Terminal Beauty – Rita Mitsouko et Serj Tankian

Apparition de ce titre chanté par Les Rita Mitsouko et Serj Tanian ( du groupe System of a Down) sue le EP   The Eye ainsi qu’n Bonus sur Variety album de 2007 . Inspiration à la suite de photographies de défilés de mode dans la presse féminine et irritée du peu d’interet collectif au problème de santé publique qu’est l’anorexie ( un des troubles de comportement alimentaire  entrainant le plus grand taux de mortalité au niveau des pathologies psychiatriques). Janvier 2017 , la loi Mannequin en France n’est  toujours pas passée au Journal Officiel ..

Paroles en français pour les non-anglophones

Elles sont jetées dans des décors naturels ou sophistiqués

Elles y cultivent un air de mort

Grandes poupées du genre cassé, baisé peut-être

Et on aime ça

Elles sont si maigres

Elles me font peur

Elles ont l’air aigre

Pleines de douleur

Oh c’est horrible à voir

Corps de malades, de prisonnières

Epaules creuses et pubis géants

La chair a disparu, l’os est presque nu

Et pourtant, on aime ça

Elles sont si maigres

Elles me font peur

Elles ont l’air aigre

Pleines de douleur

J’ai refermé le magazine

Je l’ai rendu à la dame

J’avais la nausée, je ne veux plus les regarder

Elles sont horribles, elles me dépriment

C’est une insulte à leur beauté

Toutes ces beautés esquintées

Elles sont si maigres

Elles me font peur

Elles ont l’air aigre

Pleines de douleur

Toutes ces beautés esquintées

Billet d’humeur-Sortir d’une bulle vers une lettre ouverte à ….

Andriy Dykun

Etrange comme il est plus facile de poser un voile sur ce qui vous touche personnellement en cherchant à traiter d’un sujet de manière plus ou moins méthodique , de cacher les émotions et sentiments , les points de vue subjectifs et de faire disparaitre le  » je » sous une avalanche de références parfois invérifiable quant à leur véracité . Est-il préférable de renvoyer l’image du miroir en abordant un thème de société plutôt que d’oser se mettre à nu et de témoigner juste habillée de sa pudeur, de ses limites , de ses tabous, de ses frontières infranchissables cloisonnant le jardin secret.Sphère publique, privée  et intime dont nous définissons les bords, les contours souvent flous ou encore inconnus de nous-mêmes.Nos expériences de vie, les modèles éducatifs, culturels, nos croyances servent et desservent notre vision  du monde, de la société dans lequel nous vivons mais aussi  vision macroscopique de la cellule familiale. De ce billet d’humeur , en faire une lettre ouverte et du « on » passer à  » nous » sans oublier pour une fois le « tu » et le « je ».

Extrait de dialogue (en est-ce vraiment un ou 2 monologues menés en parallèle ?)

 » Je ne sais pas  si cela m’aide de devoir déballer mes histoires à ce ‘spécialiste’ , il m’écoute et  me pose une question à laquelle je ne peux pas répondre .. Du coup  il y a de longs silences.

-Comment vis tu ces instants ?

  • Je peux raconter cela à n’importe qui d’autre , mais cela ne change rien , je me sens toujours aussi mal
  • -pourquoi, alors ne lui dis-tu pas ? Qu’espères-tu lors de vos séances ? Il t’a été proposé d’intégrer un groupe de paroles entre jeunes ayant les mêmes problèmes, les mêmes difficultés de vie , tu refuses.
  • _Oui mais non !!Ils ne sont pas moi et je ne suis pas eux . Personne ne peut entrer dans ma tête et comprendre .Je m’en fous des autres !!
  • Tu t’en fous ? Alors pourquoi passer des heures à servir d’éponge émotionnelle à chatter sur le Net et à t’attrister du malheur de X ou Y ?

Ce n’est pas pareil , eux je les connais. »

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Vous est-il arrivé d’avoir la sensation de vous trouver alors devant une personne enfermée dans sa bulle et qui ne perçoit de vous que des mimiques qu’elle ne sait décrypter sans pouvoir ou vouloir entendre les mots prononcés? L’image d’un autiste ne sachant sentir les émotions de l’autre et ne pouvant les assimiler , les reproduire ou y répondre . Trop de connexions neuronales ou pas assez différenciées que les expériences et apprentissages de vie n’ont pas sélectionnés .

Impossible de franchir l’enceinte  de la citadelle dans laquelle s’enferme l’adolescent . Rien ne peut lui faire prendre du recul ou relativiser ses obstacles de parcours.L’envie de lui faire sentir la détresse d’un jeune du même âge confronté à ses réalités de vie .Point n’est besoin de prendre le cas d’un jeune dans un pays privé de toute liberté . » Oui , je sais !! » sera la réponse , véritable leitmotiv ..oui , la faim dans le monde , oui l’esclavage sexuel ou non , oui les persécutions, les guerres ..

Oui , je devine ta propre souffrance d’avoir été maltraitée lorsque tu as été prise comme bouc émissaire au collège de ces sempiternelles boutades , bousculades, détériorations matérielles ( vêtements, affaires scolaires) répétées maintes fois, de ces paroles et gestes agressifs à ton encontre  de ce harcèlement envers toi , « l’intello » , qui t’a fait arrêter de prendre la parole en classe , qui te faisait baisser la tête et vouloir disparaitre dans un trou de souris  si tu avais une des meilleures notes à un devoir scolaire . Oui j’ ai été témoin impuissant de ton isolement volontaire, de ta traversée du désert sans aucune amitié forte et vraie, oui j’ai assisté à ton enfermement dans un monde virtuel , te croyant te protéger du regard et du jugement à travers des écrans interposés. Tu parles  d’une armure ? Plus insidieuse, plus toxique est cet abandon de réalités dans un monde d’illusions . Menteur pathologique , ainsi se définit le fils de quelqu’un , s’il lit ces mots , se reconnaitra . Du pathos , tu en as eu un aperçu lorsque ton père t’accorde le premier prix d’interprétation féminine, catégorie jeune espoir et te déconsidère dans ta tristesse, ta douleur d’adolescente en te complimentant avec mépris et cynisme de grande actrice ! Oui tu peux rire aux éclats à une blague de plus ou moins mauvais gout , oui tu t’amuses à choquer à travers des twitt, tu te camoufles ou tu noies le vrai toi dans des jeux puérils, dans des activités insignifiantes alors que tu pourrais utiliser ton énergie à des causes plus constructives à mes yeux d’adulte .oui j’ai l’impression de voir se taire ou se tarir la source d fierté quand tu semblais si mature , dans ton enfance, si sociable , si concernée par le bien-être et le bien-agir d’autrui et que tu étais la première à t’enthousiasmer pour une innovation , une idée . Oui toi qui m’a convertie au tri sélectif, à éviter tout gaspillage , à recycler, à la simplicité volontaire. Un mensonge quand tu jouais à la petite princesse et tirait partie de la situation de parents séparés te faisant offrir ce que maman refusait et que papa t’accordait .Oui tu te rends compte que le portefeuille du père n’est pas ce dont tu as besoin pour soulager tes maux et surtout pas de cette guerre souterraine, larvée, camouflée quant à une autorité que tu remets en cause et sur le bien fondé du souhait de passer des moments ensemble .

