers (10), les Pyrénées-Atlantiques (12), les Hautes-Pyrénées (3), le Lot (1) et la Haute-Garonne (1).

Ainsi en a-t-il été décidé en haut lieu par le Conseil national d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale du ministère de l’ Agriculture .
«de quoi vivront les éleveurs, comment rembourseront-ils leurs investissements, quelles importations vont venir remplacer les volumes non produits chez nous? Et que dire des abattoirs et de toute la filière aval concernant cette production à haute valeur ajoutée?»a demandé Patrick Franken, président de la Coordination Rurale 47 ( Lot et Garonne)

Réponse de Enrico Brivio
C’est la France qui décidera du montant de l’enveloppe pour les indemniser. Elle en financera 50%, le reste étant à la charge de l’Europe, s’engage Enrico Brivio, porte-parole du commissaire Européen à la santé et à la sécurité alimentaire, qui salue les mesures prises ce jeudi.

En cas de confirmation de grippe, les mesures obligatoires en Europe sont  : l’abattage et la destruction sur place de toutes les volailles et des œufs de l’exploitation, le nettoyage et la désinfection de l’exploitation suivis d’un vide sanitaire de 21 jours, la mise en place de zones de protection (rayon de 3 km) et de surveillance (rayon de 10 km) autour de l’exploitation a rappelé le docteur Bernard Vallate patron de l’OIE ( Office international des épizooties.)
«Nulle part ailleurs dans le monde, nous n’avons jusqu’à présent vu se développer aussi vite et en même temps trois souches de grippe aviaire». Surpris, le patron de l’OMS animal se dit néanmoins «optimiste» pour la suite. L’épidémie va s’arrêter assez vite, dit-il. «Le consommateur n’a rien à craindre. Le risque de transmission du virus de la grippe aviaire à l’homme est quasi-nul et en tout cas il ne se transmet jamais par ingestion de produits de volailles, crus ou cuits». Les dégâts économiques eux ont déjà eu lieu. Nombreux sont les pays fermant leur porte aux exportations françaises de volailles et produits de volailles .

La France fait face à une épizootie inédite : près de 70 foyers détectés dont une trentaine dans les Landes. Inédite aussi par l’identité du virus : jusqu’à présent, l’épidémie était asiatique, elle arrivait chez nous par les oiseaux migrateurs. Visiblement le virus a muté, il est désormais européen. « Ce type de H5N1 est un peu différent du type asiatique. On donne aux Etats membres la possibilité d’appliquer des mesures plus drastiques » dans ce cas, explique Enrico Brivio.

Capito ? Capitale que cette éradication programmée. Vae victis ! Avis aux auques, aux « avica, ganz, gaaz,chen, iouaz » ..de quoi donner la chair de poule aux oies blanches . Et pendant ce temps là le canard était toujours vivant ( tiré de :la chasse aux canards, Robert Lamoureux). De quoi déchainer un autre canard d’une plume acerbe et ironique Le Canard enchainé . Finis de se gaver, les repas de fêtes de fin d’années sont digérés.

Jardins partagés: creuser, planter du savoir faire au faire savoir – Graines d’idées, graines de paix.

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« Il faut cultiver notre jardin  » écrivait Voltaire dans Candide. Cultiver au sens agraire mais aussi partager les savoirs , savoir faire et savoir être. Les jardins partagés, jardins communautaires , jardins solidaires poussent comme des champignons et réinvestissent les terrains vagues, les cours et petit lopin d’espace vert publics ou privés, les toits des gratte-ciels. La ceinture verte entourant les zones urbaines voit désormais de nombreux micro-poumons apparaitre. Simples bacs mis à disposition ou foret-jardin , de l’expérimentation de la permaculture à la culture de l’expérience partagée, plantons les graines.

