Influenza aviaire : Qui seront les vaincus au jeu de l’OIE, le grand Sud Ouest a la chair de poule

oies capitole

Vae victis , Brennus (dont les fans de rugby à 15 connaissent le fameux bouclier), chef gaulois , qui , pour la grande Histoire ne sont pas les ancêtres des français, n’aurait pu envahir Rome et son Capitole que gràce  ou à cause du signal donné par des oies . C’est  après un siège de plus de 7 mois que les romains, épuisés, affamés se rendent . De la mythification historique : Ce que nous appelons  peuple gaulois étaient
des Ambiens, des Helvètes, des Séquanes, des Sénones, des Carnutes, des Parisii, des Vénètes, des Pictes, des Rèmes, des Bellovaques, des Ménapes, des Aduapes, des Allobroges……. Rappel que Jules César mena la guerre des Gaules .Pluralité que ces gaules là.

Vae Victis : malheur aux vaincus . Ce sont bien les oies,les jars, les canes et les canards, du Capitole toulousain aux fins fonds de tout le Sud Ouest de la France qui vont être vaincus. Point de foie gras ou de magret, pas de destruction massive des élevages pour enrayer la grippe aviaire. Les palmipèdes vivants actuellement dans les élevages non infestés par l’influenza aviaire iront à maturité avant d’être tués et commercialisés . Un sort tout autre touche les œufs, qui eux seront détruits systématiquement pendant au moins 4 mois, suivis d’un vide sanitaire de 2 autres pour un retour à la normale fin juin, début juillet.
La formule adoptée prend effet dès lundi : les élevages ne recevront plus de canetons. La production va ensuite être progressivement arrêtée. Au fur et à mesure, ils vont se vider.
L’objectif est que dans quatre mois, il n’y ait plus aucun volatile dans les huit départements concernés : la Dordogne (13 cas), les Landes (28), la Haute-Vienne (1), le Gers (10), les Pyrénées-Atlantiques (12), les Hautes-Pyrénées (3), le Lot (1) et la Haute-Garonne (1).

Ainsi en a-t-il été décidé en haut lieu par le Conseil national d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale du ministère de l’ Agriculture .
«de quoi vivront les éleveurs, comment rembourseront-ils leurs investissements, quelles importations vont venir remplacer les volumes non produits chez nous? Et que dire des abattoirs et de toute la filière aval concernant cette production à haute valeur ajoutée?»a demandé Patrick Franken, président de la Coordination Rurale 47 ( Lot et Garonne)

Réponse de Enrico Brivio
C’est la France qui décidera du montant de l’enveloppe pour les indemniser. Elle en financera 50%, le reste étant à la charge de l’Europe, s’engage Enrico Brivio, porte-parole du commissaire Européen à la santé et à la sécurité alimentaire, qui salue les mesures prises ce jeudi.

En cas de confirmation de grippe, les mesures obligatoires en Europe sont  : l’abattage et la destruction sur place de toutes les volailles et des œufs de l’exploitation, le nettoyage et la désinfection de l’exploitation suivis d’un vide sanitaire de 21 jours, la mise en place de zones de protection (rayon de 3 km) et de surveillance (rayon de 10 km) autour de l’exploitation a rappelé le docteur Bernard Vallate patron de l’OIE ( Office international des épizooties.)
«Nulle part ailleurs dans le monde, nous n’avons jusqu’à présent vu se développer aussi vite et en même temps trois souches de grippe aviaire». Surpris, le patron de l’OMS animal se dit néanmoins «optimiste» pour la suite. L’épidémie va s’arrêter assez vite, dit-il. «Le consommateur n’a rien à craindre. Le risque de transmission du virus de la grippe aviaire à l’homme est quasi-nul et en tout cas il ne se transmet jamais par ingestion de produits de volailles, crus ou cuits». Les dégâts économiques eux ont déjà eu lieu. Nombreux sont les pays fermant leur porte aux exportations françaises de volailles et produits de volailles .