Oui , la vie n’est pas faite que de désirs assouvis, de satisfaction .oui les adultes aussi mentent, trichent, se dressent en dictateur. As-tu déchargé le fardeau de tes épaules auprès d ta psy  quant aux relations conflictuelles père/fille? Comment as-tu vécu la rupture de tout contact pendant plus de 3 mois et qui aurait pu devenir une éternité si une tierce personne n’avait pas rappeler les droits et les devoirs de chacune des 2 parties en cause .Oui , je me doute que cela rouvre d’anciennes cicatrices que de s’entendre dire  » tu sais , je dois consacrer tout mon temps libre à ta grand-mère , elle est vieille et malade , je ne t’y emmène pas c’est fastidieux et tu t’y ennuierai et difficile de te prendre en vacances d’été cette année. Il ne me reste plus beaucoup de congés et j’aimerai enfin , depuis X années que je t’accorde ce temps pour toi ,partir enfin libre avec ma nouvelle compagne . « Oui , je connais le ton employé et l’impossibilité de répliquer sereinement alors oui un silence de plus et un paquet de misère sur ton dos . Envie de te dire qu’il n’est pas toujours facile de rester serein , de garder son calme et sa bienveillance face aux tempêtes que tu déclenches . Oui , je sais , une des caractéristiques de la crise d’adolescence .On fait tomber les statues de leur piédestal , on saccage les idoles, on cherche à détruire les héros du quotidien sous couvert de se chercher, se découvrir et se construire . Mais qui es-tu ? Qui veux tu être , toi l’adulte en devenir ? Tu revis, sans le savoir les différentes phases d’apprentissage que Mr Piaget décrivait en témoigne le petit d’homme jetant ses jouets au sol et ne se reconnaissant pas encore dans l’image du miroir, dans sa « conscience » de soi qu’il construit . Je ne sais pas encore qui je suis vraiment mais peut-être sais-je ce que je ne suis pas ! Crois-tu disparaitre aux yeux de tous en t’affublant de larges vêtements informes? Ne penses -tu pas que j’ai deviné un problème que tu voulais éviter absolument dissimulé lorsque du jour au lendemain , tu t’es mise à quasiment t’arracher la peau à force de te frotter au gant de crin pendant des heures sous la douche? Le bruit de l’eau ruisselante ne cachait pas tes sanglots ? Et le refus d’être enlacée pour le bisou maternel du soir, ta fuite glissante comme une anguille pour éviter tout geste de tendresse accompagné alors d’un regard hargneux, animal sauvage blessé prêt à bondir ou prendre la fuite ?? Je n’en dévoilerai pas plus ici en espérant que ce qui a agressé et saccagé ton « jardin secret » ne détruise pas de façon irrémédiable ta future vie de femme.

 

Combien futile il me semble de tester avec toi ce qui aurait pu être le fil conducteur d’une liste non exhaustive de techniques , de traitement les plus simples et les plus sains loin de la pharmacopée des grosses industries du médicament miracle anti stress, anti déprime, anti fatigue de soi . Tu demandes désespérément l’accès à la boite à outils pour faire face aux expériences douloureuses de la vie . Comment sortir de l’état statique de celui ou celle qui subit les aléas, les circonstances de vie qu’on ne peut maitriser . Comment réagir pour pouvoir enfin agir, redresser le cap , se relever et poursuivre l’aventure . Apprendre à connaitre ses mécanismes de défense et le mode de fonctionnement mental face à des situations mettant en jeu l’affect , les émotions, les sentiments, le ressenti quand tel une allergique, un asthmatique on développe une hypersensibilité aux facteurs d’agression?

Comment te convaincre ou plutôt te déclencher la motivation , l’acceptation de la confrontation ou  de la mise en commun de notions connues , simples ou découvertes dans le combat quotidien par d’autres adolescents tout comme toi .Leur parole n’en a que plus de poids, ils sont les alliés de chacun . Base d’une éducation thérapeutique , ces moments de partage en groupe , unis par les mêmes chaines et boulets de la vie sont source de remède en mots pour les maux . Discussion , mise en situation ou jeu de rôle, exercices pratiques  s’accompagnent du vécu de chaque membre à bord de cette galère . Chaque ado ,  après avoir ramé seul dans son coin , s’ouvre au témoignage de l’un d’entre eux, l’un des leurs .Les commentaires, les blagues et anecdotes sur leur parcours, leur essai de traitement , effets secondaires , ratages, exprimés dans leur langage si particulier pour nous adultes perdus sans traducteur déconstruisent les  » oui, je sais » en  » si ça  a marché pour toi , pourquoi n’essaierai-je pas ? »

Du conseil diététique  » et oui , un verre de lait et de miel , ça peut aider à ré apprivoiser la douceur avant l’endormissement »  du  » et toi , Rescue  en gouttes  les fleurs de Bach plutôt que le » passe ton bac d’abord! Tu en penses quoi « ? Ça t’a fait quoi ? De la mélatonine en tube aux plantes en tisane décoction ou en comprimé , ça change de certaines autres plantes (et je ne parle pas de celle des pieds !).

Sophrologie, diététique, activités physiques et sportives, relaxation, yoga, méditation, approche des addictions et comportements à risque, des troubles alimentaires, travail sur l’estime de soi  sont autant de sujets abordés sous forme de jeux, proposition d’en faire une chanson , un court métrage  en commun , les outils technologiques sont à disposition pour arriver à communiquer ensemble , avec une petite aide de l’un et de l’autre , le jeu du  » je » crée de nouvelles règles  et de vraies crises de rire remplacent progressivement l’état critique , la guerre contre soi-même pose une trêve . Ne plus être désarmé, isolé mutique dans sa souffrance mais s’armer de la force de ses faiblesses , accepter ses fragilités en trouvant l’outil  approprié pour que les larmes des maux laissent enfin place  à la luxuriante explosion des efforts récompensés, de la volonté et la ténacité à Vivre , à mettre de la couleur sur les idées noires .

