Jardins partagés: creuser, planter du savoir faire au faire savoir – Graines d’idées, graines de paix.

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« Il faut cultiver notre jardin  » écrivait Voltaire dans Candide. Cultiver au sens agraire mais aussi partager les savoirs , savoir faire et savoir être. Les jardins partagés, jardins communautaires , jardins solidaires poussent comme des champignons et réinvestissent les terrains vagues, les cours et petit lopin d’espace vert publics ou privés, les toits des gratte-ciels. La ceinture verte entourant les zones urbaines voit désormais de nombreux micro-poumons apparaitre. Simples bacs mis à disposition ou foret-jardin , de l’expérimentation de la permaculture à la culture de l’expérience partagée, plantons les graines.

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Historiquement, dés le Moyen-âge, des femmes et des hommes se sont rebellés et se sont regroupés en cultivant ensemble des lopins de terre pour préserver leurs droits d’usage sur les terres détenues par les seigneurs. Champs ou jardins des pauvres sont mis à disposition pour permettre à la population la plus défavorisée pour pouvoir survivre en récoltant fruits et légumes de base pour leur alimentation . En France, dans les zones minières du Nord, afin d’améliorer le quotidien des familles de mineurs entassée dans de minuscules maisonnettes accolées les unes aux autres et leur permettre de voir un peu le gris du ciel , les « jardins ouvriers  » se développent. D’ouvriers, ils deviennent « familiaux » lorsqu’ils s’ouvrent à d’autres tranches de la population . Leurs statuts et moyens d’attribution évoluent avec le temps .
Rébellion contre la société individualiste et de consommation, ils reprennent du terrain en fleurissant dans les quartiers urbains au sein des terrains abandonnés. Quelle belle symbolique que ces bombes de graines « seed bombs » lâchées au dessus des grillages comme l’a fait Liz Christy, à l’origine des mouvements comme les guerillas vertes . Le « jardin dans tous ses états » reprend possession de terrains ou de petites parcelles s’institutionnalise, permettant son développement à l’échelon national et son essor .
A l’initiative de quelques personnes, ces havres de paix deviennent des lieux de rencontres, d’échanges et de partages des savoirs, savoir faire et savoir être.
Retour à la terre, creuser, bécher, planter , voir germer et pousser , puis récolter les fruits de son travail ( loin d’être une corvée !) permet de recréer le lien social, le dialogue intergénérationnel. Les enfants, en effet découvrent en pratique l’origine des produits de base . Etonnement d’apprendre que les frites ne poussent pas sur des arbres telles quelles . Redécouvrir la saveur d’un fruit gorgé de soleil, qu’on peut cueillir et dévorer sans avoir à craindre d’absorber en même temps les effets néfastes des pesticides et autres produits chimiques dangereux pour la santé. Compostage , recyclage des déchets verts, mais aussi utilisation des cultures associées, captage des eaux de pluie et de ruissellement, rythme des saisons, notions écologiques, scientifiques mais aussi anecdotes, contes et légendes, maximes seront abordées lors des discussions partagées .

