(Tr)oppressé

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Avec la série (Tr)oppressé,Arte propose en 10 épisodes d’une durée de 5 à 6 minutes chacun (disponible jusqu’à fin 2020 sur sa chaîne du Net de prendre le temps d’ouvrir des pistes de réflexion sur la frénésie collective et individuelle dans notre société hypercapitaliste. Du diktat » du plus , plus vite, plus fort, plus performant » , sociologues, philosophes, journalistes et auteurs contemporains nous offrent  leur regard sur les dérives sociétales , les modes de vie induits. Illustrée par des extraits d’archives vidéos, films et publicités, la série dénonce au travers de 10 facettes les thèmes de l’hyperconsommation, la mode, le travail, la manipulation numérique, l’amour ou les médias. Quand le trop pressé cherche à combler d’un petit clic  à tout prix le vide de sa vie , que de consommateur dans l’urgence il devient le produit consommable jetable, pressé comme un citron,  oppressé.

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Influenza aviaire : Qui seront les vaincus au jeu de l’OIE, le grand Sud Ouest a la chair de poule

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Vae victis , Brennus (dont les fans de rugby à 15 connaissent le fameux bouclier), chef gaulois , qui , pour la grande Histoire ne sont pas les ancêtres des français, n’aurait pu envahir Rome et son Capitole que gràce  ou à cause du signal donné par des oies . C’est  après un siège de plus de 7 mois que les romains, épuisés, affamés se rendent . De la mythification historique : Ce que nous appelons  peuple gaulois étaient
des Ambiens, des Helvètes, des Séquanes, des Sénones, des Carnutes, des Parisii, des Vénètes, des Pictes, des Rèmes, des Bellovaques, des Ménapes, des Aduapes, des Allobroges……. Rappel que Jules César mena la guerre des Gaules .Pluralité que ces gaules là.

Vae Victis : malheur aux vaincus . Ce sont bien les oies,les jars, les canes et les canards, du Capitole toulousain aux fins fonds de tout le Sud Ouest de la France qui vont être vaincus. Point de foie gras ou de magret, pas de destruction massive des élevages pour enrayer la grippe aviaire. Les palmipèdes vivants actuellement dans les élevages non infestés par l’influenza aviaire iront à maturité avant d’être tués et commercialisés . Un sort tout autre touche les œufs, qui eux seront détruits systématiquement pendant au moins 4 mois, suivis d’un vide sanitaire de 2 autres pour un retour à la normale fin juin, début juillet.
La formule adoptée prend effet dès lundi : les élevages ne recevront plus de canetons. La production va ensuite être progressivement arrêtée. Au fur et à mesure, ils vont se vider.
L’objectif est que dans quatre mois, il n’y ait plus aucun volatile dans les huit départements concernés : la Dordogne (13 cas), les Landes (28), la Haute-Vienne (1), le Gers (10), les Pyrénées-Atlantiques (12), les Hautes-Pyrénées (3), le Lot (1) et la Haute-Garonne (1).

Ainsi en a-t-il été décidé en haut lieu par le Conseil national d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale du ministère de l’ Agriculture .
«de quoi vivront les éleveurs, comment rembourseront-ils leurs investissements, quelles importations vont venir remplacer les volumes non produits chez nous? Et que dire des abattoirs et de toute la filière aval concernant cette production à haute valeur ajoutée?»a demandé Patrick Franken, président de la Coordination Rurale 47 ( Lot et Garonne)

Réponse de Enrico Brivio
C’est la France qui décidera du montant de l’enveloppe pour les indemniser. Elle en financera 50%, le reste étant à la charge de l’Europe, s’engage Enrico Brivio, porte-parole du commissaire Européen à la santé et à la sécurité alimentaire, qui salue les mesures prises ce jeudi.

En cas de confirmation de grippe, les mesures obligatoires en Europe sont  : l’abattage et la destruction sur place de toutes les volailles et des œufs de l’exploitation, le nettoyage et la désinfection de l’exploitation suivis d’un vide sanitaire de 21 jours, la mise en place de zones de protection (rayon de 3 km) et de surveillance (rayon de 10 km) autour de l’exploitation a rappelé le docteur Bernard Vallate patron de l’OIE ( Office international des épizooties.)
«Nulle part ailleurs dans le monde, nous n’avons jusqu’à présent vu se développer aussi vite et en même temps trois souches de grippe aviaire». Surpris, le patron de l’OMS animal se dit néanmoins «optimiste» pour la suite. L’épidémie va s’arrêter assez vite, dit-il. «Le consommateur n’a rien à craindre. Le risque de transmission du virus de la grippe aviaire à l’homme est quasi-nul et en tout cas il ne se transmet jamais par ingestion de produits de volailles, crus ou cuits». Les dégâts économiques eux ont déjà eu lieu. Nombreux sont les pays fermant leur porte aux exportations françaises de volailles et produits de volailles .

