Etre ou ne pas Etre …Humain

Lumière -humaine

Qui n’a pas entendu cette réflexion  » L’erreur est humaine » ou le justificatif à défaut d’une argumentation étayée et percutante  » c’est humain »??
Qu’est ce qu’être humain?
Etre humain c’est :
Vivre le conflit , les compromis, les concessions entre l’intuitif et la raison, la logique scientifique et son imaginaire.
Tel un gemme qu’un joaillier , un artisan ont commencé à tailler et polir des facettes créant un prisme . Il y laisse pénétrer un rayon de lumière pour en faire jaillir en ondes colorées les reflets de son âme, émotions , ressentis, sensations , sentiments venant du plus profond de sa roche brute. Comme un iceberg , c’est humain que de ne dévoiler que la partie émergée aux regards , aux rencontres et de ne laisser accoster et creuser que quelques -uns plus téméraires , plus patients ou plus aventuriers de la nature humaine. Sous la surface de l’eau des convenances, des préjugés, se cache le rocher , encore vierge de tout coup de burin .Opaque et sombre, massif , peu attrayant voire repoussant par sa banalité , son manque d’éclat et sa rugosité. Il cache le côté sombre des dangers .Etre humain c’est savoir lentement le faire pivoter sur son axe d’équilibre et d’y voir briller alors l’étincelle qui le différencie du simple petit galet érodé par le ressac marin échoué sur le sable.
Etre humain c’est ce petit grain de sable si semblable à la multitude de ses pairs d’un désert mais qui , sous le sabot d’un destrier des dunes , sous le souffle d’un vent se gorgeant en tempêté ,porté alors au-delà des frontières et au-delà des mers , dans une goutte de pluie verra d’autres horizons . Grain de sable ou goutte d’eau former un tout, tout en étant unique , semblable et différent.

inconscient-iceberg

Etre humain c’est:
reconnaitre ses faiblesses et ses fragilités, faillir, chuter et vivre la déception, la douleur, la déchéance, l’échec, la perte d’une partie de soi même et s’en relever pour construire et reconstruire un présent, un demain .
Cet humain se façonne au cours de ses rencontres, ses croisées de chemin .Parcours initiatique , l’allure ralentie, l’élan s’épuise. l’un des deux fait une embardée ou tourne des talons . Sur la carte du tendre c’est la séparation , long chemin de croix pavé de privation, d’errance solitaire . Et puis l’itinéraire vers une déviation ou une échappatoire et sur un promontoire en vue panoramique s’ouvre le paysage de la contemplation et de la méditation .
C’est ce besoin vital de vouloir exprimer par la plume, la couleur, le son et la lumière .Par le sang , par la sueur et les larmes , par des éclats de rire ou des cris de colère, exposer au grand jour sa joie , sa tristesse, sa peur, sa mélancolie, sa hargne , son envie, son désir à cet autre être humain qui lui a tendu la main et qui sans jugement, sans tabou, en pudeur , en silence accompagnera ses rires et ses larmes dans un respect et une pure innocence d’enfant ou mature sagesse .

De l’enfance, garder les souvenirs enjolivés par le temps. Humain de s’y replonger avec délectation et de garder les yeux écarquillés et le cœur grand ouvert à la beauté des choses simples, une rai de lumière à travers des persiennes faisant danser les grains de poussière, fragments microscopiques de tissus de vie érodés par les frottements du temps.
Ce temps à l’échelle humaine , en accepter la trace des ans . Se réjouir du tatouage indélébile sur son corps. Les rides, scarifications tribales, marqueurs biologiques des émotions, rire aux coins des lèvres, doute du lion sur le front, plissement tectonique palpébral scrutateur étonné. Etrange combat perdu d’avance que de courir après le remède miracle de la jeunesse éternelle, peau lisse artificielle reniant son vécu.
Aimer foncièrement l’humain. Visiter, explorer la nature dans toutes ses différences, ses outrances, ses excès, ses travers et même ses déviances, beauté et laideurs en lumière et ombre projetées dans un voyage au-delà de la raison . Folie ordinaire faisant tomber les masques , rêves et cauchemars en chemins de traverse qui font parfois dérailler ce train en dérision cynique , en basse soumission frôlant de l’égoïsme l’autosatisfaction .
Humain de sombrer dans la noirceur de l’âme en y cherchant malgré tout , à tâtons, l’étincelle nichée, la braise incandescente qu’un petit souffle de vie, une respiration accordée crochète le verrou, soulève un coin du voile et laisse remonter en surface les désirs, les envies, les aspirations en osant affronter ses peurs ancestrales inscrites au plus profond.

cerveau lumiere

 

Etre humain c’est:
Reconnaitre qu’on n’y connait rien, voir son ignorance et chercher à la combler en lisant, en écoutant avec attention, en cherchant à comprendre l’incompréhensible. Remettre en cause les dogmes, les vérités, les préjugés, les croyances accumulés au fil des années et savoir dépoussiérer par la rencontre avec l’autre humain dans son être et son vécu, son histoire. c’est déchiffrer parfois le cryptage d’un message envoyé entre les lignes, entre les mots , dans les sens et les non-sens , parfois même dans l’insensé. Entrouvrir la porte des interdits , les failles et les faiblesses, l’illogique, tout ce qui peut faire perdre pieds et réveiller le doute.

ruth-bernhard-embryo

Etre humaine c’est se retrouver dans toutes les femmes bafouées, blessées, martyrisées, massacrées, s’indigner de leur avilissement, instrumentalisation, de voir tous les combats, toutes les luttes, toutes les causes et reconnaitre son impuissance à ne pouvoir agir , à ne pouvoir en supporter le poids du monde sur les épaules .
Humaine de chair et d’os , à la fois mère et putain, madone, icône, muse ou jugée moins que rien quand l’homme efface l’accent circonflexe ,perdant toute certitude d’être sûr d’elle , il la plie sous son joug pour n’être plus que sur elle. D’un diva au divan d’une dit  » vas au divin ou au diable « , va nu pied, sans- culotte, révoltée d’un bonnet affublée, chute du piédestal. Les statues sont brisées. Domination aveugle , qui dans une orthographe revisite les tirets écrivant l’épitaphe de la langue maternelle , abréger des souffrances, des zéros de conduite en leçons de morale , elle redevient objet de vol, de pillage , de mise à sac , uterus à louer ou à prendre de force , à mutiler ou pire. Se cacher, se terrer ou se taire . Où sont les droits, où sont les lois , c’est humain ???

