Ebola, épidémies et virus médiatiques

ebola-3d-950-528Recherche scientifique, course au remède miracle, au vaccin, fermeture des frontières et parfois des esprits, le virus Ebola répand, en contagion la fièvre médiatique. Philosophes, sociologues, anthropologues, auteurs littéraires, peintres, cinéastes ont montré leur vision symptomatique ou allégorique à travers l’Histoire et les âges, les différentes épidémies ou pandémies. Du livre La peste d’ Albert Camus au film Ebola Syndrome d’ Herman Yau et d’un texte en ligne de 2001 issu de publications lié au GRECE ( Groupement de Recherche et d’Etude pour la Civilisation Européenne),L’ère des virus d’ Alain De Benoist, à chacun sa manière de traiter . Liste non exhaustive et sans jugement de valeur, à vous de compléter et d’y administrer quelques piqures de rappel.

L’ère des virus: Alain De Benoist 2001

L’un des effets de la mondialisation est la généralisation du mode de propagation virale. Dans le monde des réseaux, le virus est partout : instantané, généralisé, diffus. Il constitue à la fois une réalité, une virtualité et une métaphore. Inexorablement, malgré les mesures adoptées pour empêcher son extension, le virus du Sida continue à s’étendre un peu partout dans le monde. Le continent africain est particulièrement dévasté. D’autres maladies nouvelles, dont certaines sont en fait des maladies anciennes que l’on croyait avoir éradiquées, apparaissent ici et là, menaçant de se répandre dans des continents entiers. Mais l’homme n’est pas le seul touché. En l’espace de quelques années, l’encéphalopathie spongiforme bovine (la maladie de la « vache folle ») a dévasté les élevages, plongé dans la crise tout un secteur économique, et continue d’inspirer les plus vives inquiétudes quant à l’ampleur de sa transmission à l’être humain. Et voici maintenant l’épidémie de fièvre aphteuse qui, partie d’Angleterre, s’est à son tour lancée à la conquête du monde.
Le virus est encore une notion-clé des nouvelles technologies de l’information. La diffusion rapide du système Internet est allée de pair avec l’apparition de virus informatiques qui, partis d’un point quelconque du globe, se transmettent en quelques jours, voire en quelques heures, aux ordinateurs du monde entier. Les marchés financiers, qui fonctionnent désormais en « temps zéro » à l’échelle planétaire, se reconfigurent eux aussi conformément au mode de propagation virale. Une crise financière localisée se propage instantanément d’un bout à l’autre de la planète, entraînant par une sorte d’« effet de dominos » une succession de crises qui menace à tout moment d’aboutir à un krach généralisé. Il n’est enfin jusqu’aux croyances idéologiques et religieuses qui se transmettent aujourd’hui sous une forme « virale », se jouant des frontières traditionnelles et utilisant les nouvelles techniques de communication : l’islamisme, pour ne citer que lui, relève de ces nouvelles formes de contagion.
Le mode de propagation virale obéit à des lois qui lui sont propres. Le virus se propage de manière imprévisible, mais selon le principe des réseaux polycentriques. Ce n’est pas une propagation en chaîne, de type linéaire : chaque point touché se transforme en centre de diffusion à son tour. Cette propagation acquiert du même coup une extraordinaire rapidité. Elle saute par dessus les barrières géographiques, politiques, institutionnelles. Elle fait le tour de la terre dans un mouvement sans fin.
Pour faire face aux virus, les pouvoirs publics se transforment en autorités sanitaires. Dans tous les domaines, et pas seulement dans celui de la santé, les métaphores les plus fréquemment employées sont de type biologique ou médical. Pour enrayer l’extension des épidémies (ou des pandémies), on établit des « cordons sanitaires », on met en « quarantaine ». Parallèlement, on tend à assimiler tout ce dont on souhaite se débarrasser à des « microbes » ou à des « bacilles ». Contre un ennemi invisible, diffus, qui peut être partout, même là et surtout où on ne le voit pas, on a recours au principe de précaution. On abat des cheptels entiers sans être sûr que les bêtes qu’ils contiennent sont véritablement malades. L’internaute, devant son ordinateur, jette par prudence, sans les ouvrir, les messages dont il ignore la provenance. On en arrive ainsi à une sorte de généralisation de la loi des suspects : la simple possibilité d’infection conduit à mobiliser contre des catégories de populations entières. La suspicion se généralise. On sait combien, dans le passé, ce type d’attitude vis-à-vis d’un ennemi invisible mais considéré comme omniprésent, et donc d’autant plus redoutable que sa visibilité était nulle, a pu nourrir de redoutables fantasmes et inspirer de durables persécutions.
Dans le domaine de la politique et des idées, les conséquences sont évidentes. Les idées regardées comme « dangereuses » sont elles aussi traitées par le principe de précaution. Pour éradiquer leur propagation, on commence par grossir la menace en représentant des périls imaginaires (qui détournent l’attention des périls réels). On pratique l’amalgame, en identifiant l’un à l’autre des phénomènes qui n’ont entre eux que des ressemblances ou des affinités superficielles. On s’emploie ensuite à les éliminer, en transformant ceux qui sont censés en être les représentants ou les porteurs en citoyens de seconde zone, sinon en sous-hommes. On établit autour de ces derniers des « cordons sanitaires ». Pour finir, de surveillance en contrôle, de procès d’intention en persécution contre ceux qui sont suspects de déviance par rapport aux normes de l’idéologie dominante, la société tout entière devient « orwellienne » et tend à ressembler au célèbre Panoptique de Bentham. C’est ainsi que l’ère des virus ouvre la voie à un nouvel hygiénisme social.

