Quand Truskool pose ses couleurs sur la Ville Rose. Fresque et histoire du graffiti à Toulouse

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Toulouse, ces jours-ci ,assiste à la naissance de la plus grande fresque murale du centre-ville .A la demande de la mairie, le collectif Truskool et ses artistes œuvrant pour la reconnaissance de l’art urbain depuis 1987 , les graffeurs toulousains Siker, Ceet T, Soone, 2Pon, Tober, Der et Tilt déjà connus comme le collectif Arnaud Bernard Système, juste retour des choses, travaillent d’arrache-pied à leur première réalisation en commun celant ainsi une nouvelle page de l’histoire du graffiti à Toulouse.

Depuis  dimanche, le 4 Juin 2017, la façade ( 30 mètres de hauteur, 12 de largeur) d’un immeuble, situé boulevard Lascrosses, près de la place Arnaud Bernard, quartier berceau historique du graffiti se couvre en liberté où les seules contraintes imposées par les Bâtiments de France : respecter les teintes dominantes dans le bâti du secteur. Les couleurs chaudes comme le beige et le jaune ont donc été privilégiées, avec du rouge. La dernière touche sera l’application d’un vernis , protection contre les U.V pour préserver les teintes initiales.

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Plan des 7 strates de la fresque

« On a divisé le mur en sept strates. Tout en haut, Siker a représenté son écriture, Ceet a dessiné des poulets, moi les trois premières lettres rondes de mon nom, 2Pon commence aujourd’hui, Tober représente sa signature visible sur ses stickers, Der a posé son style en 3D, et Tilt laisse sa trace tout en bas »explique Soone, dans un entretien avec la presse .

Alors qu’ils se connaissent depuis de nombreuses années, c’est la première fois que les sept membres  du  » crew » travaillent en même temps sur un projet. Le nom de leur collectif a donné le titre d’un livre d’Olivier Gal, Truskool : l’histoire du graffiti à Toulouse, publié en 2016 aux éditions Atlantica. Le récit, autour de la bande de copains  nous replonge dans une époque où règnent la créativité et la subversion, à travers le « Wild style » chez les graffeurs. «Il y avait de nouveaux styles, il y avait de vieux styles…, dit 2Pon (la Truskool se différenciant de la New School en Europe, elle-même opposée à la Old School new yorkaise ). Nous on s’en foutait, la vraie école c’était celle qui prenait tout : la True School ! ». Ce livre, truffé d’anecdotes, de commentaires et de nombreuses photographies d’archive.

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De  1987 , premier graff  posé sur un mur de Toulouse(il est l’œuvre de Mosquito suite à sa rencontre avec des graffeurs parisiens sur la plage d’Hossegor pendant les vacances),à la création d’un festival Rose béton , première édition en 2016 pour cette biennale de l’art contemporain urbain, sans oublier le  » Graff Tour », visite guidée de la ville rose, dédiée à l’art du graffiti ( à l’intitiative de l’ office du tourisme). 2 heures commentées par un guide conférencier , parfois accompagné d’un graffeur professionnel : circuit  à pied de la place des Tiercerettes, avec une étape dans le Jardin d’Embarthe, qui accueille encore une ancienne fresque de Soone et dans la rue Gramat, dont les murs sont presque entièrement recouverts. Ces deux lieux ont accueilli pour la première fois des graffs autorisés par la mairie au début des années 2000.En  bus de la place Arnaud-Bernard et arpentant Toulouse pour  découvrir les plus belles réalisations , les insolites ou méconnues et celles nées pour  Rose béton 2016 comme les deux dames du Pont des demoiselles, d’Aryz, la fresque de Maye et Mondé, au métro Saint-Agne ou le graff de Jace, à l’école Anatole-France. Quoi de mieux que de finir ce périple au pied de «la Symphonie des songes» de Miss Van, au quai de Tounis.

La bande de copains, gribouilleurs locaux  de murs comme Fastoche, Looping, et Caramba, plus tard 2Pon et Déclic… Rappeurs, danseurs, graffeurs se réunissent notamment à Arnaud Bernard autour du graffiti. Et le Crew (collectif artistique) Arnaud Bernard System (A.B.S) naît en 1989.D’autres se joignent au  mouvement qui a permis la reconnaissance du graff et de sa culture, avec 2pon, Der, Soone et Tilt comme chefs de file à partir de 1995.Rejoints par une étudiante en première année d’Arts Plastiques à l’Université du Mirail, Miss Van puis d’autres femmes Melle Kat,  Fati etc.., les membres du  » crew » partent à la conquête de festivals, expositions, œuvres en commun  hors la France étendant la notoriété  Toulouse en ville incontournable en Europe du point de vue de l’art urbain.

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Inspiré du Punk, du mouvement Dada comme de la culture Hip-Hop américaine, l’art de la rue s’est depuis forgée ses lettres de noblesse, couvrant désormais les murs des galeries d’art comme des plus grands musées internationaux(une institutionnalisation et une marchandisation, qu’on range sous le nom de street art). Reste que les professionnels sont une minorité et que l’esprit rebelle des origines perdure. «À l’origine, le graffiti est une discipline exercée dans l’illégalité la plus totale, note Olivier Gal, ce qui est d’ailleurs son principal moteur. Les choses se sont corsées face à la répression, les poursuites, le nettoyage massif et immédiat… ».

De l’art éphémère couvert par d’autres à l’infini , directement sur le mur ou support accroché en galerie, de l’underground au mécénat et aux commandes officielles des municipalités,  quand les vandales, taguant les murs et les trains de leurs pseudonymes, en quête de reconnaissance et d’un peu d’éternité deviennent des artistes contemporains urbains L’histoire du graffiti à Toulouse s’affiche en monumentale fresque , dévoilée le dimanche 11 Juin 2017.

User la semelle et battre le pavé-programme  » sportif » pour juin 2016

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Debout, dans les rues de France et de Navarre , chacun exprime qu’il en a marre . Depuis le 30 Mars , les français battent le pavé et  risquent d’être de plus en plus nombreux à devoir y user la semelle de leurs souliers . Même si les chiffres dénotent une moindre participation lors des manifestations en local , c’est le manque de carburant qui risque d’arrêter le bolide  avant qu’il ne percute le mur . . Durcissement des mouvements de contestation contre la loi travail . Action menée par les cheminots de la SNCF , tres relayée par Sud rail . Peu de Trains régionaux pour les salariés non grévistes, des embouteillages en prévision sur les axes routiers , ralentissement du trafic par des opérations escargots de nos amis les routiers , agriculteurs  éleveurs , producteurs de lait vous serez bientôt rejoints par les betteraviers ( fin des quotas de production de la betterave sucrière , et qui de la chute des prix va se sucrer au passage ?? Mais pour rouler , même au ralenti encore faut-il trouver de l’essence !! Un regain ou relent de 2010 et revoilà les blocus des raffineries pétrolières , les queues interminables aux pompes  , le rationnement .