C’est cependant agir dans l’ombre, insoumis, indignés, résistants, anonymes, tendre une main, une oreille ou plus et sans en tirer gloire s’effacer du rond de lumière. C’est savoir qu’on ne sait rien, de plonger encore et encore dans le puits sans fond de la connaissance , de sentir ou ressentir à défaut de pouvoir comprendre, de cultiver le jardin des savoirs , de s’y abreuver et de s’y nourrir sans désirer la satiété . De ses excès , loin de la modération et de la sobriété , lorsque funambule cet humain se sent perdre l’équilibre, prendre du recul , un temps d’arrêt et saisir sans honte le balancier qu’on lui tend, le harnais de sécurité qui, mieux qu’un parachute , si d’un faux pas il tombe ,saura le conforter à mieux recommencer .

fragile

C’est humain le repli stratégique , protecteur dans sa bulle, . Se poser, contempler, réfléchir, s’isoler pour un temps de la foule, du tumulte, du bruit devenu neutre du brouhaha et rebondir alors sur le trampoline des perceptions, des interprétations, des graines d’idée qui germent en effet de miroir , de boomerang revenu . C’est à la fois récepteur, émetteur , transmetteur d’histoire et de mémoire, passeur de rêve et d’espoir , c’est l’homme, la femme, l’enfant porteurs des gènes, passagers de la vie perpétuant les rituels dans « il était une fois..il était une foi » . d’une génération à l’autre, nous, amas de poussière d’étoile, locataire temporaire de la planète Terre . Comme d’autres espèces du monde du vivant , disparaitre. Le sol, l’air et les eaux lui survivront et reprendront leurs droits
Etre humain c’est ne savoir qu’une chose , la fin inexorable , la seule égalité de tous la mort . Humaine , cette vie tel un arbre aux racines du passé , aux branches du présent dressées, aux fruits muris qui tombent et dont les graines germées de demain portent tous les espoirs.
Humain de rire tant qu’il rit avec et non qu’il rit de l’autre, qu’il joue avec et non de l’autre, qu’il se trompe et non qu’il trompe l’autre .Tomber, se relever, hésiter, se tromper , faire erreur ? Errare humanum est , perseverare diabolicum . L’erreur est humaine , on apprend de ses erreurs et Confucius de rajouter  » l’homme sage apprend de ses erreurs et l’homme plus sage encore apprend des erreurs des autres  » , c’est humain !

Texte :pascale Lafraise

Photographies du Net 1,2,3,5 – 4: Embryo, Ruth Bernardh

Bonne fête Serge – Latouche à l’honneur, en toute simplicité

serge_latouche_image.jpeg

Le philosophe Français Serge Latouche , qui se définit lui-même comme ex économiste a fait une intervention devant une assemblée , délégation de jeunes agriculteurs du futur, venus de 120 pays pour Terra Madre Giovani ( les jeunes de Terra Madre) à l’initiative de Slow Food( fondateur de SF : Carlo Petrini)-We feed the Planet début Octobre à Milan lors da la grande Expo , Italie. Plus médiatisé que dans son propre pays, ses paroles sont reprises par de nombreux journaux . Le marathonien des congres , exposition universelle ou non multiplie ses témoignages et la sensibilisation dans de nombreux pays, diffusant les principes et fondements de la simplicité volontaire, du bien être simple et autres appellations plus parlantes que le terme initial de « décroissance ».

Pour ces 4 jours de réunions où se côtoyaient , jeunes agriculteurs, agronomes, étudiants, chefs de petites entreprises, pécheurs, activistes , c’est Serge qui a eu le privilège de débuter la série de colloques et de débats .
Extraits de journaux italiens relatant son intervention :
La Repubblica du 4 Octobre 2015, rubrique Economie et finance

MILAN : réévaluer, redéployer et relocaliser. Et encore une fois : réduire, recycler, réutiliser et restructurer. Seulement de cette manière, à travers le « cercle vertueux des R » il est possible d’inventer un mode durable de survie. Serge Latouche, le théoricien de la décroissance heureuse, le répète comme un mantra à Milan. Le philosophe Français qui aime se définir comme ex économiste (« parce que j’ai perdu confiance dans l’économie, c’est un mensonge »), a conté une autre façon de voir la production, la consommation et les rapports sociaux : » un mode plus équitable, plus humain, plus juste « parce que le système de production dans lequel nous sommes plongés génère partout des situations d’inégalité, d’exploitation et d’abus. Et les mêmes indices de richesse (comme le PIB) sont complètement évincés des paramètres financiers et monétaires, qui ne correspondent pas au bien-être réel des populations: « l’économie est une religion occidentale qui nous rend malheureux. »
« Aujourd’hui , a dit Latouche, nous vivons dans une société fagocitée par une exigence de croissance qui n’a plus de motifs économiques, mais qui est la croissance pour la croissance. Illimitation du produit, puis illimitation de l’exploitation des ressources naturelles renouvelables ou non. Illimité de consommation, puis des déchets et du gaspillage, autrement dit pollution de l’air et l’eau « . Une recherche de croissance alimentée par la publicité qui vous fait désirer ce que vous n’avez pas ; soutenue par la banque  » prompte à prêter de l’argent, quasi à l’infini » et influencé par l’obsolescence programmée: « nous sommes condamnés à consommer parce que nos outils sont programmés pour se détériorer aussi rapidement que possible ».
L’alternative proposée par Latouche est la décroissance en réponse à la non-soutenabilité sociale et écologique de notre réalité. « Nous, occidentaux sommes moins de 20 % de la population mondiale mais nous consommons 86 % des ressources naturelles. Notre mode de vie détruit la résilience, la capacité de l’organisme terrestre à faire face au choc du changement climatique comme la perte de la biodiversité « .
Les critiques de Serge Latouche sont autant de révoltes contre le modèle de la société individualiste qui  » a permis de libérer les forces destructrices, sur lesquelles se fonde la société de consommation et la croissance. » En fait, la recherche d’accumulation est « une guerre de tous contre tous. C’est une guerre contre la nature, car nous ne remarquons pas que de cette façon nous détruisons la planète plus rapidement. Nous faisons la guerre contre les hommes. Même un enfant comprendrait ce que les politiciens et économistes font semblant de ne pas voir :une croissance infinie est par définition absurde dans une planète finie, mais nous ne comprendrons pas tant que nous ne l’avons pas détruit. Pour faire la paix, nous devons renoncer nous-mêmes à l’abondance frugale, obliger. Nous devons apprendre à reconstruire d’autres rapports sociaux « .
Pour les économistes néo-libéraux, ajoute Latouche, l’option la plus terrible est le protectionnisme, « Mais, en réalité, c’est un instrument de défense parce que c’est la compétition pour alimenter la guerre, comme en témoigne le cas de Volkswagen. Le libre -échange est comme le renard dans le poulailler . Nous avons détruit l’agriculture de la Chine, et en pleine réciprocité l’industrie chinoise a détruit la notre : 800 millions d’ anciens paysans chinois s’entassent dans les banlieues, créant des millions de chômeurs dans nos sociétés « .

À l’appui de son point de vue Latouche cite la New Economics Foundation qui calcule l’ « indice de bonheur » sur trois dimensions : empreinte écologique, l’espérance de vie à la naissance et bien-être subjectif ( sentiment individuel de bonheur). « Avec ces paramètres, comme dans la Bible – conclut , le philosophe Français les derniers deviennent premiers et les derniers, premiers . Vanatu et le Costa Rica sont en haut du classement, tandis que le mensonge des États-Unis en 160eme position et l’ Italie autour de 60eme ».

Corriera de la sera : La recette de Latouche pour les jeunes agriculteurs :  » La globalisation est une arnaque »
La bataille pour une culture alimentaire différente est possible seulement si nous unissons nos forces ». S’adressant pendant deux heures aux jeunes agriculteurs du monde entier qui se sont réunis dans la salle rouge du Superstudio Più , rue Tortona, à Milan, Serge Latouche, l’économiste et philosophe Français , partisan de la décroissance, ennemi juré de la mondialisation et du libre-échange qui, dit-il, est comme « le renard dans le poulailler en libre service », a eu pour tâche d’ouvrir le deuxième jour de la réunion de Terra Madre Giovani. Il cite Thomas Piketty : « la sociétés dans laquelle les inégalités grandissent sont malheureuses aussi pour les riches. »
Pointant du doigt la « cupidité » et les universités qui produisent les économistes « nous enseignons comment faire autant d’argent que possible ». Il parle au pied levé, sans support audiovisuel. Mais son charisme n’a pas besoin de support technologique, de pc « victimes d’obsolescence planifiée. » Il répète que « la mondialisation est la plus grosse escroquerie de l’histoire, un jeu de massacre à l’échelle mondiale ».
Thèmes abordés « 800 mille paysans chinois chassés de la campagne et l’exportation de produits fabriqués dans les usines en Chine à perte créant du chômage en occident ». Il invite à se méfier de l’opulence, de la « société de croissance qui a trahi les promesses de la modernité ». Il a parlé de migrants, exploités par le système alimentaire mondial, avec le procureur de Calabre Nicola Gratteri. Il aborde le sujet « alimentation et religion « avec les invités des différentes communautés. D’autres intervenants ont ponctué cette journée autour de la Slow Food et des mouvements en faveur d’une alimentation Biologique , du bien fondé de réintroduire des techniques ancestrales en matière d’agriculture , de respect de l’environnement.

