Quand la Patience paye : les « en- jeux » des maux à mots d’un Grand Corps Malade et de son langage

  • Richesse de la langue française et de ses expressions imagées, Grand Corps Malade aka Fabien Marsaud dont on découvre son combat personnel dans  son roman, adapté  avec Fadette Drouard, pour le cinéma qu’il co-réalise avec Mehdi Idir « Patients » concourant aux Césars 2018, le 2 Mars, catégorie Meilleur film, alors qu’il est en pleine tournée et promotion. Son histoire , juste avant ses 20 ans, grand sportif se dirigeant vers une carrière professionnelle  dans ce domaine, un accident de plongée en eau pas assez profonde , polytraumatisme et tétraplégie de forme incomplète dont il récupère partiellement après 1 an de rééducation , pris en charge à Poitiers c’est en seine et marne dans le centre de Coubert qu’il filme le parcours de Ben, l’espoir et l’attente, la résistance et l’amour avec humour et autodérision, cynisme parfois .Savoir toucher malgré les troubles de sensibilité liée à l’atteinte neurologique. Faire courir les mots sur les maux ; Changer d’objectifs de vie , adopter un plan B (titre de son nouvel album, où il met à l’honneur sa femme ‘Dimanche soir’, sa mère ‘ J’suis pas rentré’, son second fils à qui il fait ce cadeau symbolique de chanter et  non seulement slammer, scander ses paroles  » Tu peux déjà ») Et cet humour qu’il nous décrypte le langage du corps.
  • Paroles de : Le Langage du Corps

    Le corps humain est un royaume où chaque organe veut être le roi 

    Y’a le coeur, la tête les couilles, ça vous le savez déjà 

    Mais les autres parties du corps ont aussi leur mot à dire 

    Chacun veut prendre le pouvoir et le pire est à venir 

    Il y a bien sûr la bouche qui a souvent une grande gueule 

    Elle pense être la plus farouche mais se met souvent le doigt dans l’ œil 

    Elle a la langue bien pendue pour jouer les chefs du corps humain 

    Elle montre les dents c’est connu mais n’a pas le cœur sur la main 

    Seulement la main n’a pas forcément le monopole du cœur 

    Elle aime bien serrer le poing, elle aime jouer les terreurs 

    Elle peut même faire un doigt elle ne fait rien à moitié 

    La main ne prend pas de gants et nous prend vite à contre-pied 

    Le pied n’a pas de poil dans la main mais manque d’ambition 

    Au pied levé je dirais comme ça que le pied n’a pas le bras long 

    Les bras eux font des grands gestes pour se donner le beau rôle 

    Ils tirent un peu la couverture mais gardent la tête sur les épaules 

    On peut être timide ou on peut parler fort 

    D’toute façon ce qui décide c’est le langage du corps 

    On peut avoir l’esprit vide ou un cerveau comme un trésor 

    D’toute façon ce qui domine c’est le langage du corps 

    C’est le langage du corps 

    C’est le langage du corps 

    Quand la bouche en fait trop la main veut marquer le coup 

    Pour pas prendre sa gifle la bouche prend ses jambes à son cou 

    La bouche n’a rien dans le ventre elle préfère tourner le dos 

    Et la main sait jouer des coudes la tête lui tire son chapeau 

    Mais l’oeil il n’est pas d’accord elle lui fait les gros yeux 

    Ils sont pas plus gros que le ventre mais l’oeil il sait ce qu’il veut 

    Car œil à la dent dure sur le corps le sait tout le monde le voit 

    À part peut-être la main qui pourrait bien s’en mordre les doigts

    Et la jambe dans tout ça et bien elle s’en bat les reins

    Elle est droit dans sa botte et continue son chemin

    Personne ne lui arrive à la cheville quand il s’agit d’avancer

    Même avec son talon d’Achille elle trouve chaussure à son pied

    Les pieds travaillent main dans la main et continuent leur course

    Jamais les doigts en éventail ils se tournent rarement les pouces

    Ça leur fait une belle jambe toutes ces querelles sans hauteur

    Les pieds se foutent bien de tout ça loin des yeux loin du cœur

    On peut être timide ou on peut parler fort

    D’toute façon ce qui décide c’est le langage du corps

    On peut avoir l’esprit vide ou un cerveau comme un trésor

    D’toute façon ce qui domine c’est le langage du corps

    C’est le langage du corps

    C’est le langage du corps

    Pour raconter l’corps humain rien n’est jamais évident

    Je m’suis creusé la tête et même un peu cassé les dents

    Alors ne faites pas la fine bouche j’espère que vous serez d’accord

    Que c’texte est tiré par les cheveux mais que petit à petit il prend corps

    J’n’ai pas eu froid aux yeux mais je reste un peu inquiet

    Je croise les doigts pour qu’au final je retombe un peu sur mes pieds

    Ne soyez pas mauvaise langue même si vous avez deviné

    Que pour écrire ce poème je me suis tiré les vers du nez

    On peut être timide ou on peut parler fort

    D’toutes façons ce qui décide c’est le langage du corps

    On peut avoir l’esprit vide ou un cerveau comme un trésor

    D’toutes façons ce qui domine c’est le langage du corps

    C’est le langage du corps

    C’est le langage du corps

Publicités

OVO – Court métrage Alban Sapin 2013 (English subtitles)

Court-métrage réalisé par Alban Sapin, en 2013 avec 32 sélections et 4 prix. Une vision sur le fascisme, le racisme, la persécution des différences poussant à l’exil.