La France fait face à une épizootie inédite : près de 70 foyers détectés dont une trentaine dans les Landes. Inédite aussi par l’identité du virus : jusqu’à présent, l’épidémie était asiatique, elle arrivait chez nous par les oiseaux migrateurs. Visiblement le virus a muté, il est désormais européen. « Ce type de H5N1 est un peu différent du type asiatique. On donne aux Etats membres la possibilité d’appliquer des mesures plus drastiques » dans ce cas, explique Enrico Brivio.

Capito ? Capitale que cette éradication programmée. Vae victis ! Avis aux auques, aux « avica, ganz, gaaz,chen, iouaz » ..de quoi donner la chair de poule aux oies blanches . Et pendant ce temps là le canard était toujours vivant ( tiré de :la chasse aux canards, Robert Lamoureux). De quoi déchainer un autre canard d’une plume acerbe et ironique Le Canard enchainé . Finis de se gaver, les repas de fêtes de fin d’années sont digérés.

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Bonne fête Serge – Latouche à l’honneur, en toute simplicité

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Le philosophe Français Serge Latouche , qui se définit lui-même comme ex économiste a fait une intervention devant une assemblée , délégation de jeunes agriculteurs du futur, venus de 120 pays pour Terra Madre Giovani ( les jeunes de Terra Madre) à l’initiative de Slow Food( fondateur de SF : Carlo Petrini)-We feed the Planet début Octobre à Milan lors da la grande Expo , Italie. Plus médiatisé que dans son propre pays, ses paroles sont reprises par de nombreux journaux . Le marathonien des congres , exposition universelle ou non multiplie ses témoignages et la sensibilisation dans de nombreux pays, diffusant les principes et fondements de la simplicité volontaire, du bien être simple et autres appellations plus parlantes que le terme initial de « décroissance ».

Pour ces 4 jours de réunions où se côtoyaient , jeunes agriculteurs, agronomes, étudiants, chefs de petites entreprises, pécheurs, activistes , c’est Serge qui a eu le privilège de débuter la série de colloques et de débats .
Extraits de journaux italiens relatant son intervention :
La Repubblica du 4 Octobre 2015, rubrique Economie et finance