Serge Latouche ne refuse aucune invitation ou presque et c’est l’homme qui se dévoile , ainsi que ces idées, à travers ce petit questionnaire accordé lors d’une intervention en Alsace pour un club de réflexion réunissant dirigeants et cadres dirigeants . Le theme était : Le décroissance comme solution de sortie de crise . Etonnant ce Serge là, quand il touche tout public. A lire ses nombreux ouvrages et à méditer. Bonne fête Mr Serge !

Dans quel état J’erre.

Ahayuasca

Une date anniversaire se profile devant moi. Celle du diagnostic qui est tombé comme un couperet , qui a changé la vie , le sens de la vie, des réflexions, des recherches sur la mort, sur les religions, sur la spiritualité ou comment remplir ce fossé qui s’ouvre à ce moment là , ce présent à l’avenir si incertain voire même sans avenir terrestre. Date anniversaire qui rapproche de la délivrance du cap des 5 ans de rémission pour devenir guérison totale ( tel que la médecine le détermine). Le crabe, le dragon , le cancer . Ce mot qui fait si peur, ce mal qui devient si fréquent dans notre société industrialisée.

 

Cette maladie affecte autant le patient que son entourage. Celui qui le subit de plein fouet est certainement le conjoint, le ou la partenaire et compagnon de vie de couple, les parents, les enfants, les amis, les collègues de travail etc…On ne dira jamais assez le trouble et le désarroi dans lesquels sont plongés alors les personnes autour du patient lorsque celui-ci dévoile sa maladie. Elle est sienne car il l’a vivra activement dans sa lutte, dans les effets secondaires des traitements, dans les bouleversements physiques, psychiques et mentaux qu’il va affronter. Passifs , se sentant démunis, impuissants confrontés à leurs propres représentations mentales de la maladie, l’ invalidité, l’handicap et de la mort , certains fuient non par lâcheté ou par indifférence . Il est parfois difficile de trouver les mots et oser parler de ses propres angoisses, ses peurs, ses démons intérieurs. Quelle attitude adopter? L’établissement qui m’a pris en charge n’était consacré qu’à cette pathologie. Chaque membre du personnel hospitalier y travaillait par sensibilité propre, par choix. L’éducation en Santé et l’éducation du patient et de son entourage n’est pas un vain mot . Une discussion à bâtons rompus avec l’équipe « éducative » , une oncologue, une infirmière cadre, une psychologue a répondu à beaucoup de questionnements anticipant l’aide à l’annonce pour ma fille jeune pre-adolescente . Un livret illustré m’a été remis . Plusieurs chapitres détaillent , dans un vocabulaire adapté à chaque tranche d’âge , les symptômes, les traitements, les effets secondaires afin de préparer et de répondre aux grandes interrogations ou peurs des enfants et adolescents. Nous l’avons lu ensemble sans occulter le sujet de la mort. En toute honnêteté, il faut dire que cela a précipité toutes les démarches d’organisation de tout ce qu’un parent isolé doit prévoir en cas de décès : vérifier ses clauses d’assurance décès, crémation ou enterrement avec la prise en charge financière des frais occasionnés ( he oui , on n’y pense pas lorsqu’on se sent toujours jeune et en pleine santé!) mais surtout sereinement trouver les accords harmonieux pour celui ou celle qui accueillera son enfant, la chair de sa chair , définir ce futur tuteur légal .
Quelle paix intérieure une fois cette étape franchie. L’acceptation de ne pas être immortel , d’appréhender en toute conscience cette possibilité qui étonnamment déclenche une énergie de vie sous toutes ses formes. Un avantage certain de par ma profession para médicale , confrontée à Dame la mort en multiples occasions, les phases d’acceptation de la maladie , de sa morbidité ont été franchies à une vitesse record. Ceux qui ont eu plus de difficulté et certainement de souffrance morale dans cette épreuve sont mes parents . Ce n’est pas dans l’ordre des choses que de concevoir la perte d’un enfant , quelque soit son âge . Il n’y a rien de plus injuste, de plus inhumain . Volontairement, je suis restée géographiquement éloignée d’eux afin de leur éviter la vue d’une déchéance physique occasionnée et par la maladie et par la lourde artillerie mise en œuvre . Certains des lecteurs réguliers de ce blog ont certainement lus entre les lignes ce qui n’arrivait pas à être explicité ouvertement à cette période. Et pourtant , les clés y figuraient. Pudeur ou jardin secret , il en a été ainsi pour les amis, les connaissances.
Esprit positif ou ouverture de conscience, cet accident de parcours de vie m’a emmené et me guide encore sur une route incroyable. Il est devenu comme évidence de ne plus se projeter dans l’avenir mais de vivre pleinement le présent , le ici et maintenant . Sentir comme nécessaire de s’économiser , utiliser autrement son énergie vitale , la canaliser et découvrir en soi des ressources inestimées , des envies non , plus fort en soi des désirs , des forces , des besoins, des aspirations , de l’intention .

Devant une épreuve de vie se pose naturellement la recherche de vérité, la quête de réponse , d’espoir dans la religion ou la spiritualité. Peut-on opposer ces 2 mots alors qu’ils se complètent peut-être? Loin de moi l’idée de demander l’aide d’un dieu, de me mettre à prier , de réclamer un miracle. Les questions essentielles :pourquoi je vis? Y a-t-il un but? Ais je une mission à accomplir? Qu’y a-t-il après la mort? On ressent un sensation de soif de connaissances ou plutôt de décodage , décryptage de ce qui est inscrit au fond de soi même , cette partie d’iceberg immergé qu’est l’inconscient et qui possède tant de réponses, tant de connaissances , tant de savoirs: la sagesse diront certains.
Une personne ordinaire évite de se poser des questions sur la mort , dans ses préoccupations du quotidien. Abreuvée par les images incessantes de carnage, de charniers, de cadavres liés aux guerres, aux épidémies, à la famine et tous les fléaux du Monde clivé entre le Bien et le Mal, l’ Industrialisé, l’Emergent et le laisser pour compte, cette personne ordinaire se réfugie dans les images d’Epinal, les clichés , les représentations mentales( selon sa perception, ses croyances, son éducation, sa religion…) d’un paradis promis en attente d’une rédemption . Recherche d’un absolu d’un sens à l’abstraction : je vais mourir et après ? Ya t’il un après ? . Le fait de régler le « après » pour ma fille a balayé toutes les peurs, toutes les craintes . Et combien même il n’existe rien après , je n’en avais plus peur .Les angoisses centrées sur les mystères entourant le moment du passage de la vie à trépas laissaient place à un esprit serein . Cette quête obsessionnelle lorsqu’on l’arrête , lorsqu’on se pose pour un temps , lorsqu’on saisit sans savoir comment que la réponse ne vient pas de l’extérieur mais de son propre intérieur par un temps hors du Temps et des habitudes du quotidien ( relaxation, exercices respiratoires et d’écoute, méditation…). Ne plus écouter la petit voix intérieure, appelée différemment selon les croyances, les représentations mais s’ouvrir au contraire à un silence intérieur .

