Ethnique Psychédélique, azéri à Toulouse et bien au delà :Araz

Araz prayer for love

Non pas pour la promotion d’une émission de télévision qui certainement sélectionne parfois en double aveugle les candidats  » élus » à continuer une aventure télé pseudo réalité qu’est « The Voice », mais mettre en avant un homme, un artiste, un parcours , une vie au-delà des quelques minutes de diffusion de la petite boite à sons et à images ,qu’un autre musicos ,il y a quelques années avait mis en rengaine et en couplets sous le satirique intitulé « la lucarne à blaireaux « .

C’est sur le site Toulangues.org, portail toulousain des langues du monde que Viviane Bergue nous trace le portrait d’ Araz ou plus exactement d’ ArazÔzarA. En rebloguer l’intégralité est un choix délibéré, quant à mettre en avant l’accueil de la région toulousaine, toujours les bras grands ouverts à s’enrichir de la culture de la différence et montrant qu’à travers les sciences et les techniques , les arts , les ponts construits pierre à pierre entre l’Orient et l’Occident sont des actes d’amour.

En 2013, Piera fait la connaissance d’Araz, jeune artiste azéri, alors qu’elle est responsable de l’Institut français en Azerbaïdjan, en charge de l’organisation de la Fête de la musique à Bakou, la capitale. Quelques mois plus tard, les voilà mariés et installés en France, à Toulouse. Une telle rencontre n’aurait pu être possible sans la passion de Piera pour les langues orientales et notamment le russe. « Mon père est franco-grec et ma mère est franco-polonaise donc j’ai grandi dans un milieu pluriculturel, explique-t-elle. Quand j’avais 5 ans, mes parents ont fait un voyage en Europe de l’Est, notamment en Ukraine et en Pologne, les pays de ma grand-mère maternelle. Ils ont profité de la chute de l’URSS pour y faire un grand voyage et pour que ma mère puisse découvrir la culture de sa mère parce qu’elle n’a pas pu bénéficier de cette richesse interculturelle. Et ils sont revenus avec des contes, des balalaïkas, des jouets, etc., et moi, j’ai baigné dans ce monde slave. » De fait, l’histoire familiale de Piera est en partie liée à la grande Histoire, celle qui a vu les frontières européennes se modifier et la domination soviétique s’étendre à d’autres pays à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le village où est née sa grand-mère était polonais avant la guerre, mais une fois celle-ci terminée, il était désormais ukrainien. Pour Piera, apprendre la langue de ce pays était une nécessité. Trouver des cours d’ukrainien était mission impossible ? Eh bien, soit, elle apprendrait le russe, parlé dans tout l’ancien espace soviétique. Par chance, dans son collège, elle pouvait choisir le russe comme première langue vivante. « J’étais tellement passionnée par le russe et par les langues en général que j’ai ensuite décidé de faire mes études à l’INALCO (Institut National des Langues et Civilisations Orientales) à Paris. C’est une université complètement géniale où on peut apprendre 92 langues rares. J’ai appris le russe, le biélorusse, le géorgien, et avant de partir en Azerbaïdjan, un peu d’azéri. »
Grâce à sa connaissance de langues peu étudiées en France, Piera s’est retrouvée à travailler dans l’humanitaire et la diplomatie, ce qui l’a conduite, lors de sa dernière mission, en Azerbaïdjan, un pays hélas bien peu connu sous nos latitudes. La patrie d’Araz, que ce dernier est fier de présenter. « Partout où je vais, je porte l’hospitalité et la douceur de mon peuple, et la grande Histoire de mon pays en moi, et plus que tout la musique d’Azerbaïdjan. Je suis musicien, et pour moi, la musique de mon pays, c’est un vrai trésor. Quand je l’écoute, ça me donne envie de rester heureux tout le temps parce que chaque fois que j’entends le chant traditionnel azéri, je revois les montagnes, les forêts de mon pays, et la mer Caspienne, le goût de la mer Caspienne, le son de la mer Caspienne,… C’est un trésor qui vit en moi. »