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Reprendre le style journalistique et lister les techniques , les traitements ou quitter son masque  des pseudos » savoirs » en un témoignage qui pourrait débuter ainsi : Lettre ouverte aux parents , qui comme moi, n’ont pas la chance d’avoir un adolescent faisant partie des 85% sans trop de problèmes. Pas question d’écrire un roman fleuve sur l’historique des évènements ou de raconter par le détail les étapes du marathon de nos vies ( vécu du père et de la mère et arrivée de l’enfant prodigue, éclatement de la cellule familiale etc ..). Le « pitch » de notre film est relativement classique , une comédie dramatique où joie et tristesse se succèdent dans un quotidien , une routine ponctuée par le rythme scolaire. Les signaux d’alerte de la dégradation psychologique ne sont jamais passés inaperçus ( troubles du sommeil, début de modification dans les habitudes alimentaires  » flirtant » avec l’anorexie, auto-mutilation, somatisation avec douleurs abdominales, vomissements, état de malaise, crise d’angoisse et de panique…) Combien de fois me suis-je sentie impuissante à juguler les crises de pleurs, le mutisme, la perte d’élan vital et l’isolement de plus en plus marqué? Combien de fois ai-je proposé l’intervention d’une tierce personne comme la psychologue qui avait su aider lors d’un premier épisode de difficulté de vie au moment de la puberté? La réponse était toujours la même . « Non maman , cela n’y changera rien , ce n’est pas de ça  dont j’ai besoin ! » Et le dialogue s’installait; un long monologue entrecoupé de larmes, de mains qui cachaient son visage pendant qu’elle déroulait le fil des images : les moqueries, le harcèlement physique et moral, les quelques amis qui vous tournent le dos des que vous n’êtes plus le clown de service, le cynisme d’un père , les questionnements et les doutes face à la quête de son identité et tout ce dont on ne parle pas. De l’art de ne pas être une mère parfaite pourrait figurer dans un des chapitres. Pour nous les parents concernés par notre progéniture il y a une  prolifération de livres, articles de presse ,  conférences et stages pour devenir des parents positifs … Finis les mouvements de parents-copain , de « jeunisme » concurrentiel qui après l’autoritarisme à outrance , installe la relation  » démocratique » ( explications et paroles en tout genre qui perdent le sens du ‘ je ne suis pas d’accord’ ). Merci Mr Ruffo, Marcel pour les intimes de vos bons conseils et autres stars du Psy biz. Vous faites le buzz en développant des centres ou services spécialisés dans la prise en charge d’adolescents difficiles et à chaque publication d’ouvrages.

Et là, chers parents et chers ados, un nouveau paradoxe français apparait . Il semble en effet , sous l’impulsion du suisse Jean Piaget que les différentes étapes de construction de l’enfant et de l’adolescent aient été disséquées mais qu’une orientation très psychanalytique soit devenue la panacée à l’instar de Françoise Dolto ou de ses détracteurs  prenant le contrepied mais toujours dans ce même domaine . Des paroles , il n’en manque pas . Nous voilà , ma « miss » et moi à la recherche du spécialiste ou d’une équipe .

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Première étape :Il nous est indiqué , dans notre commune la possibilité de consultation gratuite au centre médico-psychologique ( CMP). Lors de la conversation téléphonique pour une prise de rendez-vous, l’âge de la future  » patiente » est posé et de s’entendre répondre :  » Désolé, nous ne recevons pas les jeunes de plus de 14 ans , veuillez vous adresser au CMP de la ville préfecture du département .Ici ,  l’effort est  porté  sur le nourrisson et l’enfant pour éviter le développement des troubles psychiques. Adressez vous à ce numéro de téléphone ou contactez « la maison des adolescents » pour accueillir et orienter votre 15-19 ans !!

Deuxième étape . Devant un rendez-vous programmé avec 7 semaines d’attente dans le CMP adapté et sur l’insistance bienveillante de l’infirmière scolaire ( suite à un malaise dans l’enceinte du lycée et d’une discussion sur les retards et absences devenues régulières !) ma Miss , dans un acte de volontarisme se rend à « la maison des adolescents » .Là , de manière anonyme, le jeune peut être dirigé vers des consultations médicales , obtenir tous les renseignements nécessaire à une écoute et aide au travers de prise en charge individualisée ou d’ateliers de groupes  et cela gratuitement . Oui mais non , comme dirait ma fille! Encore faut-il d’abord décrocher un entretien avec un travaillur social afin de déterminer ensemble des besoins et des outils appropriés . Annonce est faite : le premier rendez-vous disponible avec le Saint Graal assistant sociale  dans 8 semaines ( vacances scolaires et emploi du temps surchargé!!!). Nous voici revenues à la case départ . L’urgence psychiatrique n’est pas à l’ordre du jour. C’est une démarche raisonnée et constructive que souhaitent la fille et la mère . Nous tombons d’accord pour chercher de notre propre chef un(e) psychothérapeute en abandonnant pour un temps le circuit pré établi . La demande de mon ado est fort simple , être bilanté, évalué, éventuellement  diagnostiqué et amélioré au niveau de tous ses troubles qui semblent s’aggraver et nuire à son endurance , mettre en péril sa scolarité ( phobie scolaire et sociale de plus en plus évidente).

Troisième étape : armée des numéros de téléphone des psychiatres qualifiés en juvéno pédiatrie glanés dans les pages jaunes de l’annuaire , décrocher la date de consultation la plus rapide . Enfin le  » sauveur »!! Un désistement de patient permet un premier entretien . Le diagnostic de dépression et la nécessité d’une prise en charge en conséquence est prononcée. Validation officielle des maux, de la souffrance, véritable amorce de soulagement pour celle qui s’entendait accuser d’être paresseuse, d’hypocondriaque, de menteuse pathologique, de simulatrice et manipulatrice par son géniteur . Loin de se terminer , le chemin vers la guérison a commencé par ce besoin farouche d’être reconnu dans sa véracité, dans son intensité douloureuse , dans son retentissement invalidant et l’énergie déployée est déjà un tres bon signe. Ne plus  subir, ne plus être passif et regarder sa jeune vie passer à coté de soi comme désincarcéré, déshabité, hors de ce corps que vous avez commencé à haïr au travers du regard que les autres vous renvoyaient sali, déformé, bafoué, saccagé ( les propres mots prononcés quelques jours apres cet entretien par ma petite poucette, lors du repas du soir entre nous). C’est  vers l’un de ses confrères ou consœurs que mon ado a été dirigée pour plus de disponibilité. Informée de la possibilité d’une hospitalisation  au sein d’une unité spécialisée si la prise en charge en ambulatoire hebdomadaire n’étant pas suffisante, un accord , en confiance a été établi. Le duo patient/thérapeute  se donne le temps de bilans plus approfondi et du tremplin prise de conscience , apprentissage d’outils permettant de mettre en place des stratégies et mécanismes de défense , de modifications comportementales repoussant actuellement la mise en place d’un traitement médicamenteux lourd.

