» Elle dit ce que je tais, elle tait ce que je dis … » Octavio Paz

ange-triste

Entre ce que je vois et dis,
entre ce que je dis et tais,
entre ce que je tais et rêve
entre ce que je rêve et oublie,
la Poésie.
Elle glisse
entre le oui et le non :
elle dit
ce que je tais,
elle tait
ce que je dis,
elle rêve
ce que j’oublie.
Elle n’est pas un dire :
elle est un faire.
La poésie
se dit et s’entend :
elle est réelle.
Et à peine je dis
« elle est réelle »
elle se dissipe.
Est-elle ainsi plus réelle ?

Extrait de L’arbre qui parle – Octavio Paz

Malaterra – Extrait de Film en occitan (provençal)

Le joueur d’ échecs – Stefan Zweig (Extraits)

le-joueur-d-echecs-IILes monomaniaques de tout poil, les gens qui sont possédés par une seule idée m’ont toujours spécialement intrigué, car plus un esprit se limite, plus il touche par ailleurs à l’infini.[…]

[…] le jeu d’échecs possède cette remarquable propriété de ne pas fatiguer l’esprit et d’augmenter bien plutôt sa souplesse et sa vivacité.

Le joueur d’échecs, comme le peintre ou le photographe, est brillant… ou mat.[…]

On n’avait rien à faire, rien à entendre, rien à voir, autour de soi régnait le silence vertigineux, un vide sans dimensions dans l’espace et dans le temps. On allait et venait dans sa chambre, avec des pensées qui vous trottaient et vous venaient dans la tête, sans trêve, suivant le même mouvement[…]
On ne nous faisait rien – on nous laissait seulement en face du néant, car il est notoire qu’aucune chose au monde n’oppresse davantage l’âme humaine.[…]

Assurément je connaissais par expérience le mystérieux attrait de ce jeu royal, le seul de tous les jeux inventés par les hommes, qui échappe souverainement à la tyrannie du hasard, le seul où l’on doive sa victoire qu’à son intelligence ou plutôt à une certaine forme d’intelligence.[…]

Dès le moment où je cherchais à jouer contre moi même, je me mis inconsciemment au défi. Le noir que j’étais rivalisait avec le blanc que j’étais aussi, chacun d’eux devenait avide et impatient en voulant gagner la pensée de ce que je ferais en jouant avec les blancs, me donnaient la fièvre quand je jouais avec les noirs. L’un des deux adversaires qui étaient en moi, triomphait, et s’irritait à la fois quand l’autre commettait une erreur ou manquait d’astuce.
Tout cela paraît dépourvu de sens, le serait en effet s’il s’agissait d’un homme normal vivant dans des conditions normales. […]

Vouloir jouer aux échecs contre soi-même est aussi paradoxal que vouloir marcher sur son ombre.[…]

Mais, si dépourvues de matière qu’elles paraissent, les pensées aussi ont besoin d’un point d’appui, faute de quoi elles se mettent à tourner sur elles-mêmes dans une ronde folle.[…]

ZEBDA « les Chibanis » (album à venir : Comme des Cherokees),Le DOC’CLIP( extraits de :Perdus entre deux rives, les Chibanis oubliés ») de Rachid OUJDI

Dante – La Divine Comédie – Interview Didier Ottaviani

Cécile Corbel »La Ballade De Rose » Paris 2013 part 14/19

Vanupié – Livin’in I Music Unplugged