Les dérapages systématiques « incontrôlés »  des casseurs encagoulés , de ceux qui veulent du poulet grillé commencent à nous fâcher . Elevés au rang de héros nationaux lors d’interventions anti-terroriste, les gallinacés , sous couvert de l’état d’urgence sont réquisitionner pour convier certains pro  » meneurs » à ne pas manifester pour plus de sûreté de l’Etat .  Les forces de l’ordre sont appelées à intervenir pour déloger Manu militari les éléments extérieurs obstruant les accès des sites et dépôts de carburant . A eux le rôle de casseurs de grève !!! Et de la grève aux ports ceints , aux dockers d’entrer dans ce grand chambardement . Trains, autos, bateaux bloqués , contre la loi métro-boulot-dodo!

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Problème de fond que de dépoussiérer le Code du travail .Il est important de rappeler que c’est sous l’impulsion d’un député socialiste Arthur Groussier, en 1896 qu’une proposition de loi sur la codification des lois ouvrières voit quelques années plus tard sous le ministère de René Viviani ( travail et prévoyances sociales) se rédiger progressivement les bases de ce Code ( première version 1910) visant  à travers les textes législatifs et réglementaires à définir le droit du travail pour les salariés sous contrat de droit privé, ceux du secteur public étant soumis à des statuts particuliers . Des modifications y sont apportées tant sur les types de contrat, sur la durée et conditions de travail , rupture et licenciement, indemnisations , droits syndicaux , conventions collectives . A l’exemple de plusieurs pays européens , le grand « chantier » français est lancé. Le passage en force grâce au recours du 49.3 finit par mettre le feu aux poudres. Anti démocratique, anti social sous l’hégémonie d’un président sous l’étiquette socialiste . Qui de la rigidité ou de la flexibilité va l’emporter ? Son contrat à durée déterminée prendra fin en 2017 à moins qu’il ne soit licencié avant par un vote , un référendum au sein de l’entreprise qui le mène à sa chute. Combien va toucher le président sortant en indemnités ou allocation de fin de mandat et aide au retour à l’emploi ?

 

Du  projet de loi-travail de Myriam El Khomri, nombreuses sont les similitudes avec  le jobs Act outre-alpin de Matteo Renzi. Un air de déjà vu qui malgré les dénonciations de mensonges et manipulations de chiffres sur le retentissement relance de l’économie, baisse du chômage, créations d’emploi , de la croissance il en est bien une celle du nez de Pinocchio . Au marché du travail et de son remaniement, ceux qui pensaient avoir le nez creux ont aussi les langues de bois ! De la marionnette reste l’art de la manipulation .Outre Rhin , ils ne sont pas en reste . Nos amis allemands , souvent cités en exemple  avaient il y a quelques années , via leur Agence pour l’ Emploi  jouer avec les chiffres du chômage de longue durée pour les minimiser. La commission Hartz met en place une série de mesures pour flexibiliser le marché du travail et revoir le système de protection sociale. Flexisécurité , emplois précaires.Ironie du sort qu’ actuellement l’ Allemagne se réforme pour réparer les dégâts des réformes néolibérales du marché du travail. Les donneurs  de mauvaises leçons sur les voies d’une sortie de crise dans la zone euro, ont permis même d’imposer ses fausses solutions à d’autres pays.

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« Flexicurité  » Flexion, Extension ! Séances sportives en plein air à effet garanti. Entre les « pompes » funestes ou les marches  funèbres , comment courber l’échine et tomber à genoux . La sécurité à défaut d’être routière (faute de carburant) , ce sont les licenciés des clubs sportifs comme en football qui vont être contents. Transferts en poupe , la voilà la mobilité; remplaçants dans l’équipe nationale pour l’Euro 2016 la précarité de rester sur la touche à moins d’un coup de pompes d’un leader , d’un aveu d’un dealer. Dopées , les pompes à bière vont aussi voir des queues de supporters à travers les rues des principales villes où se joueront les matchs . Avec la recrudescence des appels à se mobiliser, à rester tous debouts , colériques, indignés, grévistes et policiers, touristes et pro « meneurs », ça ne va pas chômer .Il y aura de quoi se cramponner . Armez vous de vos chaussures de sports et appelez les pompiers . ..ça va chauffer !!!

Crise ou dépression, quand la satisfaction dans la vie cree des inégalités. Du bilan officiel d’une jeunesse en péril!

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En cette période de crise mondiale qui perdure et semble annonciatrice d’un bouleversement comme la fin annoncée  d’une civilisation vers une nouvelle à venir , la jeune génération du XXIeme siècle porte en elle les stigmates des angoisses et terreurs nées de la perte de repères et de valeurs fondamentales tant dans le monde du travail, de l’éducation, la santé, dans la propagation d’images d’insécurité, d’un accroissement des inégalités . L’état de santé, de bien- être et de satisfaction de vie des enfants et adolescents ,semble révélateur et préoccupant comme le montre l’ analyse faite au travers de différentes études dont le bilan Innocenti 13 lancé par le centre de recherche de l’UNICEF   2016, « Équité entre les enfants : tableau de classement des inégalités de bien-être entre les enfants des pays riches ».  La France n’est pas épargnée par cette crise et sa jeunesse développe de plus en plus des signes alarmants de troubles et pathologies psychiques ou réservés jusqu’à présent aux adultes comme le « burn out ». De la vigilance à la prévention , comment reconnaitre les  signes de souffrance et faire la part des choses entre la crise d’adolescence et la souffrance, les troubles psychiques et/ou psychologiques faisant émerger parfois des comportements ou de lourdes  pathologies dans cette période charnière, invalidant et handicapant la future vie d’adulte.