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En fonction de la taille du terrain mis à disposition et des connaissances des jardiniers en herbe ou émérites, ce sont des bacs souvent fabriqués à partir de palettes de bois récupérés permettant aux plus âgés ou aux personnes à mobilité réduite d’accéder au plaisir de replonger les mains dans la terre nourricière et d’en ressentir les bienfaits. Les espaces verts de zones à forte urbanisation ou les cours d’immeuble voient cette activité se développer. Ces jardins communautaires sont également des terrains d’expérimentation à l’échelle humaine. Hormis les différences d’age, chacun apporte ses expériences issues de sa propre culture, de son passé, de son histoire personnelle et familiale ou de ses recherches, les met en commun. Graines d’humanité plantées , espoir à voir germer et pousser, apprentissage de la patience, de la tolérance, de la diversité, ce savoir vivre ensemble se retrouve dans l’application plus terre à terre de la permaculture ( permanent agriculture) , association de plantes diverses pour leurs interactions bénéfiques entre elles, mais aussi des micro organismes, vers et insectes permettant la fermentation naturelle , la structure mécanique au travers des racines et mycellium, création d’une autorégulation. Les plantes à grandes racines remontent en surface les nutriments dont bénéficieront celles plus superficielles. Certaines variétés sont propices à attirer et faire se reproduire des insectes prédateurs de nuisibles. Par exemple, des plants de fèves sont une très bonne nurserie pour les coccinelles qui se nourriront avec délectations des pucerons du jardin. Ombrage des feuillus protégeant les plantes plus petites , qui en échange confèrent un certain niveau d’humidité pour tous. Dans ces échanges vertueux, les minéraux sont aussi de la partie; des pierres disposées aux endroits les plus ensoleillés restituent la chaleur accumulée dans la journée. Interdépendances et inspirations du cycle de la nature , création d’écosystème très riche au niveau biodiversité où s ‘entremêlent les variétés végétales ( arbres fruitiers, légumes, fruits, fleurs, plantes médicinales et aromatiques) , les jardins partagés en sont les échos au niveau humain dans une démarche citoyenne du bien vivre ensemble , véritable démonstration d’écologie humaine dans une activité organisée, sociale et individuelle autour de la culture , œuvrant pour la qualité de vie et l’environnement .

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Loin des zones ombragées de son propre jardin secret, ces jardins partagés recèlent bien plus de trésors et de petits moments de bonheur s’égrenant au fil des saisons et des générations . Il faut cultiver notre jardin , notre terre, nos racines, nos histoires, nos savoirs. Monsieur Voltaire, candides ou ingénus, en toute simplicité retrouvée, comme dans le cycle de la nature, nous en prenons de la graine, nous creusons, bêchons et apprenons ensemble dans la tolérance pour une magnifique récolte de ce qu’on sème.

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Agroécologie, quand le parlement joue au maitre d’école, logique !

188 La «loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt» a été adoptée au parlement, jeudi 11 Septembre 2014.
Hormis les loups qui ne hurlent pas de joie pour l’autorisation de leur abattage délivrée pour une durée d’un an par les préfets décideurs, les visionnaires et les pionniers français de l’agriculture raisonnée, intégrée et biologique ( biodynamique, cultures associées, utilisation des prédateurs naturels et micro-organismes limitant les pesticides et autres produits des groupes industriels de l’agrochimie) un peu plus de 10 000 sur les 500 000 exploitants agricoles en France voient aboutir leurs efforts en matière d’agro écologie. Pourtant, ils ne sont pas satisfaits de cette loi. Contraintes supplémentaires pour certains, bon sens pour d’autres qui n’attendent pas les lois et décrets des hautes autorités gouvernementales pour tester, expérimenter, mettre en action, en application leur conception d’exercer leur noble profession d’agriculteur, de paysans de la terre , de pourvoyeurs de matière première et essentielle à notre alimentation.
Ces irréductibles anti système imposé par le jeu des subventions, par les accords de l’union européenne, par le diktat des industriels et des maitres du jeu de casino financiers et boursiers ont mis en pratique leurs valeurs, leur credo, leur amour de la terre nourricière.
Respect de l’environnement, c’est avant tout le respect et la préservation des éléments de base : la terre, l’eau, l’air, la diversité biologique. A la rentabilité, ils préfèrent conserver et améliorer la qualité « primaire  » et primordiale du terrain ( la préservation des sols en limitant les risques de pollution ,maitrise des intrants agricoles, moyens appropriés de protection des cultures et des animaux tant pour leur bien-être que leur santé, contrôle des effluents et déchets produits par l’exploitation).

Loin de l’Integrated Farming, Agriculture Intégrée, « sponsorisée » par les industries de l’agrochimie ( Monsanto, BASF, DuPont, Bayer Cropscience etc.. Rivalisant d’ingéniosité à délivrer un message écologique auprès du grand public, dupant la masse en cherchant à se refaire une virginité sur le terrain « porteur » de l’environnement.
Les professionnels de la terre le savent bien. Rappelons que la France est toujours le premier pays consommateur de pesticides d’ Europe . Cette loi «loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt »représente le modèle typique des décisions gouvernementales au double langage. Seule la réduction de l’ emploi de pesticides aux abords de zones d’habitations ou de concentration humaine à risque ( Ecoles, hôpitaux) est soulevée. Le  » produire plus et produire mieux » n’a d’école logique que son rôle pédagogique dans l’enseignement de l’agronomie , la promotion de l’agroécologie et de l’agriculture biologique dans les établissements d’enseignement aux métiers de l’agriculture .

