De Bronze et de résine, quand la terre embrasse l’âme nue des femmes

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Sur le site ArtsCad.com, Maurice Estrade écrit , à propos des sculptures d’ Yves Pires :

La beauté, omniprésente dans toutes les sculptures de l’artiste,  se révèle peut être avec plus d’évidence dans ses nus où le corps est toujours plus ou moins un miroir exercé de soi et dont l’œil de chacun est à même de saisir de suite le charme transcendant qui se dégage d’un nu.

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Ah la belle bacchante !

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bacchante couchée – Jean Baptiste Auguste Clesinger-1847

De la censure sans visage à la sculpture des corps pouvant faire scandale , le temps semble répéter des cycles grandeur et décadence . Le jugement, l’expertise dans l’ Art n’y échappe pas., encensé ou censuré , adulé ou dédaigné voire tombé dans l’oubli . L’époque actuelle en est un bon exemple: où il est plus facile de se montrer nu, où le cul se vend et fait vendre . Période où paradoxalement, sous couvert de retour à la morale ou de politiquement correct, il devient délit de siffler , de fumer, d’enfumer, .

Replongeons nous cent ans avant Aragon,au XIXème siècle un autre texte  valut à son auteur, Pierre Jean De Beranger une peine d’emprisonnement  , réactualisé par Jean Louis Muret : La Bacchante

Murat , Beranger .. ils se devaient de se croiser . Via Pouchkine étonné de la notoriété plus importante  du chansonnier Beranger que de l’écrivain Victor Hugo . Murat fouille et trouve les textes , il fait ses versions musicales  de  3 textes dont La bacchante ( alb Moscou – 2005) . Il continue à  creuser la vie de celui qui de la prison fut demandé comme  ministre de l’education ( poste que refusa Beranger) , proposé à l’académie française par  Chateaubriand etc … Lire l’interview que Jean Louis Murat donna à  Antoine De Baeque pour Liberation .fr de Mars 2005 retranscrit sur  le blog de Didier Lebras : http://didierlebras.unblog.fr/2011/01/02/2005-jean-pierre-de-beranger-1829/

Video Musique  .. texte

Cher amant, je cède à tes désirs

De champagne enivre Julie

Inventons, s’il se peut, des plaisirs;

Des amours épuisons la folie

 

-moi ce joyeux poison

Mais surtout bois à ta maîtresse;

Je rougirais de mon ivresse

Si tu conservais ta raison

 

Vois déjà briller dans mes regards

Tout le feu dont mon sang bouillonne

Sur ton lit, de mes cheveux épars

Fleur à fleur vois tomber ma couronne

Le cristal vient de se briser:

Dieu! baise ma gorge brûlante

Et taris l’écume enivrante

Dont tu plais à l’arroser

 

Encor! mais pourquoi ces atouts

Entre tes baisers et mes charmes?

Romps ces noeuds, oui, romps-les pour toujours:

Ma pudeur ne connait plus d’alarmes

 

Presse en tes bras mes charmes nus

Ah! je sens redoubler mon être!

A l’ardeur, qu’en moi tu fais naître

Ton ardeur ne suffira plus

Dans mes bras tombe enfin à ton tour:

Mais hélas! tes baisers languissent

Ne bois plus, et garde à mon amour

Ce nectar où tes feux s’amortissent

De mes désirs mal apaisés

Ingrat, si tu pouvais te plaindre

J’aurais du moins pour les éteindre

Le vin où je les ai puisés

 

A signaler : Dernier album de JL Murat : Travaux sur la N89 (nov2017)

 

De l’autre côté du miroir : Web Spider – Anna Bulka

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Donner la main et entre ses doigts…La femme

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De la main d’un artiste , de sa dextérité à modeler les maux, malaxer ses idées,tel un dieu créateur, il ébauche la silhouette dessein d’y ajouter des traits de caractère, d’un soyeux polissage en porter la douceur du grain de peau. La main se fait caresse. Elle suit les lignes et les courbes s’attarde, hésite et continue le lustrage . Femme de terre, c’est en l’humidifiant  de toute son attention éviter les fissures , et qu’en la chauffant une bulle se forme  dans le mystère de l’intériorité et que montée à température de fournaise  elle n’éclate en milliers de fragments .

Femme de pierre, la main devient râpeuse. Elle abrase, elle use sans concession l’enveloppe externe afin de dévoiler la couleur , les veines de cette enveloppe charnelle. De la glaise, elle s’anime et donne trait et vie à son modèle. De la masse, elle donne corps ; elle malaxe, elle explore, s’insinue dans les courbes arrondissant les angles d’un ébauchoir ou d’une mirette, affinant la silhouette, couvrant d’un fin linceul ou d’un voile drapé , réchauffant l’âme , le noyau de la terre qui s’offre et s’abandonne sous les gestes précis , méticuleux quasi affectueux du sculpteur maitre d’œuvre.

Mais il arrive qu’un coup d’ongle malencontreux dénature la nudité offerte. Et de cette  éraflure, griffure comme autant de morsures, cicatrice d’une plaie superficielle ou plus béante comme une fente laisse échapper alors pour un regard  inquisiteur quelque maléfique  malfaçon de l’ouvrage  ou grossier orifice   naissant  en toute impudeur pour une transgression du voyeur .

Dans la paume de main déployée en corolle , la frêle demoiselle aux pieds d’argile semble si fragile . Le froissé du drapé, par le pouce enfoncé crochète et agrippe toute sa féminité. Mâle domination quand la terre a durci mais qui par les yeux clos de paupières ourlées, par le dard des pointes de seins dressés est contrebalancée dans cet air d’abandon réfléchissant sur cette peau diaphane une lumière paradoxale .Force  et faiblesse est-ce la main qui donne, qui empoigne ou saisit? Est-ce en écho à l’eternel combat de s’extraire d’un bloc, de trancher dans le vif, de mettre l’âme à nu sans donner de réponse . Faire naitre des émotions que ce travail d’artiste  en ciselant les lignes des deux caractères opposés et si complémentaires .De la terre à la pierre, seuls les outils différent. Les caresses de la glaise molle font place aux coups de burin et ciseaux dans la masse avant que d’être polie, lustrée et qu’une patine en donne tout l’éclat . De l’éphémère image mentale, de la représentation à la conception , donner de cette main un sens, donner à cette femme naissance .Harmonique équilibre tout en contraste . Comme un autre monument ciselé par un sculpteur de mots et de son Alain Bashung dans Malaxe :

« Entre tes doigts l’argile prend forme

L ‘homme de demain sera hors norme

Un peu de glaise avant la fournaise

Qui me durcira

Je n’étais qu’une ébauche au pied de la falaise

Un extrait de roche sous l’éboulis

Dans ma cité lacustre à broyer des fadaises

Malaxe…….. »

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Texte 😛 Lafraise

Sculpture : Wolfgang Alexander Kossuth

Le sublime touche, le beau charme…

kala

 

 

 

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Secret Garden

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Femme d’argile , fragile évanescence

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William Mortensen

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