 

Les moins de 20 ans représentent en France 24, 6 %  chiffre 2014 sur 66 millions d’habitants, environ. Le suicide des jeunes y est la 2eme cause de mortalité  , après les causes accidentelles . La France a le triste privilège d’être un des pays d’Europe avec le plus grand taux de suicide  chez les enfants et les adolescents et ce taux ne diminue pas , ces dernières années. Chiffre difficile à dresser de façon précise car ne tient pas compte des morts déclarées accidentelles chez de jeunes enfants 4-5 ans , mis dans le déni par certains adultes directement concernés( parents, cellule medico-sociale…) . Un chiffre révélé par l’UNICEF dans son bilan innocenti 13 a été repris dans de nombreux médias , celui concernant le classement sur 38 pays entrant dans cette étude sur le critère: Inégalité dans l’enseignement , la France  se positionnant 35 / 39 d’après l’étude de l’écart de réussite et le pourcentage d’enfants sous le niveau de compétence 2 dans 3 matières (mathématiques, lecture, sciences) aux tests PISA(  programme international pour le suivi des acquis)passé par l’OCDE, passés par des jeunes à 15 ans. D’autres résultats , plus alarmants sur les incidences des inégalités tant de revenus, de santé et sur l’évaluation par ces jeunes sur leur niveau de satisfaction dans la vie sont à  débattre. Les scores concernant la satisfaction dans la vie reposent sur l’évaluation par les enfants eux-mêmes de leur satisfaction dans la vie, sur une échelle de 0 (« la pire vie possible») à 10 (« la meilleure vie possible « ). 28eme position de la France . Les jeunes, eux-mêmes signalent le malaise, leur mal-être .Pas étonnant de voir augmenter le chiffre des adolescents souffrant de mal -être et de comportement à risque  désorganisant la trajectoire  d’insertion de vie   dans leurs parcours personnels et/ou intimes. Rappelons que la santé est définie  comme étant « un état complet de bien-être, physique, mental et social, ce qui ne consiste pas seulement en l’absence de maladie ou d’infirmité.  »

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Extrait du bilan Innocenti 13,  Centre de recherche de l’UNICEF – Innocenti, Florence.  ( intégralité à lire sur le site UNICEF) L’adolescence peut être une période de grande transition, où les jeunes vivent de nouvelles expériences et prennent des risques. Analyser dans quelle mesure un faible niveau de satisfaction peut coïncider avec des comportements à risque ou des troubles du comportement chez les adolescents justifie de manière évidente la nécessité de remédier aux inégalités. L’analyse des données HBSC montre que les enfants faisant état d’un faible niveau de satisfaction dans la vie (c’est-à-dire ceux affichant des scores inférieurs à la moyenne des scores de la moitié inférieure de la distribution dans leur pays) courent en moyenne deux fois plus de risques de déclarer se livrer à au moins trois types de comportements à risque différents que leurs pairs. Cette corrélation reste vraie même après avoir pris en compte l’âge, le sexe et le statut socioéconomique de la famille de l’enfant. Dans plus de 20 des pays étudiés, les enfants les moins satisfaits dans leur vie courent jusqu’à trois fois plus de risques que leurs pairs de se battre fréquemment, d’être victimes de harcèlement et de fumer régulièrement.

Dans 19 de ces pays, ces enfants sont également plus susceptibles de harceler les autres ; et dans 11 d’entre eux, leurs probabilités d’encourir davantage de blessures augmente.

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Doit-on attendre les signes de gravité définis par la Haute Autorité en Santé comme  accident, suicide, violence , délinquance , consommation de produits psycho actifs, hospitalisation aux urgences pour coma éthylique pour prendre en compte les signes de troubles psychologiques et psychiques touchant 15 à 20%  de la population adolescente dans des niveaux variés de gravité allant d’un état subdepressif, dépressif avéré , jusqu’à l’éclosion de troubles psychiques plus inquiétants. Ce sont les psychoses, et particulièrement la schizophrénie, dont les prémices sont souvent insidieux. Le diagnostic ne doit pas être porté à la légère et ne doit être retenu que lorsque les manifestations sont durables, comme les troubles graves de la pensée,les bizarreries sérieuses du comportement, des hallucinations et des propos délirants.Il peut y avoir à l’adolescence des épisodes délirants, voire même hallucinatoires,extrêmement saisissants et angoissants pour l’entourage. Ils présentent un caractère brutal, aigu, s’associent à des troubles de l’humeur et des manifestations d’excitation ou de dépression ; ils sont souvent transitoires et passagers, ils nécessitent certes des soins spécifiques, mais n’entachent pas nécessairement le pronostic d’avenir.D’autres troubles, comme des comportements hystériques, des phobies, des obsessions ou des états dépressifs, nécessitent un dépistage et un traitement par des spécialistes. Selon les cas, le thérapeute envisagera une approche individuelle ou avec participation familiale, et parfois une brève période d’hospitalisation . On ne  parlera  que de troubles  en période d’adolescence car le diagnostic de pathologie psychique  fixée ne peut être posé qu’une fois l’âge de jeune adulte. La santé psychique d’un citoyen se construit dans la continuité de sa vie, elle se comprend à partir d’une origine et en fonction d’un avenir, l’adolescent en difficulté doit être considéré dans son environnement : famille, amis, école, lieu de vie, quartier et société.

Les signes d’alerte peuvent être dépistés par les différents intervenants dans l’environnement du jeune.

Crise d’angoisse  , crise de panique , hyperventilation, crise de pleurs   ,somatisation:  tremblement irrépressible , céphalée, douleur abdominale ,  perte de sommeil  ou très perturbé , nombreux réveils nocturnes succédant à difficulté d’endormissement , nuit agitée , terreur nocturne .. Trouble alimentaire , spasmes , nausée , vomissement , perte d’appétit , modification dans le choix alimentaire mais aussi une rupture subite dans les résultats scolaires , dans la concentration , la motivation . Isolement, enfermement progressif dans un état de morbidité, de passivité, de négligence, de silence où seuls  les rires  ou sensation de bien- être relatifs s’expriment lorsqu’il est en contact virtuel , rivé à son écran d’ordinateur ou qu’il donne le change avec des personnes extérieures à la cellule familiale. En présence seule des parents cette gaieté passagère , parfois trop exubérante se transforme  en passivité, en  tristesse avec un déni ou un refus d’exprimer ce qui perturbe ou ce qui fait souffrir le jeune instaurant une perte du dialogue  avec l’adulte .