MILAN : réévaluer, redéployer et relocaliser. Et encore une fois : réduire, recycler, réutiliser et restructurer. Seulement de cette manière, à travers le « cercle vertueux des R » il est possible d’inventer un mode durable de survie. Serge Latouche, le théoricien de la décroissance heureuse, le répète comme un mantra à Milan. Le philosophe Français qui aime se définir comme ex économiste (« parce que j’ai perdu confiance dans l’économie, c’est un mensonge »), a conté une autre façon de voir la production, la consommation et les rapports sociaux : » un mode plus équitable, plus humain, plus juste « parce que le système de production dans lequel nous sommes plongés génère partout des situations d’inégalité, d’exploitation et d’abus. Et les mêmes indices de richesse (comme le PIB) sont complètement évincés des paramètres financiers et monétaires, qui ne correspondent pas au bien-être réel des populations: « l’économie est une religion occidentale qui nous rend malheureux. »
« Aujourd’hui , a dit Latouche, nous vivons dans une société fagocitée par une exigence de croissance qui n’a plus de motifs économiques, mais qui est la croissance pour la croissance. Illimitation du produit, puis illimitation de l’exploitation des ressources naturelles renouvelables ou non. Illimité de consommation, puis des déchets et du gaspillage, autrement dit pollution de l’air et l’eau « . Une recherche de croissance alimentée par la publicité qui vous fait désirer ce que vous n’avez pas ; soutenue par la banque  » prompte à prêter de l’argent, quasi à l’infini » et influencé par l’obsolescence programmée: « nous sommes condamnés à consommer parce que nos outils sont programmés pour se détériorer aussi rapidement que possible ».
L’alternative proposée par Latouche est la décroissance en réponse à la non-soutenabilité sociale et écologique de notre réalité. « Nous, occidentaux sommes moins de 20 % de la population mondiale mais nous consommons 86 % des ressources naturelles. Notre mode de vie détruit la résilience, la capacité de l’organisme terrestre à faire face au choc du changement climatique comme la perte de la biodiversité « .
Les critiques de Serge Latouche sont autant de révoltes contre le modèle de la société individualiste qui  » a permis de libérer les forces destructrices, sur lesquelles se fonde la société de consommation et la croissance. » En fait, la recherche d’accumulation est « une guerre de tous contre tous. C’est une guerre contre la nature, car nous ne remarquons pas que de cette façon nous détruisons la planète plus rapidement. Nous faisons la guerre contre les hommes. Même un enfant comprendrait ce que les politiciens et économistes font semblant de ne pas voir :une croissance infinie est par définition absurde dans une planète finie, mais nous ne comprendrons pas tant que nous ne l’avons pas détruit. Pour faire la paix, nous devons renoncer nous-mêmes à l’abondance frugale, obliger. Nous devons apprendre à reconstruire d’autres rapports sociaux « .
Pour les économistes néo-libéraux, ajoute Latouche, l’option la plus terrible est le protectionnisme, « Mais, en réalité, c’est un instrument de défense parce que c’est la compétition pour alimenter la guerre, comme en témoigne le cas de Volkswagen. Le libre -échange est comme le renard dans le poulailler . Nous avons détruit l’agriculture de la Chine, et en pleine réciprocité l’industrie chinoise a détruit la notre : 800 millions d’ anciens paysans chinois s’entassent dans les banlieues, créant des millions de chômeurs dans nos sociétés « .

À l’appui de son point de vue Latouche cite la New Economics Foundation qui calcule l’ « indice de bonheur » sur trois dimensions : empreinte écologique, l’espérance de vie à la naissance et bien-être subjectif ( sentiment individuel de bonheur). « Avec ces paramètres, comme dans la Bible – conclut , le philosophe Français les derniers deviennent premiers et les derniers, premiers . Vanatu et le Costa Rica sont en haut du classement, tandis que le mensonge des États-Unis en 160eme position et l’ Italie autour de 60eme ».

Corriera de la sera : La recette de Latouche pour les jeunes agriculteurs :  » La globalisation est une arnaque »
La bataille pour une culture alimentaire différente est possible seulement si nous unissons nos forces ». S’adressant pendant deux heures aux jeunes agriculteurs du monde entier qui se sont réunis dans la salle rouge du Superstudio Più , rue Tortona, à Milan, Serge Latouche, l’économiste et philosophe Français , partisan de la décroissance, ennemi juré de la mondialisation et du libre-échange qui, dit-il, est comme « le renard dans le poulailler en libre service », a eu pour tâche d’ouvrir le deuxième jour de la réunion de Terra Madre Giovani. Il cite Thomas Piketty : « la sociétés dans laquelle les inégalités grandissent sont malheureuses aussi pour les riches. »
Pointant du doigt la « cupidité » et les universités qui produisent les économistes « nous enseignons comment faire autant d’argent que possible ». Il parle au pied levé, sans support audiovisuel. Mais son charisme n’a pas besoin de support technologique, de pc « victimes d’obsolescence planifiée. » Il répète que « la mondialisation est la plus grosse escroquerie de l’histoire, un jeu de massacre à l’échelle mondiale ».
Thèmes abordés « 800 mille paysans chinois chassés de la campagne et l’exportation de produits fabriqués dans les usines en Chine à perte créant du chômage en occident ». Il invite à se méfier de l’opulence, de la « société de croissance qui a trahi les promesses de la modernité ». Il a parlé de migrants, exploités par le système alimentaire mondial, avec le procureur de Calabre Nicola Gratteri. Il aborde le sujet « alimentation et religion « avec les invités des différentes communautés. D’autres intervenants ont ponctué cette journée autour de la Slow Food et des mouvements en faveur d’une alimentation Biologique , du bien fondé de réintroduire des techniques ancestrales en matière d’agriculture , de respect de l’environnement.