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Loin de minimiser les symptômes et leurs conséquences, c’est la reconnaissance et l’acceptation de la pathologie qui fait avancer , enfin tous les membres de la famille. Le mal-être et la mise  en danger par les risques d’un adolescent renvoient à ses parents une culpabilité , une responsabilité de n’avoir pas  su mieux le protéger , nous renvoient vers nos propres angoisses, notre propre adolescence  . Sphère publique, privée, intime s’entrechoquent, s’enchevêtrent  Mais cela est une autre histoire  !

Crise ou dépression, quand la satisfaction dans la vie cree des inégalités. Du bilan officiel d’une jeunesse en péril!

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En cette période de crise mondiale qui perdure et semble annonciatrice d’un bouleversement comme la fin annoncée  d’une civilisation vers une nouvelle à venir , la jeune génération du XXIeme siècle porte en elle les stigmates des angoisses et terreurs nées de la perte de repères et de valeurs fondamentales tant dans le monde du travail, de l’éducation, la santé, dans la propagation d’images d’insécurité, d’un accroissement des inégalités . L’état de santé, de bien- être et de satisfaction de vie des enfants et adolescents ,semble révélateur et préoccupant comme le montre l’ analyse faite au travers de différentes études dont le bilan Innocenti 13 lancé par le centre de recherche de l’UNICEF   2016, « Équité entre les enfants : tableau de classement des inégalités de bien-être entre les enfants des pays riches ».  La France n’est pas épargnée par cette crise et sa jeunesse développe de plus en plus des signes alarmants de troubles et pathologies psychiques ou réservés jusqu’à présent aux adultes comme le « burn out ». De la vigilance à la prévention , comment reconnaitre les  signes de souffrance et faire la part des choses entre la crise d’adolescence et la souffrance, les troubles psychiques et/ou psychologiques faisant émerger parfois des comportements ou de lourdes  pathologies dans cette période charnière, invalidant et handicapant la future vie d’adulte.

 

Les moins de 20 ans représentent en France 24, 6 %  chiffre 2014 sur 66 millions d’habitants, environ. Le suicide des jeunes y est la 2eme cause de mortalité  , après les causes accidentelles . La France a le triste privilège d’être un des pays d’Europe avec le plus grand taux de suicide  chez les enfants et les adolescents et ce taux ne diminue pas , ces dernières années. Chiffre difficile à dresser de façon précise car ne tient pas compte des morts déclarées accidentelles chez de jeunes enfants 4-5 ans , mis dans le déni par certains adultes directement concernés( parents, cellule medico-sociale…) . Un chiffre révélé par l’UNICEF dans son bilan innocenti 13 a été repris dans de nombreux médias , celui concernant le classement sur 38 pays entrant dans cette étude sur le critère: Inégalité dans l’enseignement , la France  se positionnant 35 / 39 d’après l’étude de l’écart de réussite et le pourcentage d’enfants sous le niveau de compétence 2 dans 3 matières (mathématiques, lecture, sciences) aux tests PISA(  programme international pour le suivi des acquis)passé par l’OCDE, passés par des jeunes à 15 ans. D’autres résultats , plus alarmants sur les incidences des inégalités tant de revenus, de santé et sur l’évaluation par ces jeunes sur leur niveau de satisfaction dans la vie sont à  débattre. Les scores concernant la satisfaction dans la vie reposent sur l’évaluation par les enfants eux-mêmes de leur satisfaction dans la vie, sur une échelle de 0 (« la pire vie possible») à 10 (« la meilleure vie possible « ). 28eme position de la France . Les jeunes, eux-mêmes signalent le malaise, leur mal-être .Pas étonnant de voir augmenter le chiffre des adolescents souffrant de mal -être et de comportement à risque  désorganisant la trajectoire  d’insertion de vie   dans leurs parcours personnels et/ou intimes. Rappelons que la santé est définie  comme étant « un état complet de bien-être, physique, mental et social, ce qui ne consiste pas seulement en l’absence de maladie ou d’infirmité.  »

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Extrait du bilan Innocenti 13,  Centre de recherche de l’UNICEF – Innocenti, Florence.  ( intégralité à lire sur le site UNICEF) L’adolescence peut être une période de grande transition, où les jeunes vivent de nouvelles expériences et prennent des risques. Analyser dans quelle mesure un faible niveau de satisfaction peut coïncider avec des comportements à risque ou des troubles du comportement chez les adolescents justifie de manière évidente la nécessité de remédier aux inégalités. L’analyse des données HBSC montre que les enfants faisant état d’un faible niveau de satisfaction dans la vie (c’est-à-dire ceux affichant des scores inférieurs à la moyenne des scores de la moitié inférieure de la distribution dans leur pays) courent en moyenne deux fois plus de risques de déclarer se livrer à au moins trois types de comportements à risque différents que leurs pairs. Cette corrélation reste vraie même après avoir pris en compte l’âge, le sexe et le statut socioéconomique de la famille de l’enfant. Dans plus de 20 des pays étudiés, les enfants les moins satisfaits dans leur vie courent jusqu’à trois fois plus de risques que leurs pairs de se battre fréquemment, d’être victimes de harcèlement et de fumer régulièrement.

Dans 19 de ces pays, ces enfants sont également plus susceptibles de harceler les autres ; et dans 11 d’entre eux, leurs probabilités d’encourir davantage de blessures augmente.