Frustrant en tant que parent que de voir son « petit » se renfrogner , s’enfermer , s’isoler et entendre les sanglots . Soit il manque de mot pour exprimer ce qui lui arrive soit il ne souhaite pas vous en parler , vous ne pourriez pas comprendre . Le jeune en souffrance est tel un animal blessé. Il se terre dans son antre (sa chambre) , cherche à cacher, à camoufler ses sentiments, ses ressentis, ses angoisses ( il se calfeutre sous des vêtements même quand il fait chaud ) ou vous attaque toutes griffes dehors si vous essayez de l’approcher sur le mode de l’impulsivité, la rupture, les variations d’humeur, l’intolérance, la frustration, l’incapacité d’attendre, la violence contre eux et contre les autres.  Il n’a pas les mots pour exprimer ou considère que vous , parents êtes incapable de l’écouter et de l’aider.

L’isolement quand le mal -être s’installe ne touche pas seulement la cellule familiale .L’absentéisme scolaire en devient un symptôme . Nuit agitée du dimanche au lundi, fatigue. La sonnerie du réveil- matin qu’on n’entend pas , du simple retard à la somatisation ( douleurs abdominales, maux de tête,  spasmes, haut -le cœur, vomissements ou malaise vagal…Autant de raisons de ne pouvoir aller en classe  .Les fléchissements scolaires avec chute des résultats, peur inconsidérées du retentissement d’un mauvais carnet scolaire sur la suite des études ,les  retards, absences non motivées , une phobie scolaire, une demande subite de déscolarisation ou d’alternative comme des cours à distance sans justification autre : s’absenter à soi même ,la fatigue d’être  soi!

Quand à fleur de peau , la jeune fille en fleur et le jeune homme  bouton en éclosion  s’enfoncent les propres épines en plein cœur . Le rite de passage prend des allures de meurtrissures et pour l’adolescent en souffrance vient le marquage du corps . Des accidents de vie , prise de risque, automutilation ( coupures, brulures).Même si ces cicatrices sont souvent cachées dans un premier temps , elles  doivent être décryptéés comme signe de rupture avec la communication verbale, geste de traduction de langage corporel exprimant un manque, une difficulté identitaire , une blessure psychologique dont l’adolescent essaie de cacher la cause ( maltraitance, harcèlement à l’école, abus sexuel dans le cadre incestueux ou non…). Transformer en sensations physiques  la souffrance psychique , s’approprier autrement un corps en métamorphose , corps sexué qui peut déranger, angoisser.

Idées noires, Idée suicidaire , chronicité et intentionnalité  . Comment  en tant que parent  le savoir , en prendre conscience  alors qu’il est , parfois, dans le déni de souffrance   » je ne ressens rien « . La violence n’est pas toujours présente , c’est par le mutisme , par une apparente indifférence totale et par un renfermement affectif avec la disparition de toute forme de tendresse ou de colère , de manifestation de contentement ou de désaccord .Les couples » action/inaction, activité/passivité, intérêt/désintérêt, mouvement/inertie « même si elle est verbalisée sur un blog ,   partagé sur un réseau social , le jeune lorsqu’il commence à aller mal en verrouille l’accès libre pour ne pas porter le poids du jugement , de la critique . Il cherchera d’abord de l’aide compatissante par un de ses pairs .Qui  autre qu’un ado puisse comprendre cet état de mal -être ?certainement pas un alien d’une autre planète qu’est l’adulte , vécu comme juge et non comme personne à l’écoute bienveillante. Génération jeune plongée  dans une vie très différente de celle que vécurent leurs parents à même tranche d’âge . On peut parler d’une société adolescente . Un microcosme dans un univers vécu parfois comme hostile, source d’angoisse, d’incompréhension .

Simon Siwak

Il n’y a pas une adolescence  mais des adolescences … aussi multiples que les jeunes dans leur histoire familiale, culturelle, éducative , sociale , religieuse , ethnique . Cette période de transition entre la petite enfance, passée sous la dépendance étroite des parents, et l’âge adulte qui serait celui de l’autonomie semble d’autant plus difficile que les « événements » familiaux traversés sont déstabilisants. Séparation , divorce, déménagement, précarité professionnelle, chômage, perte de revenus, maladie des parents, handicaps de vie sont autant de fardeaux à porter . l’enchaînement des interactions et des événements qui l’ont marqué et l’ont prédisposé à cette souffrance psychique qu’il semblait cependant traverser sans trop de heurts et qui brise sa capacité de résilience, la capacité à réussir, grandir et des compétences alors même qu’on subit des circonstances de vie défavorables. Soudain , lors d’un événement de plus faible impact l’aptitude d’un corps à résister à un choc laisse place à l’engrenage infernal

L’ adolescent refuse toute limite et multiplie les transgressions et mises en danger graves, y compris contre lui-même : tentatives de suicide, explicites ou masquées. C’est aussi le cas quand il décroche des autres et de la réalité : il est prostré, il refuse de communiquer, il est saisi de moments d’angoisse extrême, il tient des propos sans queue ni tête et un brin mégalos ou mystiques, il entend des voix. Dans un cas comme dans l’autre, le jeune est la proie d’une souffrance sérieuse qui ne doit jamais être laissée en l’état ou méprisée, même lorsque cette douleur s’exprime par des actes inacceptables. Ce qui lui arrive va au-delà de la crise d’adolescence ordinaire et ne s’améliorera pas de manière spontanée.

Manifestations émotionnelles et affectives,bruyantes mais transitoires ou au contraire insidieuse et silencieuse , si on n’y prend pas attention , elles  peuvent prendre l’allure d’une souffrance dépressive. La dépression clinique de l’adolescent ne doit pas être ignorée ; on sait qu’elle touche en moyenne 2 à 8 % de la population de cette tranche d’âge. La prise en charge, dans sa spécificité infantilo juvénile fera, ultérieurement,  l’objet d’un autre article , dans ce blog.La prévention de la dépression passe par son repérage précoce : certaines questions posées aux jeunes pourraient aider à repérer ceux pouvant être déprimés ou sub-déprimés, ce qui permettrait de proposer rapidement un soutien adapté.

Quelques pistes de réponses appropriées pour un état de « crise »:

Etre sage et performant , correspondre à l’enfant idéalisé , répondre aux attentes des parents , on fait voler tout cela en éclats en cherchant à détruire  cette image . Le rire « avec » devient ironie , le vocabulaire comporte des noms d’oiseaux . Cynique , arrogant et provocateur ou passif zombie silencieux , renfrogné, refusant  ou omettant les gestes d’entraide ménagère, hygiène corporelle, et de son environnement.  La maison devient un hôtel de passage, sa chambre un taudis  , grand écran cinématographique où se projette un film 3D d’éclats de voix, de portes qui claquent, de murs où on se fracasse, de rires hystériques au débordement tsunami , flot de larmes incontrôlables, ou sanglots étouffés, plaintes et cris lors de cauchemars ou terreurs nocturnes.