Serge Latouche ne refuse aucune invitation ou presque et c’est l’homme qui se dévoile , ainsi que ces idées, à travers ce petit questionnaire accordé lors d’une intervention en Alsace pour un club de réflexion réunissant dirigeants et cadres dirigeants . Le theme était : Le décroissance comme solution de sortie de crise . Etonnant ce Serge là, quand il touche tout public. A lire ses nombreux ouvrages et à méditer. Bonne fête Mr Serge !

Les alimenteurs – qui mange qui ?

Moches( pas méchant,mais marchand) quand » les gueules cassées » végétales jouent aux stars.

 

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La beauté ne se mange pas en salade , mais les moches , les pas beaux, les bizarres , les hors- normes oui !

gueules-cassees-carotte-piedSont concernés :

• les produits présentant un défaut d’aspect
• les produits de petits calibres et moins jolis à la base
• les produits présentant des marques suite à des intempéries (pluie, grêle ou chocs au vent)
Ces « gueules cassées » avec leurs petites particularités ne doivent plus être boudées ou écartées tant ces produits sont bons et dignes de notre attention.

gueules-cassees-fraiseQui a dit qu’ils n’étaient pas beaux !!

carottes-enlacees

Pomme-Amourhttp://lesgueulescassees.org

Joli coup que cette campagne publicitaire , esprti casseur de pub , pour une fois, je m’incline . il faut être clément « in » , de temps en temps.

 

Gratiferia , qu’es aco ?

gratiferia, sourire

Né dans la capitale argentine, le concept de la gratiferia fait fureur et a déjà conquis de nombreuses villes à travers toute la France depuis plus d’un an. Qu’es aco, qu’est-ce que c’est ?L’idée est simple, il s’agit de donner le superflu sans rien attendre en retour, pour que plaisir d’offrir ne rime pas avec consommation effrénée. Ariel Bosio, initiateur de la Gratiferia( néologisme de langue espagnole) en a lancé le mouvement en Argentine, il y a 4 ans:  » j’ai découvert que je pouvais vivre avec moins d’affaires que ce que je possédais et que c’était surtout une question d’habitude.[..] Chaque jour , nous sommes un peu plus nombreux à adopter cette nouvelle forme de partage  » . Le marché gratuit festif fait des émules dans de nombreux pays. Altermondialistes ou simples citoyens cherchant à partager une autre vision que celle de notre société de surconsommation font des émules dans de grandes villes de France mais aussi dans de petites communes de moins de 250 habitants. Les « mauvais voisins » , traduction de l’occitan de Mauvaisin, en Haute Garonne (218 âmes au dernier recensement ) voue convie chaque premier dimanche du mois à découvrir, hormis son château, sa gratiferia.
Ni troc, ni vide-grenier ( fort prisé dans la région), l’échange marchand systématique n’existe pas . Chacun vient avec des objets ou avec rien et repart avec ce qui lui plait ou ce qui lui est utile. On donne et on se sert en toute gratuité. Les participants déposent des  » biens » en bon état ( livres, vêtements, jouets, appareils électroménagers, vaisselle, petits mobiliers, légumes et fruits du potager ou proposent des services ( séance de massage, cours de cuisine, de couture, d’informatique…) , aide ponctuelle en don de compétence . « Un moment de gratuité où vous pouvez apportez ce qui vous plait et repartir avec ce qui vous fait plaisir » . Démarche anti-conso que de mettre à disposition par un système alternatif, la gratuité relançant la circulation de biens dans un cadre non marchand. Objets en tout genre devenus inutiles, superflu pour les personnes prenant de la distance avec les possessions matérielles circulent ainsi et profitent à d’autres.