C’est la vie et non la mort qui est un défi , qui est une lutte. De patiente passive , je me transforme en guerrière . Concentrer son énergie , vaincre ses peurs , se laisser emportée par les rêves si nombreux en ces périodes de sommeil perturbés. Accepter les gênes, les incapacités , les impossibilités , les transformer en autre chose , faire à chaque instant un apprentissage sur le vif , ressentir une joie de passer chaque jour une marche de plus sur l’escalier de la vie … troubles de sensibilité fines des extrémités (fourmillements des pulpes des doigts empêchant de bien percevoir les objets) chute des ongles , ces magnifiques pinces à épiler naturelles qui vous permettent d’attraper les objets minuscules .. Au quotidien ne plus être capable de boutonner ses habits. Qu’à cela ne tienne , vive les vêtements amples qu’on enfile sans peine . Emprunter les chaussures à velcro de sa fille .. Et vous faites 2 heureuses , l’une se sentant utile à sa manière et l’autre ne faisant pas supporter le poids de la dépendance et ne se lamentant pas sur son sort , passant outre les difficultés du quotidien . Fini de lire compulsivement des écrits, des témoignages, des études scientifiques ou ésotériques mais vivre l’instant au jour le jour dans le « ici » et faire avec, faire autrement ou ne pas faire.
En relisant des écrits, en revoyant les peintures , sculptures , produits en cette période me vient la sensation de m’être échappée volontairement d’une réalité qui n’était plus mienne . Cette énergie créatrice, ce besoin vital d’exprimer , de noter, de métamorphoser une perception différente : sauter dans un espace temps ou sembler agir sous une conscience accrue , un peu comme ces témoignages de voyage psychédélique sous drogue psycho active … C’est parfois avec la sensation bizarre qu’une autre personne , qu’un autre moi-même ait tenue le pinceau ou pianoter sur les touches du clavier informatique. Serait-ce l’ effet des toxiques injectés ou effet rebond de l’organisme , de mon propre système cérébral en ébullition ? Comment expliquer rationnellement cet état de vigilance ou de conscience accrue , cette perception différente des éléments entourant par une sélection des informations comme le besoin d’aller à l’essentiel, de trouver et ressentir l’essence des êtres et des choses comme pour m’en imprégner avant de disparaitre .
Ne pas connaitre les mots pour exprimer les sensations , les émotions éprouvées par ce corps qui n’était plus vraiment le mien , je me vivais comme dépossédée de cette enveloppe de chairs et d’os appartenant désormais à la Médecine , touchée , par les seules mains thérapeutiques . Expérience qui n’avait pas d’écho dans mes souvenirs , mon vécu , mon histoire propre ne pouvant faire appel au cerveau cognitif .. Ce biais artistique , cette flambée intellectuelle était comme l’unique moyen de traduire les émotions, sentiments et pensées . Le corps physique défaillant déplaçait l’énergie vers d’autres modes d’expression, de communication.

sukhi Barber

Narcissique , égocentrée ou au contraire sentiment d’indifférence, c’est un combat des nombreuses facettes du caractère ou de la personnalité qui se sont affrontées dans cette guerre. Ne pouvant faire preuve d’objectivité, seules les personnes de mon entourage, les amis, la famille, les « aidants » et les soignants pourraient décrire celle qu’ils ont entraperçu, « vu » ou ressenti . Non pas une victime qu’il fallait secourir mais plutôt une femme et une mère ne baissant pas les bras face à l’adversité, face à la fatalité cherchant à garder l’expression de son essence, la Femme au sens plein et vrai du terme, dans ses désirs, ses aspirations dans son  » être » et son  » devenir », dans son « intériorité » Un choix s’imposa d’emblée : essayer d’être le stratège pour cette bataille à mener. Privilégiant tant faire se peut l’hospitalisation de journée ( c’est-à-dire le maximum de bilans, de consultations avec les spécialistes, les soins, les interventions chirurgicales en déambulatoire avec le minimum de nuitées passées loin du domicile) le rôle primordial de mère a certainement été l’arme la plus redoutable contre la progression insidieuse du crabe. La volonté de ne pas montrer ou de ne pas laisser place à la souffrance morale afin d’en protéger au mieux celle qui vivait au quotidien, qui risquait de devenir l’éponge à émotions , ma fille .

Incroyable de voir ce que l’être humain est prêt à faire pour lui-même et pour les autres . Il est à la fois capteur et producteur d’énergie. Energie, élan vital , notion difficile à mettre en mot qui se perçoit comme un flux circulant, une pulsation interne qui pousse à agir , à mouvoir une force intérieure plaçant l’organisme en situation holistique, ouvrant une porte à l’auto- guérison . Ce terme ne signifie pas l’abandon des thérapeutiques mais la capacité mise en œuvre par l’individu à mettre en place toutes les ressources physiques, mentales et psychiques pour lutter efficacement contre les facteurs d’agression. L’état de rémission face à la maladie , par le choix en libre arbitre de vivre et non de survivre, d’accepter jusqu’au risque ultime qu’est la mort , d’agir en décisions et actes de responsabilité personnelle a ouvert des dimensions , des passages vers d’autres réalités , un autre état de conscience , un processus de changements dans les comportements et habitudes de vie (extérieur), une grande période d’errements intellectuel et spirituel menant à une voie de guérison. Dans quel état j’erre, sur quelle étagère de la bibliothèque intérieure que chacun a au fond de soi, se trouve une encyclopédie de connaissances dont on semble en ignorer l’existence et qui se manifeste pourtant au moment opportun en nous ouvrant un de ces volumes reliés à l’humanité toute entière. Dévoilant les capacités adaptatives à une situation ou l’influence du mental, de l’esprit, de l’émotion, de la pensée pouvant modifier complètement une expérience. Colère, peur, haine laissent place à une sérénité, une joie de profiter de chaque petit instant . Ces livres de sagesse posés comme autant de marches d’escalier s’ouvrent à nous cycliquement au travers des expériences, des accidents de parcours, des chutes sur le sentier tortueux de la vie. Schizophrénie, crise mystique ou crise de foi chacun y pose un nom . Dans la quête spirituelle, difficile de ne pas noter les lacunes dans nos connaissances actuelles des bases et fondements des religions. L’histoire ancienne par transmission orale puis écrites est déformée plus ou moins volontairement par le truchement des traductions approximatives ou d’interprétations de maitres à penser, la destruction ou la disparition pour censure de textes anciens . Il y a cependant beaucoup de vérité contenues dans les doctrines de toutes les religions, malgré les distorsions et les pures inventions narrées dans un mode de récit. Surprenant lorsqu’on s’y plonge de noter des points communs dans des événements « retranscris » comme l’épisode du déluge, des similitudes de symboles se retrouvant encore de nos jours dans des objets aussi anodins que peut l’être un chapelet catholique , tchotki ou lestovka pour les orthodoxes, le sabha ou misbaha des musulmans, lesbih turc, màlà ou nenju juzu ou yu dsu selon qu’il soit bouddhiste, hindouiste, amidiste ou sikhiste. Une corde, un collier , des grains et perles pour autant de prières. L’ère de la communication sous toutes ses formes, les gurus , faux prophètes, les bonnes âmes prêchent leur bonne parole et vous ouvrent les bras , à vous les victimes en vous promettant la félicité. Attention à l’embrigadement sectaire. Sous couvert d’un développement personnel , vous devenez soumis et esclave consentant soulageant votre porte-feuille plus que vos troubles de santé ou votre psyché.
Lecture conférence , discussions sont les bienvenues pour ouvrir des pistes de réflexions qu’il faut explorer ensuite en solitaire. C’est votre responsabilité personnelle que de mener ce voyage intérieur. La spiritualité , spiritus signifiant le souffle : trouver le souffle de vie intérieure. J’ai ressenti ce souffle , cette source d’énergie en contact avec la Nature mais ceci est une autre histoire. Elle est codée et répertoriée sur l’étagère  « jardin secret » .A vous d’en trouver et d’entrouvrir le livre.