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Historiquement, dés le Moyen-âge, des femmes et des hommes se sont rebellés et se sont regroupés en cultivant ensemble des lopins de terre pour préserver leurs droits d’usage sur les terres détenues par les seigneurs. Champs ou jardins des pauvres sont mis à disposition pour permettre à la population la plus défavorisée pour pouvoir survivre en récoltant fruits et légumes de base pour leur alimentation . En France, dans les zones minières du Nord, afin d’améliorer le quotidien des familles de mineurs entassée dans de minuscules maisonnettes accolées les unes aux autres et leur permettre de voir un peu le gris du ciel , les « jardins ouvriers  » se développent. D’ouvriers, ils deviennent « familiaux » lorsqu’ils s’ouvrent à d’autres tranches de la population . Leurs statuts et moyens d’attribution évoluent avec le temps .
Rébellion contre la société individualiste et de consommation, ils reprennent du terrain en fleurissant dans les quartiers urbains au sein des terrains abandonnés. Quelle belle symbolique que ces bombes de graines « seed bombs » lâchées au dessus des grillages comme l’a fait Liz Christy, à l’origine des mouvements comme les guerillas vertes . Le « jardin dans tous ses états » reprend possession de terrains ou de petites parcelles s’institutionnalise, permettant son développement à l’échelon national et son essor .
A l’initiative de quelques personnes, ces havres de paix deviennent des lieux de rencontres, d’échanges et de partages des savoirs, savoir faire et savoir être.
Retour à la terre, creuser, bécher, planter , voir germer et pousser , puis récolter les fruits de son travail ( loin d’être une corvée !) permet de recréer le lien social, le dialogue intergénérationnel. Les enfants, en effet découvrent en pratique l’origine des produits de base . Etonnement d’apprendre que les frites ne poussent pas sur des arbres telles quelles . Redécouvrir la saveur d’un fruit gorgé de soleil, qu’on peut cueillir et dévorer sans avoir à craindre d’absorber en même temps les effets néfastes des pesticides et autres produits chimiques dangereux pour la santé. Compostage , recyclage des déchets verts, mais aussi utilisation des cultures associées, captage des eaux de pluie et de ruissellement, rythme des saisons, notions écologiques, scientifiques mais aussi anecdotes, contes et légendes, maximes seront abordées lors des discussions partagées .

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En fonction de la taille du terrain mis à disposition et des connaissances des jardiniers en herbe ou émérites, ce sont des bacs souvent fabriqués à partir de palettes de bois récupérés permettant aux plus âgés ou aux personnes à mobilité réduite d’accéder au plaisir de replonger les mains dans la terre nourricière et d’en ressentir les bienfaits. Les espaces verts de zones à forte urbanisation ou les cours d’immeuble voient cette activité se développer. Ces jardins communautaires sont également des terrains d’expérimentation à l’échelle humaine. Hormis les différences d’age, chacun apporte ses expériences issues de sa propre culture, de son passé, de son histoire personnelle et familiale ou de ses recherches, les met en commun. Graines d’humanité plantées , espoir à voir germer et pousser, apprentissage de la patience, de la tolérance, de la diversité, ce savoir vivre ensemble se retrouve dans l’application plus terre à terre de la permaculture ( permanent agriculture) , association de plantes diverses pour leurs interactions bénéfiques entre elles, mais aussi des micro organismes, vers et insectes permettant la fermentation naturelle , la structure mécanique au travers des racines et mycellium, création d’une autorégulation. Les plantes à grandes racines remontent en surface les nutriments dont bénéficieront celles plus superficielles. Certaines variétés sont propices à attirer et faire se reproduire des insectes prédateurs de nuisibles. Par exemple, des plants de fèves sont une très bonne nurserie pour les coccinelles qui se nourriront avec délectations des pucerons du jardin. Ombrage des feuillus protégeant les plantes plus petites , qui en échange confèrent un certain niveau d’humidité pour tous. Dans ces échanges vertueux, les minéraux sont aussi de la partie; des pierres disposées aux endroits les plus ensoleillés restituent la chaleur accumulée dans la journée. Interdépendances et inspirations du cycle de la nature , création d’écosystème très riche au niveau biodiversité où s ‘entremêlent les variétés végétales ( arbres fruitiers, légumes, fruits, fleurs, plantes médicinales et aromatiques) , les jardins partagés en sont les échos au niveau humain dans une démarche citoyenne du bien vivre ensemble , véritable démonstration d’écologie humaine dans une activité organisée, sociale et individuelle autour de la culture , œuvrant pour la qualité de vie et l’environnement .

