OVO – Court métrage Alban Sapin 2013 (English subtitles)

Court-métrage réalisé par Alban Sapin, en 2013 avec 32 sélections et 4 prix. Une vision sur le fascisme, le racisme, la persécution des différences poussant à l’exil.

Alors qu’un parti fasciste monte en puissance et devient dangereux, Laurent fuit le pays.

​Sur le chemin qui le mène à l’exil, il se remémore les événements marquants qui l’ont poussé à tout abandonner.

Bleu Blanc Rouge: Trois couleurs

 

threecolors

La trilogie cinématographique Trois couleurs: bleu , blanc, rouge de Krzysztof Kieslowski sortis en 1993,1994 associe chaque couleur du drapeau français d’une des devises de la France Liberté, Egalité, Fraternité.
3 couleurs, 3 femmes Juliette Binoche (Bleu), Julie Delpy ( blanc) , Irene Jacob ( rouge)
Bleu : Liberté ou non pour Julie ( Juliette Binoche) de recommencer sa vie après la perte de son mari et de son fils dans un accident de voiture.Cette « liberté » imposée, Julie dans un premier temps se soustrait du monde pour s’occuper uniquement de son propre compte avec un rejet de tout ce qui structurait sa vie « d’avant » ainsi que celui de ressentir des émotions. La solitude après la mort d’autrui et son propre retour dans le monde des vivants donne la couleur à ce film.

« Bleu, c’est la liberté, l’histoire du prix que nous payons pour elle. À quel point sommes-nous vraiment libres ? »
— Krzysztof Kieślowsk

Blanc : le mari polonais Karol Karol( Zbigniew Zamachowski )ayant tout perdu apres son divorce d’avec sa femme Dominique ( Julie Delpy) retourne dans son pays natal et cherche à faire fortune( dans l’illégalité d’une arnaque à l’arnaqueur, dans une Pologne devenue néolibérale) pour être l’égal et se venger d’elle ou la reconquérir. Humour et ironie pour aborder et dénoncer toutes les inégalités auxquelles nous sommes confrontés en permanence.

Rouge: Valentine ( Irene Jacob) et un juge d’instruction à la retraite ( Jean Louis Trintignant) qui passe son temps à espionner sur écoute téléphonique ses voisins partagent le sentiment de fraternité d’âme malgré leur différence d’âge et de sexe au travers de leur imagination commune de ce qui aurait pu être. Vitalité et expérience de vie enrichissent l’un et l’autre au cours de longues discussions. L’incapacité à ne pas maitriser son destin sans pour autant se refermer sur lui-même et l’interdépendance entre les êtres humains, l’influence dans le cours de vies des personnes croisées dans les différents domaines donnent ce sens de fraternité, la valeur optimiste et humaniste .

Les 2 premiers films se passent à Paris , le dernier volet à Genève. Quelques liens se retrouvent dans les 3 . Même façon de débuter chaque film par un bruit et son origine, la voiture ( Bleu), une valise(Blanc), un témoin au téléphone(Rouge)Une vieille dame cherche à jeter une bouteille dans un container de tri sélectif. Julie ( Bleu) ne la remarque pas, Karol ( blanc) la regarde un sourire ironique au coin des lèvres, Valentine ( Rouge) l’aide à pousser la bouteille dans ce container trop haut d’accès. La fraternité et l’entraide remporteraient-elles sur l’indifférence et la moquerie, sur les pertes de liberté et une égalité .
Trois couleurs, trois valeurs après avoir fait le Décalogue ( 10 téléfilms illustrant à sa manier personnelle les dix commandements )
« En dix phrases, les dix commandements expriment l’essentiel de la vie. Et ces trois mots – liberté, égalité, fraternité – en font autant. »
3 phrases de plus de  Krzysztof Kieślowsk en écho aux 3 couleurs Bleu Blanc Rouge :
« C’est une histoire sur la négation de l’égalité. Le concept d’égalité suggère que nous sommes tous égaux. Or je pense que ce n’est pas vrai. Personne ne veut vraiment être l’égal de son prochain. Chacun veut être plus égal. »

« L’éternelle question consiste à savoir si en donnant aux autres un peu de soi-même, nous ne le faisons pas pour avoir une meilleure idée de nous-mêmes. »

« Tout ce dont nous nous préoccupons c’est nous-mêmes. Même quand nous remarquons les autres, c’est encore à nous que nous pensons. »

Et vous, vos couleurs, vos devises, vos valeurs ? Libres, égaux et solidaires pour faire vos choix ????