« Dans ma famille, on parle tous le russe et l’azéri »
Situé sur la ligne de division entre l’Europe et l’Asie, sur les rivages de la mer Caspienne, l’Azerbaïdjan est un pays du Caucase frontalier de l’Arménie, la Géorgie, la Turquie, l’Iran et la Russie. L’ancienne puissance soviétique a laissé des traces dans cette république, autrefois membre de l’URSS. La langue russe notamment est encore parlée par une minorité de gens à Bakou. Rien d’étonnant à cela puisque à l’époque soviétique, le russe était la langue vernaculaire, celle que tout le monde parlait, sauf dans les campagnes. Bakou, ville portuaire et cosmopolite par excellence, a, du reste, toujours été au confluent des échanges commerciaux avec les Perses, les Turcs et les Russes. « Dans ma famille, on parle tous le russe et l’azéri, raconte Araz. Et c’était pas vraiment difficile à apprendre. Je peux parler couramment le russe et couramment l’azéri. En fait, les jeunes originaires de la capitale parlent tous russe couramment. Quand j’étais enfant, à l’école, tout le monde parlait russe. Les Bakinois parlaient russe mieux qu’ils parlaient azéri à mon époque. Mais maintenant tout a changé. » En effet, depuis la chute du mur et l’indépendance de l’Azerbaïdjan, le russe disparaît progressivement, au profit de l’azéri, désormais langue nationale. Une évolution qu’Araz ne remet guère en cause. Après tout, l’azéri est la langue originelle de l’Azerbaïdjan, et il est normal que ses habitants s’expriment enfin dans leur langue et non plus dans celle du pays qui les a longtemps dominés. « Il faut parler azéri parce que l’Azerbaïdjan a de grands poètes, de grands écrivains qui écrivent en azéri, et il faut que ma génération et les futures générations parlent azéri et lisent ce que les poètes et les écrivains écrivent en azéri parce que c’est une vraie richesse. » Cependant, le jeune homme est d’accord pour reconnaître qu’il serait dommage d’abandonner complètement la langue russe car celle-ci ouvre la possibilité d’accéder à une autre culture et notamment aux grands écrivains russes que sont Pouchkine et Dostoïevski, qu’il est préférable, selon lui, de pouvoir lire dans le texte original et non en traduction. Piera partage son avis. « Je trouve que le bilinguisme est une énorme richesse. C’est dommage qu’en Azerbaïdjan mais pas seulement, en Arménie, en Géorgie, dans presque tous les pays qui étaient autrefois russophones, les jeunes délaissent le russe au profit de l’anglais qu’ils ne peuvent pourtant pas pratiquer autant pour la bonne raison que grand voisin, c’est la Russie et le russe reste la langue de communication dans cette zone. Un Arménien, un Géorgien et un Azéri qui se rencontrent, parlent en russe. » Piera souligne tout l’avantage qu’il y a à parler nativement plusieurs langues, par opposition au monolinguisme français qu’elle voit comme l’une des raisons des difficultés des Français dans l’apprentissage des langues étrangères. Néanmoins, force est de constater que pour les jeunes Azéris, ce sont désormais l’Europe et les États-Unis qui font rêver, d’où la perte de vitesse du russe, concurrencé par l’anglais, sans compter la forte émigration des populations russophones. Les temps ont changé.
Araz fait peut-être partie de la dernière génération d’Azéris qui peuvent encore considérer le russe comme une deuxième langue maternelle, ce qui permet au jeune homme d’affirmer : « On peut dire que j’ai appris seulement deux langues, l’anglais et le français. » C’est son père qui l’a poussé vers l’anglais et aujourd’hui il lui en est reconnaissant car c’est la langue qu’il préfère. Le français, c’est une autre histoire. « Le français, c’est une langue que j’étais obligé  d’apprendre, mais c’est aussi une langue que j’aime vraiment. J’ai du respect pour le peuple français, et je suis là en France, je vis en France,… Je pourrais parler anglais mais j’ai pris la décision d’apprendre le français pour bien m’intégrer, pour respecter les Français. »