Photographies :1 Alex Grey – 2 Sukhi Barber

 

Solitude – Du sociopolitique à la métaphysique, réflexions sur la solitude de l’homme contemporain

abstract-computers-glowing-keyboards-men-photo-manipulation-sitting-thinking-waiting-300x168

« La grandeur d’un métier est peut-être avant tout, d’unir les Hommes.
Il n’est qu’un luxe véritable et c’est celui des Relations Humaines.
En travaillant pour les seuls biens matériels,
nous bâtissons nous-mêmes notre prison,
avec notre monnaie de cendre
qui ne procure rien qui vaille de vivre. »
Antoine de Saint Exupéry
Dans le monde occidental où n’ont jamais autant existé de moyens diverses de communication entre les hommes, existe le paradoxe de s’y sentir parfois tres seul. La solitude , acte volontaire ou subi n’a pas le même sens , les mêmes conséquences. Les nouvelles technologies relayant les réseaux sociaux et les centaines de contacts, « d’amis » permettant de rester connectés quelque soit l’heure ou le lieu avec la multitude (près d’ 1 milliard d’inscrits sur Facebook) ne nous rendent – elles pas prisonniers d’un virtuel monde social, d’une pseudo réalité ? Se sentir seul ou être solitaire , notions totalement différentes…

La définition du mot Solitude : état ponctuel ou durable d’un individu seul qui n’est engagé dans aucun rapport avec autrui.Elle est vécue différemment selon qu’elle est choisie ou subie.Lorsqu’elle devient synonyme d’isolement, séparation, éloignement, absence et perte, elle s’associe au manque , au refus de relation sociale ou à l’absence physique d’autrui.Parfois, elle est choisie intentionnellement suite à une épreuve de vie, perte d’un proche, maladie, divorce, séparation amoureuse, perte d’emploi ou besoin de se retrouver, d’avancer dans une introspection.
Elle est réponse psychologique à la perte d’un être cher . On se sent seul face à cette épreuve même au sein de son entourage . Elle est cheminement personnel face à la mort. La peine ou la souffrance de la perte d’un proche ne semble pas pouvoir être partagée ou soulagée par l’empathie de « l’autre » . Comprendre sans s’approprier cette douleur, cette souffrance, cette expérience. Isolé dans sa bulle, les mots, les gestes ne peuvent consoler ou aider .Faire son deuil, accepter le départ « définitif », l’absence, l’envol de l’être aimé se vit individuellement. La solitude est aussi une période nécessaire ou dictée par les us et coutumes socioculturels.

La solitude : conscience douloureuse de l’absence matérielle d’autrui autour de soi ou sentiment intérieur d’être seul . Il est ainsi possible de se sentir seul dans une foule ou au sein même de sa famille, de son couple. Abandon , délaissement, l’impression de n’exister pour personne : tels sont les termes que l’isolement de l’homme moderne face à des idéaux extérieurs, à sa superficialité et son narcissisme . Le monde occidental est le reflet d’une société oubliant de vivre dans le présent , aliénée au passé ou au futur où le dernier gadget high-tech est érigé en idole. Loin du sens profond de l’existence il présente, dans cette solitude, les signes d’un syndrome d’irréalité : plus individualiste, égocentrique angoissé, dépressif ou en confusion intérieure, manque de confiance en autrui et en soi-même. Devenu machine à gagner d l’argent pour réponde à de faux besoins, c’est dans cet isolement qu’il mène une course effrénées après une continuelles insatisfaction. Notre société industrielle d’hyperconsommation où la domination économique prévaut sur celle de la politique ( au sens général du terme) et de la culture est une société de masse urbanisée ayant perdu les racines du clan , de la famille ou de la tribu. C’est dans l’anonymat que cohabitent des personnes ayant quitté leur région d’origine pour répondre à la mobilité professionnelle . Famille éclatée devenue nucléaire, population vieillissante dont leurs descendants rejettent la prise en charge , lors de leur perte d’autonomie, couple ne vivant pas sous le même toit en grand principe de ne pas tuer le « capital amour » par l’usure du quotidien…Les socionautes, tels qu’ils sont appelés , utilisateurs des réseaux du Net ont tendance à modifier leurs usages et leurs comportements. L’utilisation  » intime » laisse place à un profil « Socio-Conso « . Plutôt que d’échanger des événements de la sphère privée, les français , en ligne, se mettent à  » liker », à suivre une marque, une entreprise ouvrant les portes vers les webs vendeurs. Un clic pour annoncer à la terre entière être le nouvel acquéreur d’un livre, d’une voiture, d’un appartement au même titre que la naissance d’une idylle ou d’un enfant n’empêche pas cependant d’ignorer jusqu’à l’identité même de ses voisins de palier. Qui sait si un des 1500 (ou plus) individus , en France, surveillés et suspectés d’appartenir à la mouvance Djihadiste n’est pas l’un d’entre eux???

1x_com-Bubble-by-Tommy-Ingberg

Des études contradictoires sur les internautes vivant par réseaux sociaux, jeux en lignes etc. montrent soit l’image d’ isolés volontaires , prisonniers dans une geôle de la virtualité ( hors de la vie quotidienne réelle, les No-Life à l’instar des Hikikomoris japonais), soit au contraire enrichis d’une ouverture sur le monde en interaction avec d’autres . Certains mettent en avant la richesse de leurs échanges, de la communication avec des personnes qu’ils ne pourraient rencontrer dans leur village , localité où ils résident . Loin des zones urbanisées, en déplacement perpétuel au sein d’une famille nomade ou rendue comme telle par des mutations professionnelles régulières ou par les aléas de la vie ( déplacés climatiques, réfugiés, émigrés ou voyageurs volontaires ) se sent ainsi citoyen du monde . De sa propre initiative, il se connecte ou non avec ses semblables ou , au contraire, avec des êtres totalement différents de lui apprenant au travers d’une amitié dûment choisie une langue, une culture, une pensée, une philosophie et un mode de vie lui permettant d’appréhender et de chercher à mieux comprendre autrui, l’Humain, lui-même.
Le temps solitaire n’est pas synonyme d’enfermement volontaire dans une cellule d’isolement carcérale ou psychiatrique lorsqu’elle est période de méditation, temps de réflexion . Il est nécessaire de s’isoler dans sa bulle, son jardin secret, son espace encore plus intime et privé . Temps d’introspection , de prise de recul pour mieux analyser ou ressentir (selon l’ utilisation du raisonnement ou de l’intuition), il ouvre tres souvent la voie à une production personnelle de songes, de pensées constructives , de désirs. Il peut alors se traduire par un besoin créatif d’expression ( écrits, photographiques, picturaux ou des formes plus singulières « artisanales » de bricolage voire même culinaires. A chacun sa recette ! Ce n’est pas devenir misanthrope en rejetant et en détestant le genre humain ou se croire au dessus de tous , un peu comme un dieu ou un monstre ( Aristote). Inverse du temps de fuite née d’attentes ou d’espoirs déçus ou de pessimisme excessif. Ce solitaire volontaire, est vécu comme suspect, comme pathologique ou « anormal ». Il est pourtant , par son autonomie, plus sociable et plus libre, loin de la massification de nos sociétés. Rien ne l’empêche d’aider les autres lorsqu’il le peut, d’offrir une qualité d’écoute sans aucun jugement, d’être en connexion étroite et profonde au travers d’une neutralité bienveillante. Loin de proposer un bien matériel ou financier, le solitaire philanthrope s’octroie d’abord un temps pour lui , un voyage intérieur de lucidité, de paix et de sérénité , ouverture vers la pleine conscience, aux confins du royaume de la sagesse . C’est cette piste, ce sentier qu’il peut alors donner comme un trésor, une lumière, une chaleur humaine, un réconfort, une source d’inspiration aux autres.