Littérature :

Oedipe roi ,Sophocle  ,Vème siècle avant J.C

Le decameron ,Giovanni Boccaccio( Boccace), 1349-1353

Journal de l’année de la peste , Daniel Defoe,1722

Typhus , Jean Paul Sartre, scénario de film écrit en 1943

La peste, Albert Camus, 1947
Le hussard sur le toit,  Jean Giono ,1951

L’ amour au temps du choléra , Gabriel Garcia Marquez,1985
La quarantaine, JMG Le Clezio, 1995

Le 6eme jour, Andrée Chedid,1960, adaptation cinématographique par Youssef Chahine 1986

Le 8eme fléau, Cedric Bannet,2001

Cinéma:

Virus de Kinji Fukasaku,  1980
Contagion , Steven Sodenbergh,  2011
Alerte , Wolfgang Petersen, 1994
Ebola syndrome, Herman Yau 1996
Le Décaméron, Pier Paolo Pasolini, 1971
Mort à Venise, Luchini Visconti, 1971, d’apres la nouvelle Der Tod in Venedig de Thomas Mann écrite en 1912
Le hussard sur le toit, Jean Paul Rappeneau, 1995
Pars vite et reviens tard, Regis Wargnier,2007

 

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Malaterra – Extrait de Film en occitan (provençal)

Le Voyage dans la Lune de George Méliès (Version restaurée 2011)

Ayako Wakao , Tatouage 1966 de Yasuko Masumura

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Augustine – Quand l’hystérie couvre la toile et dévoile la psycho-pathologie

Augustine, premier film réalisé par Alice Winocour retrace une inversion de rapport de force entre une patiente , Augustine jouée avec brio par Soko ( Stephanie Sokolinski) et le professeur en médecine, Vincent Lindon qui l’observe, la teste , l’étudie.

 

Le professeur jean martin Charcot, pionnier de la neurologie a  apporté la grande description encore pertinente de nos jours des maladies neurologiques ( sclérose en plaque , la maladie de Charcot ou Sclérose latérale amyotrophiante , mais aussi Parkinson).

 

 

Une  relation trouble entre Augustine, jeune  bonne illettrée  souffrant d’hystérie  et Charcot s’installe. Le  problème de distance ( notion de transfert) entre médecin/patient dans le couple particulier de cette pathologie tisse les filets entre les 2 protagonistes .  D’objet d’étude, elle devient vite objet de désir, le sujet exclusif des recherches de Charcot et son obsession. Pour lui plaire, Augustine participe de tout son corps aux expériences. Au fil des examens, une intimité commence à se créer entre eux. Mais plus Charcot s’approche d’Augustine, plus il la désire. Et plus il la regarde, plus il la rend malade. Jeux d’attirance et de sujétion  se nouent entre les deux sexes.

Lacan  a dit : »  l’hystérie est une esclave qui cherche un maitre sur qui régner » . Dans le film Augustine , cette  » esclave  » en fait, a le pouvoir. Par son corps, elle prend le pouvoir en fascinant  son maitre .  Aventure tout à la fois cérébrale, charnelle et… Amoureuse . Chiara Mastroianni , la femme de Charcot prend le prénom de Constance, comme sa propre constance dans l’amour qu’elle porte pour son mari . Le vrai prénom de Mme Charcot est : Augustine Victoire. La réalisatrice du film ne voulant pas perturber les « spectateurs » l’ a subtilement changé. Témoin de ce qui se noue entre Augustine et son mari , elle reste  digne. Lorsque , dans la foule de l’Hôpital Pitié Salpêtrière, elle le voit , seul et perdu, elle se tient toujours là pour lui.

  • Soko, totalement habitée par le rôle, n’a ainsi pas besoin des trucs comme utilisent les acteurs à la façon actor studio. L’érotisme puissant qui se dégage de ses courbes ne lui ôte pas pour autant toute psychologie ,
    ni n’en fait un pur objet de fantasme sadique . Augustine, notamment lors d’un troublant épilogue transgressif pour l’époque,  balaie bien des considérations puritaines .Augustine , féministe ?

