Crise ou dépression, quand la satisfaction dans la vie cree des inégalités. Du bilan officiel d’une jeunesse en péril!

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En cette période de crise mondiale qui perdure et semble annonciatrice d’un bouleversement comme la fin annoncée  d’une civilisation vers une nouvelle à venir , la jeune génération du XXIeme siècle porte en elle les stigmates des angoisses et terreurs nées de la perte de repères et de valeurs fondamentales tant dans le monde du travail, de l’éducation, la santé, dans la propagation d’images d’insécurité, d’un accroissement des inégalités . L’état de santé, de bien- être et de satisfaction de vie des enfants et adolescents ,semble révélateur et préoccupant comme le montre l’ analyse faite au travers de différentes études dont le bilan Innocenti 13 lancé par le centre de recherche de l’UNICEF   2016, « Équité entre les enfants : tableau de classement des inégalités de bien-être entre les enfants des pays riches ».  La France n’est pas épargnée par cette crise et sa jeunesse développe de plus en plus des signes alarmants de troubles et pathologies psychiques ou réservés jusqu’à présent aux adultes comme le « burn out ». De la vigilance à la prévention , comment reconnaitre les  signes de souffrance et faire la part des choses entre la crise d’adolescence et la souffrance, les troubles psychiques et/ou psychologiques faisant émerger parfois des comportements ou de lourdes  pathologies dans cette période charnière, invalidant et handicapant la future vie d’adulte.

 

Les moins de 20 ans représentent en France 24, 6 %  chiffre 2014 sur 66 millions d’habitants, environ. Le suicide des jeunes y est la 2eme cause de mortalité  , après les causes accidentelles . La France a le triste privilège d’être un des pays d’Europe avec le plus grand taux de suicide  chez les enfants et les adolescents et ce taux ne diminue pas , ces dernières années. Chiffre difficile à dresser de façon précise car ne tient pas compte des morts déclarées accidentelles chez de jeunes enfants 4-5 ans , mis dans le déni par certains adultes directement concernés( parents, cellule medico-sociale…) . Un chiffre révélé par l’UNICEF dans son bilan innocenti 13 a été repris dans de nombreux médias , celui concernant le classement sur 38 pays entrant dans cette étude sur le critère: Inégalité dans l’enseignement , la France  se positionnant 35 / 39 d’après l’étude de l’écart de réussite et le pourcentage d’enfants sous le niveau de compétence 2 dans 3 matières (mathématiques, lecture, sciences) aux tests PISA(  programme international pour le suivi des acquis)passé par l’OCDE, passés par des jeunes à 15 ans. D’autres résultats , plus alarmants sur les incidences des inégalités tant de revenus, de santé et sur l’évaluation par ces jeunes sur leur niveau de satisfaction dans la vie sont à  débattre. Les scores concernant la satisfaction dans la vie reposent sur l’évaluation par les enfants eux-mêmes de leur satisfaction dans la vie, sur une échelle de 0 (« la pire vie possible») à 10 (« la meilleure vie possible « ). 28eme position de la France . Les jeunes, eux-mêmes signalent le malaise, leur mal-être .Pas étonnant de voir augmenter le chiffre des adolescents souffrant de mal -être et de comportement à risque  désorganisant la trajectoire  d’insertion de vie   dans leurs parcours personnels et/ou intimes. Rappelons que la santé est définie  comme étant « un état complet de bien-être, physique, mental et social, ce qui ne consiste pas seulement en l’absence de maladie ou d’infirmité.  »

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Extrait du bilan Innocenti 13,  Centre de recherche de l’UNICEF – Innocenti, Florence.  ( intégralité à lire sur le site UNICEF) L’adolescence peut être une période de grande transition, où les jeunes vivent de nouvelles expériences et prennent des risques. Analyser dans quelle mesure un faible niveau de satisfaction peut coïncider avec des comportements à risque ou des troubles du comportement chez les adolescents justifie de manière évidente la nécessité de remédier aux inégalités. L’analyse des données HBSC montre que les enfants faisant état d’un faible niveau de satisfaction dans la vie (c’est-à-dire ceux affichant des scores inférieurs à la moyenne des scores de la moitié inférieure de la distribution dans leur pays) courent en moyenne deux fois plus de risques de déclarer se livrer à au moins trois types de comportements à risque différents que leurs pairs. Cette corrélation reste vraie même après avoir pris en compte l’âge, le sexe et le statut socioéconomique de la famille de l’enfant. Dans plus de 20 des pays étudiés, les enfants les moins satisfaits dans leur vie courent jusqu’à trois fois plus de risques que leurs pairs de se battre fréquemment, d’être victimes de harcèlement et de fumer régulièrement.

Dans 19 de ces pays, ces enfants sont également plus susceptibles de harceler les autres ; et dans 11 d’entre eux, leurs probabilités d’encourir davantage de blessures augmente.