Pink-Floyd-The-Endless-River-cover-art

Certaines activités demandent à être solitaire. Il en est ainsi de la lecture. Certes, les lectures publiques revêtent une autre dimension mettant en action les zones cérébrales liées à l’audition (temporale). Le ton , le phrasé, l’accent du « lecteur » donnent une version subjective, une interprétation. La lecture solitaire est un acte d’identification ou d’analyse en comprenant ce qui est lu révélateur des sentiments et pensées exprimées qui existent déjà (partagées ou non ). Cette solitude intérieure se peuple et s’aménage d’autant de source de plaisir, petits bonheurs, richesse, foisonnement de questions.. Les autres moyens éducatifs ou distractifs télévision , conférences, spectacles, jeux ne sauraient remplacer cette nourriture de l’esprit. Elle est moment propice à la pensée, la créativité, le rêve, la lucidité ou le délire. La solitude est toujours accompagnée de folie ( Marguerite Duras). La dépendance systématique à autrui, le besoin en permanence du regard, de l’avis, de l’approbation d’une tierce personne proche ou étrangère voire quasi anonyme n’en serait-il pas plutôt un signe?

photomontage-Joachim-Beyrowski-wikilinks-1

La solitude revêt donc plusieurs dimensions, une sociopolitique, métaphysique et pratique. Destructive, pouvant mener à une traversée de désert social (dépression, troubles psychologiques et psychiatriques, addictions toxicologiques ou médicamenteuses, suicide), elle est constructive , nécessaire dans les étapes d’acquisitions, d’engrangement et de mémorisation Elle n’est donc pas vécue comme un cachot, un malheur , une pénitence. Cette mise en relation avec soi-même pour apprendre, comprendre, créer, innover permet alors une mise en relation de qualité avec autrui pour échanger, communiquer, partager . Elle n’est ni individualisme, ni indépendance, ni indifférence, ni désordre, ni marginalité avec lesquelles elle est souvent associée ou confondue. Elle est autonomie : gestion de soi, dans nos relations avec notre environnement et avec nous-mêmes ce qui suppose la capacité de gérer nos propres actions dans notre durée et dans notre espace , de nous auto-positionner , de nous auto-évaluer , d’être responsable du sens que nous donnons au réel.

Réflexions sur la solitude, les relations humaines suite à la lecture d’articles ou de remarque sur le thème de la solitude de l’homme moderne , d’une enquête de société sur l’influence des réseaux sociaux ( enquête menée en France en 2013 par l’institut Harris interactive sur le baromètre des réseaux sociaux en France)

Photos:1 trouvée sur le Net- 2 Tommy Ingberg-3 Ahmed Emad Eldin(illustration pour pochette de l’album The Endless River-Pink Floyd)-4 Joachim Beyrowski

La Réalité est Illusion – Clip et texte de la traduction française

La physique quantique confirme ce que les sages (yogis, métaphysiciens, philosophes…) expriment sur la réalité. La réalité est une illusion, une projection de l’imagination de nous -mêmes, de notre Un collectif dans l’infini des univers parallèles.

Fred Allen Wolf, Geg Bradden, Bill Hicks, David Icke entre autre ….

Au commencement, il n’y avait rien et est venu tout.  De ceci est arrivée la matière , l’énergie, l’espace, le temps, la conscience. L’esprit a émergé et en est sorti. Comment se fait-il que quelque chose d’inconscient comme la matière du cerveau puisse faire jaillir quelque chose d’immatériel comme une expérience ?

Si vous voulez voir  la crainte dans le regard d’un physicien conscient , mentionnez lui le mots: imaginons  le problème de mesure de la matière.. Le problème est ceci : l’atome semble apparaitre à un endroit particulier si vous le mesurez. Autrement dit, l’atome est dispersé hors de l’endroit jusqu’à ce qu’un observateur conscient décide de le regarder. Donc l’acte de la  mesure d’observation crée l’univers entier.

Seulement les personnes conscientes peuvent être  des observateurs jusqu’à que nous nous enfermons dans l’existence maximum de la réalité à propos de nous- mêmes. Nous sommes l’expansion de la superposition de plusieurs possibilités avec rien de défini qui arrivent.

Nos millions et millions d’unités d’énergie et de lumière flottent sur des électrons .ils nous font imaginer ce côté dimensionnel des  mondes de ce qui n’existe pas selon la théorie de la relativité en physique quantique.

N’importe quand nous essayons d’  enfermer un particule derrière un certain niveau. L’acte d’observation de la matière est en train de changer .

Le changement de toutes les  parties d’une  particule , jusqu’à ce que  nous réalisions qu’il n’y a pas   autant de choses  comme un élément de cet   d’électron . L’électron ou n’importe quelle partie de lui ‘existe seulement dans la relation avec les autres objets . Comme la particule est l’univers observé aussi grand soit-il. Cela signifie qu’aussi profond que nous plongions dans la nature de la matière,  tout ce que nous connaissons du monde quotidien  en découle. Il n’y a aucun objet désormais, il y a seulement la relation. Il n’y a rien de qualitatif désormais , il n’y a pas le Temps jusqu’à ce que vous regardiez les objets dans le détail et que ce que nous pensons de la matière solide nous détache du verrou en étant de moins en moins sous l’emprise de ce qui nous avait été dit .

Les seules réalités que nous connaissons sont des fabrications cérébrales. Un cerveau avec des millions de cellules sait chaque minute. Nous organisons dans nos cerveaux un hologramme que nous projetons à l’extérieur de notre  réalité.

Notre cortex est organisé en un  hologramme dimensionnel . Dans un  hologramme dimensionnel, nous pouvons avoir 3 images dimensionnelles alors nous voilà ! 3 dimension peuvent créer la 4ème dimension.

 L’hologramme est une metaforme; c’ est comment  vous prenez  des informations hors dimension et vous les abaissez dans une seule dimension de l’esprit. De cette façon, nous nourrissons le paradoxe de nous trouver en train de faire un lien entre un concept et un autre .

 Le concept de piégeage que nous utilisons est des mots pour décrire la réalité par le côté des phénomènes ici et la plupart du temps c’est une virée philosophique sur votre descente en physique quand la raison descend elle-même de  l’idée d’hologramme . Il commence à y avoir des effets réels de l’un d’entre eux.  Cela  dépend de l’incidence que  prennent  plusieurs fois particules des électrons et dire : faire une chose à l’un a de l’effet sur l’autre  aussi éloignés soit la Matière.