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Loin des zones ombragées de son propre jardin secret, ces jardins partagés recèlent bien plus de trésors et de petits moments de bonheur s’égrenant au fil des saisons et des générations . Il faut cultiver notre jardin , notre terre, nos racines, nos histoires, nos savoirs. Monsieur Voltaire, candides ou ingénus, en toute simplicité retrouvée, comme dans le cycle de la nature, nous en prenons de la graine, nous creusons, bêchons et apprenons ensemble dans la tolérance pour une magnifique récolte de ce qu’on sème.

Bonne fête Serge – Latouche à l’honneur, en toute simplicité

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Le philosophe Français Serge Latouche , qui se définit lui-même comme ex économiste a fait une intervention devant une assemblée , délégation de jeunes agriculteurs du futur, venus de 120 pays pour Terra Madre Giovani ( les jeunes de Terra Madre) à l’initiative de Slow Food( fondateur de SF : Carlo Petrini)-We feed the Planet début Octobre à Milan lors da la grande Expo , Italie. Plus médiatisé que dans son propre pays, ses paroles sont reprises par de nombreux journaux . Le marathonien des congres , exposition universelle ou non multiplie ses témoignages et la sensibilisation dans de nombreux pays, diffusant les principes et fondements de la simplicité volontaire, du bien être simple et autres appellations plus parlantes que le terme initial de « décroissance ».

Pour ces 4 jours de réunions où se côtoyaient , jeunes agriculteurs, agronomes, étudiants, chefs de petites entreprises, pécheurs, activistes , c’est Serge qui a eu le privilège de débuter la série de colloques et de débats .
Extraits de journaux italiens relatant son intervention :
La Repubblica du 4 Octobre 2015, rubrique Economie et finance