Une fois guérie , la vraie Augustine s’est échappée de l’hôpital , a disparu sans qu’on sache jamais ce qu’elle est devenue .

Choix de lumière en clair obscur, pas de plan cinématographique sur les décors, les costumes mais un regard réaliste et onirique dénonçant l’emprisonnement du corps des femmes, que ce soit par le manque de respect du corps médical ou par les corsets, garrot oppressant , cage artificielle ôtant toute liberté aux femmes. Alice Winocour, dans ce tableau de la fin du XIXème siècle reste plantée dans son XXIeme et rend cette histoire intemporelle et moderne.

Jean Martin Charcot , professeur en anatomo pathologie est avec Guillaume Duchenne fondateur de la neurologie moderne et précurseur de la psycho- pathologie . Il eut comme élève Freud , Babinski et Gilles de la Tourette …Il fut le premier à démontrer que l’hystérie n’est pas qu’une pathologie féminine et en pose les bases de traumatisme dissociatif des névroses ( avec des troubles somatiques pour l’hystérie liés à un choc traumatique dont le souvenir devient inconscient ou subconscient) .

Hystérie collective ou hystérie de conversion, quand la psycho pathologie ouvre les voies de l’hypnose, la toile se couvre alors d’images troubles, comme ce film qui , certainement, n’attirera pas un grand public mais qui pose de véritables questions sur les relations hommes- femmes. Un vaste sujet !

 

TAT Productions : l’ Animation « made in Toulouse »

Un pingouin nommé Maurice qui se prend pour le roi de la jungle, ça existe ! Ce personnage farfelu n’est autre que la coqueluche de TAT Productions, studio d’animation toulousain en vogue. Pour preuve, la boîte de production a récemment reçu des prix prestigieux dans des festivals d’animation coréen et brésilien et cartonne à l’étranger. Portrait très prometteur.

TAT. Derrière ces trois initiales se cache un trio d’amis, passionné de cinéma depuis la plus tendre enfance. T, pour Jean-François Tosti, le producteur. A, pour David Alaux, qui coréalise les animations avec Eric Tosti, frère de Jean-François et indéboulonnable T de TAT Productions. Amis d’enfance, les trois acolytes « ne se sont jamais vraiment quittés », assure Jean-François, entretenant leur passion commune pour le cinéma dès les premières années d’amitié. Ils ont d’ailleurs conçu ensemble des petits films d’animation lorsqu’ils étaient encore à l’école et pendant leurs études en dévorant plusieurs longs métrages par jour.

Malgré un parcours scolaire scientifique, les trois cinéphiles sont vite rattrapés par leur passion. En 1998, Jean-François, parti enseigner les mathématiques en Colombie, se lance dans la réalisation de courts métrages. Il découvre alors le travail en équipe, la production et acquiert certaines bases du métier qui rythmera quelques années plus tard son quotidien. Parallèlement, David et Eric, restés à Toulouse après leurs études, s’adonnent eux-aussi aux joies du court métrage et réalisent leur premier film d’animation en 1999, « Mon copain »

A l’étranger depuis quatre ans, Jean-François Tosti a le mal du pays, et décide de rejoindre ses camarades à Toulouse. En 2000, TAT Productions voit le jour. Complètement autodidactes, les trois garçons touchent à tout : l’animation, la fiction, le documentaire … « A l’époque, l’animation n’était pas une obsession, mais c’est ce qui marchait le mieux», confie Jean-François

En 2006, après quelques spots publicitaires, le trio se sent plus mûr pour partir à la rencontre des chaînes de télévision, projet de court métrage animé sous le coude. Ce projet, c’est « Spike ». Petit lutin naïf et maladroit dont les facéties ont ravi petits et grands quelques mois plus tard sur le petit écran. Pourtant, à l’époque, TAT Productions se heurte à de nombreux refus. Même France 3, d’abord intéressé par le concept, ne donne pas suite à la collaboration.

Six mois plus tard, un changement à la tête de la Jeunesse de la chaîne publique va changer la donne. Ce nouveau patron veut « du sang neuf », et France 3 recontacte les Toulousains. Tout se concrétise quelques semaines plus tard, lorsque « Spike » est sélectionné au Cartoon Forum, tremplin européen de l’animation destiné à lutter contre l’hégémonie des géants étrangers. La nouvelle fait son effet. Plusieurs grosses chaines européennes, à l’instar de la Rai en Italie ou de la BBC en Angleterre, s’intéressent au projet.