Calmer le jeu . l’adolescent attend de ses parents la conservation d’un modèle de stabilité . Comment vaincre l’agressivité et la violence du jeune si vous-même sortez de vos gongs  . Effet rebond ou miroir . Tension , nervosité et réponse impulsive parfois inadaptée  à son comportement odieux , à sa provocation . Trouver les mots pour transformer la violence  en colère  parlée , montrer son opposition à certains débordements et à la mise en danger  réelle . Réaffirmer les limites en étant apaisant , montrer qu’on est attentif  , éviter l’humiliation .

Essayer de relancer une communication .Faire preuve de patience, ne pas chercher à brusquer. Créer une atmosphère de confiance, de calme , chercher à désamorcer tout conflit qu’il tente  de provoquer . Le jeune cherche à tester toutes les limites , que ce soit les siennes par des comportements de prise de risque ou celles de l’adulte .  Difficile  parfois de rompre l’isolement volontaire et le mutisme dans lequel il s’enferme .réponse classique  en leitmotiv :  » tu ne peux pas comprendre , cela ne te regarde pas  » .

Lui faire sentir que vous prenez en considérations ses sentiments, ses problèmes sans le rabaisser ou banaliser sous couvert de  la crise adolescente . Le  » ce n’est qu’un mauvais moment à passer , tu verras plus tard ….  » Le jeune vit avec douleur le moment présent , il est en rupture avec sa petite enfance dont il cherche à s’extirper et ne peut se projeter dans un avenir incertain .  L’engagement positif  , par de petits gestes, par le sourire , le contrôle de sa propre colère , de ses émotions négatives , (ne pas réagir de façon impulsive) régler ses propres problèmes personnels  ou en minimiser l’impact ., montrer  qu’on se préoccupe de lui , , lui témoigner son affection , passe du temps avec lui , lui renvoyer cette image positive dont il a tant besoin pour l’aider dans la réappropriation de l’estime de soi .Proposer des activités ou des sorties qu’il affectionne . Même si vous essuyez des refus systématiques, vous lui envoyez le message que vous ne baissez pas les bras . Tel un funambule sur une corde raide l’adulte doit jongler entre autorité et bienveillance, ne jamais tomber dans le laxisme du « laisser faire » .

Les jeunes qui perçoivent une bonne cohérence familiale, qui ont le sentiment d’être objet de l’estime de leurs parents, et qui arrivent à parler avec un membre de leur famille ou même un professeur ont moins d’idées suicidaires.L’aider à trouver cette personne « ressource » vers qui il pourra se tourner pour exprimer ce mal- être qu’il ne peut verbaliser avec vous . Argument qu’il développe , le fait de s’entraider entre jeunes, ils  sont dans la même galère comment trouveraient-ils une solution  à leur propre problème existentiel lorsqu’ils se transforment en véritable éponge à émotions , se chargeant des ondes négatives , de la tristesse et n’ayant pas les clés pour  essorer ,(prendre de la distance  être dans l’empathie  , avoir conscience de la souffrance de l’autre sans s’y identifier) . Les partages et échanges entre les membre de la tribu des amis ne fournissent pas , la plupart du temps , les réponses adaptées.  Le paradoxe est que ces adolescents ont besoin, pour se construire et se comprendre, de cette évasion dans un monde à eux, autre que celui des adultes. Montrer un intérêt pour leur passion , valoriser un projet exposé, une requête , accepter le  surinvestissent dans la vie relationnelle extrafamiliale, l’appartenance à la tribu dont il vivra comme rituel d’autonomisation  cette étapes dans la construction d’une identité après imprégnation d’un langage, d’une mode vestimentaire, d’activités communes ,mimétisme et identification réciproque dont les parents  sont exclus.

Inégalité de bien -être entre les enfants et les adolescents dans les pays riches , progression des manifestations de souffrance psychiques et psychologiques , idées noires, violence, comportements à risque , suicide touchant toutes les couches de la société française mais dont les inégalités en matière de revenus influent tant sur la réussite scolaire que sur la prise en charge précoce des problèmes de santé chez les jeunes. L’instabilité et la  précarité face sociale qu’il vit à l’intérieur de lui-même, le ressenti d’un faible niveau de satisfaction dans la vie au travers des conditions socioéconomiques, d’un monde en remaniement perçu comme chaotiques, des angoisses et doutes émis par les adultes quant à l’avenir incertain exposent-ils les jeunes à des risques pour la santé ou est-ce l’inverse ? Education et Santé sont des fers de lance de programme politique voulant lutter contre certaines inégalités, mais   aucun programme politique soucieux du bien -être de l’enfant ne peut négliger cet autre  aspect et en rejeter la pertinence.

 

Références :

Bilan  Innocenti 13 lancé par le centre de recherche de l’UNICEF   2016, « Équité entre les enfants : tableau de classement des inégalités de bien-être entre les enfants des pays riches ».Innocenti 13,  Centre de recherche de l’UNICEF – Innocenti, Florence.

 » LA SOUFFRANCE PSYCHIQUE DES ADOLESCENTS ET DES JEUNES ADULTES « Ministère de l’Emploi et de la Solidarité, Haut Comité de la santé publique

Yakapa.be  (une action de la communauté française) manuel de survie pour parents d’ados qui pètent les plombs ;44, Boulevard Léopold II – 1080 Bruxelles -yapaka@yapaka.be

Illustrations : Simon  Siwak

Influenza aviaire : Qui seront les vaincus au jeu de l’OIE, le grand Sud Ouest a la chair de poule

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Vae victis , Brennus (dont les fans de rugby à 15 connaissent le fameux bouclier), chef gaulois , qui , pour la grande Histoire ne sont pas les ancêtres des français, n’aurait pu envahir Rome et son Capitole que gràce  ou à cause du signal donné par des oies . C’est  après un siège de plus de 7 mois que les romains, épuisés, affamés se rendent . De la mythification historique : Ce que nous appelons  peuple gaulois étaient
des Ambiens, des Helvètes, des Séquanes, des Sénones, des Carnutes, des Parisii, des Vénètes, des Pictes, des Rèmes, des Bellovaques, des Ménapes, des Aduapes, des Allobroges……. Rappel que Jules César mena la guerre des Gaules .Pluralité que ces gaules là.