La France fait face à une épizootie inédite : près de 70 foyers détectés dont une trentaine dans les Landes. Inédite aussi par l’identité du virus : jusqu’à présent, l’épidémie était asiatique, elle arrivait chez nous par les oiseaux migrateurs. Visiblement le virus a muté, il est désormais européen. « Ce type de H5N1 est un peu différent du type asiatique. On donne aux Etats membres la possibilité d’appliquer des mesures plus drastiques » dans ce cas, explique Enrico Brivio.

Capito ? Capitale que cette éradication programmée. Vae victis ! Avis aux auques, aux « avica, ganz, gaaz,chen, iouaz » ..de quoi donner la chair de poule aux oies blanches . Et pendant ce temps là le canard était toujours vivant ( tiré de :la chasse aux canards, Robert Lamoureux). De quoi déchainer un autre canard d’une plume acerbe et ironique Le Canard enchainé . Finis de se gaver, les repas de fêtes de fin d’années sont digérés.

Bonne fête Serge – Latouche à l’honneur, en toute simplicité

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Le philosophe Français Serge Latouche , qui se définit lui-même comme ex économiste a fait une intervention devant une assemblée , délégation de jeunes agriculteurs du futur, venus de 120 pays pour Terra Madre Giovani ( les jeunes de Terra Madre) à l’initiative de Slow Food( fondateur de SF : Carlo Petrini)-We feed the Planet début Octobre à Milan lors da la grande Expo , Italie. Plus médiatisé que dans son propre pays, ses paroles sont reprises par de nombreux journaux . Le marathonien des congres , exposition universelle ou non multiplie ses témoignages et la sensibilisation dans de nombreux pays, diffusant les principes et fondements de la simplicité volontaire, du bien être simple et autres appellations plus parlantes que le terme initial de « décroissance ».

Pour ces 4 jours de réunions où se côtoyaient , jeunes agriculteurs, agronomes, étudiants, chefs de petites entreprises, pécheurs, activistes , c’est Serge qui a eu le privilège de débuter la série de colloques et de débats .
Extraits de journaux italiens relatant son intervention :
La Repubblica du 4 Octobre 2015, rubrique Economie et finance

MILAN : réévaluer, redéployer et relocaliser. Et encore une fois : réduire, recycler, réutiliser et restructurer. Seulement de cette manière, à travers le « cercle vertueux des R » il est possible d’inventer un mode durable de survie. Serge Latouche, le théoricien de la décroissance heureuse, le répète comme un mantra à Milan. Le philosophe Français qui aime se définir comme ex économiste (« parce que j’ai perdu confiance dans l’économie, c’est un mensonge »), a conté une autre façon de voir la production, la consommation et les rapports sociaux : » un mode plus équitable, plus humain, plus juste « parce que le système de production dans lequel nous sommes plongés génère partout des situations d’inégalité, d’exploitation et d’abus. Et les mêmes indices de richesse (comme le PIB) sont complètement évincés des paramètres financiers et monétaires, qui ne correspondent pas au bien-être réel des populations: « l’économie est une religion occidentale qui nous rend malheureux. »
« Aujourd’hui , a dit Latouche, nous vivons dans une société fagocitée par une exigence de croissance qui n’a plus de motifs économiques, mais qui est la croissance pour la croissance. Illimitation du produit, puis illimitation de l’exploitation des ressources naturelles renouvelables ou non. Illimité de consommation, puis des déchets et du gaspillage, autrement dit pollution de l’air et l’eau « . Une recherche de croissance alimentée par la publicité qui vous fait désirer ce que vous n’avez pas ; soutenue par la banque  » prompte à prêter de l’argent, quasi à l’infini » et influencé par l’obsolescence programmée: « nous sommes condamnés à consommer parce que nos outils sont programmés pour se détériorer aussi rapidement que possible ».
L’alternative proposée par Latouche est la décroissance en réponse à la non-soutenabilité sociale et écologique de notre réalité. « Nous, occidentaux sommes moins de 20 % de la population mondiale mais nous consommons 86 % des ressources naturelles. Notre mode de vie détruit la résilience, la capacité de l’organisme terrestre à faire face au choc du changement climatique comme la perte de la biodiversité « .
Les critiques de Serge Latouche sont autant de révoltes contre le modèle de la société individualiste qui  » a permis de libérer les forces destructrices, sur lesquelles se fonde la société de consommation et la croissance. » En fait, la recherche d’accumulation est « une guerre de tous contre tous. C’est une guerre contre la nature, car nous ne remarquons pas que de cette façon nous détruisons la planète plus rapidement. Nous faisons la guerre contre les hommes. Même un enfant comprendrait ce que les politiciens et économistes font semblant de ne pas voir :une croissance infinie est par définition absurde dans une planète finie, mais nous ne comprendrons pas tant que nous ne l’avons pas détruit. Pour faire la paix, nous devons renoncer nous-mêmes à l’abondance frugale, obliger. Nous devons apprendre à reconstruire d’autres rapports sociaux « .
Pour les économistes néo-libéraux, ajoute Latouche, l’option la plus terrible est le protectionnisme, « Mais, en réalité, c’est un instrument de défense parce que c’est la compétition pour alimenter la guerre, comme en témoigne le cas de Volkswagen. Le libre -échange est comme le renard dans le poulailler . Nous avons détruit l’agriculture de la Chine, et en pleine réciprocité l’industrie chinoise a détruit la notre : 800 millions d’ anciens paysans chinois s’entassent dans les banlieues, créant des millions de chômeurs dans nos sociétés « .