Devant cet enthousiasme, France 3 revient sur sa première décision. En 2008, après un an et demi de travail, et « quelques erreurs liées à [leur] inexpérience », « Spike » est enfin diffusé à Noël sur la chaîne publique. Le ton est nouveau, le scénario offre plusieurs niveaux de lecture, l’image est travaillée. Bref, le succès est immédiat. « Les audiences étaient excellentes, tout comme le retour des spectateurs et de la presse », se réjouit Jean-François Tosti. Un engouement qui transcende les frontières de l’Hexagone, puisqu’une cinquantaine de pays européens distribue également les aventures du lutin malhabile.

Ni une, ni deux, les Toulousains se lancent dans la fabrication d’un nouveau projet, « Les As de la Jungle ». Changement de décor, changement de héros. La nouvelle coqueluche, c’est Maurice. Un pingouin persuadé d’être un tigre, qui règne en maître sur la jungle. Accompagné d’une bande d’animaux sympathiques, il n’imagine pas le succès qui l’attend sur le petit écran. Après deux ans de labeur, le film « Les As de la jungle – Opération banquise » sort sur France 3 fin 2011, précédé de 26 petits sketchs diffusés courant octobre. « L’enthousiasme est délirant, s’enchante Jean-François. Le dessin animé se vend partout ».

pour l’accent toulousain !

Synopsis des as de la Jungle :

Il  y a belle lurette que, de documentaires animaliers en documentaires animaliers, nous pensions tout connaître de la jungle et de sa faune sauvage. Loin d’avoir un quotidien tout tracé, les animaux de la jungle sont, nous allons le découvrir, capables d’offrir une bien plus grande diversité : une chauve-souris qui a peur du noir, un singe minuscule, paranoïaque et pétri de tocs, deux crapauds inséparables, un phacochère crooner et même un pingouin qui se prend pour un tigre…

En bref, des personnages hors du commun, étonnants, extravagants… et dotés de forts caractères !

Nous avons donc dépêché un grand reporter dans la jungle qui en a ramené une exceptionnelle série documentaire : à travers 26 mini-reportages, 26 moments de vie exclusifs, nous irons à la rencontre de ces bêtes sauvages pas si sauvages et nous apprendrons, tous les jours, à mieux les connaître.

Universal, qui distribue les vidéos des As, obtient l’exclusivité de la vente des DVD outre-Atlantique par Wal-Mart, géant américain de la grande distribution. Gallimard Jeunesse publie un livre qui retrace les aventures de ces animaux loufoques. Les raisons de cet engouement ? D’après Jean-François Tosti, « en Europe aujourd’hui, personne n’arrive, avec un budget télé, à un tel degré de qualité technique ». Pour cause, les studios de production choisissent ce qui se fait de mieux. Pour les voix françaises, les doubleurs de Jack Black, Jim Carrey et Julia Roberts. Chez les Américains, le grand John Lithgow, référence en matière de jeunesse. La musique du film a été enregistrée en Hongrie, avec l’orchestre symphonique de Budapest.

Episode 2, première série .

Aujourd’hui, le trio prépare la suite de « Spike » qui sortira en décembre sur France 3. D’autres aventures des « As de la Jungle » sont aussi en fabrication, TAT Productions développe actuellement « Les As de la jungle à la rescousse », coproduit par la société Master Images Films (Toulouse)ainsi qu’une mini-série de 52 épisodes . Un concept qui ne s’arrête pas à la télévision, puisque des discussions ont notamment été engagées avec un parc à thème américain, ainsi qu’une chaîne de restauration rapide, pour utiliser l’image des « As » dans les menus pour enfants.

Désormais trop exigus pour accueillir toute l’équipe qui a triplé depuis le début de l’aventure TAT Productions, les studios déménagent en octobre. Toujours à Toulouse, « parce qu’on y est bien », confie Jean-François Tosti. Forts du soutien indéfectible que leur accorde le Conseil Régional depuis leurs débuts, les trois amis ne sont pas près de quitter la Ville rose.

Martin Malvy, président de la Région Midi-Pyrénées, a adressé un message de félicitations à David Alaux et Eric Tosti, les réalisateurs du film d’animation « Les As de la jungle – Opération banquise », qui a été nominé il y a quelques jours aux « International Emmy Kids Awards ». Ce film, diffusé par France Télévisions en 2011, a été écrit et réalisé par TAT Productions, une jeune société d’animation installée à Toulouse. Les International Emmy Kids Awards ont pour objectif de récompenser les meilleurs programmes internationaux pour la télévision. « Les As de la jungle – Opération banquise » a été nominé dans la catégorie « films d’animation ». 24 programmes provenant de 13 pays différents seront en compétition. Les prix seront remis à New York le 8 février 2013.

Tiré de Lejournaltoulousain.fr

STEREOLAB – Jean Seberg