.

 comment expliquer, ce que sont les personnes ? Utilisant la Matière, c’est une jonction physique même quand la matière est séparée. L’énergie est toujours là comme magnétique. Cette importance du pourquoi nous devenons loin dans le temps toutes les particules , disséminant dans l’univers entier, en expansion. Nous nous amalgamons ensemble  en une unique particule de la taille d’un petit pois incommensurable, c’est ce que nous pouvons dire aujourd’hui comme modélisation de nous même. Puis vous pouvez aller dans l’univers  prendre toutes les particules de matière, les sortir de l’ espace , les regrouper ensemble, les compacter, cela vous donnera la taille du petit-pois.

Cela veut dire que vous, moi et tous les personnes de la Terre, nous sommes une partie de cette même particule qui crée notre univers, combien même cette particule est séparée en expansion , montrant ce lien indissociable .

L’atome et son électron sont des objets multimetaverses. C »est  la description de la mécanique quantique. Maintenant cela signifie que des Univers parallèles s’attendent à la réalité   en décrivant comment elle  doit s’appliquer aux objets de toute  taille, humains,  étoiles, galaxies, tout. Et que ce que nous appelons la théorie des univers parallèles plutôt que la théorie parallèle des électrons; . nous sommes nous-mêmes faits de différents atomes. Dans la même théorie, il est dit que l’atome existe en différents endroits dans  différents univers. Donc nous, les humains existons dans plus d’un endroit et dans plus d’un état d’esprit et ainsi de suite dans les univers différents.

Alors, cela signifie en exprimant en mots: c’ est une raison des électrons de séparation d’objets . Plus   nous connaissons sur la séparation entre les peuples, plus  tout est interconnecté . Le plus grand secret  de tout, pour moi, est que  l’extension à chaque individualité est une illusion.

L’illusion vient de la perception de notre esprit.

Je perçois que je suis hors de mon esprit et vous , vous entrez dans le mien. Vous ne devez pas chercher une aide de l’illusion, même si nous cherchons à extérioriser, nous ne pouvons trouver le sens de l’illusion. Parce que l’illusion vient de l’extérieur de votre esprit, votre mental . Cette grande chose dont nous parlons ici est en accord avec ce que nous appelons d’une personne , son Lui, son être, le  » je ». Quand nous commençons à modifier le besoin par le mental, s’ouvre le  » nous »  et nous pouvons commencer à voir qu’une telle partie d’infinis est Un, c’est de cela dont nous parlons ici .

L’infini est une partie de la frontière de notre existence. Vue de ces aspects, tout peut être divisé  infinités .

Si vous vous demandez pourquoi lla puissance  nucléaire est un million de fois plus puissante que l’énergie de pouvoir chimique, c’est parce que l’énergie chimique est basée sur la manipulation d’atomes . Dans une énergie nucléaire de molécules est en ce cas là la manipulation  de nucleons dans le noyau. L’échelle super unifiée est mille millions  de millions de millions de fois  plus petite , c’est l’ infini virtuel dans le dynamisme.

Si vous pensez  infini, quel instrument devons nous avoir pour sentir l’infini?  Seulement sensoriel. Tellement vrais , vos organes de sens, si vous plongez dans l’infini , c’est comme partir dans la lune et revenir, encore et encore. Cela avec la perception limitée, ils essayent de faire croitre ce qui est au-delà. C’est le plan du royaume de l’infini.

Nous essayons de percevoir tous les autres niveaux  de réalité et nous sommes à la recherche de toute sorte de méthode, par exemple nouvelle technologie de puissance nucléaire . Mais, comme nous le pourrions, nous pouvoir tous  avoir la perception de  tous niveau de   réalité utilisant ces mécanismes . Le  niveau automatique de réalité est fondamentalement  vide . Nous ne  pouvons utiliser les méthodes scientifiques sur l’inobservable .

 La science est impliquée dans l’entreprise conceptuelle,  maintenant dans l’enfantement  de connaissance , des connaissances qui produisent  d’autres connaissances en comprenant ce qui est  cohérent ou incohérent tant que cette compréhension différencie l’objet correct de l’apparence faussée d’objet et de notre illusion .

L’apparence , aujourd’hui est c que nous appelons l’image de soi résiduelle. C’est la projection mentale de notre  nous numérique.

Est-ce la réalité ?Qu’est-ce qui est réel ? Comment vous définissez la réalité si vous parlez de ce que vous pouvez  toucher, sentir, goûter et voir? Nous le  pouvons  , de cette réalité, ce ne sont que des signaux électriques interprétés par votre cerveau .

Notre cerveau prend les  informations de  tout ce qui arrive parfois dont une forme qui n’est pas l’image de ce qui est là bas . C’est ce que qui semble , ce qui est extérieur et qui se transforme  en une image.  Notre cerveau croit en  un système inconscient .  Nous savons ce qui se passe : la lumière entre dans les yeux, frappe le dos de la rétine ,déclenche une production chimique créant un influx électrique. Cheminant dans les fibres cérébrales il percute et stimule la partie  du cerveau et celui ci   très intelligemment, dans un dixième de seconde réunit tout ensemble et dit ce à quoi cela ressemble.

Nous créons notre propre réalité . Cela  ne signifie pas que vous créez la Réalité. La réalité est mélangée , issue d’un flot d’énergie . Vous créez  votre propre canal de réalité. La plupart des personnes en est consciente.

Toute la matière est milli énergie combinant en  une vibration lente  que nous sommes tous une conscience nous expérimentant nous-mêmes comme objet  d’expérience.  Il n’y a rien comme autre objet que la mort. La vie est seulement un rêve. Nous sommes l’imagination de nous-mêmes.

Dante – La Divine Comédie – Interview Didier Ottaviani

Serrures et clés – Les portes mentales vers les mystères intérieurs.

Luca-Signorelli-Resurrection-of-the-Dead

Être un tout et pourtant morcelé . Accepter les forces et les faiblesses. Qui dicte les lois ? Définissent-elles des droits et des devoirs ? Qui a le doit de les contourner , qui a le devoir de les modifier ? Existe-t-il une loi immuable comme celles de la Nature ? Des lois, des devoirs dictés par notre Nature profonde . Comment être un tout , dans un infini , un univers de sciences , de connaissance, d’expérience à vivre . Doit-on se laisser porter par ses sens , par l’expression de ses besoins primaires à toujours satisfaire ou accepter d’être faillible ? Accepter la chute rédemptrice par la duplicité  , c’est tomber, c’est être en perte d’un équilibre momentané. C’est bouger , rien de statique et de fixé et quelle force de pouvoir se relever et de se sentir grandi . Un obstacle de vie , un accident , une perte ouvrent les voies diverses devant vous . Prendre la route de la désespérance ou s’armer d’une machette et ouvrir un passage étroit entre les ronces , les arbres épineux , les lianes unies aux racines pour vous compliquer la tache . De l’effort d’avancer  encore et toujours , de prendre en main dans la sueur et les larmes , dans ces gouttes de sang des griffures occasionnées,  nait une voie de changement. Changement ou avancée dans votre jungle intérieure , votre forêt aux arbres caduques ou persistant . S’engager sur le chemin de découverte, d’exploration de la nature profonde  voit les raies de clarté percer à travers la canopée , éclairer votre progression , chasser les doutes  et les ombres . Prendre des risques et oser s’aventurer dans l’inconnu .Mais est-ce vraiment l’inconnu ? Ne pas appréhender la découverte à l’angle d’une paroi minérale et végétale de son labyrinthe intérieur un cadavre caché dans un placard , souvenir désagréable d’un passé qu’on avait soigneusement enfoui . Le faire jaillir de l’oubli , le laver de la culpabilité ou de la honte et l’ accompagner alors dans le sanctuaire du cœur . Tu étais tapi dans un coin de ma tête à me jeter comme des maléfices , à m’envoyer des images spectrales que je n’arrivais pas à déchiffrer (j’avais perdu les clefs) . J’ose t’affronter dans toutes les visions . Illusion qui me dictait des actes inconscients ou pire  qui me freinait dans l’ascension de mon escalier interne , tu étais .Par mon acceptation , tu deviens expérience qui forge la rampe en fer du présent et facilite alors le cheminement . Car nous forgeons notre propre enfer en conservant des souvenirs pénibles , en les ressassant en s’y replongeant pour vouloir expliquer une nouvelle erreur de jugement , une action jugée  » négative » . Point de justification à donner sur les bases de ce qui est révolu et qui n’avait pas été digéré et évacué. Le ruminer encore et encore ou le stocker dans un coin noir , c’est une stase intestinale de matière fécale fétide , l’occlusion intestinale , la péritonite et la septicémie de l’âme.