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Doit-on attendre les signes de gravité définis par la Haute Autorité en Santé comme  accident, suicide, violence , délinquance , consommation de produits psycho actifs, hospitalisation aux urgences pour coma éthylique pour prendre en compte les signes de troubles psychologiques et psychiques touchant 15 à 20%  de la population adolescente dans des niveaux variés de gravité allant d’un état subdepressif, dépressif avéré , jusqu’à l’éclosion de troubles psychiques plus inquiétants. Ce sont les psychoses, et particulièrement la schizophrénie, dont les prémices sont souvent insidieux. Le diagnostic ne doit pas être porté à la légère et ne doit être retenu que lorsque les manifestations sont durables, comme les troubles graves de la pensée,les bizarreries sérieuses du comportement, des hallucinations et des propos délirants.Il peut y avoir à l’adolescence des épisodes délirants, voire même hallucinatoires,extrêmement saisissants et angoissants pour l’entourage. Ils présentent un caractère brutal, aigu, s’associent à des troubles de l’humeur et des manifestations d’excitation ou de dépression ; ils sont souvent transitoires et passagers, ils nécessitent certes des soins spécifiques, mais n’entachent pas nécessairement le pronostic d’avenir.D’autres troubles, comme des comportements hystériques, des phobies, des obsessions ou des états dépressifs, nécessitent un dépistage et un traitement par des spécialistes. Selon les cas, le thérapeute envisagera une approche individuelle ou avec participation familiale, et parfois une brève période d’hospitalisation . On ne  parlera  que de troubles  en période d’adolescence car le diagnostic de pathologie psychique  fixée ne peut être posé qu’une fois l’âge de jeune adulte. La santé psychique d’un citoyen se construit dans la continuité de sa vie, elle se comprend à partir d’une origine et en fonction d’un avenir, l’adolescent en difficulté doit être considéré dans son environnement : famille, amis, école, lieu de vie, quartier et société.

Les signes d’alerte peuvent être dépistés par les différents intervenants dans l’environnement du jeune.

Crise d’angoisse  , crise de panique , hyperventilation, crise de pleurs   ,somatisation:  tremblement irrépressible , céphalée, douleur abdominale ,  perte de sommeil  ou très perturbé , nombreux réveils nocturnes succédant à difficulté d’endormissement , nuit agitée , terreur nocturne .. Trouble alimentaire , spasmes , nausée , vomissement , perte d’appétit , modification dans le choix alimentaire mais aussi une rupture subite dans les résultats scolaires , dans la concentration , la motivation . Isolement, enfermement progressif dans un état de morbidité, de passivité, de négligence, de silence où seuls  les rires  ou sensation de bien- être relatifs s’expriment lorsqu’il est en contact virtuel , rivé à son écran d’ordinateur ou qu’il donne le change avec des personnes extérieures à la cellule familiale. En présence seule des parents cette gaieté passagère , parfois trop exubérante se transforme  en passivité, en  tristesse avec un déni ou un refus d’exprimer ce qui perturbe ou ce qui fait souffrir le jeune instaurant une perte du dialogue  avec l’adulte .

Frustrant en tant que parent que de voir son « petit » se renfrogner , s’enfermer , s’isoler et entendre les sanglots . Soit il manque de mot pour exprimer ce qui lui arrive soit il ne souhaite pas vous en parler , vous ne pourriez pas comprendre . Le jeune en souffrance est tel un animal blessé. Il se terre dans son antre (sa chambre) , cherche à cacher, à camoufler ses sentiments, ses ressentis, ses angoisses ( il se calfeutre sous des vêtements même quand il fait chaud ) ou vous attaque toutes griffes dehors si vous essayez de l’approcher sur le mode de l’impulsivité, la rupture, les variations d’humeur, l’intolérance, la frustration, l’incapacité d’attendre, la violence contre eux et contre les autres.  Il n’a pas les mots pour exprimer ou considère que vous , parents êtes incapable de l’écouter et de l’aider.

L’isolement quand le mal -être s’installe ne touche pas seulement la cellule familiale .L’absentéisme scolaire en devient un symptôme . Nuit agitée du dimanche au lundi, fatigue. La sonnerie du réveil- matin qu’on n’entend pas , du simple retard à la somatisation ( douleurs abdominales, maux de tête,  spasmes, haut -le cœur, vomissements ou malaise vagal…Autant de raisons de ne pouvoir aller en classe  .Les fléchissements scolaires avec chute des résultats, peur inconsidérées du retentissement d’un mauvais carnet scolaire sur la suite des études ,les  retards, absences non motivées , une phobie scolaire, une demande subite de déscolarisation ou d’alternative comme des cours à distance sans justification autre : s’absenter à soi même ,la fatigue d’être  soi!

Quand à fleur de peau , la jeune fille en fleur et le jeune homme  bouton en éclosion  s’enfoncent les propres épines en plein cœur . Le rite de passage prend des allures de meurtrissures et pour l’adolescent en souffrance vient le marquage du corps . Des accidents de vie , prise de risque, automutilation ( coupures, brulures).Même si ces cicatrices sont souvent cachées dans un premier temps , elles  doivent être décryptéés comme signe de rupture avec la communication verbale, geste de traduction de langage corporel exprimant un manque, une difficulté identitaire , une blessure psychologique dont l’adolescent essaie de cacher la cause ( maltraitance, harcèlement à l’école, abus sexuel dans le cadre incestueux ou non…). Transformer en sensations physiques  la souffrance psychique , s’approprier autrement un corps en métamorphose , corps sexué qui peut déranger, angoisser.

