Obscur objet du désir- Cachez moi ce con que je ne saurais voir

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Envier Janvier ce mois entier pour présenter ses voeux pour la nouvelle année .  Certains ne feront pas voeux de chasteté  et de l’épiphanie où il est tradition de tirer les rois  ( visite des rois mages à l’enfant Jésus à l’origine de cette fête  des  couronnés)  Les reines ne seront pas en reste  et de mettre à l’honneur leurs joyaux en les couchant sur du papier pour mieux les glorifier . . De la pâte feuilletée de la galette à 4 feuillets rescapés d’un incendie, de mots brûlants à l’époque et des rebondissements, de l’amande à l’amende et à l’emprisonnement Le con d’Irène  d’ Aragon vous est conté .

Écrit en 1920 dans  un manuscrit  projet de “ La défense de l’infini “1500 pages qu’il a lui mêm brûlé et dont quelques feuillets avaient été sauvés par Nancy Cunard , riche américaine , amante de Louis .Publié sous compte d’auteur anonyme en 150 exemplaires en 1929 ( petit livre illustré de 5 eaux  fortes d’ André Masson) par Pascal Pia  imprimeur et féru de litteratures  clandestines , circulant sous le manteau . Ce n’est qu’après la mort d’Aragon que ce petit chef d’oeuvre de littérature classique française lui fut enfin attribué officiellement . 1982 : ouverture de l’accès aux archives d’ Aragon  livrant quelques pans à la bibliothèque Jacques Doucet. Puis, en 1989 , un maître de conférence français retrouve à Humanities research Center d’Austin  les fameux feuillets sauvés par la Texane  avec inscriptions “fragments Aragon 1827”.

2 dec 1993 , aux ventes aux enchères de Drouot est mise en vente un des 150 exemplaires, celui là même appartenant à Pascal Pia. En fin de livre apparaissent les épreuves corrigées de la main d’ Aragon .

Entre temps, Régine Deforges  ( écrivain, scénariste, réalisatrice, éditrice , militante ) , première éditrice française, en mars 1968 publie ‘une deuxième fois ‘Irene’, la première de Janvier 68 ayant été refusé pour absence d’auteur . On y ajoute donc le nom de’ Albert de Routisie ( édition L’or du temps) . 2 jours après sa parution, saisie des manuscrits et  condamnation pour outrage aux bonnes mœurs la prive de ses droits civiques pendant 5 ans .

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Le con d’Irène- Louis Aragon : Extraits

 

« À moi les cascades les trombes les cyclones l’onyx le fond des miroirs le trou des prunelles le deuil la saleté la photographie les cafards le crime l’ébène le bétel les moutons de l’Afrique à face d’hommes la prêtraille à moi l’encre des seiches le cambouis les chiques les dents cariées les vents du nord la peste à moi l’ordure et la mélancolie la glu épaisse la paranoïa la peur à moi depuis les ténèbres sifflantes depuis les cavalcades d’incendies des villes de charbon et les tourbières et les exhalaisons puantes des chemins de fer dans les cités de briques tout ce qui ressemble au fard des nuits sans lune tout ce qui se déchire devant les yeux en taches en mouches en escarbilles en mirages de mort en hurlements en désespoir crachats de cachou crabes de réglisse rages résidus magiques muscats phoques or colloïdal puits sans fond. À moi le noir » […………]

Elle restait là des heures à me prodiguer le calme, les conseils, tout près, tout près de moi sans voir, je n’ai jamais su si elle voyait, sans voir dans mes prunelles tragiques la haine et le désir mêlés sanglants. Dans le silence et la quiétude mes yeux dansaient pour émouvoir. Une marée d’images y montaient, elle s’interposait peu à peu entre le monde et moi. Corps, corps corps de tous les gens à la ronde, mes mains clouées vous arrachaient vos vêtements, vous arrachaient les vêtements révélateurs de vos formes damnantes, arrachaient à la fois, ecor chaient votre peau tentatrice et laissaient sur vos blancheurs et sur ma cornée de grandes traînées rouges  à mourir de la malle mort sans confesseur, de la mort divine et grondante qu’appelait sourdement ma chair bouleversée sur la rive impossible à quitter du plaisir, interdit à celui qui n’a plus l’usage de ses mains clouées de part et d’autre des cuisses inertes contre lesquelles dérisoirement se dresse énorme bonté du ciel suce, branle et baise!la queue prete à crever les murs et bandant aux étoiles . […]

Chap 8

Si petit et si grand ! C’est ici que tu es à ton aise, homme enfin digne de ton nom, c’est ici que tu te retrouves à l’échelle de tes désirs. Ce lieu, ne crains pas d’en approcher ta figure, et déjà ta langue, la bavarde, ne tient plus en place, ce lieu de délice et d’ombre, ce patio d’ardeur, dans ses limites nacrées, la belle image du pessimisme. Ô fente, fente humide et douce, cher abîme vertigineux.