Pas de buvette ou de stands de restauration, le principe de l’auberge espagnole ( apporter plats et boisson et mettre à disposition en geste de partage ). Plaisir et rencontre sont les maitres mots en ce lieu et est l’occasion de discuter, de nouer des relations. » Amenez votre sourire et votre envie de rencontrer les autres » en et l’invitation .
La Gratiferia de Mauvaisin a vu le jour à l’occasion de manifestations culturelles en milieu rural organisées par Un dimanche à la campagne. Spectacles, ateliers, concerts, expositions, débats, journée à thème, festival, résidence d’artistes etc… La prochaine a lieu dimanche 11 octobre , dans le cadre de : Y’en a marre d’attendre ! Où toute la famille est conviée à des ateliers surprenant comme le tirage photo au café et à la vitamine C, spectacles et concerts au prix libre d’entrée.

Une seule ombre au tableau: comme pour ces marchés , les vide- greniers, bourses d’échanges , le risque de retrouver l’objet sur un site de vente d’occasion . Les professionnels de la brocante, du profit ne sont jamais loin. Une charte est parfois instituée . Ne pas venir avec un véhicule utilitaire, rester raisonnable dans ce que l’on prend. On en repart souvent les mains vides mais le cœur rempli de chaleur humaine, d’idées nouvelles et la preuve d’une étape franchie vers la transition.
Il n’a fallu que quelques années pour que ce concept se répande de pays en pays, de la ville à la campagne et qu’un évènement annuel devienne une institution sur la commune de Mauvaisin . Ces « mauvais voisins » ont décidément un savoir- être qu’ils transmettent : le plaisir d’offrir dans un sourire, une simplicité volontairement 100% gratis rompant ainsi les dogmes de la société de consommation.

Senoble, attention où tu achètes ton lait

Visite au pays du Moins de biens pour plus de liens

Filesharing

Que ce soit par la force des choses ( chômage prolongé, licenciement économique, séparation ou veuvage, retraite, maladie de longue durée, invalidité et tous les accidents de la vie) ou par choix délibéré, réfléchi, Il est un pays, une philosophie , une école de vie alternative que vous pouvez visiter : le pays du Moins .
Moins de consommation irraisonnée , dictée par la publicité et le marketing (marteau-piqueur, bulldozer et char d’assaut qui cherchent à vous lobotomiser et à vous faire gober les nouveautés, les plus  » beaux » , les plus « chers », les plus » inutiles », les plus « artificiellement frelatés » les plus …)
Se nourrir:
Au pays du Moins, on achète local et sain. Acheter ? Pas toujours! Les voisins se connaissent et s’échangent les trop- pleins de leur production potagère. Ils mettent à disposition gratuitement légumes, fruits , herbes aromatiques (Comestibles incroyables )Un village en Haute Garonne( 31) Miremont lance le projet . Les volontaires ont fait du porte à porte pour faire connaitre, transmettre, sensibiliser, éduquer les habitants de la petite commune à ce mouvement  » Incredible Edible ». Première réunion au café du village , à côté de la boulangerie , le samedi 26 Avril 2014 à 11 heures . Dynamique citoyenne libre pour cette première rencontre de ceux qui souhaitent briser les chaines de l’esclavage du consumérisme à outrance, en faisant pousser en permaculture leurs aliments et les mettre à disposition d’autrui .
AMAP: Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne. Déjà abordé de nombreuses fois ici . Rappelons juste le principe de partenariat de proximité entre un groupe de consommateurs et un exploitant agricole local .. Favorisant le circuit court de distribution , sans intermédiaire , ce système garantit un revenu fixe à l’agriculteur , quelque soit les risques naturels liés à la météo sur la quantité de production et le partage régulier des fruits et légumes de façon solidaire.
S.E.L : Système d’ Echange Local . Pourquoi ne pas troquer quelques heures de jardinage dans le potager d’une personne ne pouvant l’assurer elle-même (maladie, immobilisation forcée, vieillesse, absence prolongée) contre une partie de la récolte ? Echanger un savoir- faire culinaire ( confiture, mise en bocaux, préparation alimentaire diverse produite en plus grande quantité et échangées contre d’autres denrées ). Dans ce domaine , toutes les idées sont les bienvenues au grand plaisir de chacun des membres de cette collaboration équitable. Un réseau d’entraide et de partage de compétences, une ouverture vers ses voisins qui ont eux aussi, certainement quelque chose à vous apprendre.
ANDES Association Nationale du Développement des Epiceries Solidaires. Pour les citadins en situation de précarité ( de plus en plus nombreux en dessous du seuil de pauvreté monétaire au pays du Plus qu’ils soient chômeurs, étudiants, retraités, parent isolé ..).Luttant contre l’exclusion sans favoriser l’assistanat , ces épiceries au nombre de 600 environ en France offrent en libre- service des produits de consommation courante moyennant une contribution de 10 à 30 % du prix usuel . Liberté de choisir dans la dignité, cette alternative répond autrement à l’aide alimentaire en écho à la soupe populaire, aux restaurants du cœur et autres organismes d’aide à la réinsertion sociale.