Idées noires, Idée suicidaire , chronicité et intentionnalité  . Comment  en tant que parent  le savoir , en prendre conscience  alors qu’il est , parfois, dans le déni de souffrance   » je ne ressens rien « . La violence n’est pas toujours présente , c’est par le mutisme , par une apparente indifférence totale et par un renfermement affectif avec la disparition de toute forme de tendresse ou de colère , de manifestation de contentement ou de désaccord .Les couples » action/inaction, activité/passivité, intérêt/désintérêt, mouvement/inertie « même si elle est verbalisée sur un blog ,   partagé sur un réseau social , le jeune lorsqu’il commence à aller mal en verrouille l’accès libre pour ne pas porter le poids du jugement , de la critique . Il cherchera d’abord de l’aide compatissante par un de ses pairs .Qui  autre qu’un ado puisse comprendre cet état de mal -être ?certainement pas un alien d’une autre planète qu’est l’adulte , vécu comme juge et non comme personne à l’écoute bienveillante. Génération jeune plongée  dans une vie très différente de celle que vécurent leurs parents à même tranche d’âge . On peut parler d’une société adolescente . Un microcosme dans un univers vécu parfois comme hostile, source d’angoisse, d’incompréhension .

Simon Siwak

Il n’y a pas une adolescence  mais des adolescences … aussi multiples que les jeunes dans leur histoire familiale, culturelle, éducative , sociale , religieuse , ethnique . Cette période de transition entre la petite enfance, passée sous la dépendance étroite des parents, et l’âge adulte qui serait celui de l’autonomie semble d’autant plus difficile que les « événements » familiaux traversés sont déstabilisants. Séparation , divorce, déménagement, précarité professionnelle, chômage, perte de revenus, maladie des parents, handicaps de vie sont autant de fardeaux à porter . l’enchaînement des interactions et des événements qui l’ont marqué et l’ont prédisposé à cette souffrance psychique qu’il semblait cependant traverser sans trop de heurts et qui brise sa capacité de résilience, la capacité à réussir, grandir et des compétences alors même qu’on subit des circonstances de vie défavorables. Soudain , lors d’un événement de plus faible impact l’aptitude d’un corps à résister à un choc laisse place à l’engrenage infernal

L’ adolescent refuse toute limite et multiplie les transgressions et mises en danger graves, y compris contre lui-même : tentatives de suicide, explicites ou masquées. C’est aussi le cas quand il décroche des autres et de la réalité : il est prostré, il refuse de communiquer, il est saisi de moments d’angoisse extrême, il tient des propos sans queue ni tête et un brin mégalos ou mystiques, il entend des voix. Dans un cas comme dans l’autre, le jeune est la proie d’une souffrance sérieuse qui ne doit jamais être laissée en l’état ou méprisée, même lorsque cette douleur s’exprime par des actes inacceptables. Ce qui lui arrive va au-delà de la crise d’adolescence ordinaire et ne s’améliorera pas de manière spontanée.

Manifestations émotionnelles et affectives,bruyantes mais transitoires ou au contraire insidieuse et silencieuse , si on n’y prend pas attention , elles  peuvent prendre l’allure d’une souffrance dépressive. La dépression clinique de l’adolescent ne doit pas être ignorée ; on sait qu’elle touche en moyenne 2 à 8 % de la population de cette tranche d’âge. La prise en charge, dans sa spécificité infantilo juvénile fera, ultérieurement,  l’objet d’un autre article , dans ce blog.La prévention de la dépression passe par son repérage précoce : certaines questions posées aux jeunes pourraient aider à repérer ceux pouvant être déprimés ou sub-déprimés, ce qui permettrait de proposer rapidement un soutien adapté.

Quelques pistes de réponses appropriées pour un état de « crise »:

Etre sage et performant , correspondre à l’enfant idéalisé , répondre aux attentes des parents , on fait voler tout cela en éclats en cherchant à détruire  cette image . Le rire « avec » devient ironie , le vocabulaire comporte des noms d’oiseaux . Cynique , arrogant et provocateur ou passif zombie silencieux , renfrogné, refusant  ou omettant les gestes d’entraide ménagère, hygiène corporelle, et de son environnement.  La maison devient un hôtel de passage, sa chambre un taudis  , grand écran cinématographique où se projette un film 3D d’éclats de voix, de portes qui claquent, de murs où on se fracasse, de rires hystériques au débordement tsunami , flot de larmes incontrôlables, ou sanglots étouffés, plaintes et cris lors de cauchemars ou terreurs nocturnes.

Calmer le jeu . l’adolescent attend de ses parents la conservation d’un modèle de stabilité . Comment vaincre l’agressivité et la violence du jeune si vous-même sortez de vos gongs  . Effet rebond ou miroir . Tension , nervosité et réponse impulsive parfois inadaptée  à son comportement odieux , à sa provocation . Trouver les mots pour transformer la violence  en colère  parlée , montrer son opposition à certains débordements et à la mise en danger  réelle . Réaffirmer les limites en étant apaisant , montrer qu’on est attentif  , éviter l’humiliation .

Essayer de relancer une communication .Faire preuve de patience, ne pas chercher à brusquer. Créer une atmosphère de confiance, de calme , chercher à désamorcer tout conflit qu’il tente  de provoquer . Le jeune cherche à tester toutes les limites , que ce soit les siennes par des comportements de prise de risque ou celles de l’adulte .  Difficile  parfois de rompre l’isolement volontaire et le mutisme dans lequel il s’enferme .réponse classique  en leitmotiv :  » tu ne peux pas comprendre , cela ne te regarde pas  » .