C’est dans ce sillage humain que les navires enfin perdus, leur machinerie désormais inutilisable, revenant à l’enfance des voyages, dressent à un mât de fortune la voilure du désespoir. Entre les poils frisés comme la chair est belle sous cette broderie bien partagée par la hache amoureuse, amoureusement la peau apparaît pure, écumeuse, lactée. Et les plis joints d’abord des grandes lèvres bâillent. Charmantes lèvres, votre bouche est pareille à celle d’un visage qui se penche sur un dormeur, non pas transverse et parallèle à toutes les bouches du monde, mais fine et longue, et cruciale aux lèvres parleuses qui la tentent dans leur silence, prête à un long baiser ponctuel, lèvres adorables qui avez su donner aux baisers un sens nouveau et terrible, un sens à jamais perverti.

Que j’aime voir un con rebondir

Comme il se tend vers nos yeux, comme il bombe, attirant et gonflé, avec sa chevelure d’où sort, pareil aux trois déesses nues au-dessus des arbres du Mont Ida, l’éclat incomparable du ventre et des deux cuisses. Touchez mais touchez donc vous ne sauriez faire un meilleur emploi de vos mains. Touchez ce sourire voluptueux, dessinez de vos doigts l’hiatus ravissant. Là que vos deux paumes immobiles, vos phalanges éprises à cette courbe avancée se joignent vers le point le plus dur, le meilleur, qui soulève l’ogive sainte à son sommet, ô mon église.

Ne bougez plus, restez, et maintenant avec deux pouces caresseurs, profitez de la bonne volonté de cette enfant lassée, enfoncez, avec vos deux pouces caresseurs écartez doucement, plus doucement, les belles lèvres, avec vos deux pouces caresseurs, vos deux pouces. Et maintenant, salut à toi, palais rose, écrin pâle, alcôve un peu défaite par la joie grave de l’amour, vulve dans son ampleur à l’instant apparue. Sous le satin griffé de l’aurore, la couleur de l’été quand on ferme les yeux.

Ce n’est pas pour rien, ni hasard ni préméditation, mais par ce BONHEUR d’expression qui est pareil à la jouissance, à la chute, à l’abolition de l’être au milieu du foutre lâché, que ces petites sœurs des grandes lèvres ont reçu comme une bénédiction céleste le nom de nymphes qui leur va comme un gant. Nymphes au bord des vasques, au cœur des eaux jaillissantes, nymphes dont l’incarnat se joue à la margelle d’ombre, plus variables que le vent, à peine une ondulation gracieuse chez Irène, et chez mille autres mille effets découpés, déchirés, dentelles de l’amour, nymphes qui vous joignez sur un nœud de plaisir, et c’est le bouton adorable qui frémit du regard qui se pose sur lui, le bouton que j’effleure à peine que tout change. Et le ciel devient pur, et le corps est plus blanc. Manions-le, cet avertisseur d’incendie.

Déjà une fine sueur perle la chair à l’horizon de mes désirs. Déjà les caravanes du spasme apparaissent dans le lointain des sables. Ils ont marché, ces voyageurs, portant la poudre en poire, et les pacotilles dans des caisses aux clous rouillés, depuis les villes des terrasses et les longs chemins d’eaux qu’endiguent les docks noirs. Ils ont dépassé les montagnes. Les voici dans leurs manteaux rayés. Voyageurs, voyageurs, votre douce fatigue est pareille à la nuit. Les chameaux les suivent, porteurs de denrées. Le guide agite son bâton, et le simoun se lève de terre, Irène se souvient soudain de l’ouragan. Le mirage apparaît, et ses belles fontaines… Le mirage est assis tout nu dans le vent pur. Beau mirage membré comme un marteau-pilon. Beau mirage de l’homme entrant dans la moniche. Beau mirage de source et de fruits lourds fondant. Voici les voyageurs fous à frotter leurs lèvres. Irène est comme une arche au-dessus de la mer. Je n’ai pas bu depuis cent jours, et les soupirs me désaltèrent. Han, han. Ire appelle son amant. Son amant qui bande à distance. Han, han. Irène agonise et se tord. Il bande comme un dieu au-dessus de l’abîme. Elle bouge, il la fuit, elle bouge et se tend. Han. L’oasis se penche avec ses hautes palmes. Voyageurs vos burnous tournent dans les sablons. Irène à se briser halète. Il la contemple. Le con est embué par l’attente du vit. Sur le chott illusoire, une ombre de gazelle…

Enfer, que tes damnés se branlent, Irène a déchargé. […..]