À l’appui de son point de vue Latouche cite la New Economics Foundation qui calcule l’ « indice de bonheur » sur trois dimensions : empreinte écologique, l’espérance de vie à la naissance et bien-être subjectif ( sentiment individuel de bonheur). « Avec ces paramètres, comme dans la Bible – conclut , le philosophe Français les derniers deviennent premiers et les derniers, premiers . Vanatu et le Costa Rica sont en haut du classement, tandis que le mensonge des États-Unis en 160eme position et l’ Italie autour de 60eme ».

Corriera de la sera : La recette de Latouche pour les jeunes agriculteurs :  » La globalisation est une arnaque »
La bataille pour une culture alimentaire différente est possible seulement si nous unissons nos forces ». S’adressant pendant deux heures aux jeunes agriculteurs du monde entier qui se sont réunis dans la salle rouge du Superstudio Più , rue Tortona, à Milan, Serge Latouche, l’économiste et philosophe Français , partisan de la décroissance, ennemi juré de la mondialisation et du libre-échange qui, dit-il, est comme « le renard dans le poulailler en libre service », a eu pour tâche d’ouvrir le deuxième jour de la réunion de Terra Madre Giovani. Il cite Thomas Piketty : « la sociétés dans laquelle les inégalités grandissent sont malheureuses aussi pour les riches. »
Pointant du doigt la « cupidité » et les universités qui produisent les économistes « nous enseignons comment faire autant d’argent que possible ». Il parle au pied levé, sans support audiovisuel. Mais son charisme n’a pas besoin de support technologique, de pc « victimes d’obsolescence planifiée. » Il répète que « la mondialisation est la plus grosse escroquerie de l’histoire, un jeu de massacre à l’échelle mondiale ».
Thèmes abordés « 800 mille paysans chinois chassés de la campagne et l’exportation de produits fabriqués dans les usines en Chine à perte créant du chômage en occident ». Il invite à se méfier de l’opulence, de la « société de croissance qui a trahi les promesses de la modernité ». Il a parlé de migrants, exploités par le système alimentaire mondial, avec le procureur de Calabre Nicola Gratteri. Il aborde le sujet « alimentation et religion « avec les invités des différentes communautés. D’autres intervenants ont ponctué cette journée autour de la Slow Food et des mouvements en faveur d’une alimentation Biologique , du bien fondé de réintroduire des techniques ancestrales en matière d’agriculture , de respect de l’environnement.

Serge Latouche ne refuse aucune invitation ou presque et c’est l’homme qui se dévoile , ainsi que ces idées, à travers ce petit questionnaire accordé lors d’une intervention en Alsace pour un club de réflexion réunissant dirigeants et cadres dirigeants . Le theme était : Le décroissance comme solution de sortie de crise . Etonnant ce Serge là, quand il touche tout public. A lire ses nombreux ouvrages et à méditer. Bonne fête Mr Serge !

Les alimenteurs – qui mange qui ?

Moches( pas méchant,mais marchand) quand » les gueules cassées » végétales jouent aux stars.