Lui faire sentir que vous prenez en considérations ses sentiments, ses problèmes sans le rabaisser ou banaliser sous couvert de  la crise adolescente . Le  » ce n’est qu’un mauvais moment à passer , tu verras plus tard ….  » Le jeune vit avec douleur le moment présent , il est en rupture avec sa petite enfance dont il cherche à s’extirper et ne peut se projeter dans un avenir incertain .  L’engagement positif  , par de petits gestes, par le sourire , le contrôle de sa propre colère , de ses émotions négatives , (ne pas réagir de façon impulsive) régler ses propres problèmes personnels  ou en minimiser l’impact ., montrer  qu’on se préoccupe de lui , , lui témoigner son affection , passe du temps avec lui , lui renvoyer cette image positive dont il a tant besoin pour l’aider dans la réappropriation de l’estime de soi .Proposer des activités ou des sorties qu’il affectionne . Même si vous essuyez des refus systématiques, vous lui envoyez le message que vous ne baissez pas les bras . Tel un funambule sur une corde raide l’adulte doit jongler entre autorité et bienveillance, ne jamais tomber dans le laxisme du « laisser faire » .

Les jeunes qui perçoivent une bonne cohérence familiale, qui ont le sentiment d’être objet de l’estime de leurs parents, et qui arrivent à parler avec un membre de leur famille ou même un professeur ont moins d’idées suicidaires.L’aider à trouver cette personne « ressource » vers qui il pourra se tourner pour exprimer ce mal- être qu’il ne peut verbaliser avec vous . Argument qu’il développe , le fait de s’entraider entre jeunes, ils  sont dans la même galère comment trouveraient-ils une solution  à leur propre problème existentiel lorsqu’ils se transforment en véritable éponge à émotions , se chargeant des ondes négatives , de la tristesse et n’ayant pas les clés pour  essorer ,(prendre de la distance  être dans l’empathie  , avoir conscience de la souffrance de l’autre sans s’y identifier) . Les partages et échanges entre les membre de la tribu des amis ne fournissent pas , la plupart du temps , les réponses adaptées.  Le paradoxe est que ces adolescents ont besoin, pour se construire et se comprendre, de cette évasion dans un monde à eux, autre que celui des adultes. Montrer un intérêt pour leur passion , valoriser un projet exposé, une requête , accepter le  surinvestissent dans la vie relationnelle extrafamiliale, l’appartenance à la tribu dont il vivra comme rituel d’autonomisation  cette étapes dans la construction d’une identité après imprégnation d’un langage, d’une mode vestimentaire, d’activités communes ,mimétisme et identification réciproque dont les parents  sont exclus.

Inégalité de bien -être entre les enfants et les adolescents dans les pays riches , progression des manifestations de souffrance psychiques et psychologiques , idées noires, violence, comportements à risque , suicide touchant toutes les couches de la société française mais dont les inégalités en matière de revenus influent tant sur la réussite scolaire que sur la prise en charge précoce des problèmes de santé chez les jeunes. L’instabilité et la  précarité face sociale qu’il vit à l’intérieur de lui-même, le ressenti d’un faible niveau de satisfaction dans la vie au travers des conditions socioéconomiques, d’un monde en remaniement perçu comme chaotiques, des angoisses et doutes émis par les adultes quant à l’avenir incertain exposent-ils les jeunes à des risques pour la santé ou est-ce l’inverse ? Education et Santé sont des fers de lance de programme politique voulant lutter contre certaines inégalités, mais   aucun programme politique soucieux du bien -être de l’enfant ne peut négliger cet autre  aspect et en rejeter la pertinence.

 

Références :

Bilan  Innocenti 13 lancé par le centre de recherche de l’UNICEF   2016, « Équité entre les enfants : tableau de classement des inégalités de bien-être entre les enfants des pays riches ».Innocenti 13,  Centre de recherche de l’UNICEF – Innocenti, Florence.

 » LA SOUFFRANCE PSYCHIQUE DES ADOLESCENTS ET DES JEUNES ADULTES « Ministère de l’Emploi et de la Solidarité, Haut Comité de la santé publique

Yakapa.be  (une action de la communauté française) manuel de survie pour parents d’ados qui pètent les plombs ;44, Boulevard Léopold II – 1080 Bruxelles -yapaka@yapaka.be

Illustrations : Simon  Siwak

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With a little help from my friends.. un petit clic , amis ? :)

Ils ont besoin d’une petite aide , J’ai besoin, vous aussi ? Soyons des  » little helpers » .Il ne reste que quelques heures pour basculer d’un aujourd’hui à un demain nouveau . Faisons notre présent .Un petit clic  …. help , I need someone  , Help … Qui mieux que joe Cocker, Les Beatles, Les Rolling Stones et .. clin d’oeil à un site musical où nous avions aidé ces  » little helpers » à arriver en Home page .. :).

https://chiarasolere.wordpress.com/2014/12/30/nous-avons-besoin-de-vous/

Charité bien ordonnée commence par soi – même.