 

 

Visages hypnotiques, les reconnaissez-vous?

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G.T visage

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B.D visage

C.T visagePour aider , leurs initiales : MM, GT, BD, MD, CT

Le cinéma au fond des yeux

Générique du Cinéma de Minuit pour la chaine télévisée Fr3 avant 1980. A qui appartiennent ces yeux ?

坂本龍一 Ryuichi Sakamoto – 孤独 Kodoku (« Solitude »)

Extrait du film  » Tony Takitani » (2004) du réalisateur Jun Ichikawa,  tiré de la nouvelle éponyme du recueil de nouvelles  » Saules aveugles, femme endormie » de Haruki Murakami. Signature magistrale de la bande originale cinématographique par Ryuichi Sakamoto.

Le Petit Prince – La Bande annonce officielle ; Adaptation , film d’animation 2015

Ebola, épidémies et virus médiatiques

ebola-3d-950-528Recherche scientifique, course au remède miracle, au vaccin, fermeture des frontières et parfois des esprits, le virus Ebola répand, en contagion la fièvre médiatique. Philosophes, sociologues, anthropologues, auteurs littéraires, peintres, cinéastes ont montré leur vision symptomatique ou allégorique à travers l’Histoire et les âges, les différentes épidémies ou pandémies. Du livre La peste d’ Albert Camus au film Ebola Syndrome d’ Herman Yau et d’un texte en ligne de 2001 issu de publications lié au GRECE ( Groupement de Recherche et d’Etude pour la Civilisation Européenne),L’ère des virus d’ Alain De Benoist, à chacun sa manière de traiter . Liste non exhaustive et sans jugement de valeur, à vous de compléter et d’y administrer quelques piqures de rappel.