MILAN : réévaluer, redéployer et relocaliser. Et encore une fois : réduire, recycler, réutiliser et restructurer. Seulement de cette manière, à travers le « cercle vertueux des R » il est possible d’inventer un mode durable de survie. Serge Latouche, le théoricien de la décroissance heureuse, le répète comme un mantra à Milan. Le philosophe Français qui aime se définir comme ex économiste (« parce que j’ai perdu confiance dans l’économie, c’est un mensonge »), a conté une autre façon de voir la production, la consommation et les rapports sociaux : » un mode plus équitable, plus humain, plus juste « parce que le système de production dans lequel nous sommes plongés génère partout des situations d’inégalité, d’exploitation et d’abus. Et les mêmes indices de richesse (comme le PIB) sont complètement évincés des paramètres financiers et monétaires, qui ne correspondent pas au bien-être réel des populations: « l’économie est une religion occidentale qui nous rend malheureux. »
« Aujourd’hui , a dit Latouche, nous vivons dans une société fagocitée par une exigence de croissance qui n’a plus de motifs économiques, mais qui est la croissance pour la croissance. Illimitation du produit, puis illimitation de l’exploitation des ressources naturelles renouvelables ou non. Illimité de consommation, puis des déchets et du gaspillage, autrement dit pollution de l’air et l’eau « . Une recherche de croissance alimentée par la publicité qui vous fait désirer ce que vous n’avez pas ; soutenue par la banque  » prompte à prêter de l’argent, quasi à l’infini » et influencé par l’obsolescence programmée: « nous sommes condamnés à consommer parce que nos outils sont programmés pour se détériorer aussi rapidement que possible ».
L’alternative proposée par Latouche est la décroissance en réponse à la non-soutenabilité sociale et écologique de notre réalité. « Nous, occidentaux sommes moins de 20 % de la population mondiale mais nous consommons 86 % des ressources naturelles. Notre mode de vie détruit la résilience, la capacité de l’organisme terrestre à faire face au choc du changement climatique comme la perte de la biodiversité « .
Les critiques de Serge Latouche sont autant de révoltes contre le modèle de la société individualiste qui  » a permis de libérer les forces destructrices, sur lesquelles se fonde la société de consommation et la croissance. » En fait, la recherche d’accumulation est « une guerre de tous contre tous. C’est une guerre contre la nature, car nous ne remarquons pas que de cette façon nous détruisons la planète plus rapidement. Nous faisons la guerre contre les hommes. Même un enfant comprendrait ce que les politiciens et économistes font semblant de ne pas voir :une croissance infinie est par définition absurde dans une planète finie, mais nous ne comprendrons pas tant que nous ne l’avons pas détruit. Pour faire la paix, nous devons renoncer nous-mêmes à l’abondance frugale, obliger. Nous devons apprendre à reconstruire d’autres rapports sociaux « .
Pour les économistes néo-libéraux, ajoute Latouche, l’option la plus terrible est le protectionnisme, « Mais, en réalité, c’est un instrument de défense parce que c’est la compétition pour alimenter la guerre, comme en témoigne le cas de Volkswagen. Le libre -échange est comme le renard dans le poulailler . Nous avons détruit l’agriculture de la Chine, et en pleine réciprocité l’industrie chinoise a détruit la notre : 800 millions d’ anciens paysans chinois s’entassent dans les banlieues, créant des millions de chômeurs dans nos sociétés « .

À l’appui de son point de vue Latouche cite la New Economics Foundation qui calcule l’ « indice de bonheur » sur trois dimensions : empreinte écologique, l’espérance de vie à la naissance et bien-être subjectif ( sentiment individuel de bonheur). « Avec ces paramètres, comme dans la Bible – conclut , le philosophe Français les derniers deviennent premiers et les derniers, premiers . Vanatu et le Costa Rica sont en haut du classement, tandis que le mensonge des États-Unis en 160eme position et l’ Italie autour de 60eme ».

Corriera de la sera : La recette de Latouche pour les jeunes agriculteurs :  » La globalisation est une arnaque »
La bataille pour une culture alimentaire différente est possible seulement si nous unissons nos forces ». S’adressant pendant deux heures aux jeunes agriculteurs du monde entier qui se sont réunis dans la salle rouge du Superstudio Più , rue Tortona, à Milan, Serge Latouche, l’économiste et philosophe Français , partisan de la décroissance, ennemi juré de la mondialisation et du libre-échange qui, dit-il, est comme « le renard dans le poulailler en libre service », a eu pour tâche d’ouvrir le deuxième jour de la réunion de Terra Madre Giovani. Il cite Thomas Piketty : « la sociétés dans laquelle les inégalités grandissent sont malheureuses aussi pour les riches. »
Pointant du doigt la « cupidité » et les universités qui produisent les économistes « nous enseignons comment faire autant d’argent que possible ». Il parle au pied levé, sans support audiovisuel. Mais son charisme n’a pas besoin de support technologique, de pc « victimes d’obsolescence planifiée. » Il répète que « la mondialisation est la plus grosse escroquerie de l’histoire, un jeu de massacre à l’échelle mondiale ».
Thèmes abordés « 800 mille paysans chinois chassés de la campagne et l’exportation de produits fabriqués dans les usines en Chine à perte créant du chômage en occident ». Il invite à se méfier de l’opulence, de la « société de croissance qui a trahi les promesses de la modernité ». Il a parlé de migrants, exploités par le système alimentaire mondial, avec le procureur de Calabre Nicola Gratteri. Il aborde le sujet « alimentation et religion « avec les invités des différentes communautés. D’autres intervenants ont ponctué cette journée autour de la Slow Food et des mouvements en faveur d’une alimentation Biologique , du bien fondé de réintroduire des techniques ancestrales en matière d’agriculture , de respect de l’environnement.