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La charité , élevée au rang de vertu reine des vertus accompagnant la foi et l’espérance comme la nommait Saint Paul, repris par Thomas d’Aquin .C’est au XIIème siècle qu’elle s’organise en réponse à la réalité sociale de la pauvreté de plus en plus criante dans un monde confronté à l’urbanisation . Hospices, maisons de charité, maladreries, léproseries, apportant soins physiques et moraux voient le jour. Restos du cœur, banque alimentaire, soupes populaires, épiceries sociales, œuvres caritatives ou action de particuliers , le terme de solidarité, d’action sociale détrône le terme de concept initial de charité tant par la connotation historique religieuse que par, inversement , version populiste transformant le comportement social bienveillant et utile en situation humiliante de dépendance dans une relation inégale. La charité, un acte d’amour, un don matériel et immatériel. Qui en est le bénéficiaire, à qui veut-il du bien , à qui en fait-il ?Aimer , c’est vouloir du bien à l’autre. Quand cet autre est dans le besoin, que peut-on faire? Lui tendre la main et l’aider à ce qu’il se prenne en charge en se sachant soutenu dans son effort, en l’accompagnant de sa présence bienveillante pour qu’il reprenne confiance en lui et qu’il puise l’énergie à agir ou est-ce lui tendre un billet , quelques pièces, un colis de denrée alimentaire , une action ponctuelle ?
Un acte de charité ne se manifeste t’il seulement qu’ en offrant une aide matérielle? Est-on plus charitable en faisant des dons d’argent auprès d’associations ou par le don de soi par les actes volontaires? Charité chrétienne ou humanitaire?  » La charité, Msieurs, dames » était une phrase traditionnellement marmonnée par les mendiants clochards , sans domicile fixe S.D.F en langage politiquement correct. Le charitable accorde plus qu’une simple pièce de monnaie , il prend la main tendue pour lui donner plus. Donner de son temps, voir même de sa vie pour lutter contre la pauvreté, l’injustice, contre la folie des hommes. Doit-on envoyer de la nourriture, des médicaments, des matériaux de construction ainsi que tout autre objet de première nécessité ou doit-on au contraire soutenir, former, reconstruire ? Des particuliers, des organisations non gouvernementales , hormis une aide financière et logistique apportent dans leur bagage un soutien psychologique, soutien physique …On peut citer les équipes médicales et paramédicales allant sur place pour soigner , éduquer , transmettre .. Un exemple Handicap International. Les volontaires affrontent la réalité de terrain , s’adaptent aux ressources du pays où ils agissent. L’ingéniosité des bricolages avec les moyens locaux, l’esprit de récupération et recyclage pour fabriquer une orthèse ou une prothèse et redonner l’autonomie . A quoi servirait une prothèse biodynamique hypersophistiquée demandant des sommes astronomiques à sa confection , des semaines d’apprentissage , un entretien régulier? Une « emboiture » ,un pilon en matériau trouvé sur place seront plus bénéfiques s’ils sont faits et accompagnés, avec rigueur et savoir faire, à l’ajustage, à la prévention des risques cutanés occasionnés, à une hygiène « primaire  » et nécessaire. C’est la transmission du savoir et du savoir- faire pour que la population locale puisse prendre elle-même en charge ses nécessiteux.

Il en est autant de la charité silencieuse de certains chirurgiens , qui , anonymement partent chaque année opérer les personnes dans l’incapacité de recevoir le geste salvateur par manque de structure ou de personnels adaptés aux pathologies . Outre les interventions chirurgicales, ces bénévoles forment leurs jeunes confrères et consœurs autochtones à prendre le relai et , loin des gants chirurgicaux à usage unique et du bistouri, prennent pelles et pioches pour creuser des sanitaires, des points d’eau non contaminés . Prévention avant guérison. Protéger c’est ça aussi l’humanité en chacun, c’est un acte simple d’amour universel.

 

Quelqu’un m’a posé un jour cette question :  » tu m’as aidé parce que tu attends ainsi plus de notre relation ou parce que tu connais ma situation de vie? « Cette question a fait voler en éclat toute culpabilité de ma part de ne plus pouvoir ou vouloir aider matériellement celle ou celui à qui je voulais du bien. Est-ce se donner bonne conscience ou est-ce vouloir soulager la souffrance de savoir la personne aimée ( non pas au sens d’ Eros, mais d’Agape) dans l’impossibilité d’assurer ses besoins élémentaires alimentaires, hygiéniques, affectives ou psychiques et d’y répondre par une action volontaire de charité. Savoir ce que l’on fait , le pourquoi à cet instant, les circonstances et raisons ponctuelles. Savoir également et choisir librement d’arrêter cette aide matérielle en conservant cependant toujours intacte l’aide immatérielle , la bienveillance sans jamais en attendre quoique ce soit en retour. La charité, le don ne demande aucune contre partie. Ce n’est pas une dette dont on réclame des intérêts.

Aide toi, le ciel t’aidera. Aide toi toi-même. Charité bien ordonnée commence par soi même. Proverbes , expressions bibliques ou païennes ne prônent pas la fin de l’altruisme vers l’égoïsme . Elle est peut-être la réponse à la question qui me fut posée. Aimer en voulant du bien, c’est d’abord s’aimer et se respecter soi- même. Agir pour le bien, le bien- être en accord avec ses convictions . Désirer faire le bien d’autrui, lui apporter une aide, dans un geste d’amour unilatéral du genre humain , caritas , le « care » anglo-saxon. Cesser le geste d’aide matérielle , financière en offrant cependant celle immatérielle lorsque l’autre manifeste une sensibilité diverse et exprime à travers des doutes la mise en cause de la bienveillance désintéressée initiale rendant néfaste une action volontaire et instaurant une relation malsaine, quand vouloir faire du bien fait mal à autrui ou à soi -même.