Au pays du Plus, une augmentation du prix de l’électricité, du loyer, des produits de base ( comme la répercussion du « jeu » de spéculation sur les céréales…), petites mises à contribution dont nous octroie le gouvernement pour redresser la situation du pays et ce sont ces quelques euros de moins dans l’équilibre de son porte-monnaie. Les bourses et les portefeuilles des « Plus » se gonflent tandis que ceux des  » Moins » n’ont plus que des factures impayées ou de la monnaie de singe. Les propos actuels du MEDEF sur une proposition de SMIC (Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance) transitoire pour les jeunes plus bas mettent en péril la pérennité de ce seuil minimum en dessous duquel il est interdit de rémunérer un travailleur en France .En Net , ce que touche le salarié , après déduction des charges est de 7,45 € ( SMIC Net horaire au 01/01/2014) et de 1133 € ( Net mensuel calculé sur la base de 35 heures hebdomadaires).En 2011, 4,2 millions de personnes travaillaient à temps partiel dont plus d’1/3 de manière subie, n’ayant pu trouver un emploi à temps plein. La situation réelle est que 8 millions de français doivent réussir à survivre avec moins de 790 €/mois. En 2009, les étudiants grecs étaient descendus dans les rues avec le slogan  » Génération à 600 € » inspirant un article dans la revue Politis N° 1066( Début septembre 2009), écrit par Serge Latouche*: Vivre avec 600 Euros/mois!
Au pays du Moins on apprend à cuisiner sans faire de déchet. Même les épluchures, les fanes, les carcasses de volaille, les têtes de poisson prennent place dans les soupes, les bouillons, les sauces , les fumets de petits-plats. Les réfrigérateurs ne débordent pas de marchandises mais des quantités et variétés calculées pour ne pas être gâchées et ne pas finir dans la poubelle . La poubelle justement , les freeganistes ou déchetaristes visitent les containers des supermarchés ou des après marché d’extérieur. Par choix, ils redistribuent le fruit de leur collecte tandis que les bien-pensants du Plus s’acharnent à les en empêcher en y versant des produits chimiques comme de l’eau de Javel , rendant impropre à la consommation les produits déclarés comme périmés et impropre à la vente. Des associations de bénévoles ont réussi à se faire ouvrir les portes et à assurer la collecte et la redistribution . Au pays du Moins, les produits ont une durée de vie plus longues que la date « conseillée » inscrite sur les étiquettes. Une nouvelle législation doit établir ces nouveaux codes de validité à la vente ou à la consommation.
Se loger :
La colocation est une solution pour échapper au fardeau du « loyer » ( premier poste de dépense des français)à prix fort d’une petite chambre de bonne que les gens du pays du Plus ne rend plus possible par ses textes de lois, ses titres d’insalubrité, ses locaux et logements vides et ses prix prohibitifs.
Des habitats collectifs se montent combinant des espaces personnels pour les habitants et la mise en commun de locaux et de matériels comme la buanderie, lave-linge, sèche-linge, mais aussi la salle à manger, la cuisine, les lieux de détente et de loisirs. Ce  » cohousing » ou habitat partagé peut être lancé lors de la rénovation d’un bâtiment ou mené de bout en bout en participation écologique et sociale sur un projet de construction. Les bénéfices économiques sont complétés par une interaction dynamique