Chapitre 6

« Poissons poissons c’est moi, je vous appelle : jolies mains agiles dans l’eau. Poissons vous ressemblez à la mythologie. Vos amours sont parfaites et vos ardeurs inexplicables. Vous ne vous approchez pas de vos femelles et vous voici l’enthousiasme à l’idée seule de la semence qui vous suit comme un fil, à l’idée du dépôt mystérieux que fit dans l’ombre des eaux luisantes une sourde exaltation muette, anonyme. Poissons vous n’échangez pas de lettres d’amour, vous trouvez vos désirs dans votre propre élégance. Souples masturbateur des deux sexes, poissons, je m’incline devant le vertige de vos sens. Plût au ciel, plût à la terre que j’eusse le pouvoir de sortir ainsi de moi-même. Que de crimes évités, que de drames repliés dans le trou du souffleur. Vos transports transparents, mort du Christ ah que je les envie. Chères divinités des profondeurs, je m’étire et je me démène si je pense un instant à l’instant de votre esprit où se forme la belle plante marine de la volupté dont les branches se ramifient dans vos êtres subtils, tandis que l’eau vibre autour de vos solitudes et fait entendre un chant de rides vers les rives. Poissons poissons, promptes images du plaisir, purs symboles des pollutions involontaires, je vous aime et je vous invoque, poissons pareils aux montgolfières. Jetez au creux de vos sillages un lest passionnel, signe de votre grandeur intellectuelle.Poissons poissons poissons poissons.Mais l’homme aussi fait parfois l’amour ».[…………….]

« Les mots ne lui font pas plus peur que les hommes, et comme eux ils lui font parfois plaisir. Elle ne s’en prive pas au milieu de la volupté. Ils sortent d’elle alors sans effort, dans leur violence. Ah, l’ordure qu’elle peut être. Elle s’échauffe, et son amant avec elle, d’un vocabulaire brûlant et ignoble. Elle se roule dans les mots comme dans une sueur. Elle rue, elle délire. Ça ne fait rien, c’est quelque chose, l’amour d’Irène ».[…..]

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Le cerveau, pistes de recherche dans tous les hémisphères

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Passionnée depuis des années par cet étrange organe à la fois centre de commandement, de logistique, de stockage, centrale électrique et chimique à l’origine des actions, réactions, des émotions , pour cette rentrée ,voici dévoilées quelques pistes d’écoute et de lecture.

Comment arriver à donner une vision plus claire des mécanismes cérébraux? Ce sujet inépuisable et encore méconnu , le cerveau , centre de la conscience, l’esprit se dévoile sans pour autant nous donner toutes les clefs, toutes les voies dans ses méandres et ses mystères.

Les neurosciences semblent progresser dans l’exploration de cette terra incognita à travers l’étude de cas cliniques pathologiques montrant les dysfonctionnements, altérations et  les moyens de compensation et d’adaptation développés par les patients présentant les troubles affinés désormais par l’avancée technologique  dans le domaine de l’imagerie médiale  les imageries médicales . Comme pour toute science s’appuyant sur les connaissances actuelles , certains résultats pourraient être remis totalement en question par une  » découverte » remettant en cause les bases des savoirs . La publication dans des revues ou la mise en ligne sur des sites scientifiques  spécialisés, la mise  en lecture de thèses et mémoires , les conférences filmées , ouvertes au public sur les sites des universités . Difficile aux néophytes ne maitrisant pas le vocabulaire spécifique de suivre . Des orateurs brillants et passionnés savent s’adresser à un très large auditoire , rendant plus simple par leur maitrise pédagogique et rhétorique ce qui est fort complexe.

Lorsque philosophie et sciences se rencontrent comme le firent Claude Debru (philosophe, professeur de philosophie des sciences à l’École normale supérieure ENS) et Michel Jouvet ( neurobiologiste, chercheur, professeur , Université Lyon1), l’expérience philosophique, dans le laboratoire de neurosciences, transmettant l’historique des techniques et moyens de recherche dans le domaine du sommeil, du rêve, de l’individuation dans le cerveau et les problèmes rencontrés est un document sonore dans les Archives Audios de l’ Ecole Normale Supérieure de Paris  dans le cadre cycle  Philosophie des sciences  : Cerveau, rêve, individuation ,fevrier 2005 conférence ENS par Claude Debru  http://www.diffusion.ens.fr/index.php?res=conf&idconf=537

Un bon exemple de site à visiter compulsivement pour les nombreux articles et références sur le thème le sommeil, les rêves et l’éveil est celui ci :  http://sommeil.univ-lyon1.fr

L’étude  de territoires du cerveau, pour établir les mécanismes sur le doublé  de stimulation/inhibition, avant l’avancée de l’imagerie médicale et hormis l’expérimentation animale a été faite  par analogie avec les destructions de certaines zones chez les « patients » cérébrolésés.C’est  cette approche et décryptage original que proposent les nombreux ouvrages écrits par Oliver Wolf Sacks , décédé il y a un an( 30 Aout 2015)  de métastases hépatiques secondaires à un mélanome oculaire  contracté 10 ans avant  médecin, neurologue , professeur à l’Université Columbia en neurologie et psychiatrie . Souvent attaqué par ses pairs  quant au bien fondé de vulgariser par ses anecdotes des investigations cliniques , parodiant l’un de ses titres de recueil de nouvelles  » l’homme qui prenait sa femme pour un chapeau » devenu : ‘ l’homme qui prenait ses patients pour une carrière littéraire  »

