Femme 4 Your Rights – Plume

Femmes : Fleur de cactus

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Kim Weston

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Antonio Mora

Donner la main et entre ses doigts…La femme

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De la main d’un artiste , de sa dextérité à modeler les maux, malaxer ses idées,tel un dieu créateur, il ébauche la silhouette dessein d’y ajouter des traits de caractère, d’un soyeux polissage en porter la douceur du grain de peau. La main se fait caresse. Elle suit les lignes et les courbes s’attarde, hésite et continue le lustrage . Femme de terre, c’est en l’humidifiant  de toute son attention éviter les fissures , et qu’en la chauffant une bulle se forme  dans le mystère de l’intériorité et que montée à température de fournaise  elle n’éclate en milliers de fragments .

Femme de pierre, la main devient râpeuse. Elle abrase, elle use sans concession l’enveloppe externe afin de dévoiler la couleur , les veines de cette enveloppe charnelle. De la glaise, elle s’anime et donne trait et vie à son modèle. De la masse, elle donne corps ; elle malaxe, elle explore, s’insinue dans les courbes arrondissant les angles d’un ébauchoir ou d’une mirette, affinant la silhouette, couvrant d’un fin linceul ou d’un voile drapé , réchauffant l’âme , le noyau de la terre qui s’offre et s’abandonne sous les gestes précis , méticuleux quasi affectueux du sculpteur maitre d’œuvre.

Mais il arrive qu’un coup d’ongle malencontreux dénature la nudité offerte. Et de cette  éraflure, griffure comme autant de morsures, cicatrice d’une plaie superficielle ou plus béante comme une fente laisse échapper alors pour un regard  inquisiteur quelque maléfique  malfaçon de l’ouvrage  ou grossier orifice   naissant  en toute impudeur pour une transgression du voyeur .

Dans la paume de main déployée en corolle , la frêle demoiselle aux pieds d’argile semble si fragile . Le froissé du drapé, par le pouce enfoncé crochète et agrippe toute sa féminité. Mâle domination quand la terre a durci mais qui par les yeux clos de paupières ourlées, par le dard des pointes de seins dressés est contrebalancée dans cet air d’abandon réfléchissant sur cette peau diaphane une lumière paradoxale .Force  et faiblesse est-ce la main qui donne, qui empoigne ou saisit? Est-ce en écho à l’eternel combat de s’extraire d’un bloc, de trancher dans le vif, de mettre l’âme à nu sans donner de réponse . Faire naitre des émotions que ce travail d’artiste  en ciselant les lignes des deux caractères opposés et si complémentaires .De la terre à la pierre, seuls les outils différent. Les caresses de la glaise molle font place aux coups de burin et ciseaux dans la masse avant que d’être polie, lustrée et qu’une patine en donne tout l’éclat . De l’éphémère image mentale, de la représentation à la conception , donner de cette main un sens, donner à cette femme naissance .Harmonique équilibre tout en contraste . Comme un autre monument ciselé par un sculpteur de mots et de son Alain Bashung dans Malaxe :

« Entre tes doigts l’argile prend forme

L ‘homme de demain sera hors norme

Un peu de glaise avant la fournaise

Qui me durcira

Je n’étais qu’une ébauche au pied de la falaise

Un extrait de roche sous l’éboulis

Dans ma cité lacustre à broyer des fadaises

Malaxe…….. »

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Texte 😛 Lafraise

Sculpture : Wolfgang Alexander Kossuth

Case 23:Parures de Femme -Sylvie Lezier

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Sona Jobarteh & Band – Kora Music from West Africa

Corps in ondée (2)-Céline Andrea

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Réponse au poil pres pour un félidé

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En tout premier lieu, merci de votre commentaire . Votre œil affuté a perçu les petits cailloux disséminés ici. Du futile à l’existentiel, de coups de cœur en coups de gueule il est bon , parfois de ramener sa fraise ( expression française signifiant au sens large, intervenir de façon injustifiée ou de s’approcher ). La connotation de la ramener sans qu’on  demande son avis en fait une râleuse. Stéréotype du français « râleur » , qui sans trop savoir pourquoi est toujours  contre ( je suis contre…tout contre comme le disait Sacha Guitry  en parlant des femmes).