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Doit-on attendre les signes de gravité définis par la Haute Autorité en Santé comme  accident, suicide, violence , délinquance , consommation de produits psycho actifs, hospitalisation aux urgences pour coma éthylique pour prendre en compte les signes de troubles psychologiques et psychiques touchant 15 à 20%  de la population adolescente dans des niveaux variés de gravité allant d’un état subdepressif, dépressif avéré , jusqu’à l’éclosion de troubles psychiques plus inquiétants. Ce sont les psychoses, et particulièrement la schizophrénie, dont les prémices sont souvent insidieux. Le diagnostic ne doit pas être porté à la légère et ne doit être retenu que lorsque les manifestations sont durables, comme les troubles graves de la pensée,les bizarreries sérieuses du comportement, des hallucinations et des propos délirants.Il peut y avoir à l’adolescence des épisodes délirants, voire même hallucinatoires,extrêmement saisissants et angoissants pour l’entourage. Ils présentent un caractère brutal, aigu, s’associent à des troubles de l’humeur et des manifestations d’excitation ou de dépression ; ils sont souvent transitoires et passagers, ils nécessitent certes des soins spécifiques, mais n’entachent pas nécessairement le pronostic d’avenir.D’autres troubles, comme des comportements hystériques, des phobies, des obsessions ou des états dépressifs, nécessitent un dépistage et un traitement par des spécialistes. Selon les cas, le thérapeute envisagera une approche individuelle ou avec participation familiale, et parfois une brève période d’hospitalisation . On ne  parlera  que de troubles  en période d’adolescence car le diagnostic de pathologie psychique  fixée ne peut être posé qu’une fois l’âge de jeune adulte. La santé psychique d’un citoyen se construit dans la continuité de sa vie, elle se comprend à partir d’une origine et en fonction d’un avenir, l’adolescent en difficulté doit être considéré dans son environnement : famille, amis, école, lieu de vie, quartier et société.

Les signes d’alerte peuvent être dépistés par les différents intervenants dans l’environnement du jeune.

Crise d’angoisse  , crise de panique , hyperventilation, crise de pleurs   ,somatisation:  tremblement irrépressible , céphalée, douleur abdominale ,  perte de sommeil  ou très perturbé , nombreux réveils nocturnes succédant à difficulté d’endormissement , nuit agitée , terreur nocturne .. Trouble alimentaire , spasmes , nausée , vomissement , perte d’appétit , modification dans le choix alimentaire mais aussi une rupture subite dans les résultats scolaires , dans la concentration , la motivation . Isolement, enfermement progressif dans un état de morbidité, de passivité, de négligence, de silence où seuls  les rires  ou sensation de bien- être relatifs s’expriment lorsqu’il est en contact virtuel , rivé à son écran d’ordinateur ou qu’il donne le change avec des personnes extérieures à la cellule familiale. En présence seule des parents cette gaieté passagère , parfois trop exubérante se transforme  en passivité, en  tristesse avec un déni ou un refus d’exprimer ce qui perturbe ou ce qui fait souffrir le jeune instaurant une perte du dialogue  avec l’adulte .

Frustrant en tant que parent que de voir son « petit » se renfrogner , s’enfermer , s’isoler et entendre les sanglots . Soit il manque de mot pour exprimer ce qui lui arrive soit il ne souhaite pas vous en parler , vous ne pourriez pas comprendre . Le jeune en souffrance est tel un animal blessé. Il se terre dans son antre (sa chambre) , cherche à cacher, à camoufler ses sentiments, ses ressentis, ses angoisses ( il se calfeutre sous des vêtements même quand il fait chaud ) ou vous attaque toutes griffes dehors si vous essayez de l’approcher sur le mode de l’impulsivité, la rupture, les variations d’humeur, l’intolérance, la frustration, l’incapacité d’attendre, la violence contre eux et contre les autres.  Il n’a pas les mots pour exprimer ou considère que vous , parents êtes incapable de l’écouter et de l’aider.

L’isolement quand le mal -être s’installe ne touche pas seulement la cellule familiale .L’absentéisme scolaire en devient un symptôme . Nuit agitée du dimanche au lundi, fatigue. La sonnerie du réveil- matin qu’on n’entend pas , du simple retard à la somatisation ( douleurs abdominales, maux de tête,  spasmes, haut -le cœur, vomissements ou malaise vagal…Autant de raisons de ne pouvoir aller en classe  .Les fléchissements scolaires avec chute des résultats, peur inconsidérées du retentissement d’un mauvais carnet scolaire sur la suite des études ,les  retards, absences non motivées , une phobie scolaire, une demande subite de déscolarisation ou d’alternative comme des cours à distance sans justification autre : s’absenter à soi même ,la fatigue d’être  soi!

Quand à fleur de peau , la jeune fille en fleur et le jeune homme  bouton en éclosion  s’enfoncent les propres épines en plein cœur . Le rite de passage prend des allures de meurtrissures et pour l’adolescent en souffrance vient le marquage du corps . Des accidents de vie , prise de risque, automutilation ( coupures, brulures).Même si ces cicatrices sont souvent cachées dans un premier temps , elles  doivent être décryptéés comme signe de rupture avec la communication verbale, geste de traduction de langage corporel exprimant un manque, une difficulté identitaire , une blessure psychologique dont l’adolescent essaie de cacher la cause ( maltraitance, harcèlement à l’école, abus sexuel dans le cadre incestueux ou non…). Transformer en sensations physiques  la souffrance psychique , s’approprier autrement un corps en métamorphose , corps sexué qui peut déranger, angoisser.

Idées noires, Idée suicidaire , chronicité et intentionnalité  . Comment  en tant que parent  le savoir , en prendre conscience  alors qu’il est , parfois, dans le déni de souffrance   » je ne ressens rien « . La violence n’est pas toujours présente , c’est par le mutisme , par une apparente indifférence totale et par un renfermement affectif avec la disparition de toute forme de tendresse ou de colère , de manifestation de contentement ou de désaccord .Les couples » action/inaction, activité/passivité, intérêt/désintérêt, mouvement/inertie « même si elle est verbalisée sur un blog ,   partagé sur un réseau social , le jeune lorsqu’il commence à aller mal en verrouille l’accès libre pour ne pas porter le poids du jugement , de la critique . Il cherchera d’abord de l’aide compatissante par un de ses pairs .Qui  autre qu’un ado puisse comprendre cet état de mal -être ?certainement pas un alien d’une autre planète qu’est l’adulte , vécu comme juge et non comme personne à l’écoute bienveillante. Génération jeune plongée  dans une vie très différente de celle que vécurent leurs parents à même tranche d’âge . On peut parler d’une société adolescente . Un microcosme dans un univers vécu parfois comme hostile, source d’angoisse, d’incompréhension .