 

Comment faire pour aider à retrouver son équilibre sur le fil de la vie lorsqu’une personne en a perdu le balancier et vacille au point de tomber dans le vide? Microcosme et macrocosme s’entrechoquent dans chacun d’entre nous. Que ce soit un seul individu ou un pays entier criblé de dettes, comment redresser la situation?
Réduire les dépenses, augmenter les sources d’entrée financières est la réponse du sens commun. C’est un peu le chat qui se mord la queue. Qui n’a pas connu la situation de se trouver, par des circonstances défavorables , des accidents de vie , un jour , pris à la gorge par le système bancaire tel qu’il existe en France, par exemple. Petite vie réglée d’un cadre moyen assurant à sa famille un confort de vie quotidienne ( logement agréable, voiture, loisirs…). Mauvais coup du sort, séparation ou décès du conjoint, perte d’emploi ou simplement maladie de longue durée comme est appelé de façon sibylline le cancer , le SIDA ou les affections neurologiques évolutives. Circonstances particulières, mauvaise transmission entre les différents intervenants , méconnaissance des lois et des droits tant du code du travail que social, le funambule voit le câble sur lequel il avançait se transformer en fil de fer barbelé hérissé de pointes. Les indemnités journalières auxquelles ils peut prétendre ne viennent pas remplir l’escarcelle de son compte bancaire, tandis que les factures en tout genre, les remboursements de crédit l’affichent en rouge loin de la somme de découvert autorisée. Commission de recouvrement, agios, frais de non paiement et refus de chèques s’accumulent creusant de plus en plus le fossé sous ses pieds. Les dettes publiques pour un Etat en sont une réplique à l’échelle macroscopique, mais pas de circonstance atténuante, la France aussi est malade. Elle ne manque pourtant pas de médecins, de spécialistes en tout genre. Les remèdes sont connus ; c’est à croire qu’aucun n’a le courage ou la charité de mettre en application le traitement et qu’il soit préféré des soins palliatifs.
Revenons à notre ex cadre moyen . Bénéficiaire de soins efficaces, de conseils, d’un environnement d’aide, il peut reprendre une santé physique, mentale et morale, se reconstruire dans son intégrité retrouvée ou faire face à un vivre autrement après acceptation des limitations ou perte définitive de certaines de ses fonctions. Il peut , malheureusement entrer dans une spirale infernale de dépendance, de perte de repères, d’inaction et de passivité, de découragement, de dépression sévère incapacitante et invalidante. La désocialisation, la marginalité, l’emprisonnement psychique, la solitude, le suicide sont parfois les seules prestations octroyées par la grâce de la société occidentale actuelle qu’il contribuait à engraisser de sa sueur de travailleur.

 

Quant à faire acte de charité , d’espérance et de foi dans la guérison de l’Etat, la réduction des dettes publiques par le don sans intérêt, il faudrait trouver un Saint à qui se vouer, un Dieu autre que celui du jeu de la finance, des actions seulement cotée en bourse. Rendons grâce à Saint Jude et Sainte Rita pour les causes perdues ou désespérées. En ordre ou en désordre, prenez bien soin de vous , take care comme diraient ceux de l’autre coté de l’atlantique, avec le traité transatlantique la réalité sociale de nouveaux pauvres dans un monde confronté à la dictature de profiteurs ne pourra même plus tendre la main. Par charité, elle lui sera coupée. Charité bien ordonnée commence par soi- même. Certains s’en laveront les mains, d’autres porteront des gants. Indulgence, philanthropie, vertu, désintéressement, bonté ne rimeront pas avec cette charité là.

Photographie : Charité romaine , Stéphane Lallemand

Texte :Pascale Lafraise

Trésor caché : Les cartes du ciel de Saint Sernin à Toulouse.

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La Basilique St Sernin à Toulouse recèle, dans une galerie inférieure un trésor caché , 2 cartes du ciel datant du XIIIème siècle.
La première partiellement détruite par l’érosion du temps est une représentation du microcosme et macrocosme posant schématiquement l’idée que Le corps humain est un résumé de l’Univers. Entre l’Univers et le corps humain , il y a des interpénétrations permanentes, des déterminismes, s’exprimant par les vents, les nuages pluvieux, les points cardinaux qui y sont représentés comme les éléments météorologiques qui vont influer sur le caractère de l’homme, ses actes et plus généralement sur son destin. Le microcosme (l’homme), le macrocosme (univers) sont absolument associés au Moyen Age.
La seconde carte a gardé beaucoup plus d’informations . Des cercles concentriques en représentation de l’Univers depuis la plus haute Antiquité , conservée au Moyen Age héritée grâce aux traductions arabes de la physique d’ Aristote qui donne une grande part à la connaissance de l’univers et de l’astronomie . Au milieu apparait la Terre en trois parties pour les 3 continents connus à cette période historique : l’ Europe, l’ Afrique et l’Asie ; manque l’ Amérique et l’Océanie , on pourrait y rajouter le sixième continent .
Les cercles concentriques sont censés représenter le « manège » des étoiles et des planètes autour de la terre qui en est le centre .