Serge Latouche ne refuse aucune invitation ou presque et c’est l’homme qui se dévoile , ainsi que ces idées, à travers ce petit questionnaire accordé lors d’une intervention en Alsace pour un club de réflexion réunissant dirigeants et cadres dirigeants . Le theme était : Le décroissance comme solution de sortie de crise . Etonnant ce Serge là, quand il touche tout public. A lire ses nombreux ouvrages et à méditer. Bonne fête Mr Serge !

La guerre des graines

Piqure de rappel , apres les documentaires déjà mis en ligne ici de Marie Monique Robin (Le monde selon Monsanto), un autre documentaire à semer sans modération   » la guerre des graines » . Dénoncer les multinationales « semenciers » et retrouver les gestes et habitudes ancestrales du monde agricole qu’on redécouvre sous des termes anglo-saxons comme le « mixed cropping », la biodynamique. Semence « libre », biodiversité, combats contre les brevets sur le vivant, Vandana Shiva en Inde, association Kokopelli en France ou choix raisonné de semer « libre », retour aux sources de l’agriculture alternative.

Agroécologie, quand le parlement joue au maitre d’école, logique !

188 La «loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt» a été adoptée au parlement, jeudi 11 Septembre 2014.
Hormis les loups qui ne hurlent pas de joie pour l’autorisation de leur abattage délivrée pour une durée d’un an par les préfets décideurs, les visionnaires et les pionniers français de l’agriculture raisonnée, intégrée et biologique ( biodynamique, cultures associées, utilisation des prédateurs naturels et micro-organismes limitant les pesticides et autres produits des groupes industriels de l’agrochimie) un peu plus de 10 000 sur les 500 000 exploitants agricoles en France voient aboutir leurs efforts en matière d’agro écologie. Pourtant, ils ne sont pas satisfaits de cette loi. Contraintes supplémentaires pour certains, bon sens pour d’autres qui n’attendent pas les lois et décrets des hautes autorités gouvernementales pour tester, expérimenter, mettre en action, en application leur conception d’exercer leur noble profession d’agriculteur, de paysans de la terre , de pourvoyeurs de matière première et essentielle à notre alimentation.
Ces irréductibles anti système imposé par le jeu des subventions, par les accords de l’union européenne, par le diktat des industriels et des maitres du jeu de casino financiers et boursiers ont mis en pratique leurs valeurs, leur credo, leur amour de la terre nourricière.
Respect de l’environnement, c’est avant tout le respect et la préservation des éléments de base : la terre, l’eau, l’air, la diversité biologique. A la rentabilité, ils préfèrent conserver et améliorer la qualité « primaire  » et primordiale du terrain ( la préservation des sols en limitant les risques de pollution ,maitrise des intrants agricoles, moyens appropriés de protection des cultures et des animaux tant pour leur bien-être que leur santé, contrôle des effluents et déchets produits par l’exploitation).

Loin de l’Integrated Farming, Agriculture Intégrée, « sponsorisée » par les industries de l’agrochimie ( Monsanto, BASF, DuPont, Bayer Cropscience etc.. Rivalisant d’ingéniosité à délivrer un message écologique auprès du grand public, dupant la masse en cherchant à se refaire une virginité sur le terrain « porteur » de l’environnement.
Les professionnels de la terre le savent bien. Rappelons que la France est toujours le premier pays consommateur de pesticides d’ Europe . Cette loi «loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt »représente le modèle typique des décisions gouvernementales au double langage. Seule la réduction de l’ emploi de pesticides aux abords de zones d’habitations ou de concentration humaine à risque ( Ecoles, hôpitaux) est soulevée. Le  » produire plus et produire mieux » n’a d’école logique que son rôle pédagogique dans l’enseignement de l’agronomie , la promotion de l’agroécologie et de l’agriculture biologique dans les établissements d’enseignement aux métiers de l’agriculture .