« L’autre partie de moi que j’appelle Zara »
L’intégration, un point souvent problématique pour tous ceux qui font le choix de s’installer dans un autre pays. Heureusement, Araz peut compter sur l’aide et le soutien de sa femme. Piera l’a en effet aidé à s’acclimater aux coutumes françaises, aux différences qui peuvent exister entre notre conception des rapports hommes/femmes ou encore des rapports entre amis, et celle en vigueur en Azerbaïdjan. Bien plus que cela, elle a mis sa propre carrière entre parenthèses pour le soutenir dans ses projets musicaux, car Araz est avant tout un artiste qui espère bien percer sur la scène musicale. Auteur, compositeur, interprète, il a son propre groupe, The Preachers, dont le son mêle funk, soul, rock, blues. Si jusqu’ici le groupe a surtout interprété des reprises de titres en anglais, ils préparent des morceaux inédits, dont cinq sont déjà enregistrés, et qu’ils interprèteront lors de leur prochain concert le 5 février.
En parallèle, Araz développe sa propre musique, mélange d’influences soufies, de sons psychédéliques des années 60, et de musique traditionnelle azerbaïdjanaise, le mugam. Celui-ci, à l’instar de la musique soufie, est basé sur l’improvisation, la répétition des motifs, et le thème spirituel de l’amour divin, l’amour pour la nature et l’amour pour la femme. « Le mugam c’est très compliqué, il y a énormément de nuances, et je ne peux pas dire que je suis chanteur de mugam parce que je ne fais qu’utiliser quelques motifs de mugam et beaucoup de nuances de musique soufie et je mélange tout ça avec ma propre vision du monde, ma propre vision des choses. » Piera et lui en profitent au passage pour évoquer la particularité du soufisme, courant mystique de l’islam qui prend ses distances avec les dogmes musulmans traditionnels. Araz évoque notamment le poète soufi azéri Saiyid Imad ad-din Nassimi qui vécut de 1369 à 1417 et qui fut exécuté par les autorités de l’époque pour ses propos progressistes, entre autres concernant l’éducation des femmes. « Mais dans le domaine musical, c’est plutôt le chanteur soufi pakistanais Nusrat Fateh Ali Khan qui m’a inspiré. Quand je l’ai écouté, je suis vraiment tombé en transe et j’ai trouvé l’autre partie de moi que j’appelle Zara, parce que je m’appelle Araz et Zara, c’est Araz à l’envers. Zara c’est l’autre côté, c’est comme la face obscure de la lune. Il y a la lune qu’on voit et il y a la lune qu’on ne voit pas. »
Araz n’en oublie pas pour autant son amour du blues et des groupes qui ont marqué l’histoire de la musique anglo-saxonne : les Beatles, les Rolling Stones, les Bee Gees, Led Zeppelin, Pink Floyd, des groupes dont il doit surtout la découverte à son père qui lui a offert la première cassette des Beatles lorsqu’il n’avait que 8 ans. Contrairement à ses camarades de classe qui n’écoutaient que de la pop commerciale, Araz a ainsi baigné dans un univers musical plus riche. Aujourd’hui, c’est fier de ses racines et de ses différentes influences musicales qu’il peut participer à l’édition 2016 du célèbre télé-crochet de TF1, The Voice, une expérience qu’il ne regrette pas, même s’il n’a pas pu continuer au-delà de l’épreuve des battles. S’il a tenté l’aventure, c’est entre autres parce que certains de ses amis chanteurs en Azerbaïdjan ont participé à des versions étrangères de The Voice, ce qui leur a ouvert de nombreuses opportunités. Alors pourquoi ne pas essayer ? Il aura bien fait car, ainsi que nous pourrons le découvrir samedi prochain, tous les coachs se sont retournés et il a choisi Zazie. « J’ai rencontré plein de musiciens et de chanteurs intéressants. Je ne regrette rien. Le plus marrant, c’est que les gens nous voient deux minutes à la télé mais ils ne savent pas qu’on a passé des heures de préparation. Ils me voient deux minutes et ils pensent : “Ah ouais, il a chanté bien” mais ils ne savent pas que j’ai attendu seize heures pour chanter ces deux minutes. J’avais les yeux complètement rouges au moment où je suis passé et Zazie m’a demandé : “Est-ce que tu as fumé quelque chose ? Est-ce que tu as pris quelque chose ?”J’ai dit que c’était seulement la fatigue. »
Il espère bien que son passage dans l’émission lui donnera davantage de visibilité pour promouvoir sa propre musique.