Vae Victis : malheur aux vaincus . Ce sont bien les oies,les jars, les canes et les canards, du Capitole toulousain aux fins fonds de tout le Sud Ouest de la France qui vont être vaincus. Point de foie gras ou de magret, pas de destruction massive des élevages pour enrayer la grippe aviaire. Les palmipèdes vivants actuellement dans les élevages non infestés par l’influenza aviaire iront à maturité avant d’être tués et commercialisés . Un sort tout autre touche les œufs, qui eux seront détruits systématiquement pendant au moins 4 mois, suivis d’un vide sanitaire de 2 autres pour un retour à la normale fin juin, début juillet.
La formule adoptée prend effet dès lundi : les élevages ne recevront plus de canetons. La production va ensuite être progressivement arrêtée. Au fur et à mesure, ils vont se vider.
L’objectif est que dans quatre mois, il n’y ait plus aucun volatile dans les huit départements concernés : la Dordogne (13 cas), les Landes (28), la Haute-Vienne (1), le Gers (10), les Pyrénées-Atlantiques (12), les Hautes-Pyrénées (3), le Lot (1) et la Haute-Garonne (1).

Ainsi en a-t-il été décidé en haut lieu par le Conseil national d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale du ministère de l’ Agriculture .
«de quoi vivront les éleveurs, comment rembourseront-ils leurs investissements, quelles importations vont venir remplacer les volumes non produits chez nous? Et que dire des abattoirs et de toute la filière aval concernant cette production à haute valeur ajoutée?»a demandé Patrick Franken, président de la Coordination Rurale 47 ( Lot et Garonne)

Réponse de Enrico Brivio
C’est la France qui décidera du montant de l’enveloppe pour les indemniser. Elle en financera 50%, le reste étant à la charge de l’Europe, s’engage Enrico Brivio, porte-parole du commissaire Européen à la santé et à la sécurité alimentaire, qui salue les mesures prises ce jeudi.

En cas de confirmation de grippe, les mesures obligatoires en Europe sont  : l’abattage et la destruction sur place de toutes les volailles et des œufs de l’exploitation, le nettoyage et la désinfection de l’exploitation suivis d’un vide sanitaire de 21 jours, la mise en place de zones de protection (rayon de 3 km) et de surveillance (rayon de 10 km) autour de l’exploitation a rappelé le docteur Bernard Vallate patron de l’OIE ( Office international des épizooties.)
«Nulle part ailleurs dans le monde, nous n’avons jusqu’à présent vu se développer aussi vite et en même temps trois souches de grippe aviaire». Surpris, le patron de l’OMS animal se dit néanmoins «optimiste» pour la suite. L’épidémie va s’arrêter assez vite, dit-il. «Le consommateur n’a rien à craindre. Le risque de transmission du virus de la grippe aviaire à l’homme est quasi-nul et en tout cas il ne se transmet jamais par ingestion de produits de volailles, crus ou cuits». Les dégâts économiques eux ont déjà eu lieu. Nombreux sont les pays fermant leur porte aux exportations françaises de volailles et produits de volailles .

La France fait face à une épizootie inédite : près de 70 foyers détectés dont une trentaine dans les Landes. Inédite aussi par l’identité du virus : jusqu’à présent, l’épidémie était asiatique, elle arrivait chez nous par les oiseaux migrateurs. Visiblement le virus a muté, il est désormais européen. « Ce type de H5N1 est un peu différent du type asiatique. On donne aux Etats membres la possibilité d’appliquer des mesures plus drastiques » dans ce cas, explique Enrico Brivio.

Capito ? Capitale que cette éradication programmée. Vae victis ! Avis aux auques, aux « avica, ganz, gaaz,chen, iouaz » ..de quoi donner la chair de poule aux oies blanches . Et pendant ce temps là le canard était toujours vivant ( tiré de :la chasse aux canards, Robert Lamoureux). De quoi déchainer un autre canard d’une plume acerbe et ironique Le Canard enchainé . Finis de se gaver, les repas de fêtes de fin d’années sont digérés.

OVO – Court métrage Alban Sapin 2013 (English subtitles)

Court-métrage réalisé par Alban Sapin, en 2013 avec 32 sélections et 4 prix. Une vision sur le fascisme, le racisme, la persécution des différences poussant à l’exil.

Alors qu’un parti fasciste monte en puissance et devient dangereux, Laurent fuit le pays.

​Sur le chemin qui le mène à l’exil, il se remémore les événements marquants qui l’ont poussé à tout abandonner.

Sous influence : les dessous de comportement induit librement consenti ou acte de manipulation

eloge-du-moi

Petite phrase anecdotique au cours d’une conversation :  » tu as toujours été sous influence .. » qui a déclenché illico presto une réaction épidermique, puis viscérale suivi d’un tsunami dans la boite crânienne. Il est toujours surprenant de voir comment l’impact d’un mot, d’une expression, d’une image crée un ensemble de processus cérébraux pouvant aller jusqu’à la symptomatique corporelle de tensions internes. Les cliquetis des rouages et engrenages, les petites voix intérieures bonnes et mauvaises viennent parasiter la paix de l’ estime de soi construite avec le temps, les expériences, les acquis, les épreuves, échecs et succès tout au long de l’enfance et de la longue phase de maturité de vie. Influences, conformisme ou mimétisme, mécanisme de modification, de changement induit ou manipulation consciente et inconsciente, soumission librement consentie pourquoi pas ?