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Les trouvailles en biotechnologie, au service des industries agrochimiques proposent par exemple des distributeurs, diffuseurs de phéromones artificielles d’insectes nuisibles . Les mâles déboussolés, à la recherche vaine des femelles en perdraient toute leur vigueur et leur nocivité. Les agriculteurs bio , lion de la monoculture utilisent un subterfuge plus naturel . Associant différentes espèces végétales sur la même parcelle ou à proximité, ils rétablissent l’équilibre et le cycle naturel par la diversité et la présence d’insectes entomophages ( se nourrissant des insectes ravageurs ). L es rotations des cultures et le travail des sols par des techniques plus en superficie et en douceur comme le sarclage et loin du gros ferraillage mécanisé, le purin d’ortie et la putréfaction naturelle des déchets de paille favorisent la fertilisation azotée croisée, luttent contre les maladies, les ravageurs et les adventices (mauvaises herbes des cultures).

La principale innovation de la loi est la création de groupements d’intérêt économique et environnemental (GIEE), collectifs d’agriculteurs qui pourront bénéficier de majorations dans l’attribution des aides publiques lorsqu’ils mettent en place des projets agroécologiques.
Agroécologie , jolie terminologie d’ experts, de membres de commission d’évaluation et de certification . « C’est simplement du bon sens » répond l’amoureux de sa terre. La lecture du rapport préliminaire de l’Office Parlementaire d ‘Evaluation des choix Scientifiques et technologiques, Rapport Pesticides et Santé présenté par M. Claude Gatignol, Député, et M. Jean-Claude Étienne, Sénateur en 2010 en est une parfaite illustration . Les points de vue, les résultats de certaines études ( demandez-vous qui les a initié et l’intégrité et la liberté d’action des différents protagonistes) montrant la dangerosité des pesticides sont contre balancés par des éléments de doute, de modulation et de modération. Certains modèles d’agriculture, dans d’autres pays y sont abordés comme piste de réflexion. Gageons que celui sur l’agriculture biologique , chez nos voisins italiens en aient inspiré certains.

Extrait: Le nouveau programme de développement rural 2007-2013 lancé en Italie prévoit que chaque région italienne adopte un plan de développement rural (PDR) et en définit les axes sur la base du plan stratégique national (PSN) arrêté par le ministère de l’agriculture.
Diverses mesures de soutien ont été mises en place progressivement pour encourager la conversion des agriculteurs à l’agriculture biologique. La loi régionale LR 28/98 met en place un service d’aide au développement : la vulgarisation des techniques est financée à hauteur de 50 %. La région finance également les certifications.
Les aides accordées à l’agriculture bio sont importantes : 5 millions d’euros en 2005, 10 millions d’euros en 2007. A noter que les fonds dédiés à l’Agriculture Biologique sont également alimentés pour partie, depuis la loi de finances pour 2004, par une taxe de 2 % sur les pesticides commercialisés, destinée à subventionner les recherches en faveur de l’agriculture biologique.

Dans le même temps, les 150 premières vaches sont arrivées à la « Ferme des mille vaches » pouvant accueillir dans un premier temps 500 animaux et quelques centaines de génisses, à Drucat, prés d’Abbeville dans la Somme. Le produire plus et produire mieux pour la filière laitière ne semble pas tenir compte , par ce gigantisme des éléments dangereux pour l’environnement (nuisances olfactives, épandages) et contraire au bien-être des animaux, concentrés et élevés hors sol. Agroécologie, avez -vous dit ? Quand le parlement français joue au maitre d’école, il y a toujours les exceptions qui confirment les règles !