Nous pourrions laisser Araz et Piera sur cette note musicale et positive et les laisser retourner à leurs divers projets, comme celui de café culturel que Piera projette de créer à Toulouse, un lieu où tous, Français comme étrangers, pourraient se retrouver et échanger pour apprendre les uns des autres en dépassant les barrières culturelles, sociales et linguistiques. Mais Araz tient encore à nous parler de son pays pour mentionner des faits bien peu connus en Occident, qu’ainsi l’Azerbaïdjan a accordé le droit de vote aux femmes bien avant la France, en 1918, lors de la trop brève période démocratique que le pays a connu, qu’il a été le premier pays musulman à permettre aux femmes de ne pas porter le voile, d’aller à l’école et d’étudier dans des classes mixtes. Enfin, Araz voudrait également que l’on sache que 20% du territoire de sa patrie est aujourd’hui occupé par l’Arménie, dans le cadre d’un conflit armé qui dure depuis la chute de l’URSS. Et comme un message à tous ceux qui ne connaissent pas ce petit pays situé à la frontière du continent européen et de l’Asie, il nous invite encore une fois à faire preuve de curiosité et à découvrir la culture extraordinaire de cette terre.(Viviane Bergue)

 

Son site , sur wordpress : http://www.arazozara.com/

LOCKED OUT OF HEAVEN (Bruno Mars) by MaFaMily Trio

Question …. on les aide à faire leur C.D avec des créations originales via mymajorcompany.com ??? moi, j’ai envie  et vous ???

 

 

La statue d’un homme, hommage au « petit taureau » Claude Nougaro

statue-s-langloys-webLe monument , Claude Nougaro est toujours vivant et flamboyant dans la ville de Toulouse. Apres son immense portrait, photographie d’Odile Mangion , rue Pargaminière , une statue grandeur nature de l’artiste a été dévoilée au public, le 09 septembre 2014, square Charles de Gaulle . Elle représente le chanteur-poète en mouvement, «comme s’il marchait au milieu des Toulousains, comme un passant», a déclaré le sculpteur Sébastien Langloys.

Ce sculpteur toulousain était prédisposé à réaliser le bronze du  » petit taureau » tel qu’on appelait Nougaro . En effet , il avait déjà proposé, il y a 6 ans, un projet d’une statue de l’artiste assis sur un banc en train de rédiger les paroles de sa chanson Nougayork pour l’ aéroport Toulouse Blagnac . Pour son Nougaro , marcheur pour l’éternité dans la ville rose , il en partage la paternité avec plus de 400 sculpteurs en herbe. « J’ai demandé aux Toulousains d’apporter leur touche pour qu’elle soit aussi la leur ». Chacun a pu déposer sa pincée d’argile sur le bonhomme d’un mètre soixante-dix. En accord avec la famille Nougaro, il a immortalisé  » l’enfant des Minimes , à 40-45 ans dans la force de l’âge, marchant les bras entrouverts, on pourra lui prendre la main. Je veux qu’il swingue, que l’on voit le petit taureau roulant des épaules ».