L’ère des virus: Alain De Benoist 2001

L’un des effets de la mondialisation est la généralisation du mode de propagation virale. Dans le monde des réseaux, le virus est partout : instantané, généralisé, diffus. Il constitue à la fois une réalité, une virtualité et une métaphore. Inexorablement, malgré les mesures adoptées pour empêcher son extension, le virus du Sida continue à s’étendre un peu partout dans le monde. Le continent africain est particulièrement dévasté. D’autres maladies nouvelles, dont certaines sont en fait des maladies anciennes que l’on croyait avoir éradiquées, apparaissent ici et là, menaçant de se répandre dans des continents entiers. Mais l’homme n’est pas le seul touché. En l’espace de quelques années, l’encéphalopathie spongiforme bovine (la maladie de la « vache folle ») a dévasté les élevages, plongé dans la crise tout un secteur économique, et continue d’inspirer les plus vives inquiétudes quant à l’ampleur de sa transmission à l’être humain. Et voici maintenant l’épidémie de fièvre aphteuse qui, partie d’Angleterre, s’est à son tour lancée à la conquête du monde.
Le virus est encore une notion-clé des nouvelles technologies de l’information. La diffusion rapide du système Internet est allée de pair avec l’apparition de virus informatiques qui, partis d’un point quelconque du globe, se transmettent en quelques jours, voire en quelques heures, aux ordinateurs du monde entier. Les marchés financiers, qui fonctionnent désormais en « temps zéro » à l’échelle planétaire, se reconfigurent eux aussi conformément au mode de propagation virale. Une crise financière localisée se propage instantanément d’un bout à l’autre de la planète, entraînant par une sorte d’« effet de dominos » une succession de crises qui menace à tout moment d’aboutir à un krach généralisé. Il n’est enfin jusqu’aux croyances idéologiques et religieuses qui se transmettent aujourd’hui sous une forme « virale », se jouant des frontières traditionnelles et utilisant les nouvelles techniques de communication : l’islamisme, pour ne citer que lui, relève de ces nouvelles formes de contagion.
Le mode de propagation virale obéit à des lois qui lui sont propres. Le virus se propage de manière imprévisible, mais selon le principe des réseaux polycentriques. Ce n’est pas une propagation en chaîne, de type linéaire : chaque point touché se transforme en centre de diffusion à son tour. Cette propagation acquiert du même coup une extraordinaire rapidité. Elle saute par dessus les barrières géographiques, politiques, institutionnelles. Elle fait le tour de la terre dans un mouvement sans fin.
Pour faire face aux virus, les pouvoirs publics se transforment en autorités sanitaires. Dans tous les domaines, et pas seulement dans celui de la santé, les métaphores les plus fréquemment employées sont de type biologique ou médical. Pour enrayer l’extension des épidémies (ou des pandémies), on établit des « cordons sanitaires », on met en « quarantaine ». Parallèlement, on tend à assimiler tout ce dont on souhaite se débarrasser à des « microbes » ou à des « bacilles ». Contre un ennemi invisible, diffus, qui peut être partout, même là et surtout où on ne le voit pas, on a recours au principe de précaution. On abat des cheptels entiers sans être sûr que les bêtes qu’ils contiennent sont véritablement malades. L’internaute, devant son ordinateur, jette par prudence, sans les ouvrir, les messages dont il ignore la provenance. On en arrive ainsi à une sorte de généralisation de la loi des suspects : la simple possibilité d’infection conduit à mobiliser contre des catégories de populations entières. La suspicion se généralise. On sait combien, dans le passé, ce type d’attitude vis-à-vis d’un ennemi invisible mais considéré comme omniprésent, et donc d’autant plus redoutable que sa visibilité était nulle, a pu nourrir de redoutables fantasmes et inspirer de durables persécutions.
Dans le domaine de la politique et des idées, les conséquences sont évidentes. Les idées regardées comme « dangereuses » sont elles aussi traitées par le principe de précaution. Pour éradiquer leur propagation, on commence par grossir la menace en représentant des périls imaginaires (qui détournent l’attention des périls réels). On pratique l’amalgame, en identifiant l’un à l’autre des phénomènes qui n’ont entre eux que des ressemblances ou des affinités superficielles. On s’emploie ensuite à les éliminer, en transformant ceux qui sont censés en être les représentants ou les porteurs en citoyens de seconde zone, sinon en sous-hommes. On établit autour de ces derniers des « cordons sanitaires ». Pour finir, de surveillance en contrôle, de procès d’intention en persécution contre ceux qui sont suspects de déviance par rapport aux normes de l’idéologie dominante, la société tout entière devient « orwellienne » et tend à ressembler au célèbre Panoptique de Bentham. C’est ainsi que l’ère des virus ouvre la voie à un nouvel hygiénisme social.

Littérature :

Oedipe roi ,Sophocle  ,Vème siècle avant J.C

Le decameron ,Giovanni Boccaccio( Boccace), 1349-1353

Journal de l’année de la peste , Daniel Defoe,1722

Typhus , Jean Paul Sartre, scénario de film écrit en 1943

La peste, Albert Camus, 1947
Le hussard sur le toit,  Jean Giono ,1951

L’ amour au temps du choléra , Gabriel Garcia Marquez,1985
La quarantaine, JMG Le Clezio, 1995

Le 6eme jour, Andrée Chedid,1960, adaptation cinématographique par Youssef Chahine 1986

Le 8eme fléau, Cedric Bannet,2001

Cinéma:

Virus de Kinji Fukasaku,  1980
Contagion , Steven Sodenbergh,  2011
Alerte , Wolfgang Petersen, 1994
Ebola syndrome, Herman Yau 1996
Le Décaméron, Pier Paolo Pasolini, 1971
Mort à Venise, Luchini Visconti, 1971, d’apres la nouvelle Der Tod in Venedig de Thomas Mann écrite en 1912
Le hussard sur le toit, Jean Paul Rappeneau, 1995
Pars vite et reviens tard, Regis Wargnier,2007