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Les trouvailles en biotechnologie, au service des industries agrochimiques proposent par exemple des distributeurs, diffuseurs de phéromones artificielles d’insectes nuisibles . Les mâles déboussolés, à la recherche vaine des femelles en perdraient toute leur vigueur et leur nocivité. Les agriculteurs bio , lion de la monoculture utilisent un subterfuge plus naturel . Associant différentes espèces végétales sur la même parcelle ou à proximité, ils rétablissent l’équilibre et le cycle naturel par la diversité et la présence d’insectes entomophages ( se nourrissant des insectes ravageurs ). L es rotations des cultures et le travail des sols par des techniques plus en superficie et en douceur comme le sarclage et loin du gros ferraillage mécanisé, le purin d’ortie et la putréfaction naturelle des déchets de paille favorisent la fertilisation azotée croisée, luttent contre les maladies, les ravageurs et les adventices (mauvaises herbes des cultures).

La principale innovation de la loi est la création de groupements d’intérêt économique et environnemental (GIEE), collectifs d’agriculteurs qui pourront bénéficier de majorations dans l’attribution des aides publiques lorsqu’ils mettent en place des projets agroécologiques.
Agroécologie , jolie terminologie d’ experts, de membres de commission d’évaluation et de certification . « C’est simplement du bon sens » répond l’amoureux de sa terre. La lecture du rapport préliminaire de l’Office Parlementaire d ‘Evaluation des choix Scientifiques et technologiques, Rapport Pesticides et Santé présenté par M. Claude Gatignol, Député, et M. Jean-Claude Étienne, Sénateur en 2010 en est une parfaite illustration . Les points de vue, les résultats de certaines études ( demandez-vous qui les a initié et l’intégrité et la liberté d’action des différents protagonistes) montrant la dangerosité des pesticides sont contre balancés par des éléments de doute, de modulation et de modération. Certains modèles d’agriculture, dans d’autres pays y sont abordés comme piste de réflexion. Gageons que celui sur l’agriculture biologique , chez nos voisins italiens en aient inspiré certains.

Extrait: Le nouveau programme de développement rural 2007-2013 lancé en Italie prévoit que chaque région italienne adopte un plan de développement rural (PDR) et en définit les axes sur la base du plan stratégique national (PSN) arrêté par le ministère de l’agriculture.
Diverses mesures de soutien ont été mises en place progressivement pour encourager la conversion des agriculteurs à l’agriculture biologique. La loi régionale LR 28/98 met en place un service d’aide au développement : la vulgarisation des techniques est financée à hauteur de 50 %. La région finance également les certifications.
Les aides accordées à l’agriculture bio sont importantes : 5 millions d’euros en 2005, 10 millions d’euros en 2007. A noter que les fonds dédiés à l’Agriculture Biologique sont également alimentés pour partie, depuis la loi de finances pour 2004, par une taxe de 2 % sur les pesticides commercialisés, destinée à subventionner les recherches en faveur de l’agriculture biologique.

Dans le même temps, les 150 premières vaches sont arrivées à la « Ferme des mille vaches » pouvant accueillir dans un premier temps 500 animaux et quelques centaines de génisses, à Drucat, prés d’Abbeville dans la Somme. Le produire plus et produire mieux pour la filière laitière ne semble pas tenir compte , par ce gigantisme des éléments dangereux pour l’environnement (nuisances olfactives, épandages) et contraire au bien-être des animaux, concentrés et élevés hors sol. Agroécologie, avez -vous dit ? Quand le parlement français joue au maitre d’école, il y a toujours les exceptions qui confirment les règles !

Senoble, attention où tu achètes ton lait

Agriculture , de la grêle qui met sur la paille et des vaches folles de colère.