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Lui qui souhaitait être , plutôt qu’une statue, une stature dans la chanson française aurait été fier , du haut de ses 85 ans de la présence de sa famille , femmes et filles , après Cécile et Fanny, Théa sa troisième fille. Hommage émouvant pour les 10 ans de sa mort que les vers d’un de ses poèmes méconnus : La statue de l’homme

Faut il briser la statue
La statue de l’homme
Si je la casse je me tue
J’hésite en somme

L’homme est absurde
Bon c’est dit
C’est comme ça, rien à faire
Il invente un paradis
Il te le tend, c’est l’enfer
Que faire, que faire
Que faire, que faire
Devenir fou comme Antonin ?
J’aimerais tant boire un peu d’air
Et je m’écroule dans du vin

Bientôt quatre heures du matin
Toutes mes filles sont au diable
D’amour pourtant j’avais si faim
L’amour ce divorce à l’amiable

Allez chanteur il faut chanter
Si y a pas de joie chante ta peine
Ce vieux pain de l’humanité
Pour certains affamés
C’est encore une aubaine

Faut il briser la statue
La statue de l’homme
Si je la casse je me tue
J’hésite en somme .

Eric Bibb & Habib Koitè – Don’t let nobody drag your spirit down @

Screamin’ Jay Hawkins and Gainsbourg – Constipation blues

Little Monsters le C.D nouveau de Paris Obscur : Du rêve à la réalité

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Rencontre au hasard des expériences musicales des concerts Live d’artistes via Second Life qui se transforme en plaisir de partager la gestation d’un rêve jusqu’à sa concrétisation . Paris Obscur , cet inclassable auteur, compositeur , interprète de sombres romantiques mélodies entêtantes a mis au monde , il y a quelques semaines un magnifique bébé : l’album  » Little Monsters » . Soulevant les lourds rideaux de la voix tantôt velours, tantôt rugueuse, suavité et sensualité exacerbée que cet accent français dans la langue de Shakespeare, caverneuse et envoutante quand il égraine quelques couplets dans celle du marquis de Sade ayant croisé de manière anachronique Bram Stoker et Nietzsche.

En clair-obscur , ses mélodies s’enchainent, chapitre après chapitre pour vous conter avec brio des histoires, des émotions, des personnages.

Comme extirpé d’un poème agonisant de Lord Byron, les notes  et les mots se répondent en écho des douves de  châteaux hantés pour emprunter les passages secrets du cerveau vers le côté sombre et obscur des rêves et fantasmes, des sortilèges et enchantements  . Visite garantie des souterrains glauques aux passages les plus secrets des âmes. L’aiguille du Temps arrête , dans ces morceaux le balancier de la faux et même Madame la Mort  se pose pour écouter. Cet album fait l’effet d’une coulée de cire de bougie , brulante et liquide qui se dépose sur vos sens comme une gangue , une seconde peau . Fragiles et diaphanes ou puissants et martelés , les mots se font écho à des sonorités syncopales qui vous craquèlent en s’imprimant dans vos connexions neuronales .

Difficile de cataloguer ce créatif, pop rock folk gothique, chantre des temps post modernes où l’apocalypse aux relents « indus » renvoie des images de chaos des âmes noires enfouies au plus profond. Obsédants et sulfureux morceaux où les anges côtoient les démons intérieurs, où les fées font une ronde macabre aux bras de revenants. Fermer les yeux et se laisser emporter dans les fumerolles d’une bougie juste éteinte…

Piano acoustique , synthétiseur , symphonique envolée ou le feutré d’un son retravaillé en studio  , chaque élément de cet élixir musical donne  une texture très particulière et unique qui caractérise cet artiste indépendant.  Après avoir partagé ses créations en Live avec sa fan base  très fidèle sur Second Life, recueilli leurs feed backs, leurs ressentis, fait écouter différentes composantes de ses morceaux, ce Paris Obscur, objet de désir de voir le C.D naitre, a lancé une offre de participation financière pour l’aboutissement de son rêve . Très étonné de voir la célérité de réponses positives et fort de matériels créatifs , il confie à une oreille fraiche et vierge d’un technicien  la lourde tâche d’assurer le mastering au printemps 2013. Avec l’arrivée de l’été , le nouveau-né est né , mis  sous enveloppe et envoyé aux impatients fans , amis et contributeurs financiers de différents pays et continents . Dédicaces attentionnées et émouvantes comme un premier tatouage sur le bébé , souhaitons que « Little Monsters » soit l’ainé d’une longue fratrie !