« Le sens de la plasticité remarquable du cerveau, sa capacité pour les adaptations les plus saisissantes et pas des moindres dans  les circonstances  spéciales (et souvent désespérées)d’accident neural ou sensoriel, a fini par dominer ma propre perception de mes patients et de  leurs vies. »O.Sacks

 

Autre scientifique  » littéraire », Jean Didier Vincent, professeur de physiologie à la faculté de médecine de l’ université  Paris Xi, membre de l’ Institut(  Académie des sciences) et Académie de médecine . Sortir des clichés de câblages d’un ordinateur doté de supers logiciels, d’échanges de signaux codés chimiques et électriques , il décrit , à travers ses ouvrages cet objet le plus compliqué de l’univers et relève le défi avec esprit d’essayer de le faire comprendre à travers:  Le cerveau expliqué à mon petit-fils, janv 2016, Editions Seuil ( transcription de conversations entre Constant, 16 ans et son « pépé » chercheur, son grand-père !).

Voyage extraordinaire au centre du cerveau , de la biologie des passions à la quête de la Conscience et des émotions , Antonio Damasso , spécialiste des neurosciences à l’ Institut du cerveau et de la créativité de Californie du sud , en dresse la cartographie dans : L’autre moi-même, les nouvelles cartes du cerveau, de la conscience et des émotions – Editions Odile Jacob -2010. A noter son intérêt pour Matthieu Ricard quant à ses remarquables contrôles sur les différents états de conscience .

Les différentes phases de sommeil, rêves lucides ou non , un romancier s’empare d’éléments scientifiques et issu d’un de ses reportages journalistique de 1980 sur les onironautes,  Bernard Werber nous offre : Le sixième  sommeil, Editions Albin  Michel 2015

Conscience individuelle et collective, du Nouvel inconscient à la crise d’épilepsie mondiale dans lequel nous vivons , Lionel Naccache , neurologue, professeur et directeur de l’Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM), dans : L’homme réseau-nable, du microcosme cérébral  au macrocosme social, Editions Odile Jacob _2015 décrypte la crise d’épilepsie cérébrale où des régions cérébrales se mettent à trop communiquer entre elles, échangeant des informations pauvres et stéréotypées , perdant leur spécificité .Expliquant l’analogie avec le monde actuel au potentiel de conscience jamais acquise auparavant et les « crises » traversées aujourd’hui par les sociétés occidentales ( mondialisation, retour du religieux, reduplication du monde à l’identique avec perte des caractéristiques particulières, crises des démocraties etc…) Idée originale que de mettre en parallèle la prévention et les traitements de l’épilepsie  ( neuro pathologie)  et les conseils d’hygiène de vie, médications,  et gestes de neurochirurgie pour les sociétés épileptiques.

Du micro au macroscopique, du sommeil à l’éveil, de la conscience , des perceptions , praxies et cognitions … Chercher à comprendre pour mieux appréhender les réalités et illusions, les capacités et compensations lié à cet objet le plus complexe de l’univers , c’est aussi voir autrement, percevoir autrement et   vivre voire même plus en explorant des mondes nouveaux au-delà de ce que certaines personnes ,pourtant  en pleine faculté de leurs moyens, négligent !

A mes amis belges

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A MES AMIS (Extrait)

Arriverai-je un jour à dire

Vraiment ce que je voudrais dire,

 A dire enfin à mes amis

A quel point je suis leur ami.

Sans doute cela paraît simple

De dire une chose aussi simple

.

Chaque fois pourtant je sens bien

Que je ne le dis pas très bien.

Et qu’il me faudrait d’autres mots

Bien plus émouvants que mes mots,

Des mots coulant comme des larmes

Quand, dans le cœur, coulent les larmes.[…]

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PARTOUT  ON TUE 

A quoi servirait-il de fuir ?

Partout on tue, on incarcère.

Le monde est lassé à mourir

De tant de haines et de guerres.

Et l’on a beau scruter le ciel,

Chercher derrière les nuages

Une lueur providentielle,

Rien que la nuit, que les orages.

Et l’on a beau vouloir parler

A cœur franc de ce qui nous hante.

La crainte nous serre le ventre,

Et personne n’ose parler.

Et l’on a beau vouloir crier

Qu’on a les pieds, les mains liés.

Comme personne ici ne crie,

On se tait par humilité.

                    DE PLUS LOIN QUE LA NUIT

LA LIBERTE

Je suis la liberté,

Répétait-il, la liberté

Avec tous les dangers

Que je vais vous valoir

Et, pour me faire taire,

Il faudra me tuer.

