Tuais-Je « Elle » ? Femme plurielle, je, Tu, Elle .

Marie Madeleine Vitrolle - femme unique, femme multiple. sculpture la marche

Quand « je » tue « elle , quand la femme blessée ou simplement égratignée ne dévoile pas  son quant à soi , elle prend alors toutes les nuances, toutes les ressemblances et les différences qui font de la Femme majuscule un être paradoxal . Tu es cette femme aussi , tu te reconnaitras dans ce jeu de miroirs illusions de l’Histoire. Car de l’intemporelle , elle garde du réel ce qui n’est pas fantasmo-fictif, songes ou rêves , faux -semblants et leurres cognitifs .Féminin minéral , végétal ,humaine j’en tuerai ,au-delà des métaphores les blâmes et les coups de plume ou de glaive et forte de mes fragilités, animale instinctive, en images mentales  par le jeu des ailes déployées, je dessinerai ici , pour toi , pour vous, pour elles ce que du moi, sur moi d’habitude est tû.

 

Toujours la petite fille en nous , celle à qui on déchirait les pages de cahier .Apprentissage de l’écriture, pattes de mouche ou trop gros caractère de la cursive si tu ne suis pas la ligne de conduite. Tu deviens insoumise sous tes allures d’élève modèle! Les règles d’orthographe et de grammaire avec cette rengaine de l’exception qui confirme la règle à  française; loi d’exception, de restriction. Exceptionnel oh non! et de cette règle en fer ou double-décimètre , mains tendues , à genoux elle  s’abattait . Ce temps est révolu et du châtiment corporel , écoles et maison familiale seule la fessée coquine n’est pas encore légalisée! Sermon et remontrances, réflexion désobligeante, insulte, humiliation sont désormais légion .Plus cinglants que des coups de fouet mentaux , ils ensanglantent  celle qui ne veut rentrer dans le rang, dans les cases et ne pas brouter avec les rampants, les ventre à terre, les tètes baissées.

 

Je suis adolescente, première cigarette , petit gout d’interdit que l’on fume en cachette . En volute de fumée, je dessine en plein ciel une silhouette d’un seul trait comme alinéa , tatouage éphémère et bulle de savon qui éclate éclaboussant de ses couleurs irisées le plafond d’un château dans les brumes posé sur un nuage d’hormonale tempête. Je suis celle qui ponctue les songes de points de suspension ou dans des parenthèses d’un hypothétique demain zebre alors le ciel d’une exclamation au silence, au vide, au rien . Femme vaurienne, à l’orée de l’adulte adultère, Femme ponctuation

Andriy Dykun-1

Tu es travailleuse acharnée éjectée de l’échiquier d’une pichenette dédaigneuse. Inaptitude, invalidité d’une âme blessée, torturée par l’implacable machine infernale , consumée parles flammes du dragon intérieur. Pour te reconstruire après cette déchirure ,  tu dévoiles parfois dans la nudité du corps les cicatrices charnelles. Tu les livres en images symboliques, en les couvrant de glaise , de couleurs aquarelle, acrylique pour mieux les camoufler  derrière la toile tendue, à quoi elle, à cri lit qui le veux !

 

Une elle crue, du nu à je combien de photos, de lettres, de feuilles de papier griffonnées dans l’urgence d’écrire, de tracer, d’esquisser dans un accès de fièvre de frénésie, de ferveur , de bouffées passionnelles puis effacées, déchirées, brulées qui n’arriveront jamais à leurs destinataires, leurs inspirateurs/trices ? Combien de toiles ne sécheront pas, ni ne s’afficheront sur un mur recouvertes  d’une couche de noirceur. Par lâcheté  ou par pudeur  je suis toi , femme qui retiens tes larmes, tes cris, ton sang, ta sueur et dans un sourire offre ton sourire, tes murmures, tes soupirs .Tu es femme pardon , femme rédemption.

Elle est ange et démon , en accepte l’alternance. C’est ainsi qu’elle est complémentaire et entière  succombant à la douce torture qui lui fait franchir la ligne courbe de l’invisible .De la pleine conscience à l’infernale déraison, elle fait tomber les barrières volontaires et écrouler les briques de votre mur intérieur. Exploration de l’intime, de l’être, de l’essence quand les fibres du tissu charnel se tissent et se dénouent et que la broderie, dentelle complexe du mental  pare d’un fil d’or l’âme . Femme spirit loin du Bien et du Mal, ondulante énergie en vagues de lumière, femme hypnotique aux parfums sonores et saveurs tactiles. Vos sens exacerbés en dupés volontaires par l’anarchique force vitale destructrice de certitude trouvent le chainon manquant, la fission fusionnante nucléaire, cataclysmique. Femme astrale métaphysique , origine du monde, de son humanité, épiphénomène ,endémique. Quand de l’implosion nait un vide sidéral, de la sidération elle devient aspiration, charge électrique et qu’en son noyau, son cœur atomique attire à elle un électron libre .Femme déesse païenne, astronomique , collusion d’univers parallèles.

Alessandro Gatto

Je suis roc, femme château ,citadelle  imprenable. Que la tempête guette et cherche à attaquer mes remparts contre vents et marées.les lames de fonds, vagues déchainées peuvent bien s’acharner .Sur mes parois lisses , elles ne feront que glisser. S’infiltrer peut-être dans les failles, entailles de la femme minérale. Malgré l’érosion les blessures silencieuses , je laisse couler les eaux tumultueuses sans broncher. Piton rocheux aiguisé par le temps, de mon indifférence , je confierai au vent mes grains de sable qui, sur la plage immaculée de la psyché, rejoindront les galets de la sérénité. Femme enceinte de l’humanité, maternelle , protectrice.