Lancer des pistes de réflexion, sans jamais se prendre trop au sérieux, offrir quelques « fruits » à cueillir afin de faire germer quelques graines ou noyaux , même les pépins de pomme 😉 .

Toujours étonnée de ne voir pas plus souvent de réaction bonne ou mauvaise en commentaire. Voir ou percevoir au-delà d’une photo, d’un instantané saisi par un( e) autre .Montrer ou se montrer. Cacher ou dévoiler..Suggérer sans jamais influencer . Donner l’opportunité d’aller creuser autour de l’ « artiste » , le créatif, le découvreur ou l’inventeur .

Le nu et l’art , vaste sujet à multiples facettes tout comme l’être humain. Est-ce seulement la représentation du corps charnel ou l’expression d’une quête, d’un message subliminal , d’une porte ouverte vers un subconscient, une autorisation informelle de repousser des limites de la pensée unique, de la bienséance lorsqu’ils frôlent les déviances, les tabous et interdits dictés par certains?

Et de ramener sa fraise locale en prenant un exemple pioché dans les Vénus paléolithiques, celle de Lespugue ( découverte en 1922 dans la grotte des rideaux , à Lespugue en Haute Garonne), conservée au musée de l’Homme à Paris .

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Cette statuette , taillée en ronde-bosse dans une pièce d’ivoire de mammouth est remarquable par sa stylisation extrême qui lui donne un saisissant accent de modernité. Messieurs Luquet et Coppens ont fait une observation originale : vue de dos la Vénus de Lespugue montre une sorte de pagne et surtout à la base du sillon inter-fessier une protubérance triangulaire assez incongrue. Il suffit de retourner la pièce et le pagne devient une chevelure, la protubérance devient le sacrum. La Vénus serait ainsi une sorte de carte à jouer en relief présentant la même image féminine de face et de dos après retournement. Objet d’apparat, rituel, représentation de l’adiposité des femmes, sacralisation des attributs morphologiques, art visuel d’un hymne, d’une incantation , d’une sublimation de la fécondité ou mystère de l’origine du monde chez un ancêtre préhistorique de Courbet ??? A poils, ou à fourrure que ces sculpteurs de Vénus, représentation de l’essence féminine à travers les âges.

La Femme et ses mystères, réceptacle porteuse de vie traverse les âges, les cultures, les religions, les croyances. Dessinée, peinte, sculptée, ornée de vers et de prose, filmée, photographiée sous tous les angles, habillée par les grands couturiers, joailliers, parfumeurs, grimée ou maquillée…

Femme -objet du marketing ..Oui , on lui fait enlever son haut et promettre d’enlever le bas , campagne publicitaire de 1981 menée par l’agence Avenir. Myriam Szabo s’ affiche nue de dos pour la postérité , grâce à l’objectif de Jean -François Jonvelle. Campagne culottée pour l’époque que d’avoir fait languir , en aguichant, en teasant (osons ce néologisme )  , quel culot pour C LM.BBDO que de s’auto promouvoir « Avenir : l’afficheur qui tient ses promesses ». La beauté plastique de Myriam laisse place 3 décennies plus tard à sa plume . De la jeune femme en bikini, elle a tourné le dos à ce passé et s’est métamorphosée au travers du fil de sa vie et de ses expériences( Danza duende..) cheminement bouddhique, en Yumma Mudra et signe son autobiographie  » la voie qui danse » parue en 2012. Il y a des hauts, il y a débat .Se montrer nue revêt souvent tant de niveaux de lecture différents.