Mais on le laissait faire,

On le laissait parler.

Il était bien trop solitaire

Pour amener l’homme à briser

Le cercle de fer et d’acier

Où l’injustice et la misère

L’avaient peu à peu enfermé.

Je suis la liberté,

Répétait-il encor.

Regardez-vous. Vous êtes morts.

Mais, comme on avait à manger,

On le laissait crier.

                DEFIER LE DESTIN

             

Textes de Maurice Carême (Wavre 1899-Anderlecht 1978)

se penche sur les écrits des philosophes, les religions, les grandes sagesses orientales.

Sa vision du monde où l’amour, la bonté, l’aspiration au bonheur alternent avec le tragique dont il n’ignore rien(ayant traversé 2 guerres, y côtoyant l’horreur). Dualité qu’il transcrit au sein de sa poésie alors qu’il teinte sa prose d’une profonde gravité.

Il nous construit, à sa manière, un univers qui permettrait aux hommes de dépasser les aspects négatifs de la vie.Il n’ignore rien des drames de l’humanité, mais il sait que la vie n’a de sens que dans la transcendance, le dépassement de soi, l’amour pour autrui.

Dédicace silencieuse au nom de la Liberté

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Là où cessent les frontières, les chemins s’effacent. Là commence le silence. J’avance lentement et je peuple la nuit d’étoiles, de paroles, de la respiration d’une eau lointaine qui m’attend où paraît l’aube.

J’invente la veille, la nuit, le jour qui se lève de son lit de pierre et parcourt, yeux limpides, un monde péniblement rêvé. Je soutiens l’arbre, le nuage, le rocher, la mer, pressentiment de joie – inventions qui s’évanouissent et vacillent face à la lumière qui se désagrège.

Et puis, les arides montagnes, le hameau d’argile séchée, la réalité minutieuse d’un pirú stupide, de quelques enfants idiots qui me lapident, d’un village rancunier qui me dénonce. J’invente la terreur, l’espoir, le midi – père des délires solaires, des femmes qui châtrent leurs amants d’une heure, des sophismes de la lumière.

[…]

Là où s’effacent les chemins, où s’achève le silence, j’invente le désespoir, l’esprit qui me conçoit, la main qui me dessine, l’œil qui me découvre. J’invente l’ami qui m’invente, mon semblable ; et la femme, mon contraire, tour que je couronne d’oriflammes, muraille que mon écume assaille, ville dévastée qui renaît lentement sous la domination de mes yeux.

Contre le silence et le vacarme, j’invente la Parole, liberté qui s’invente elle-même et m’invente, chaque jour.

Octavio Paz. Liberté sur parole

La guirlande de Julie – Extrait de fleurs.

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La guirlande de Julie est un florilège de madrigaux galants adressés à Julie Lucine D’Angennes, Mademoiselle de Rambouillet, par son amant et futur époux le duc  de Montausier . 90 feuillets le composent : 29 représentations des peintures de fleurs de  Nicolas Robert et 61 pour les madrigaux , en lettres rondes et bâtardes par le calligraphe réputé Nicolas Jarry , sur vélin pour l’un des 3 exemplaires in-folio. Cet ouvrage fut écrit par Mr de Montausier et ses amis poètes , fondateurs de l’ Académie Française, au milieu du XVIIeme  siècle. ( 1634-1641)

En introduction, la miniature de Zephire sur son nuage et ces mots : Zephire à Julie – Charles de Montausier

Recevez, ô nymphe adorable

Dont les cœurs reçoivent les lois,

Cette couronne plus durable

Que celles que l’on met sur la tête des rois;

Les fleurs dont ma main la compose

Font honte à ces fleurs d’or qui sont au firmament;

L’eau dont Permesse les arrose

leur donne une fraicheur qui dure incessamment,

Et tous les jours , ma belle Flore

Qui me chérie et que j’adore

me reproche avec   courroux

Que mes soupirs jamais pour elle

N’ont fait naitre de fleur si belle

Que j’en ai fait naitre pour vous.

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Liste des fleurs chantant les louanges de « l’incomparable Julie » et poètes associés :

La couronne impériale, Chapelain , de Malleville et de Scudery
la rose , Habert , abbé de Cerisy, de Malleville , de Montausier , Colletet
Le narcisse , de Montausier , Habert, capitaine d’artillerie Monmor
L’amarante de Gombaud
L’angelique, de Montausier , de Malleville
L’œillet de montausier
La fleur de thym , Andillly fils
Le jasmin de Montausier
L’anémone de Montausier
La violette Desmaret, de Malleville
Les lys , de Montausier , de Malleville , des Reaux Tallemant, Martin , Conrart, Desmaret
La tulipe , Godeau , Arnaud de Corbeville, Conrart ,de Montausier
La jonquille , de Montausier
L’hyacinthe , de Racant, de Montausier, Conrart
L’héliotrope de Montausier
Le souci de Montausier , Habert, capitaine d’artillerie Monmor, Colleret, de Scudery , de de Malleville
La fleur d’orange Conrart
Le safran de Montausier
La flambe de Malleville , de Montausier
Le muguet de Briottes
La fleur de grenade Conrart , de Briottes
La fleur d’adonis de Malleville
Le pavot de Scudery
L’immortelle de scudery