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Va-t-on revoir une flambée des matières premières agricoles comme en 2012 ?
Encore des sceptiques sur le réchauffement climatique ? Regardez donc en France si l’herbe est toujours aussi verte comme chez nos voisins . Le tour de France cycliste , bien médiatisé dans de nombreux pays , offrira des vues aériennes de la campagne ou devrait-on dire des campagnes françaises . Cette année encore , les moissons ont commencé plus tôt que sur le calendrier traditionnel, en réponse aux conditions météorologiques . La sécheresse n’a pas permis une deuxième pousse de fourrage et a considérablement réduit le rendement au M2 de terre cultivée. Les agriculteurs, éleveurs d’ animaux à viande ou allaitantes (production laitière et dérivés)cherchent désespérément des aides et des solutions pour assurer l’ alimentation de leur bétail ou cheptel ainsi que l’irrigation de leurs cultures.
Cette chère viande. Trop chère, trop goulue en eau . Il est vrai que les français ont diminué leur consommation de viande , mais que cette particularité de régime alimentaire est en train de voir des transformations dans certains pays émergents. Quelques chiffres à rappeler et qui font réfléchir :
Les chiffres fréquemment cités d’une consommation de 1 500 litres d’eau pour produire un steak (ou 15 000 litres d’eau par kg de bœuf) sont issus de la méthode Waterfootprint  appliquée aux bovins. Cette méthode comptabilise 3 types d’eau :
• « L’eau bleue », qui représente 3 à 4 % des 1 500 litres évoqués. Il s’agit du volume d’eau douce capté dans les eaux de surfaces et nappes phréatiques. Pour la filière bovine, cela correspond principalement à l’eau d’abreuvement des animaux, l’eau d’irrigation des cultures fourragères qui nourrissent les animaux et l’eau nécessaire à la transformation de la viande. L’Institut de l’Elevage évalue cette consommation d’eau en France à 20 litres par steak de viande bovine.

• « L’eau grise », qui représente 3 % des 1 500 litres évoqués. Il s’agit du volume d’eau théorique requis pour maintenir la qualité de l’eau aux normes en cours, dans les systèmes de production de viande.

• « L’eau verte », qui représente 94 % des 1 500 litres évoqués. Il s’agit du volume d’eau de pluie stocké dans le sol sous forme d’humidité et qui s’évapore via les surfaces cultivées ou surfaces de prairies qui alimentent les troupeaux.
En France, les fermes d’élevage produisent sur l’exploitation 90 % de l’alimentation destinée à leurs troupeaux. Ce sont donc 13 millions d’hectares de prairies, 2 millions d’hectares de maïs et 1,5 millions d’hectares de céréales qui réceptionnent naturellement l’eau du ciel. Sur l’ensemble de ces surfaces, seules 8% sont irriguées.
Une de ces études concerne la consommation d’eau. Cependant, l’étude de la bibliographie internationale montre de fortes variations dans les ratios calculés : 210 litres d’eau par kg de bœuf selon Foran et al (2005) ; 410 litres d’eau par kg de bœuf selon Peter et al (2010), 1800 selon Beckett and Oltjen (1993) et 17000 selon Hoekstra et Chapagain (2007).

La prise en compte de l’eau de pluie dans le calcul de l’impact environnemental de l’élevage aboutirait paradoxalement à élever les bovins en bâtiments et à cesser de les alimenter à l’herbe. Souhaitons nous voir pousser des fermes « industrielles » comme celle de la Somme surnommée Ferme des 1000 vaches ? La confédération paysanne est là pour se battre et préserver les emplois dans le monde agricole.