Ses racines musicales : Leonard Cohen, the Velvet Underground, Radiohead, Nick Cave, the Cure, Depeche Mode, the Doors… Découvrez toutes les infos, ses peintures illustrant le livret de l’album, les paroles, l’historique,( la boutique tout fraichement installée) et plus  , sur son site  http://www.paris-obscur.com/ ,  écoute du travail préparatoire avant mise en forme  sur soundcloud .

Texte et Photo : Pascale Lafraise

Jean Michel Jarre , quand l’ Oxygène créatif est sous contrôle: projets

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Dans un article daté du 26 Juillet 2013, écrit par Mr Lars Brandle , pour Billboard on apprend que Jean Michel Jarre , président de la  CISAC (1) (  confédération internationale des Sociétés d’Auteurs et compositeurs    ) a du pain sur la planche avec 2  albums en projet . Un serait produit dans quelques jours  ( lors de son concert en Tunisie , le 12 aout 2013 au festival de Carthage)  , un autre  en studio pour un projet spécial sur Internet ( sortie prévue pour la fin de l’année) et une tournée en perspective avec de nouveaux concepts visuels  . Reconnaissant l’impact de sa musique chez beaucoup de musiciens électro, J.M .Jarre a développé des liens avec la scène electro qui fera partie de ses projets à venir, basés sur le travail partagé, les ponts créés avec les personnes qui ont été influencées par son art et les artistes qui l’ont influencés lui-même .

Jarre a été élu à la présidence de la CISAC, au cours de la réunion annuelle de la Confédération le mois dernier à Washington. Bien qu’il soit encore relativement nouveau pour le rôle, Jarre a une  idée très précise des batailles qui  les attendent. « Tout type de travail mérite rémunération et se rapproche avec un lien vers un système économique. C’est bien au-delà de la simple question de finances. C’est une question de droits et d’identité (2). Je dirais par que cela fait face à des enjeux mondiaux comme les géants de l’Internet. »

Il ajoute: « nous devons trouver une réponse globale. Et la réponse globale devrait être par le biais de toutes les formes d’art différents, unissant leurs forces, mais aussi sur le plan géographique. Ce n’est pas seulement un problème entre l’Europe et les États-Unis. C’est bien plus vaste que cela. »

Carrière remarquable des 64 ans repose sur l’innovation et a donné plus de 80 millions de ventes record. Un regard en arrière sur les faits saillants, Jarre avoue que ses concerts de 1981 révolutionnaire en Chine–le premier par un musicien occidental–sont maintenant comme un rêve, comme si  « c’était quelqu’un d’autre. »

De quoi J.M Jarre est-il le plus fier  ? « Je ne sais pas si je suis fier de tout ce que j’ai fait. Je vois mon travail comme une série de démos, que je cherche à compléter et améliorer. C’est vraiment mon état d’esprit à l’heure actuelle, »dit-il à Billboard. « J’ai rencontré le grand réalisateur italien Federico Fellini  il y a longtemps. Il m’a dit quelque chose qui m’a interpellé, à ce propos. Il a dit: « je pensais que toute ma vie, je faisais un nouveau film. Puis j’ai réalisé plus tard que je faisais toujours le même, mais simplement j’essayais de l’améliorer « . Ceci est  vrai pour tous les artistes. Si vous avez un certain style, vous passez votre vie entière à  essayer de l’améliorer. »

                          (1) La Cisac est une organisation internationale non gouvernementale, dont le but est de défendre les intérêts des créateurs et développer les normes professionnelles les plus exigeantes pour protéger leurs droits. Elle regroupe 232 sociétés d’auteurs de 121 pays représentant plus de 3 millions de créateurs et ayant droits. Jusqu’à présent, l’assemblée générale de la Cisac n’élisait qu’un président et un vice-président. Avec les modifications de statuts, Jean Michel jarre ( qui succède au peintre français Hervé Di Rosa, intérim suite au décès du président 2012 du musicien anglais Robin Gibb) sera épaulé par 4 vice- présidents pour répondre aux différents champs de création artistique et culturelle : Angélique Kidjo ( chanteuse béninoise), Raved Akhtar ( poète et scénariste indien), Marcelo  Piñeyro ( réalisateur argentin) et Dusmane Sow ( sculpteur sénégalais).