Simon Siwak

Il n’y a pas une adolescence  mais des adolescences … aussi multiples que les jeunes dans leur histoire familiale, culturelle, éducative , sociale , religieuse , ethnique . Cette période de transition entre la petite enfance, passée sous la dépendance étroite des parents, et l’âge adulte qui serait celui de l’autonomie semble d’autant plus difficile que les « événements » familiaux traversés sont déstabilisants. Séparation , divorce, déménagement, précarité professionnelle, chômage, perte de revenus, maladie des parents, handicaps de vie sont autant de fardeaux à porter . l’enchaînement des interactions et des événements qui l’ont marqué et l’ont prédisposé à cette souffrance psychique qu’il semblait cependant traverser sans trop de heurts et qui brise sa capacité de résilience, la capacité à réussir, grandir et des compétences alors même qu’on subit des circonstances de vie défavorables. Soudain , lors d’un événement de plus faible impact l’aptitude d’un corps à résister à un choc laisse place à l’engrenage infernal

L’ adolescent refuse toute limite et multiplie les transgressions et mises en danger graves, y compris contre lui-même : tentatives de suicide, explicites ou masquées. C’est aussi le cas quand il décroche des autres et de la réalité : il est prostré, il refuse de communiquer, il est saisi de moments d’angoisse extrême, il tient des propos sans queue ni tête et un brin mégalos ou mystiques, il entend des voix. Dans un cas comme dans l’autre, le jeune est la proie d’une souffrance sérieuse qui ne doit jamais être laissée en l’état ou méprisée, même lorsque cette douleur s’exprime par des actes inacceptables. Ce qui lui arrive va au-delà de la crise d’adolescence ordinaire et ne s’améliorera pas de manière spontanée.

Manifestations émotionnelles et affectives,bruyantes mais transitoires ou au contraire insidieuse et silencieuse , si on n’y prend pas attention , elles  peuvent prendre l’allure d’une souffrance dépressive. La dépression clinique de l’adolescent ne doit pas être ignorée ; on sait qu’elle touche en moyenne 2 à 8 % de la population de cette tranche d’âge. La prise en charge, dans sa spécificité infantilo juvénile fera, ultérieurement,  l’objet d’un autre article , dans ce blog.La prévention de la dépression passe par son repérage précoce : certaines questions posées aux jeunes pourraient aider à repérer ceux pouvant être déprimés ou sub-déprimés, ce qui permettrait de proposer rapidement un soutien adapté.

Quelques pistes de réponses appropriées pour un état de « crise »:

Etre sage et performant , correspondre à l’enfant idéalisé , répondre aux attentes des parents , on fait voler tout cela en éclats en cherchant à détruire  cette image . Le rire « avec » devient ironie , le vocabulaire comporte des noms d’oiseaux . Cynique , arrogant et provocateur ou passif zombie silencieux , renfrogné, refusant  ou omettant les gestes d’entraide ménagère, hygiène corporelle, et de son environnement.  La maison devient un hôtel de passage, sa chambre un taudis  , grand écran cinématographique où se projette un film 3D d’éclats de voix, de portes qui claquent, de murs où on se fracasse, de rires hystériques au débordement tsunami , flot de larmes incontrôlables, ou sanglots étouffés, plaintes et cris lors de cauchemars ou terreurs nocturnes.

Calmer le jeu . l’adolescent attend de ses parents la conservation d’un modèle de stabilité . Comment vaincre l’agressivité et la violence du jeune si vous-même sortez de vos gongs  . Effet rebond ou miroir . Tension , nervosité et réponse impulsive parfois inadaptée  à son comportement odieux , à sa provocation . Trouver les mots pour transformer la violence  en colère  parlée , montrer son opposition à certains débordements et à la mise en danger  réelle . Réaffirmer les limites en étant apaisant , montrer qu’on est attentif  , éviter l’humiliation .

Essayer de relancer une communication .Faire preuve de patience, ne pas chercher à brusquer. Créer une atmosphère de confiance, de calme , chercher à désamorcer tout conflit qu’il tente  de provoquer . Le jeune cherche à tester toutes les limites , que ce soit les siennes par des comportements de prise de risque ou celles de l’adulte .  Difficile  parfois de rompre l’isolement volontaire et le mutisme dans lequel il s’enferme .réponse classique  en leitmotiv :  » tu ne peux pas comprendre , cela ne te regarde pas  » .

Lui faire sentir que vous prenez en considérations ses sentiments, ses problèmes sans le rabaisser ou banaliser sous couvert de  la crise adolescente . Le  » ce n’est qu’un mauvais moment à passer , tu verras plus tard ….  » Le jeune vit avec douleur le moment présent , il est en rupture avec sa petite enfance dont il cherche à s’extirper et ne peut se projeter dans un avenir incertain .  L’engagement positif  , par de petits gestes, par le sourire , le contrôle de sa propre colère , de ses émotions négatives , (ne pas réagir de façon impulsive) régler ses propres problèmes personnels  ou en minimiser l’impact ., montrer  qu’on se préoccupe de lui , , lui témoigner son affection , passe du temps avec lui , lui renvoyer cette image positive dont il a tant besoin pour l’aider dans la réappropriation de l’estime de soi .Proposer des activités ou des sorties qu’il affectionne . Même si vous essuyez des refus systématiques, vous lui envoyez le message que vous ne baissez pas les bras . Tel un funambule sur une corde raide l’adulte doit jongler entre autorité et bienveillance, ne jamais tomber dans le laxisme du « laisser faire » .

Les jeunes qui perçoivent une bonne cohérence familiale, qui ont le sentiment d’être objet de l’estime de leurs parents, et qui arrivent à parler avec un membre de leur famille ou même un professeur ont moins d’idées suicidaires.L’aider à trouver cette personne « ressource » vers qui il pourra se tourner pour exprimer ce mal- être qu’il ne peut verbaliser avec vous . Argument qu’il développe , le fait de s’entraider entre jeunes, ils  sont dans la même galère comment trouveraient-ils une solution  à leur propre problème existentiel lorsqu’ils se transforment en véritable éponge à émotions , se chargeant des ondes négatives , de la tristesse et n’ayant pas les clés pour  essorer ,(prendre de la distance  être dans l’empathie  , avoir conscience de la souffrance de l’autre sans s’y identifier) . Les partages et échanges entre les membre de la tribu des amis ne fournissent pas , la plupart du temps , les réponses adaptées.  Le paradoxe est que ces adolescents ont besoin, pour se construire et se comprendre, de cette évasion dans un monde à eux, autre que celui des adultes. Montrer un intérêt pour leur passion , valoriser un projet exposé, une requête , accepter le  surinvestissent dans la vie relationnelle extrafamiliale, l’appartenance à la tribu dont il vivra comme rituel d’autonomisation  cette étapes dans la construction d’une identité après imprégnation d’un langage, d’une mode vestimentaire, d’activités communes ,mimétisme et identification réciproque dont les parents  sont exclus.