Etre sous influence d’un mouvement d’ouverture d’esprit, de partage de savoirs ou d’apprendre à aller fouiner , à prendre le temps de s’arrêter dans cette vie hyperactive, à s’isoler un peu en ne trainant pas sur les réseaux sociaux si ce n’est y jeter un œil averti , y piocher un lien et creuser , aller lire des avis , des références , des idées et les contre- idées , les mouvances d’intelligence collective . Non pas une consommation pré mâchée instillée au goutte à goutte sponsorisé des médias concoctés par des bien pensants , cul & chemise avec les gouvernants. Lire, écouter , prendre le temps de passer de l’intuition à la raison, réfléchir , analyser .
Sous influence , est -on libre de penser par soi même , de s’affranchir sans tomber dans les extrêmes comme la pensée unique , penser à plusieurs , le mimesis , mimétisme , les coïncidences , les ressemblances , plagiat ou recyclage , dans le processus de création , retentissement des connaissances , imprégnations des émotions, sensations , situations vécues , n’est-il pas normal de re instiller une portion de mélodie, un groupe d’accords musicaux mémorisés et associés à une image , une sensation , une émotion ? Idem pour un dessin, une peinture, sculpture, un texte , un instantané photographique ? Le trait, le mot, le déclic créatif se nourrit de ce qui a été appris, ressenti, mémorisé, intériorisé. Il est le fruit d’actes antérieurs et non pas seulement d’une intention, d’un intérêt, d’une conviction. On peut alors se demander s’il est encore possible de voir naitre des innovations . Y a-t-il vraiment un phénomène de nouveauté ou seulement des éléments d’informations , communications , partages d’idées ayant déjà été perçus , développés ou non à petite échelle et qui grâce à l’outil diffusion via Internet gagne en popularité , en force de frappe ? L’innovation , c’est peut-être le fait d’oser. Oser se lancer seul ou en petit comité dans la réalisation d’un projet, d’un rêve, d’un désir profondément ancré . Se changer soi même et impulser une énergie de changement autour de soi. Oser partager sa passion, devenir son propre patron en proposant son savoir- être, son savoir- faire et ses savoirs scientifiques ou profanes. Agir en citoyen responsable sans attendre les recommandations ou aides de l’Etat, de la région ou d’une association . Dans une démarche individuelle mais non individualiste, montrer l’exemple sans espérer aucune reconnaissance ou aucun jugement de qui que ce soit. A-t-on attendu les effets d’annonce et influences des chefs d’états des nations réunis à la COP 21 pour se lancer à économiser l’énergie, à modifier ses habitudes de consommation, à ouvrir les yeux sur les leurres, les impacts nocifs sur la santé, l’environnement, la qualité de vie au quotidien?
Influencés par la publicité, par la mise en avant en tête de gondole de certains produits, par les rabais alléchants, par le sourire charmeur de la vendeuse, par la gouaille du bonimenteur , par les phéromones et molécules odorantes pulvérisées pour vous appâter, éveiller le désir d’avoir, de posséder , vous soumettre à répondre compulsivement en achetant encore et toujours plus , nous nous laissons parfois manipulés par ceux qui ont bien compris l’enjeu d’appliquer les techniques issues de la connaissance dans le domaine psycho social et cognitif.

Lucynda Lu

L »homme agit et pense en fonction de ses actes antérieurs et non pas en fonction de ses convictions, ses idées ou de ses intérêts . Tel est le constat édicté par Robert Vincent Joule et Jean Léon Beauvois, auteurs du Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens présenté des 1987 (Presses Universitaires de Grenoble) et édité pour le grand public en 2014. plutôt que de jouer sur les stratégies de persuasion ou sur la motivation, la stratégie d’engagement ou de manipulation consiste à amener la personne à effectuer un acte préalable qui par la suite favorisera ou provoquera le comportement recherché . Joule et Beauvois étayent cette théorie en s’appuyant sur des expérimentations illustrant les processus utilisés. « Vous avez besoin de passer un appel téléphonique et avez oublié votre appareil. Faites vous-même le test . Demander aux personnes autour de vous si vous pouvez utiliser leur téléphone pour joindre votre correspondant. Combien le tendront spontanément ? Dans un premier temps, demander l’heure, engager un minimum de discussion et parler du problème majeur auquel on est confronté, cette nécessité d’un appel téléphonique bref mais indispensable. L’ amorçage , par la première petite faveur n’engageant à rien si ce n’est entrer dans une démarche de coopération ponctuelle ouvre la porte vers une procédure de soumission librement consentie , la décision qui conduit à l’acte : la mise à disposition du téléphone . Cette technique est largement appliquée lorsque pour un article attractif soldé mais en rupture de stock est proposé un objet de substitution équivalent mais à prix fort. Qui n’a pas reçu le message du :  » vous avez gagné un voyage de rêve, un caméscope ou tout lot qui , pour que vous puissiez y accéder demande un abonnement à une revue, un passage forcé dans un hall d’exposition de meubles, de voitures etc.. Et comme par hasard , un défaut de fabrication a été constaté, la faillite du tour opérateur du voyage et vous voilà récompensé d’un magnifique lot de couteaux de cuisine, d’un tire bouchon , d’un porte clé « made in china » en dédommagement de votre déplacement ainsi qu’un harassant discours de placement de produits beaucoup plus onéreux et souvent inutiles dans vos besoins actuels. Ce biais de manipulation est basé sur la dissimulation d’informations importantes lors d’une première demande trompeuse permettant d’obtenir une première réponse positive. Outre ce domaine marketing publicité, cette manipulation se retrouve dans le domaine politique, sectaire, religieux, militaire, les groupes de jeunes (facilement influençables)mais aussi dans le management des ressources humaines et des entreprises.

Etre sous influence : Il est des domaines où ce besoin d’être guidé, d’être amené à dépasser le stade des attentes au stade d’engagement et d’action par l’intervention d’une tierce personne vous poussant à faire ce que vous n’auriez pas accompli seul peut se révéler positif. A chacun son rôle: des leaders, des meneurs et d’autres qui suivent , qui exécutent. Rien de mal à ne pas avoir l’esprit de compétiteur, de gagnant mais celui de partenaire, de soutien logistique, de compagnon d’aventure, celui qui seconde, qui épaule, le  » passeur ». L’activité professionnelle ne se conçoit alors qu’au sein d’une équipe . Le partenaire « idéal » dans le domaine affectif , loin d’être un pervers narcissique manipulateur et destructeur est investi du rôle de mentor, de catalyseur pour la bonne chimie du couple. L’un en demande, l’autre en position d’offrir, le duo peut fonctionner harmonieusement .Inciter à faire ce que nous ne ferions pas spontanément, amener quelqu’un à faire en toute liberté ce qu’il est souhaitable qu’il fasse pour qu’il en retire un bénéfice d’avoir dépassé ses blocages , ses automatismes mentaux ( pensée heuristique dotée d’entraves cognitives empêchant de penser librement) nous ouvrent vers une pensée algorithmique , rationnelle et logique où déductions, inférences et comparaisons coupent le « passif » des croyances, habitudes, opinions , stéréotypies et idées reçues engrangées par l’éducation, le milieu social, le discours des medias et l’idéologie dominante. Processus affectif et cognitif que d’avoir ce » sens de l’autre  » en ce qu’il peut influencer la capacité à intégrer le point de vue différent du notre , les interactions des processus de communication . Accepter ou chercher à être guidé, à être remis en cause dans nos représentations, prendre conscience de notre crédulité ou des mécanismes de traitement des informations sous influence de nos biais culturels et sociaux et de nos illusions mentales. Un cerveau averti en vaut 2 et 2 cerveaux fonctionnant ensemble c’est le début d’un accord dominant /dominé qui peut alterner sous influence mutuelle sans manipulation donnant alors libre cours à une intelligence collective en collaboration justifiée , en empathie loin de la pensée dogmatique.