(2) Droits et identités :Jean Michel Jarre , lors d’une interview sur R.T.L France , le 18 juin 2013 s’explique . Revenant sur le fait que début Juin , la France avait réussi à exclure la Culture des négociations de libre échange entre L’Union Européenne et les Etats Unis, Le président de la commission européenne, Mr Barroso avait traité cette position de réactionnaire .

 J.M.Jarre , interrogé sur le sujet  répond :  » toutes les personnes qui fragilisent la Culture sont réactionnaires . Mr Barroso est un peu le Monsieur Jourdain de la réaction en étant réac sans le savoir ;On continuera à écouter Pink Floyd ou Gainsbourg, à regarder Almodovar,  Costa Gavras ou Wim Wenders quand on ne se souviendra plus du nom de ce monsieur . « 

 J.M.Jarre met en avant le président de la république française , le ministre de la culture et celui du commerce extérieur ayant défendu l’idée que la Culture n’était pas comme le yaourt, les asperges ou le dentifrice : les biens culturels ne sont pas une marchandise comme les autres . J. M. Jarre donne alors sa version entre la globalisation et l’universalité .  » Globalisation = Coca Cola et Mc Donald, dit-il, c’est de vendre et rendre achetable dans le monde entier .L’universalité , c’est  » creuser dans son jardin » comme le disait voltaire pour y puiser les mots, les sons, les images qui vont être comprises et senties par un brésilien , un chinois ou un eskimo . Ce n’est pas l’exception culturelle, mais l’exception des cultures . ( exception de la Culture par rapport à tous les secteurs de l’ Economie ). La Culture c’est comme l’environnement . Quand j’ai composé Oxygène ( il y a 37 ans )   » nous n’étions pas très nombreux à s’intéresser à l’Ecologie et à l’Environnement. Aujourd’hui , même si nous ne sommes pas tous à trier nos poubelles , nous sommes tous d’accord pour faire attention à notre environnement . La Culture, la propriété intellectuelle et les droits qui en découlent sont   un des piliers . Et des fondements de la démocratie . Et de notre liberté. Tous les auditeurs qui nous écoutent ont un frère, une sœur, un fils , une fille qui souhaitent devenir photographe, cinéaste, journaliste, musicien et qui aujourd’hui et demain matin auront besoin d’un Job à coté car ils ne pourront pas en vivre . »

Vous sentez vous attaquer quand Mr Barroso tient ses propos ?

– Oui , bien sûr, j’ai l’impression d’une incompréhension totale de notre activité et de notre métier. Aujourd’hui , il y a une avidité pour le contenu gratuit qui assèche et assoiffe la créativité et la création , c’est des dizaines de millions d’emplois dont on parle . Il ne faut pas considérer des artistes européens et français assis sur leurs acquis et leurs sacs d’or et de l’autre coté des grands agents de la modernité que seront les grands acteurs d’ internet et la technologie . Les fabricants de téléphone n’ont pas le monopole de la modernité . Un Smartphone st beaucoup moins smart sans la musique, les images, la vidéo , les jeux et vous les medias qui faites partie du bateau, dans cette histoire , et je pense que la partie smart . « 

 – si je comprends bien, dit le journaliste , sur 500 euros que coute le Smartphone  , 450 sont liés à la musique , à la culture, à l’information, et aux jeux , donc à la création dans tous les sens du terme ???,

 – Bien entendu , répond J.M.Jarre , La culture , aujourd’hui est une des clés du développement  durable, comme l’environnement . Si on veut continuer à avoir une identité forte à l’échelon du pays ou du continent , il faut qu’on détermine une économie durable à cette culture

Pour travailler à une économie durable de la création, cela veut-il dire qu’il faut continuer à travailler sur la préservation  de nos  exceptions culturelles?