Inégalité de bien -être entre les enfants et les adolescents dans les pays riches , progression des manifestations de souffrance psychiques et psychologiques , idées noires, violence, comportements à risque , suicide touchant toutes les couches de la société française mais dont les inégalités en matière de revenus influent tant sur la réussite scolaire que sur la prise en charge précoce des problèmes de santé chez les jeunes. L’instabilité et la  précarité face sociale qu’il vit à l’intérieur de lui-même, le ressenti d’un faible niveau de satisfaction dans la vie au travers des conditions socioéconomiques, d’un monde en remaniement perçu comme chaotiques, des angoisses et doutes émis par les adultes quant à l’avenir incertain exposent-ils les jeunes à des risques pour la santé ou est-ce l’inverse ? Education et Santé sont des fers de lance de programme politique voulant lutter contre certaines inégalités, mais   aucun programme politique soucieux du bien -être de l’enfant ne peut négliger cet autre  aspect et en rejeter la pertinence.

 

Références :

Bilan  Innocenti 13 lancé par le centre de recherche de l’UNICEF   2016, « Équité entre les enfants : tableau de classement des inégalités de bien-être entre les enfants des pays riches ».Innocenti 13,  Centre de recherche de l’UNICEF – Innocenti, Florence.

 » LA SOUFFRANCE PSYCHIQUE DES ADOLESCENTS ET DES JEUNES ADULTES « Ministère de l’Emploi et de la Solidarité, Haut Comité de la santé publique

Yakapa.be  (une action de la communauté française) manuel de survie pour parents d’ados qui pètent les plombs ;44, Boulevard Léopold II – 1080 Bruxelles -yapaka@yapaka.be

Illustrations : Simon  Siwak

Jardins partagés: creuser, planter du savoir faire au faire savoir – Graines d’idées, graines de paix.

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« Il faut cultiver notre jardin  » écrivait Voltaire dans Candide. Cultiver au sens agraire mais aussi partager les savoirs , savoir faire et savoir être. Les jardins partagés, jardins communautaires , jardins solidaires poussent comme des champignons et réinvestissent les terrains vagues, les cours et petit lopin d’espace vert publics ou privés, les toits des gratte-ciels. La ceinture verte entourant les zones urbaines voit désormais de nombreux micro-poumons apparaitre. Simples bacs mis à disposition ou foret-jardin , de l’expérimentation de la permaculture à la culture de l’expérience partagée, plantons les graines.

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Historiquement, dés le Moyen-âge, des femmes et des hommes se sont rebellés et se sont regroupés en cultivant ensemble des lopins de terre pour préserver leurs droits d’usage sur les terres détenues par les seigneurs. Champs ou jardins des pauvres sont mis à disposition pour permettre à la population la plus défavorisée pour pouvoir survivre en récoltant fruits et légumes de base pour leur alimentation . En France, dans les zones minières du Nord, afin d’améliorer le quotidien des familles de mineurs entassée dans de minuscules maisonnettes accolées les unes aux autres et leur permettre de voir un peu le gris du ciel , les « jardins ouvriers  » se développent. D’ouvriers, ils deviennent « familiaux » lorsqu’ils s’ouvrent à d’autres tranches de la population . Leurs statuts et moyens d’attribution évoluent avec le temps .
Rébellion contre la société individualiste et de consommation, ils reprennent du terrain en fleurissant dans les quartiers urbains au sein des terrains abandonnés. Quelle belle symbolique que ces bombes de graines « seed bombs » lâchées au dessus des grillages comme l’a fait Liz Christy, à l’origine des mouvements comme les guerillas vertes . Le « jardin dans tous ses états » reprend possession de terrains ou de petites parcelles s’institutionnalise, permettant son développement à l’échelon national et son essor .
A l’initiative de quelques personnes, ces havres de paix deviennent des lieux de rencontres, d’échanges et de partages des savoirs, savoir faire et savoir être.
Retour à la terre, creuser, bécher, planter , voir germer et pousser , puis récolter les fruits de son travail ( loin d’être une corvée !) permet de recréer le lien social, le dialogue intergénérationnel. Les enfants, en effet découvrent en pratique l’origine des produits de base . Etonnement d’apprendre que les frites ne poussent pas sur des arbres telles quelles . Redécouvrir la saveur d’un fruit gorgé de soleil, qu’on peut cueillir et dévorer sans avoir à craindre d’absorber en même temps les effets néfastes des pesticides et autres produits chimiques dangereux pour la santé. Compostage , recyclage des déchets verts, mais aussi utilisation des cultures associées, captage des eaux de pluie et de ruissellement, rythme des saisons, notions écologiques, scientifiques mais aussi anecdotes, contes et légendes, maximes seront abordées lors des discussions partagées .

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En fonction de la taille du terrain mis à disposition et des connaissances des jardiniers en herbe ou émérites, ce sont des bacs souvent fabriqués à partir de palettes de bois récupérés permettant aux plus âgés ou aux personnes à mobilité réduite d’accéder au plaisir de replonger les mains dans la terre nourricière et d’en ressentir les bienfaits. Les espaces verts de zones à forte urbanisation ou les cours d’immeuble voient cette activité se développer. Ces jardins communautaires sont également des terrains d’expérimentation à l’échelle humaine. Hormis les différences d’age, chacun apporte ses expériences issues de sa propre culture, de son passé, de son histoire personnelle et familiale ou de ses recherches, les met en commun. Graines d’humanité plantées , espoir à voir germer et pousser, apprentissage de la patience, de la tolérance, de la diversité, ce savoir vivre ensemble se retrouve dans l’application plus terre à terre de la permaculture ( permanent agriculture) , association de plantes diverses pour leurs interactions bénéfiques entre elles, mais aussi des micro organismes, vers et insectes permettant la fermentation naturelle , la structure mécanique au travers des racines et mycellium, création d’une autorégulation. Les plantes à grandes racines remontent en surface les nutriments dont bénéficieront celles plus superficielles. Certaines variétés sont propices à attirer et faire se reproduire des insectes prédateurs de nuisibles. Par exemple, des plants de fèves sont une très bonne nurserie pour les coccinelles qui se nourriront avec délectations des pucerons du jardin. Ombrage des feuillus protégeant les plantes plus petites , qui en échange confèrent un certain niveau d’humidité pour tous. Dans ces échanges vertueux, les minéraux sont aussi de la partie; des pierres disposées aux endroits les plus ensoleillés restituent la chaleur accumulée dans la journée. Interdépendances et inspirations du cycle de la nature , création d’écosystème très riche au niveau biodiversité où s ‘entremêlent les variétés végétales ( arbres fruitiers, légumes, fruits, fleurs, plantes médicinales et aromatiques) , les jardins partagés en sont les échos au niveau humain dans une démarche citoyenne du bien vivre ensemble , véritable démonstration d’écologie humaine dans une activité organisée, sociale et individuelle autour de la culture , œuvrant pour la qualité de vie et l’environnement .