 

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La beauté ne se mange pas en salade , mais les moches , les pas beaux, les bizarres , les hors- normes oui !

gueules-cassees-carotte-piedSont concernés :

• les produits présentant un défaut d’aspect
• les produits de petits calibres et moins jolis à la base
• les produits présentant des marques suite à des intempéries (pluie, grêle ou chocs au vent)
Ces « gueules cassées » avec leurs petites particularités ne doivent plus être boudées ou écartées tant ces produits sont bons et dignes de notre attention.

gueules-cassees-fraiseQui a dit qu’ils n’étaient pas beaux !!

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Pomme-Amourhttp://lesgueulescassees.org

Joli coup que cette campagne publicitaire , esprti casseur de pub , pour une fois, je m’incline . il faut être clément « in » , de temps en temps.

 

Gratiferia , qu’es aco ?

gratiferia, sourire

Né dans la capitale argentine, le concept de la gratiferia fait fureur et a déjà conquis de nombreuses villes à travers toute la France depuis plus d’un an. Qu’es aco, qu’est-ce que c’est ?L’idée est simple, il s’agit de donner le superflu sans rien attendre en retour, pour que plaisir d’offrir ne rime pas avec consommation effrénée. Ariel Bosio, initiateur de la Gratiferia( néologisme de langue espagnole) en a lancé le mouvement en Argentine, il y a 4 ans:  » j’ai découvert que je pouvais vivre avec moins d’affaires que ce que je possédais et que c’était surtout une question d’habitude.[..] Chaque jour , nous sommes un peu plus nombreux à adopter cette nouvelle forme de partage  » . Le marché gratuit festif fait des émules dans de nombreux pays. Altermondialistes ou simples citoyens cherchant à partager une autre vision que celle de notre société de surconsommation font des émules dans de grandes villes de France mais aussi dans de petites communes de moins de 250 habitants. Les « mauvais voisins » , traduction de l’occitan de Mauvaisin, en Haute Garonne (218 âmes au dernier recensement ) voue convie chaque premier dimanche du mois à découvrir, hormis son château, sa gratiferia.
Ni troc, ni vide-grenier ( fort prisé dans la région), l’échange marchand systématique n’existe pas . Chacun vient avec des objets ou avec rien et repart avec ce qui lui plait ou ce qui lui est utile. On donne et on se sert en toute gratuité. Les participants déposent des  » biens » en bon état ( livres, vêtements, jouets, appareils électroménagers, vaisselle, petits mobiliers, légumes et fruits du potager ou proposent des services ( séance de massage, cours de cuisine, de couture, d’informatique…) , aide ponctuelle en don de compétence . « Un moment de gratuité où vous pouvez apportez ce qui vous plait et repartir avec ce qui vous fait plaisir » . Démarche anti-conso que de mettre à disposition par un système alternatif, la gratuité relançant la circulation de biens dans un cadre non marchand. Objets en tout genre devenus inutiles, superflu pour les personnes prenant de la distance avec les possessions matérielles circulent ainsi et profitent à d’autres.

Pas de buvette ou de stands de restauration, le principe de l’auberge espagnole ( apporter plats et boisson et mettre à disposition en geste de partage ). Plaisir et rencontre sont les maitres mots en ce lieu et est l’occasion de discuter, de nouer des relations. » Amenez votre sourire et votre envie de rencontrer les autres » en et l’invitation .
La Gratiferia de Mauvaisin a vu le jour à l’occasion de manifestations culturelles en milieu rural organisées par Un dimanche à la campagne. Spectacles, ateliers, concerts, expositions, débats, journée à thème, festival, résidence d’artistes etc… La prochaine a lieu dimanche 11 octobre , dans le cadre de : Y’en a marre d’attendre ! Où toute la famille est conviée à des ateliers surprenant comme le tirage photo au café et à la vitamine C, spectacles et concerts au prix libre d’entrée.

Une seule ombre au tableau: comme pour ces marchés , les vide- greniers, bourses d’échanges , le risque de retrouver l’objet sur un site de vente d’occasion . Les professionnels de la brocante, du profit ne sont jamais loin. Une charte est parfois instituée . Ne pas venir avec un véhicule utilitaire, rester raisonnable dans ce que l’on prend. On en repart souvent les mains vides mais le cœur rempli de chaleur humaine, d’idées nouvelles et la preuve d’une étape franchie vers la transition.
Il n’a fallu que quelques années pour que ce concept se répande de pays en pays, de la ville à la campagne et qu’un évènement annuel devienne une institution sur la commune de Mauvaisin . Ces « mauvais voisins » ont décidément un savoir- être qu’ils transmettent : le plaisir d’offrir dans un sourire, une simplicité volontairement 100% gratis rompant ainsi les dogmes de la société de consommation.

Senoble, attention où tu achètes ton lait