Femme objet de convoitise, de désir, de gourmandise, de luxure. Femme qu’on kidnappait à la tribu voisine afin d’apporter des gènes nouveaux et éviter une consanguinité , instinct grégaire ou séculaire. Femme exhibée, dupée, trompée, battue, exploitée, violée et torturée, massacrée. Femme utérus  sur patte, mise aux enchères ou engrossée de force pour procréer le sauveur de l’humanité, le bébé médicament ou le petit soldat bombe humaine . Lafraise, prends garde, tu la ramènes un peu trop en soulevant le voile, le coin de rideaux , l’obscurcissant.

La femme amphore , plus qu’un verre , du moitié plein au moitié vide oscille dans les paradoxes. La nudité deviendrait impudique lorsqu’elle est instrumentalisée.

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« Couvrez ce sein que je ne saurais voir , par de pareils objets les âmes sont blessées et cela fait venir de coupables pensées… » Le Tartuffe de Molière en est un parfait exemple .

Être docile, mouton dans le troupeau obéissant à la masse , à la morale édictée et devenir victime d’un sacrifice . Faut-il en arriver à cette hypocrisie notoire que de flouter les représentations de seins jusque sur un tableau de Picasso lors de sa vente aux enchères diffusée sur une chaine télévisée américaine ? De la pudeur à la pruderie , qui a l’esprit le plus mal tourné ? Censure, contrôle, prohibition et dérives en tout genre.

Quant au poids des images mises à disposition ou offertes en gavage aux plus jeunes qui d’un clic de souris ouvre la brèche vers des liens potentiellement dangereux, illicites ou plus insidieux comme un cookie peu comestible envahissant votre boite Email , point n’est besoin d’en faire la démonstration . Malgré les campagnes de sensibilisation et d’information sur les risques d’images trop crues, trop violentes , sur les préjugés, les inégalités etc etc …la France montre encore sa faiblesse en domaine de prévention. Pare-feu et contrôle parental ne sont que leurre si aisé à détourner par nos petits cyber hackers. Rien ne remplacera jamais  la prévention, la communication directe  entre parents et enfants sans s cacher derriere des modèles éducatifs, pédagogiques, psychanalytiques dictés par la volonté élitiste de certains penseurs ou législateurs. C’est cela aussi que de voir la vérité toute nue, de ne pas se cacher derrière l’école, la société en y rejetant la faute originelle d’une erreur, d’une chute, d’un échec. Combien de sons de cloche différents comme autant d’alarme que la jeunesse est en danger? Assumons notre responsabilité et accordons aussi notre confiance . Elle est aussi porteuse d’espoir, prometteuse dans ses élans, dans son avenir. Belote, rebelote et dix de der, des cartes ou des pions du jeu de Go, ouverture nouvelle à inventer, à découvrir par cette jeunesse et les générations à venir , ni mat ni pat la partie d’échec ne fait que commencer !

 

« Pour attirer et découvrir il faut savoir aussi cacher ! » dites-vous. De la pomme croquée, je prends donc le pépin et m’y abrite. Un petit coin de parapluie pour un coin de paradis et de la baleine de cet objet à celle d’un soutien-gorge , sauter allègrement en dansant sous la pluie . Oh lafraise il y a baleine sous cailloux , version locale de l’anguille sous roche .Poils, plumes et écailles , se mettre à nu ou couvrir sa pudeur du long manteau de la décence , laisser transparaitre ses émotions ou se couvrir d’un masque? D’un je sans un ego, je remets le nez rouge de clown et comme autant de confettis  vous sème , petit poucet, petite poucette,ces  cailloux . A vous de les récolter en un conseil  « sortez couverts! » .

Post Scriptum: Au plaisir de lire vos commentaires, source d’inspiration , élan de vitalité en partage, meilleur moyen pour éviter les sens uniques ou qui l’eut cru, devenir dénuée de tout sens , dessus dessous.