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Loin des zones ombragées de son propre jardin secret, ces jardins partagés recèlent bien plus de trésors et de petits moments de bonheur s’égrenant au fil des saisons et des générations . Il faut cultiver notre jardin , notre terre, nos racines, nos histoires, nos savoirs. Monsieur Voltaire, candides ou ingénus, en toute simplicité retrouvée, comme dans le cycle de la nature, nous en prenons de la graine, nous creusons, bêchons et apprenons ensemble dans la tolérance pour une magnifique récolte de ce qu’on sème.

Exil, Exode, Exclu « France, quelle excuse ? »

Thomas Flichy de La Neuville       En ces temps de grand bouleversement touchant le Moyen Orient, l’ Afrique  et l’ Europe, ce nouvel épisode d’exode de population ( notons que le dernier en date mobilisant autant de personnes fuyant leurs pays d’origine fut lors de la Seconde guerre mondiale). Certains pays , véritable plaques tournantes, n’ont historiquement pas été touchés par ces évènements et prennent de plein fouet cette vague humaine en transit vers les voies maritimes ou transfrontalières terrestres . Nouveaux Eldorado que l’ Allemagne et le Royaume Uni, la France ne semble plus flamboyer de son aura terre d’asile, pays des droits de l’homme , terre de Liberté, Egalité , Fraternité .
Serait ce lié à sa participation aérienne sur les zones de conflit , serait-ce lié à son rôle non négligeable de marchands d’arme ayant depuis des années attiser les braises sous la marmite qui explose désormais ? Où sont les humanistes hormis peut -être dans les associations et organismes non gouvernementaux ?
L’individualisme forcené et aliéné, intoxiqué par un ras le bol, un  » c’est la crise » , une crainte d’être envahi par la différence . Le français devient bavard, il épand ses contradictions sur les réseaux sociaux, il twitte (fini les longs discours ou les idées étayées, réfléchies, développées avec une argumentation solide). Le français vit dans l’instant et la peur de demain, il traine encore le paradigme « c’était mieux avant… » .Il en devient amnésique sélectif. S’il agit , c’est parfois en catimini ou sans prendre parti . » Ah le temps des partisans « ,  » ils veulent partir , mais qu’ils partent  » pense t-il dans son bon appartement , bien à l’abri sous un toit, portes et fenêtres blindées ( on ne sait jamais avec tous ces terroristes qui risquent de débarquer ) .
La France ne fait peut-être plus rêver. Y séjourner comme touriste pour une visite éclair, investir dans les vignes, dans la pierre, dans les équipes sportives ou dans les affaires ( demandez au Qatar, à la chine, aux russes et autres nouveaux riches pègres contre pingres), pour ça ils disent oui.
D’autres vous rétorqueront : » c’est bien beau d’accueillir à bras ouverts tous ces étrangers menacés de famine et de mort dans leurs pays en guerre. Mais comment allons nous faire alors que dans nos rues continuent de mourir des Sans Domicile Fixe( certains d’entre eux sont des travailleurs précaires ne pouvant bénéficier d’un logement décent, certes!). Et que penser de la situation de ceux qui avaient déjà migré comme les Roms et d’autres communautés dont on ne parle jamais. Ils vivent , non ! Ils survivent dans la jungle urbaine ou sont les invisibles , les ombres entraperçues dans quelques petites clairières au centre de nos forets .
Vont-ils s’agglutiner aux portes de Calais, dans des camps de rétention aux fortes concentrations de personnes prêtes à tout pour continuer leur route quitte à en perdre le peu de vie et de dignité qu’ils leur restent?
L’élite réfléchit, calcule savamment des quotas, des pourquoi pas, des pour -parler , des blablablas .Comment agir sans perdre une seule voix ? Un bulletin dans une urne, un défunt dans une autre. Qu’importe! Nous sommes poussières et cendres. Le français , dans tout ça , étudie sa prochaine feuille de paie ou ses allocations, sa baisse d’impôt, sa redevance télé ; sa chère télévision où il visionnera le sort de ces migrants, et avec de la chance s’y verra t’il un jour , héros de 20 secondes , interview du passant pour donner un avis . Encore mieux qu’un selfie !
Quel que soit le choix stratégique, économique, financier, politique ou social face à ce problème la CIA l’a annoncé: la France ne comptera plus en 2030. Plutôt que de plagier, je préfère me taire et vous conseiller la lecture d’un livre coécrit par Thomas Flichy De la Neuville et Gregor Mathias au cours d’un programme de recherche international de prospective géopolitique au centre Roland Mousnier ( CNRS Université Paris IV La Sorbonne), à l’instar du National Intelligence Council Global Trend 2015 : 2030 Le monde que la CIA n’imagine pas . Bernard Giovanangeli Editeur (  juin 2015). La France, l’Europe, la Russie, l’Amérique, l’ Afrique, L’Iran, l’ Inde et la Chine y sont abordés par cette analyse de rapport de la CIA et du National Security Council, revue et corrigée par anticipation et prévision par nos petits français prospecteurs. Passage en revue en contrepoint des évolutions probables ou non des grands acteurs stratégiques de la planète . Cette prospective est complétée par la mise en scène d’un conte fantastique dont le Chevalier bleu nous amène autant à rêver qu’à méditer .

La guerre des graines

Piqure de rappel , apres les documentaires déjà mis en ligne ici de Marie Monique Robin (Le monde selon Monsanto), un autre documentaire à semer sans modération   » la guerre des graines » . Dénoncer les multinationales « semenciers » et retrouver les gestes et habitudes ancestrales du monde agricole qu’on redécouvre sous des termes anglo-saxons comme le « mixed cropping », la biodynamique. Semence « libre », biodiversité, combats contre les brevets sur le vivant, Vandana Shiva en Inde, association Kokopelli en France ou choix raisonné de semer « libre », retour aux sources de l’agriculture alternative.

Mon petit frère de la lune

Témoignage d’une petite fille de 6 ans sur son jeune frère autiste . Documentaire animation réalisé en 2007 par Frédéric Philibert .