Une chambre à disposition pour un étudiant chez une personne seule ou âgée, contre une somme modeste et une présence réconfortante, sécurisante et une participation au activités ménagères est une alternative économique.

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Se déplacer :
Le covoiturage :
Il s’organise de façon spontanée entre collègues de travail. Trajet commun effectué quotidiennement , il est facile de trouver le point de rendez-vous , le planning des « chauffeurs ». Chaque semaine, un véhicule est ainsi utilisé pour 4 ou 5 passagers . Frais d’essence et usure du véhicule sont réduits. Une entre -aide pour celle ou celui qui n’est pas motorisé et la solution pour rallier le site géographique parfois non couvert par le réseau des transports en commun publics ( train , tram, métro, bus).Déjà , en 1958 une association loi de 1901 était fondée , PROVOYA ( nom correspondant aux lettres du cadran téléphonique de l’époque pour la joindre) , elle est devenue ALLOSTOP France proposant ses services pour la métropole mais aussi l’étranger. Des associations de covoiturage unissent leurs efforts sur un site FEDUCO.org . Cette fédération du covoiturage regroupe plusieurs membres dont : BlaBlaCar , Carpooling, Covivo, , Ecolutis, Greencove, La roue Verte, One plus one technologies, Roulez Malin ( Entreprises et collectivités) , Vadrouille Covoiturage ( longue distance), Ville Fluide, Voisine ( Région Languedoc- Roussillon), Voiture & Co etc.… Que ce soit sur réservation Internet ou par l’application d’un macaron autocollant sur le pare-brise, le panonceau de la destination et le pouce levé font de nouveau des adeptes tant pour le facteur économique que pour la convivialité dans le respect de dépenser moins de carburant, de moins polluer …Encore un élan alternatif au pays du Moins.
Certains organismes demandent une participation financière , une assurance spécifique, d’autres mettent en contact de manière gratuite les protagonistes de ce mode de transport partagé. A noter que ces services de covoiturage vont subir prochainement une enquête de la part des services de la répression des fraudes , suite à l’ affaire Uber( entreprise américaine assurant le covoiturage à Berlin , Allemagne) et la plainte des taxis Berlinois dénonçant une concurrence déloyale de ces dispositifs de covoiturage entre particuliers. Le pays du Plus entre en bataille juridique , « pratique anticoncurrentielle des entreprises  » .
En ville, les vélos en libre service se multiplient. Chaque ville a sa couleur. Méfiez-vous cependant , certaines agglomérations demandent une participation financière à cette consommation collaborative.
Plusieurs villes de France mettent à disposition un système d’autopartage de véhicules motorisés, voitures accessibles 24h/24 ,7j/7. Pour une heure, une sortie de fin de semaine , une occasion particulière c’est un moyen de se déplacer en voiture , sans en avoir le cout des frais d’entretien( révisions, réparations, contrôle technique …), frais de stockage du véhicule lorsqu’il n’est pas utilisé ( parkings gratuits de plus en plus rare en ville ).
Les loisirs:
Les livres : le réseau classique des bibliothèques municipales s’enrichissent des mises à disposition d’ouvrages dans des bacs à l’extérieur de bâtiments publics, sur des étagères ou les coins d’étal des petits commerces et services publics des petites communes ou hameaux . On les dépose sur un banc, sur le siège d’un train ou d’un métro avec un petit message adressé au futur lecteur .
Des sites d’échange et de troc permettent aux dévoreurs de livres de se nourrir à moindre frais .Booktroc.com, Bibliotroc.fr etc.
Le troc , l’échange , le don et l’entraide sont regroupés sur un site ConsoGlobe.com, le site de la nouvelle consommation « Echangez sans limite ». Livres, DVD, cassettes VHS, matériel informatique, jeux vidéos, CD de musique, mobilier, décoration , vêtements, jouets, location de matériels, coups de main, aide… Proposez par une petite annonce gratuite, transformez en points ce que vous donnez et utilisez vos points pour bénéficier d’un autre élément proposé par cette communauté, adepte du troc 100% gratuit.
Les vacances:
Le gardiennage : Certains propriétaires de maisons avec jardins, animaux de compagnie vous proposent l’hébergement gratuit en échange de l’entretien des animaux et végétaux .
Les vacances gratuites contre services  » Job.for.bed » vous garantissent le gite et le couvert , contre quelques heures de travail ou participation aux tâches ménagères et aux activités de l’hôte et de sa famille.
Le Woofing : tourisme alternatif à petit budget. Cela consiste à partager le mode de vie de l’habitant qui accueille gratuitement en échange d’une aide dans les activités quotidienne ou professionnelles. C’est une immersion responsable dans un nouvel environnement riche d’un échange de gestes , de paroles, de savoir-faire. Culture à visage humain, ce concept se développe de plus en plus . De la ferme française à un petit village hors de nos frontières , découvrez un autre projet de vacances sur Wwoof.org.
Un petit coin où dormir lorsqu’on ne peut se payer l’hôtel et c’est le couchsurfing qui vous offre un canapé, un lit gratuitement. Les membres actifs échangent ainsi des possibilités de nuitées dans de nombreux pays.