 

Tu es ile vierge, collines et vallées, désert aride ou précipice, gorges profondes et lit d’une rivière dont la source secrète cachée dans une grotte désaltère , abreuve et nourricière. Tu es océanique  quand, iodée et saline, tu noies de tes baisers , du flux et du reflux les naufragés égarés, ahuris. Tu es brise légère , tornade , vents déchainés .Tu es foudre guerrière, éruption volcanique, braises incandescentes quand ta langue de lave apporte le fertile limon et tu deviens gonade , grenade ou drapeau blanc quand de l’anthropomorphiste carte du tendre pirates et flibustiers, en preux chevaliers s’y attardent et dessinent de nouveaux chemins sur toi .Un continent contenu tout en toi , Femme géographie du monde.

 

Elle est, tu es, je suis et de suivre les périples et péripéties, les expériences aux confins des parenthèses et points de suspension de la vie quotidienne, elle est escapade, tu es escale, je suis évasion .escalade vers les cieux Liberté .Femme libératrice des prisons dorées, des convenances, des connivences, de l’hypocrisie , des codes et règles et des tabous. Elle est celle salie et trainée dans la boue, dans la fange des fantasmagoriques perversités machistes. Elle est cette femme objet usée et abusée , piétinée et jetée . Tu es celle qui attend les mots, les gestes qui ne viennent jamais , rêveuse éveillée, utopique pacifiste , abyssale entropique .

lady fraisy

Végétale et sucrée, je suis gitane baie rouge. Légèrement acidulée et saveur plus prononcée traversant vos étés. Faisant voleter une jupe d’écailles bien alignés, pâle piteuse quand déconfite, je me tais et me terre, préférant du terre à terre abandonner les sous-bois .Sobre , coiffée du silence de l’indifférence, j’abandonne les griefs  incertains, les non fondés de formes et de matières , les agressions spasmodiques déversant à flots noirs la bile et le fiel. En condiment, je préfère le miel, le vinaigre balsamique et d’un voile poivré en relever ma jupe .Rougir de plaisir  vous voyant saliver , c’est dans vos yeux gourmands que je me sens belle à croquer . Mais ne vous fiez pas à cette brunette fruitée! Gariguette elle se marra lorsqu’à la proue de ma barquette en piment d’Espelette je me métamorphose .Femme fraise, femme poison violent si vous lui montrez les dents. Fatale féminité à la sensualité exacerbée, femme gourmande, convoitise, pèche reste pulpeuse vibration aux parfums capiteux  vénéneux.

Andriy Dykun-2

Du je à elle, du fruit elle a le sexe .gorgé et juteux quand le désir l’emporte et qu’elle s’offre pour être cueillie, dégustée, dévorée. Fente d’abricot, figue  à la peau foncée découvrant cette chair rosée ou pourpre parfumée et humide. Quand l’envie l’envahit et que murie, grandit la vague du plaisir, que les baies dressées des pommes ou des poires ,sous la gourmande bouche ou l’assaut pénétrant d’un sexe turgescent ,elle devient liane sauvage et s’enroule autour de la tige érigée ,qui, dans une jouissance végétale libère sa semence, sève de vie . Femme sexe dévotion, Femme calice, femme charnelle réceptacle, femme offerte  terre fertile.

rose-the-givree

Tu es fleur se fanant inexorablement. Un à un tes pétales s’étiolent , plumes et duvet deviennent mordorés , aux couleurs de l’automne passent les années et se couvrent de givre au frimas d’un hiver annoncé. Pistil et étamines  asséchés et stériles subsiste toujours ton cœur de pollen .Du fruit de tes entrailles ne reste que les entailles de lame biseautée . Et de ces cicatrices du temps, de la vie, tu en fais des atours, des atouts des détours, des croisées de chemin, des carrefours .A l’heure du choix, se découvrir, s’accepter, se reconstruire ,s’instruire sans instrumentaliser, se dématérialiser et du voyage intérieur « re-naitre »,  » re-susciter » les émotions  Femme belle dans toute sa quintessence, Femme mature bientôt en hivernage , Femme sage  porteuse de l’espoir , des connaissances et du savoir .Femme Force et Pouvoir.

 

Courbes et rondeurs, du fruit de l’églantier ,  elle est cynorhodon. Elle peut  être Vitamine  et de ses graines et du poil à gratter  devenir urticaire ou simple démangeaison. Immunisée de longue date par bien d’autres poisons , cachant mes sentiments, d’une pirouette , de la rose canine , végétale, minérale, animale, la femme organique de ramener sa fraise et bien fait pour ta pomme! s’affiche en silhouette et d’un bouton de rose  aux épines de roche, de ses griffes ou ses ailes, elle protège son âme et vous montre son cul !

recyclage -essai style graf sur vieux journal

Texte :Pascale Lafraise

Illustrations : Photo 1 Mari Madeleine Vitrolle-Sculpture; 2-5 Andriy Dykun : 3 Alessandro Gatto ;4 Image du Net envoyé par un ami « lynx »de Lafraise; 6 image du Net;

7 Peinture sur feuille de journal recyclé Acrylique et encre de chine pascale Lafraise

 

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