• 13.500 litres d’eau pour 1 kg de viande de bœuf ;
• 5.263 litres d’eau pour 1 kg de coton ;
• 5.000 litres d’eau pour 1 kg de riz inondé ;
• 900 litres d’eau pour 1 kg de soja ;
• 590 litres d’eau pour 1 kg de pomme de terre
• 590 litres d’eau pour 1 kg de blé ;
• 524 litres d’eau pour 1 kg d’orge ;
• 454 litres d’eau pour 1 kg de maïs grain ;
• 238 litres d’eau pour 1 kg de maïs ensilage ;

7 à 16 kg de céréales ou produits végétaux pour produire 1kg de viande ..1/2 hectare de terre cultivable est nécessaire pour produire 70 kg de bœuf. Cette même surface permet de récolter 10.000 kg de pomme de terre .
Autant d’exemples à méditer .
La paille s’invitait même dans un problème mathématique à l’épreuve du BEPC,
brevet d’études du premier cycle du second degré . Cependant , l’utilisation de celle-ci , non pas en alimentation animale , est décrite comme isolant naturel dans la construction d’un toit.

Exercice 7 : (7 points) Un agriculteur produit des bottes de paille parallélépipédiques.
Information 1 : Dimensions des bottes de paille : 90 cm´45 cm´35 cm.
Information 2 : Le prix de la paille est de 40 € par tonne.
Information 3 : 1 m cube de paille a une masse de 90 kg.
1)Justifier que le prix d’une botte de paille est 0,51 € (arrondi au centime).
2)Marc veut refaire l’isolation de la toiture d’un bâtiment avec des bottes de paille parallélépipédiques. Le bâtiment est un prisme droit dont les dimensions sont données sur le schéma joint.. K J G  5m I F 7,7 m 15,3 m A 3,6m B etc…
Il disposera les bottes de paille sur la surface correspondant à la zone grisée, pour créer une isolation de 35 cm d’épaisseur. Pour calculer le nombre de bottes de paille qu’il doit commander, il considère que les bottes sont disposées les unes contre les autres. Il ne tient pas compte de l’épaisseur des planches entre lesquelles il insère les bottes. a)Combien de bottes devra t’il commander ?
b)Quel est le coût de la paille nécessaire pour isoler le toit ?
« Ah, la vache  » se sont dits certains élèves . Ils ont sué ou séché sur leur copie, ce jour là .
Autre effet météorologique, autre calamité venue du ciel, les orages et les grélons étaient de la partie pour saccager les plants juste sortis, les fleurs et fruits portés par les arbres. Apres le Bordelais et sa région de Médoc à Cognac, au tour de la Bourgogne de voir ses futures récoltes compromises .
La grêle est tombée notamment sur les communes de Santenay, Meursault, Volnay, Pommard et Beaune pour la troisième année consécutive.

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Des récoltes qui tombent à l’eau , de l’eau qui refuse de tomber du ciel sauf sous la forme de balles de tennis ou de golf. Des vaches en colère qui ne veulent pas être internées en batterie industrielle. Des éco-citoyens qui veulent apprendre toujours plus sur l’origine des produits alimentaires. Même, l’image d’ Epinal, le cliché du français franchouillard , béret vissé sur la tête , baguette de pain et litron de « rouge » va se transformer. Surveillez donc la valse des étiquettes de tous les produits de consommation issus des céréales, des produits laitiers . Effet coupe du monde de football, les pizzas et la bière font recette . Combien de litres d’eau pour une petite mousse ? Combien de terres agricoles transformées en monoculture de soja au Brésil ou de quantité d’eau pour irriguer les pelouses des stades sportifs ? Mais revenons à nos moutons (enragés) , vaches ( ne sont plus folles mais en colère), cochons( qui s’en dédit) , couvées de cette bonne Perette et de son pot de lait. Monsieur de la Fontaine en avait fait une fable , à défaut d’un fromage. Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse , tout comme ceux qui se cassent pour voir si à côté l’herbe est plus verte… Une question de dynamique agricole peut -être ?

Pour comprendre le fonctionnement de l’usine à gaz des 1000 vaches :

http://enviedepaysans.fr/blog/2013/10/tout-comprendre-aux-1000-vaches/