– Je n’aime pas le mot  » préserver » qui a un coté frileux . Il faut que les    acteurs et artistes reprennent « la mer ». Le coté glamour et généreux que représentent les nouveaux acteurs globaux, mondiaux. On se trompe d’ axe .   ce sont nous,  les artistes qui  avons  toujours questionné la société , ce ne sont pas les fabricants de téléphone et les fabricants de câbles.

Donc vous ne voulez pas être un reac, même sympathique ?

j’espère que nous serons sympathiques .Mais, la réaction doit venir de tous les continents . Un mot encore : le problème de l’exception culturelle, c’est le problème de la culture , pas seulement dans un secteur qui serait la musique ou le cinéma  mais de tous les secteurs et aussi géographiquement , en Afrique et pas seulement aux USA ou en Europe .   tous les pays d’ Afrique qu’on copie régulièrement sur le plan visuel, sur le plan musical ont eux aussi un problème sur leur exception culturelle . « 
Jean Michel Jarre – Odyssey Through O2

 Remarques pertinentes ou impertinentes suggérées par les interventions de Jean Michel Jarre:

Protéger la propriété intellectuelle, respecter la création et les créateurs en reconnaissant leurs rôles essentiels dans les sociétés ,créer un patrimoine  intangible de la Culture et de la Création ( comme le patrimoine mondial , culturel et naturel que sont les lieux géographiques, les villes ou monuments et objets près de 1000 que compte actuellement le classement de l’ UNESCO, dont certains comme au Mali ont été pillés, détruits , liste à consulter sur le site Unesco.org). En effet , côtoie également un patrimoine mondial immatériel comportant les traditions et expressions vivantes héritées des ancêtres , transmises aux descendants : traditions orales, arts du spectacle, pratiques sociales, rituels, événements festifs, connaissances et pratiques concernant la Nature et l’ univers, mais aussi les connaissances et le savoir -faire en artisanat local traditionnel. Non pas spécificité ou non spécificité de certaines pratiques par rapport à une culture , elle assure une cohésion sociale assurant une identité et des responsabilités au sein des communautés et de la société au sens large .

Patrimoine intangible, cheval de bataille de J.M.Jarre à l’ UNESCO où chaque élément créatif culturel où la musique, le cinéma, l’artisanat, l’art graphique sont autant d’éléments marqueurs ADN de l’identité d’un pays . Il aimerait instaurer un  » copyright éternel » pour qu’au bout d’un moment les droits tombent dans un fond mondial d’aide à la création internationale.

Fin du « domaine public » et de l’opportunité de créer , de recycler librement et gratuitement ?Portes ouvertes à des sanctions et des contrôles de plus en plus oppressants sur le monde d’échanges et d’expressions de la toile du Net ?? Le moindre détail, le moindre rythme, la moindre intro ressemblant à des évènements, personnages, lieux, sons ,  situations de  récit  purement fictifs, toute ressemblance avec des créations de  personnes ou de situations existantes ou ayant existé ne saurait plus jamais être fortuite, mais condamnable par les copyrights et droits d’auteurs…

Attendre et voir avec quels  » grands noms » Mr J.M. Jarre va collaborer pour Ses nouvelles créations dans son nouvel album studio qu’il fera diffuser dans le monde entier et au-delà . Qu’ adviendra t’il des internautes  et de ses fans de tous horizons qui souhaiteront lui rendre hommage et partager son œuvre par mix et remix, mash up ou toute source d’inspiration sonore, visuelle et même technologique ? De l’oxygène bien mercantile et polissé ou politisé tout ça.

La maxime de’ Antoine Lavoisier, chimiste , philosophe et économiste français  « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme »  , reformulation d’une phrase du philosophe grec Anaxagore « Rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau » reste à méditer .