Au pays du Moins, la solidarité, l’entraide, la générosité ou réciprocité comme le partage, le troc, la communication vous prend par la main de façon simple . Une alternative à la société « moderne » individualiste, égoïste, d’hyperconsommation . Difficile de changer ses habitudes casanières, sa routine…Devons -nous attendre qu’un accident de la vie remette en cause nos revenus pour décider de modifier le comportement traditionnel de consommateur , le stockage encombrant de multitudes d’objets inutiles , de privilégier l’usage à la possession, le prêt et l’entraide . Le pays du Moins c’est une économie de partage, une consommation collaborative. Redistribuer, recycler, mettre en libre circulation, renouer avec le dialogue, les échanges , se grouper et mutualiser les achats , les actions. Le refus de la Société de Marché du modèle Capitalisme Libéral poussent des personnes de milieux diverses, d’ horizons diverses dans un mouvement intergénérationnel où le lien social et le rejet de l’argent devient profitable, équitable et apporte alors un énorme Plus. Au pays des mangeurs de grenouille et d’escargot, en sa capitale Paris , du 5 au 7 Mai 2014, au Cabaret sauvage , Ouishare Fest : The age of communities , 1000 pionniers de l’économie collaborative se réunissent pour 3 jours de conférences de co-création et d’interaction . Pays du Plus, pays du Moins, à vous de choisir votre chemin. Le mien c’est : Moins de biens pour Plus de liens.

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Serge Latouche*: Retrouver les chroniques écrites , publiées ou non dans la revue Politis de 2006 à 2012 dans le livre : Chroniques d’un objecteur de croissance- troisième trimestre 2012- Editions Médial-Sang de la Terre
La Décroissance, Le journal de la joie de vivre (1er journal d’écologie politique).Mensuel

Consocollaborative.com : le blog de la consommation collaborative.