L’ univers constitué de douze cercles concentriques.
Sept d’entre eux portent un astre, du centre vers l’extérieur :
• Luna Lobus (la lune)
• Luna Mercuris (Mercure)
• Circulum Venusis (Vénus)
• Casa Solis (le Soleil)
• Sfera Martis (Mars)
• Celium Jovis (Jupiter)
Saturne, invisible sur la partie conservée du cercle, était vraisemblablement situé à droite du soleil.
A l’époque , ce sont les 7 corps célestes qui structurent visuellement la rotation des étoiles nocturnes. Cet univers composé d’étoiles en mouvement a sa limite qu’on appelait alors la barrière des étoiles fixes. C’était , d’une certaine façon , la fin de l’univers matériel habité par les planètes.

Au-delà, quatre cercles suivent pour l’univers stellaire : le Premier mobile,(principe de mouvement qui donne tout son mouvement rotatif à l’univers) .
Trois cercles ne sont pas affectés à une fonction précise. On s’approche de l’univers où trône Dieu , sur le douzième et dernier cercle, l’ Empyrée, entourées des sphères célestes où siègent les neuf catégories d’anges. Coutume iconographique et religieuse de faire trôner Dieu à la limite de l’univers.

Le motif d’étoile est traditionnellement très utilisé dans le décor des églises où il est souvent question de « ciel » et le retrouver ici est assez  » savoureux » avec la continuité de sa représentation scientifique de l’Univers. Ce qui est remarquable avec ce schéma, ayant prétention de représenter la totalité de ce système extrêmement complexe qu’est l’univers, c’est sa très grande simplicité. Schéma mis à l’épreuve du temps, il apparait bien avant Jésus Christ . Il durera jusqu’au XVIème siècle environ . Il rend compte de la structure et des mouvements des planètes de façon très facilement compréhensible.
Suite aux travaux de Copernic , son ouvrage de 1543 va mettre fin à ce schéma remettant en cause la terre centre de l’univers et y plaçant le Soleil .Malgré tout, cette cartographie va rester ancré dans la pensée, dans la mentalité et sera en usage jusqu’au XVIIIème siècle. Ces inscriptions sont caractéristiques dans leur morphologie du XIIIème siècle.
Le XIIIème siècle , à Toulouse est un moment d’essor du savoir et de la connaissance, puisqu’est créée en 1229 l’Université de Toulouse. A la différence de celle de Paris qui la précède de peu, l’enseignement de la Physique d’ Aristote est autorisée.
Ces cartes se trouvent dans un édifice religieux, la basilique Saint Sernin, un des plus brillants de son époque, montrant que ces lieux étaient également des lieux de savoir, de curiosité, de culture. Sans doute hormis la symbolique d’ornement , elles seraient un élément de transmission du savoir astronomique utilisé comme outil pédagogique au Moyen Age. Elles sont désormais un document archéologique d’une portée intellectuelle primordiale à Toulouse , trace de l’enseignement religieux et universitaire depuis des siècles.
Texte écrit d’après le commentaire du « guide » officiel du Musée Saint Raymond, musée des Antiques de Toulouse.
La galerie dont la paroi porte ces cartes n’est pas ouvert au public pour leur préservation ( peinture à l’ocre rouge sur chaux). Visite guidée sur youtube et Viméo.

Weird Al » Yankovic – Word Crimes

Vacances d’été : on efface l’ardoise, on oublie le bonnet d’âne et autre vexation d’écolier

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IGNORANCE

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Examens scolaires: une bonne correction ou la révision d’un système en fuite.

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Le modèle classique enseigné pour un devoir de philosophie , par exemple, se constitue des 3 parties : thèse, antithèse et synthèse . Le pour , le contre et son propre avis , son opinion, son choix , et tout ceci étayé par des citations ou références aux textes des anciens et des nouveaux philosophes, aux liens historiques approuvés dans le programme dicté par les « grands » , les érudits, les décideurs de l’ Education Nationale (eux-mêmes chapeautés par des autorités supérieures, mais ceci est un autre débat .)
Difficile , un jour d’examen, de prendre parti pour une position trop radicale sans risquer de voir s’abattre les foudres d’un correcteur adverse en une note ( plus ou moins fort coefficient) difficile à rattraper pour une bonne moyenne .
La moyenne, le juste milieu…. C’est souvent le but ultime de l’élève : assurer sa moyenne . Ne pas se démarquer trop du troupeau . Rares sont ceux qui visent à intégrer la classe élitiste à moins d’une ambition plus ou moins démesurée, d’une volonté farouche de vouloir changer le monde ou de s’accaparer une tranche du gâteau et ne pas crever de faim avec la plèbe.
Modèle éducatif d’antan, strict, aux règles de sévérité, de système récompense/punition. La distribution des prix de fin d’année assurait le petit instant de gloire, la fierté des parents . La blouse uniformisait et cherchait à camoufler la lutte des classes. Etonnant de retrouver la couronne de laurier ou le bonnet d’âne , métaphores matérialistes aux effluves de mythologie ou de symbole historique pour les civilisations antiques .
Modèle éducatif d’aujourd’hui à la frontière de toutes les nouvelles technologies : abandon des livres scolaires papier au profit de l’utilisation de la tablette informatique. Perte de l’autorité naturelle du professeur , de celui qui a les connaissances , la pédagogie, qui sait transmettre en donnant cette envie d’en savoir plus, de l’art de se poser les bonnes questions et non pas seulement d’avoir la réponse juste sans ce temps précieux de réflexion et d’ouverture de conscience .
En est-il des cessions du baccalauréat comme d’une nouvelle cuvée que Bacchus renierait comme doux nectar. Bonté divine, nom de Zeus! Plus véloce et prolixe, le vocabulaire des bacheliers , sur twitter et autre média de réseaux sociaux à énoncer leur connaissance en ornithologie et affubler Victor Hugo de tous les noms d’oiseau. Il n’était pas le seul à étendre son suaire dans les pauvres petites cervelles de ces chers bambins. Le grand tétras ou coq de bruyère, oiseau emblème de l’ Ariège avec son petit frère tétras lyre claironne , au crépuscule . Ce plan coupant en un point un tétraèdre a fait couler plus de sueur que d’encre, plus de pétitions, d’insultes et de menaces transformant les frimousses en grimaces. La réflexion prend allure de vexation, lorsqu’un ange passe et que sur la copie tombent les perles et que pour des figures géométriques , les champions de la 3D en perdent alors la face. Ne leur reste que celle du seul livre de leur bibliothèque Facebook à prier.
Art et sciences que cette pyramide, elle replonge aux origines des mathématiques, de la géométrie, de celle de l’écriture, nous ramenant encore vers l’ Antiquité et l’ or du savoir tant des égyptiens, akkadiens, sumériens…