J- 4 :Les enfants de la Terre – Children of the Earth – Los niños de la Tierra

Qui, mieux que des enfants, pour souffler aux grands les souhaits pour la Terre . 2014 début d’une nouvelle ère, de l’éveil des consciences ?

Contradictions et paradoxes français -Chapitre 2 : Culture des lois

Autre  contradiction et paradoxe français un vrai sujet de consternation , l’utilisation des pesticides .

La France qui se targue  depuis le 28 Juin 2012, de refuser l’utilisation du  Cruiser OGC pour le colza ( Syngenta), soupçonné d’effets néfastes sur les abeilles    est , il faut le rappeler,  le 1er exportateur de produits phytosanitaires ( joli nom pour les pesticides , non ? )au monde , 3eme utilisatrice au monde et 1ere en Europe !!!!

l’UIPP (Union des Industries de la Protection des Plantes) souhaite « une agriculture française ambitieuse et compétitive »  . Pour l’objectif de rester première puissance agricole européenne, tous les moyens sont bons .

Selon l’UIPP : « l’industrie phytopharmaceutique a un rôle clé dans l’agriculture française. Notre industrie participe à la qualité du modèle alimentaire français, qui repose en grande partie sur une agriculture compétitive. Nos objectifs sont multiples : améliorer les rendements, protéger les cultures quel que soit le mode de production traditionnel ou biologique, et sa destination, marché intérieur ou export. Par ailleurs, nous contribuons à garantir sécurité et fiabilité en participant à la qualité et la quantité de la production . »  Comme le rappelle  justement Christophe Magdeleine dans notre planète info  , certains adhérents à l’UIPP :

BASF AGRO SAS, BAYER CropScience France, MONSANTO AGRICULTURE France SAS. Etrange , non ?

Région Midi Pyrénées ,l’  autorisation des pulvérisations  par hélicoptère de pesticide a été accordée. Oh pardon, de produits phytosanitaires. 3 sont classés comme cancérigène possible , 1 toxique . Certains contiennent des molécules , perturbateur endocrinien et  du développement Arme de destruction massive de la faune , la flore et l’humain .

Mais à quoi sert donc la loi  Grenelle 2 ?

La loi est claire : l’arrêté du 31 mai 2011,  stipule qu’il est interdit de réaliser des épandages aériens. Comme pour la grammaire de la langue française , il y a toujours l’exception qui confirme la règle :

Toutefois, des dérogations sur maïs, riz, vigne et banane sont possibles, soit presque la totalité des cultures utilisant ce mode d’épandage ;

Violation de nombreux articles de l’arrêté signé le 05 Juillet 2012 par le préfet de haute Garonne .   Non respect du délai d’information des apiculteurs pour protéger leurs abeilles des ravages de produits tels le Sherpa 2GC. Le maïs ayant entamé sa floraison , l’utilisation  de traitement quel qu’il soit est alors interdit  pour éviter toute perturbation du comportement  ou risque de mortalité des abeilles .

Hop , je saute dans la peau d’un citoyen du monde qui part en campagne pour aller vérifier. But de la promenade à pieds quotidienne, ramener des photos de l’avancée des floraisons culturelles . OOPS , des cultures agricoles !!

Photos prises le 19/07/2012 par bibi, heu par une des paparazzi d’ici !

Le maïs est bien en floraison !!

Sensibilité exacerbée , le centre de formation professionnelle et promotion agricole se trouve à une portée d’aile d’oiseau ou d’abeille  de chez  » Lafraise » ! Dans le cadre de ses formations, ce centre  propose le brevet professionnel responsable d’exploitation agricole BPREA ou l’option apiculture côtoie la polyculture élevage, les grandes cultures. Entre autre , les possibilités d’ accéder à d’autres domaines comme  la spécialisation d’initiative locale en gestion et entretien des cours d’eau, travaux d’aménagement paysager en création et entretien, taille et soins des arbres . La culture en milieu rural , l’agriculture toujours une des mamelles de la France, on se le demande ? Heureusement , Mère Nature est toujours là pour nous le rappeler .

Photos : Pascale Lafraise