L’immortelle blanche Conrart , le Meleagre , de Scudery
La description et l’historique de ce petit bijou de galanterie baroque peuvent être retrouvés dans « Essai de curiosités bibliographiques » de Gabriel Peignot- 1804 ( p 62 à 67)

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Réédition moderne préfacée par Irene Frain , éditions Laffont et manuscrit original conservé à Bibliotheque Nationale de France.

2 extraits

La violette – Desmarets de Saint Sorlin

Franche d’ambition , je me cache sous l’herbe,

Modeste en ma couleur, modeste en mon séjour:

Mais  si sur votre front je me puis voir un jour,

La plus humble des fleurs sera la plus superbe;

La rose   Germain Habert de Cerisy

Alors que je me vois si belle et si brillante

Dans ce teint  dont l’éclat fait naitre tant de voeux,

L’exces de ma beauté moi-même me tourmente:

Je languis pour moi-même  et brûle de mes feux,

Et je crains qu’aujourd’hui la rose ne finisse

Par ce qui fit jadis commencer le narcisse.

La « vierge pâle » parturiente, et Joseph dans tout ça, est- ce qu’il croyait au père Noel???

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Athée ou converti , croyant ou non, la fête de Noël reste un événement majeur dans le cœur de ceux qui y voient le symbole fort de la nativité. Loin du tumulte des hyperconsommateurs , ce moment se vit en famille , perpétue les traditions, les rites et le plaisir simple d’ accueillir le signe d’un renouveau , d’une naissance . Avènement , accouchement d’un enfant , d’un prophète , d’un mythe , d’un espoir unissant les femmes et les hommes dans un geste d’amour et de paix . La parturiente Marie ‘la vierge pâle » peinte, sculptée, couchée sur le papier , censurée dans son dernier baiser à son fils mourant, buvant d’entre ses lèvres les secrets , évangiles de ses mots écartés du droit à la connaissance des femmes . Joseph , simple homme détrôné de son rôle de père, apparait cependant dans un texte de Jean Paul Sartre , écrit en 1940, retranscrit ici . La « Vierge pâle » , une autre vision d’un Karl Marx, jeune poète avant son « capital » .

Interdire l’exposition d’une crèche de Noel ( après celle du conseil régional de Vendée, demande faite à la mairie de Béziers dans l’Hérault , symbole ostentatoire religieux au nom du respect des lois sur la laïcité) , mais étaler le luxe, la débauche de nourriture, d’objets de consommation souvent inutiles sous l »œil goguenard d’un gros bonhomme barbu aux habits rouges ( n’est-il pas lui-même symbole ostentatoire d’une religion mercantile?) , je vous laisse seul juge .