Alors qu’un parti fasciste monte en puissance et devient dangereux, Laurent fuit le pays.

​Sur le chemin qui le mène à l’exil, il se remémore les événements marquants qui l’ont poussé à tout abandonner.

Bleu Blanc Rouge: Trois couleurs

 

threecolors

La trilogie cinématographique Trois couleurs: bleu , blanc, rouge de Krzysztof Kieslowski sortis en 1993,1994 associe chaque couleur du drapeau français d’une des devises de la France Liberté, Egalité, Fraternité.
3 couleurs, 3 femmes Juliette Binoche (Bleu), Julie Delpy ( blanc) , Irene Jacob ( rouge)
Bleu : Liberté ou non pour Julie ( Juliette Binoche) de recommencer sa vie après la perte de son mari et de son fils dans un accident de voiture.Cette « liberté » imposée, Julie dans un premier temps se soustrait du monde pour s’occuper uniquement de son propre compte avec un rejet de tout ce qui structurait sa vie « d’avant » ainsi que celui de ressentir des émotions. La solitude après la mort d’autrui et son propre retour dans le monde des vivants donne la couleur à ce film.

« Bleu, c’est la liberté, l’histoire du prix que nous payons pour elle. À quel point sommes-nous vraiment libres ? »
— Krzysztof Kieślowsk

Blanc : le mari polonais Karol Karol( Zbigniew Zamachowski )ayant tout perdu apres son divorce d’avec sa femme Dominique ( Julie Delpy) retourne dans son pays natal et cherche à faire fortune( dans l’illégalité d’une arnaque à l’arnaqueur, dans une Pologne devenue néolibérale) pour être l’égal et se venger d’elle ou la reconquérir. Humour et ironie pour aborder et dénoncer toutes les inégalités auxquelles nous sommes confrontés en permanence.

Rouge: Valentine ( Irene Jacob) et un juge d’instruction à la retraite ( Jean Louis Trintignant) qui passe son temps à espionner sur écoute téléphonique ses voisins partagent le sentiment de fraternité d’âme malgré leur différence d’âge et de sexe au travers de leur imagination commune de ce qui aurait pu être. Vitalité et expérience de vie enrichissent l’un et l’autre au cours de longues discussions. L’incapacité à ne pas maitriser son destin sans pour autant se refermer sur lui-même et l’interdépendance entre les êtres humains, l’influence dans le cours de vies des personnes croisées dans les différents domaines donnent ce sens de fraternité, la valeur optimiste et humaniste .

Les 2 premiers films se passent à Paris , le dernier volet à Genève. Quelques liens se retrouvent dans les 3 . Même façon de débuter chaque film par un bruit et son origine, la voiture ( Bleu), une valise(Blanc), un témoin au téléphone(Rouge)Une vieille dame cherche à jeter une bouteille dans un container de tri sélectif. Julie ( Bleu) ne la remarque pas, Karol ( blanc) la regarde un sourire ironique au coin des lèvres, Valentine ( Rouge) l’aide à pousser la bouteille dans ce container trop haut d’accès. La fraternité et l’entraide remporteraient-elles sur l’indifférence et la moquerie, sur les pertes de liberté et une égalité .
Trois couleurs, trois valeurs après avoir fait le Décalogue ( 10 téléfilms illustrant à sa manier personnelle les dix commandements )
« En dix phrases, les dix commandements expriment l’essentiel de la vie. Et ces trois mots – liberté, égalité, fraternité – en font autant. »
3 phrases de plus de  Krzysztof Kieślowsk en écho aux 3 couleurs Bleu Blanc Rouge :
« C’est une histoire sur la négation de l’égalité. Le concept d’égalité suggère que nous sommes tous égaux. Or je pense que ce n’est pas vrai. Personne ne veut vraiment être l’égal de son prochain. Chacun veut être plus égal. »

« L’éternelle question consiste à savoir si en donnant aux autres un peu de soi-même, nous ne le faisons pas pour avoir une meilleure idée de nous-mêmes. »

« Tout ce dont nous nous préoccupons c’est nous-mêmes. Même quand nous remarquons les autres, c’est encore à nous que nous pensons. »

Et vous, vos couleurs, vos devises, vos valeurs ? Libres, égaux et solidaires pour faire vos choix ????

 

 

Visages hypnotiques, les reconnaissez-vous?

face2

G.T visage

M.D VisageJPG

B.D visage

C.T visagePour aider , leurs initiales : MM, GT, BD, MD, CT

Le cinéma au fond des yeux

Générique du Cinéma de Minuit pour la chaine télévisée Fr3 avant 1980. A qui appartiennent ces yeux ?

坂本龍一 Ryuichi Sakamoto – 孤独 Kodoku (« Solitude »)

Extrait du film  » Tony Takitani » (2004) du réalisateur Jun Ichikawa,  tiré de la nouvelle éponyme du recueil de nouvelles  » Saules aveugles, femme endormie » de Haruki Murakami. Signature magistrale de la bande originale cinématographique par Ryuichi Sakamoto.

Le Petit Prince – La Bande annonce officielle ; Adaptation , film d’animation 2015