 

Nourris d’émotions et de raisons, cette capacité à accepter le point de vue de l’autre même s’il diffère nous pousse à ouvrir les portes d’une partie de notre monde intérieur, notre  » moi » barricadée, isolée de hauts murs construits brique à brique dans les fausses croyances, les apparences, les faux raisonnements , de persistance dans l’erreur, son auto embrigadement loin de la réflexion et du doute. L’impact des influences de l’autre induisant des actes plus ou moins tardifs apparemment anodins marquerait la qualité de socialisation de manière déterminante dans les choix et décisions ultérieures. La sensibilisation et la persuasion face à une soumission librement consentie, de l’engagement à la manipulation pour une acceptation, une action ou un changement dans les comportements, les neurosciences, la psychologie sociale , l’étude de la nature , de l’esprit humain et des stratégies et processus de fonctionnement ont encore de quoi nous surprendre.

 

 

Liberté de choix, état de conscience: l’entre-deux

brainmetaphor

Au moment de glisser un bulletin de vote dans l’enveloppe, le citoyen est théoriquement seul face à sa décision, son choix dans l’isoloir. Face à sa conscience, a-t-il vraiment la liberté de choisir? Agir en son âme et conscience, cette petite expression a de quoi éveiller plus qu’un intérêt en philosophie politique. Les français , au nom de la démocratie et de leur étendard tant revendiqué ces temps ci « liberté-égalité-fraternité » sont-ils libres de leur choix? Sont-ils conscients ou vont-ils se réveiller d’une période de coma où ils étaient plongés avec de lourdes séquelles neurologiques comme un état végétatif ou une conscience minimale ?

Grâce à l’avancée dans le domaine de l’imagerie médicale, les neurophysiologistes peuvent étudier de manière plus précise les liens et interactions entre les différentes zones du cortex cérébral. Il serait intéressant de visualiser ainsi, en dynamique, le processus cérébral mis en œuvre dans la boite crânienne du votant . A-t-il pu traiter correctement les informations sensorielles transmises par ses nerfs périphériques? Les « stimulis » perçus par les organes sensibles du corps peuvent être perturbés à la base par un mauvais encodage de ceux-ci. Leur acheminement vers les zones primaires de cryptage en un autre signal peut se trouver interrompu. Une partie du cerveau est isolé et déconnecté des aires adjacentes et associatives qui permettent le traitement cognitif de ces messages sensoriels. Un patient en état végétatif ne perçoit pas ou ressent différemment le stimuli douloureux ; malgré ses yeux ouverts son cerveau ne décode pas l’image transmise .Cependant, certains messages à forte connotation émotionnelle semblent vaincre ces obstacles. Certains sons comme les pleurs d’un enfant, certains mots comme un nom ou un prénom semblent activer des zones cérébrales impliquées dans la compréhension d’un discours et le sens des mots déclenchant une réponse plus ou moins appropriée en cherchant à obéir à une consigne.

L’activation des liens entre les différentes zones (motrices, perception, mémoire, réflexion) intervient dans le mécanisme de la conscience.

censo

Revenons à notre électeur, dans son isoloir. En entrant dans la salle de vote, il voit les papiers portant les noms des candidats (perception), il les prend et se dirige ( motricité) vers le lieu discret dédié au moment de son choix . Il ne garde qu’un bulletin et décide de le glisser dans l’enveloppe (mémoire/réflexion et action motrice de finalisation). Liberté de choix, se sentir libre de choisir ou dépende d’un  » moi  » caractériel, chargé de contradictions, de contraintes, d’exigences, de servitudes au niveau du processus psychique que sont les biais cognitifs , encore appelés les biais mentaux (mécanisme de perturbation ou déviation dans les interprétations influençant le choix , court-circuitant une simple analyse ou intuition vers une spirale de raisonnement illogique ou manipulé . Il faudrait apprendre à reconnaitre ces mécanismes décryptés et utilisés en neuropsychologie mais aussi en économie et finance . Les représentations mentales, les croyances engrangées au cours du temps par l’éducation, la culture, le milieu familial, scolaire, amical , professionnel, par sa culture, ses savoirs scientifiques ou populaires, les idées fausses ou les clichés en dissonance quant à la pertinence des messages véhiculés ( moralité, éthique, jugement, réflexion, imagination ou raisonnement).La petite voix intérieure de notre votant a servi de filtre, d’entrave à une totale liberté de choix et libre à lui alors de se tromper sur les intentions, sur l’interprétation des informations , de leur disparition ou  de leurs absences . Se sentir libre de s’exprimer au travers d’un vote , dans le système démocratique tel qu’il est conçu actuellement en France ne serait qu’une illusion passagère de plus .
Un nom figure sur le bulletin de vote , l’œil l’enregistre , la main agit en glissant dans l’enveloppe et mettant celle-ci dans l’urne.
Le système cognitif était -il en état de pleine conscience ? Il semble parfois morcelé tout comme la conscience que nous avons du monde , non unifié. Plusieurs systèmes distincts et normalement interconnectés cohabitent dans la même boite crânienne. Généralement , les différents systèmes coopèrent et fournissent alors une interprétation adaptée. Un seul est hors fonction et cette harmonie est remise en question, laissant place aux apparences. Cependant le cerveau a cette faculté de plasticité exploitant d’autres sources d’informations pour suppléer celles détériorées, créant d’autres circuits et alliances interzones. Tout comme cette  » liberté » de choix , la représentation et l’expérience de vie que nous faisons du monde mêlent une sorte de réalité virtuelle (création d’images cérébrales) difficilement indiscernable de la réalité objective filtrée par nos sens. D’une part la réalité et d’autre part la perception que nous en avons .

Coma, état végétatif ou de conscience minimale, quand les neuro- sciences viennent éclairer la pénombre et l’obscurité d’un isoloir et cherchent à restaurer un éveil sans trop de séquelles.