Nous sommes en 1940, en Allemagne, dans un camp de prisonniers français.
Des prêtres prisonniers demandent à Jean-Paul Sartre, prisonnier depuis quelques mois avec eux, de rédiger une petite méditation pour la veillée de Noël. Sartre, l’athée, accepte. Et offre à ses condisciples ces quelques lignes magnifiques. Comment douter que la grâce soit venu le visiter à ce moment là, même si le philosophe s’en défend ?
« Vous avez le droit d’exiger qu’on vous montre la Crèche. La voici. Voici la Vierge, voici Joseph et voici l’Enfant Jésus. L’artiste a mis tout son amour dans ce dessin, vous le trouverez peut-être naïf, mais écoutez. Vous n’avez qu’à fermer les yeux pour m’entendre et je vous dirai comment je les vois au-dedans de moi.
La Vierge est pâle et elle regarde l’enfant. Ce qu’il faudrait peindre sur son visage, c’est un émerveillement anxieux, qui n’apparut qu’une seule fois sur une figure humaine, car le Christ est son enfant, la chair de sa chair et le fruit de ses entrailles. Elle l’a porté neuf mois. Elle lui donna le sein et son lait deviendra le sang de Dieu. Elle le serre dans ses bras et elle dit : « mon petit » !
Mais à d’autres moments, elle demeure toute interdite et elle pense : « Dieu est là », et elle se sent prise d’une crainte religieuse pour ce Dieu muet, pour cet enfant, parce que toutes les mères sont ainsi arrêtées par moment, par ce fragment de leur chair qu’est leur enfant, et elles se sentent en exil devant cette vie neuve qu’on a faite avec leur vie et qu’habitent les pensées étrangères.
Mais aucun n’a été plus cruellement et plus rapidement arraché à sa mère, car Il est Dieu et Il dépasse de tous côtés ce qu’elle peut imaginer. Et c’est une rude épreuve pour une mère d’avoir crainte de soi et de sa condition humaine devant son fils. Mais je pense qu’il y a aussi d’autres moments rapides et glissants où elle sent à la fois que le Christ est son fils, son petit à elle et qu’il est Dieu. Elle le regarde et elle pense : « ce Dieu est mon enfant ! Cette chair divine est ma chair, Il est fait de moi, Il a mes yeux et cette forme de bouche, c’est la forme de la mienne. Il me ressemble, Il est Dieu et Il me ressemble ».
Et aucune femme n’a eu de la sorte son Dieu pour elle seule. Un Dieu tout petit qu’on peut prendre dans ses bras et couvrir de baisers, un Dieu tout chaud qui sourit et qui respire, un Dieu qu’on peut toucher et qui vit, et c’est dans ces moments là que je peindrais Marie si j’étais peintre, et j’essayerais de rendre l’air de hardiesse tendre et de timidité avec lequel elle avance le doigt pour toucher la douce petite peau de cet enfant Dieu dont elle sent sur les genoux le poids tiède, et qui lui sourit. Et voilà pour Jésus et pour la Vierge Marie.
Et Joseph. Joseph ? Je ne le peindrais pas. Je ne montrerais qu’une ombre au fond de la grange et aux yeux brillants, car je ne sais que dire de Joseph. Et Joseph ne sait que dire de lui-même. Il adore et il est heureux d’adorer. Il se sent un peu en exil. Je crois qu’il souffre sans se l’avouer. Il souffre parce qu’il voit combien la femme qu’il aime ressemble à Dieu. Combien déjà elle est du côté de Dieu. Car Dieu est venu dans l’intimité de cette famille. Joseph et Marie sont séparés pour toujours par cet incendie de clarté, et toute la vie de Joseph, j’imagine, sera d’apprendre à accepter. Joseph ne sait que dire de lui-même : il adore et il est heureux d’adorer ».
Note de Jean Paul Sartre à ceux qui reniaient , de sa part, ces écrits:
« si j’ai pris mon sujet dans la mythologie du Christianisme, cela ne signifie pas que la direction de ma pensée ait changé, fût-ce un moment pendant la captivité. Il s’agissait simplement, d’accord avec les prêtres prisonniers, de trouver un sujet qui pût réaliser, ce soir de Noël, l’union la plus large des chrétiens et des incroyants ».

 

La vierge pâle

« Ainsi j’ai perdu le ciel,
Je le sais très bien.
Mon âme naguère fidèle à Dieu
A été marquée pour l’enfer. »

Karl Marx

 

A vous toutes et tous, bonne préparation des fêtes de Noël. Qu’elles soient simples et vraies vécues en partage de  sérénité, de paix et d’amour.

Ebola, épidémies et virus médiatiques

ebola-3d-950-528Recherche scientifique, course au remède miracle, au vaccin, fermeture des frontières et parfois des esprits, le virus Ebola répand, en contagion la fièvre médiatique. Philosophes, sociologues, anthropologues, auteurs littéraires, peintres, cinéastes ont montré leur vision symptomatique ou allégorique à travers l’Histoire et les âges, les différentes épidémies ou pandémies. Du livre La peste d’ Albert Camus au film Ebola Syndrome d’ Herman Yau et d’un texte en ligne de 2001 issu de publications lié au GRECE ( Groupement de Recherche et d’Etude pour la Civilisation Européenne),L’ère des virus d’ Alain De Benoist, à chacun sa manière de traiter . Liste non exhaustive et sans jugement de valeur, à vous de compléter et d’y administrer quelques piqures de rappel.