 

Que penser de ces nombreux QCM ( questionnaire à choix multiple) où seule l’action de cocher les bonnes cases vous ouvre les portes vers la marche supérieure de l’escalier ( à défaut de l’ascenseur social )? Régurgitation intégrale de la « mal-bouffe rapide) dont on vous a gavé et tant pis pour la crise de foi( e).
Les indisciplinés , les rebelles , les laisser pour compte, les parias prennent d’assaut ou prennent en otage le corps enseignant et le système éducatif tel qu’il est régenté sur les bases économico financières, sur les dictats gouvernementaux ou les nécessités , plans plus machiavéliques d’assurer la main d’œuvre, les parfaits petits esclaves consommateurs contribuant à maintenir pérenne la religion monothéiste pour le Dieu Money. Notons que son nom peut varier, il n’est pas seulement Dollar ou Yen , il est variable dans sa prononciation, son écriture au rythme des relents de chaos, d’ordres et de contre-ordres nouveaux.

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De nombreuses nouvelles écoles s’érigent tels des temples ou des églises dédiés aux nouvelles pédagogies plaçant l’enfant et le respect de son propre rythme de développement au centre , au milieu. Un peu à l’image d’un parent cette fois ci trop laxiste, permissif n’imposant pas les limites dont a tant besoin l’enfant pour se construire, pour apprendre à gérer ses frustrations. Les excès de liberté engendrent rapidement la confusion, ramenant à l’état du chaos , esclave de la décadence.
En parallèle se développent des micros organisations de prise en charge individuelle de certains jeunes, inadaptés au monde collectif, en phobie scolaire et sociale, trainant sur leur épaules le lourd poids structurel familial, médical, culturel, économique, ethnique, sociétal. L’enfant , dans cette prise en charge, cette écoute n’est plus considéré ni comme une graine de petit dieu en puissance , ni comme un déchet non recyclable, misérable et insignifiant. Dans ce travail d’équipe, les talents des partenaires sont développés par des qualités de tolérance, de respect de la diversité, l’abandon des excès de la tyrannie ou de la permissivité.

Derrière le peu d’empressement des candidats aux concours de recrutement pour la fonction de professeurs se dévoile la crise de l’enseignement et de l’ Education en France. Conditions de travail, reconnaissance des études , valorisation du salaire, confrontation quotidienne à la violence verbale et physique, au manque de respect, le statut de « Maitre » en érudition se transforme en gardien de prison, en ouvrier d’usine agroalimentaire au même titre que l’élevage des animaux à viande, ouvrier d’usine d’armement , élevage en batterie de futurs snippers, véritable bombe à retardement, mine anti-personnelle…
Etonnant que de voir ces jeunes adolescents fuguer du système dictatorial , sous le joug de didactiques tutoriels du Web ou d’ailleurs partir vers les origines de l’écriture, sur les traces des sumériens sans rien en savoir comme la Syrie, la Palestine , de la Mésopotamie à la Perse, les terres promises et nouveaux horizons. Loin de la réalité de terrain , loin des chefs d’œuvre littéraires gravés sur des tablettes d’argile( ancêtre de la tablette numérique ..), ils se sont tournés vers une autre religion, une autre pseudo-liberté où l’ésotérisme, le mystère, l’aventure , les leurres, miroirs aux alouettes en distorsion et en incohérence les vampirisent , les hypnotisent .

Echec des scribouillards, des têtes bien faites à défaut d’être bien remplies ou surtout de savoir poser les vraies questions ou de ne pas donner les moyens pour mettre en application des solutions ( Y en a-t-il encore ?). L’inhumaine standardisation , si éloignée des considération en Humanité n’en finit pas de nous replonger dans le chaos si proche en écho avec le Néant. Le patrimoine mondial s’enrichit de découvertes archéologiques repoussant les limites quantifiables historiques du passé, réduisant en peau de chagrin les avancées du progrès du monde dit « moderne ». Visionnaires des prospectives , auteurs de science-fiction, scribes de la mémoire collective , gardiens des clés du royaume de la Connaissance et des savoirs, peintres rupestres, graveurs de pierre, édificateurs de monuments, que restera t’il de la période postmoderne, dans des archives numériques ou bibliothèques de ces quelques secondes de vie à l’échelle du temps la planète Terre pour les générations futures ou nos visiteurs touristiques d’un ailleurs ?