L’ère des virus: Alain De Benoist 2001

L’un des effets de la mondialisation est la généralisation du mode de propagation virale. Dans le monde des réseaux, le virus est partout : instantané, généralisé, diffus. Il constitue à la fois une réalité, une virtualité et une métaphore. Inexorablement, malgré les mesures adoptées pour empêcher son extension, le virus du Sida continue à s’étendre un peu partout dans le monde. Le continent africain est particulièrement dévasté. D’autres maladies nouvelles, dont certaines sont en fait des maladies anciennes que l’on croyait avoir éradiquées, apparaissent ici et là, menaçant de se répandre dans des continents entiers. Mais l’homme n’est pas le seul touché. En l’espace de quelques années, l’encéphalopathie spongiforme bovine (la maladie de la « vache folle ») a dévasté les élevages, plongé dans la crise tout un secteur économique, et continue d’inspirer les plus vives inquiétudes quant à l’ampleur de sa transmission à l’être humain. Et voici maintenant l’épidémie de fièvre aphteuse qui, partie d’Angleterre, s’est à son tour lancée à la conquête du monde.
Le virus est encore une notion-clé des nouvelles technologies de l’information. La diffusion rapide du système Internet est allée de pair avec l’apparition de virus informatiques qui, partis d’un point quelconque du globe, se transmettent en quelques jours, voire en quelques heures, aux ordinateurs du monde entier. Les marchés financiers, qui fonctionnent désormais en « temps zéro » à l’échelle planétaire, se reconfigurent eux aussi conformément au mode de propagation virale. Une crise financière localisée se propage instantanément d’un bout à l’autre de la planète, entraînant par une sorte d’« effet de dominos » une succession de crises qui menace à tout moment d’aboutir à un krach généralisé. Il n’est enfin jusqu’aux croyances idéologiques et religieuses qui se transmettent aujourd’hui sous une forme « virale », se jouant des frontières traditionnelles et utilisant les nouvelles techniques de communication : l’islamisme, pour ne citer que lui, relève de ces nouvelles formes de contagion.
Le mode de propagation virale obéit à des lois qui lui sont propres. Le virus se propage de manière imprévisible, mais selon le principe des réseaux polycentriques. Ce n’est pas une propagation en chaîne, de type linéaire : chaque point touché se transforme en centre de diffusion à son tour. Cette propagation acquiert du même coup une extraordinaire rapidité. Elle saute par dessus les barrières géographiques, politiques, institutionnelles. Elle fait le tour de la terre dans un mouvement sans fin.
Pour faire face aux virus, les pouvoirs publics se transforment en autorités sanitaires. Dans tous les domaines, et pas seulement dans celui de la santé, les métaphores les plus fréquemment employées sont de type biologique ou médical. Pour enrayer l’extension des épidémies (ou des pandémies), on établit des « cordons sanitaires », on met en « quarantaine ». Parallèlement, on tend à assimiler tout ce dont on souhaite se débarrasser à des « microbes » ou à des « bacilles ». Contre un ennemi invisible, diffus, qui peut être partout, même là et surtout où on ne le voit pas, on a recours au principe de précaution. On abat des cheptels entiers sans être sûr que les bêtes qu’ils contiennent sont véritablement malades. L’internaute, devant son ordinateur, jette par prudence, sans les ouvrir, les messages dont il ignore la provenance. On en arrive ainsi à une sorte de généralisation de la loi des suspects : la simple possibilité d’infection conduit à mobiliser contre des catégories de populations entières. La suspicion se généralise. On sait combien, dans le passé, ce type d’attitude vis-à-vis d’un ennemi invisible mais considéré comme omniprésent, et donc d’autant plus redoutable que sa visibilité était nulle, a pu nourrir de redoutables fantasmes et inspirer de durables persécutions.
Dans le domaine de la politique et des idées, les conséquences sont évidentes. Les idées regardées comme « dangereuses » sont elles aussi traitées par le principe de précaution. Pour éradiquer leur propagation, on commence par grossir la menace en représentant des périls imaginaires (qui détournent l’attention des périls réels). On pratique l’amalgame, en identifiant l’un à l’autre des phénomènes qui n’ont entre eux que des ressemblances ou des affinités superficielles. On s’emploie ensuite à les éliminer, en transformant ceux qui sont censés en être les représentants ou les porteurs en citoyens de seconde zone, sinon en sous-hommes. On établit autour de ces derniers des « cordons sanitaires ». Pour finir, de surveillance en contrôle, de procès d’intention en persécution contre ceux qui sont suspects de déviance par rapport aux normes de l’idéologie dominante, la société tout entière devient « orwellienne » et tend à ressembler au célèbre Panoptique de Bentham. C’est ainsi que l’ère des virus ouvre la voie à un nouvel hygiénisme social.

Littérature :

Oedipe roi ,Sophocle  ,Vème siècle avant J.C

Le decameron ,Giovanni Boccaccio( Boccace), 1349-1353

Journal de l’année de la peste , Daniel Defoe,1722

Typhus , Jean Paul Sartre, scénario de film écrit en 1943

La peste, Albert Camus, 1947
Le hussard sur le toit,  Jean Giono ,1951

L’ amour au temps du choléra , Gabriel Garcia Marquez,1985
La quarantaine, JMG Le Clezio, 1995

Le 6eme jour, Andrée Chedid,1960, adaptation cinématographique par Youssef Chahine 1986

Le 8eme fléau, Cedric Bannet,2001

Cinéma:

Virus de Kinji Fukasaku,  1980
Contagion , Steven Sodenbergh,  2011
Alerte , Wolfgang Petersen, 1994
Ebola syndrome, Herman Yau 1996
Le Décaméron, Pier Paolo Pasolini, 1971
Mort à Venise, Luchini Visconti, 1971, d’apres la nouvelle Der Tod in Venedig de Thomas Mann écrite en 1912
Le hussard sur le toit, Jean Paul Rappeneau, 1995
Pars vite et reviens tard, Regis Wargnier,2007