il_570xN_380446070_lhoo

Faire le ménage , ranger , ordonner , trier et évacuer les mauvaises pensées , les idées erronées, le trop plein d’activités désordonnées qui ne remplissent pas un vide , mais bouchent des horizons nouveaux, parasitent les possibilités de synthèse et d’analyse . Chercher la clé qui ouvre enfin la serrure d’une porte dérobée et fait entrer un air nouveau. . Accepter d’être , son être avec ses défauts et ses qualités , avec son ignorance qui ne demande qu’à être nourrie , abreuvée et savoir qu’on ne sera jamais rassasié, que la satiété du corps charnel est comme oasis ou mirage  dans le désert.

Je suis comme un monument architectural qui ne peut être fini . Ce temple, ce musée vivant, cette cathédrale est un lieu de culte ou plutôt d’inculture . Il peut renfermer des joyaux, des tableaux d’un art dont les critères ne sont pas encore définis. Qui peut en voir la laideur ou la beauté? Qui a le droit d’en porter un jugement de valeur, y apposer une étiquette , en dresser un catalogue, un inventaire de ce qu’il recèle ? Y a-t-il des canons, des lois humaines pour en dicter les droits et les devoirs , les heures d’ouverture au public , les jours de fermeture ? L’architecte, le géomètre , les ouvriers d’un tel chantier en connaissent-ils les mystères , les secrets que pourraient dévoiler les fouilles archéologiques . Même moi , je n’en possède pas encore les formules mathématiques ou chimiques , les principes et règles physiques. Qui en fixe les dogmes ?

sculpture-11-bis

Ce cheminement intérieur se fait tout en douceur depuis peu . Les méandres de la vie , les pièges , les chutes successives n’ont rouverts certaines plaies que pour mieux les traiter . On m’a tendu des béquilles, des orthèses  . Les médecins et leur progrès en science et en technologie ont œuvré . Ceux de l’âme étaient à ce moment muets ou j’étais sourde à leur message codé en une langue inconnue . Seule dans la foule , il me fallait quitter la mégapole , ses tentations, son monde artificiel bardé de panneaux publicitaires géants où les néons aveuglants clignotaient comme autant d’attrapes- mouches et vous engluent, vous collent , vous  stoppent dans votre envol. Traversée d’un désert symbolique , retour aux sources du » dénuement », de la pauvreté originelle ( est ce pauvre que de ne rien posséder et ne rien vouloir , seulement une quête de vérité?) .Vérité sur les motivations, les forces, l’énergie qui vus pousse à continuer , qui transforme des combats impétueux en victoire sur soi même . Combien de portes mentales encore à ouvrir, c’est là tout l’intérêt, le piquant, le sel de la vie ? Celle de la sérénité , de la paix intérieure qui chassent les démons , les cauchemars, les obsessions délirantes apportent chaleur , lumière, réconfort . Quelle source d’énergie sans aucune facture, taxe, impôt à reverser? La gratuité , le don , la charité en sont les moteurs, les ailes des moulins, les pales de la roue à aube , le pot de la noria.

sculpture-34-bis

Jugement, approbation ou réfutation, bien et mal , vice et vertu, la morale et les lois des hommes sont là pour « juger », décider . Jugement de l’image que vous montrez de vous ou que le reflet du miroir est perçu par les autres . Peut-on se montrer tel qu’on se perçoit ou voit soi-même? Les autoportraits des photographes ont cette diversité d’expression  dans l’instantané de la prise de vue, de la focale utilisée, du cadrage , de tous les réglages souhaités pour la qualité . Le choix du papier pour le tirage en modifie déjà un peu l’aspect  ( brillant ou mat, nombre de grains comme pour celui du peintre). Un visage ou de plein pied, vêtu ou dans sa nudité , autant de possibilités , autant de vision offerte aux perceptions et représentations propres à chaque spectateur de ce jeu d’acteur mis en scène par lui-même . Ce pourrait être un exercice , une expérimentation intéressante que de tracer son autoportrait en quelques mots spontanés qui vus viennent à l’esprit . Qualités/défauts ou forces/faiblesses seront dessinés. Demandez alors à quelques personnes différentes , une de chaque sphère (publique ou professionnelle, privée amis ou membres de la famille’, intime en relation d’amour ou de désamour qui a gouté votre chair ou votre sensualité). A vous d’en apprécier les similitudes et les contraires. Une partie, une pièce du puzzle de la dualité peut surprendre et vous guider vers une des portes cachées jusqu’à présent par un lourd rideau ou un voile, selon votre niveau d’avancée dans votre labyrinthe cérébral.

Ce cheminement , cette marche lente dans les terres inconnues (terra incognita) lie le corps et l’esprit, la matière et l’énergie. Il ne s’agit pas d’un revers de la main de faire table rase mais plutôt d’apprécier autrement chaque met, chaque élément qui peuvent vous nourrir. Une nourriture bio et variée intellectuelle a autant de bienfaits sur le corps et l’esprit. Je me libère des chaines et cordes des doutes, de le suspicion , de la jalousie, des remords et ouvre mon cœur plus que ma tête, le mental plus que la chair (cadavre en suspend dans le temps). Je deviens somnambule, funambule à la recherche de mon équilibre de vie et de pensées, d’actions et de mouvements perpétuels. Je deviens silence qui n’existe jamais au sein de la nature. Bruissement d’insectes, brise dans les branches, clapotis des gouttes d’eau, de rosée ou vague marine. Le flux et le reflux , le yin et le yang ne sont jamais en  lutte interne mais paix intérieure. Dualité ou non dualité, je deviens maitre et disciple, je ne suis plus esclave de moi-même car j’apprends à mieux me connaitre. J’accepte mes devoirs personnels . Je me respecte . Démarche égocentrée ou au contraire plus grande ouverture aux autres? Une sensation , une émotion , un sentiment d’être un avec tous, d’avoir déclenché le processus d’auto-guérison, de donner et d’accorder pleinement le droit et le devoir de se sentir, non , d’être  tout simplement ..ETRE . Force et puissance dans les résistances , dans le fait d’exister en pleine conscience, de s’ouvrir, se dilater à cette liberté enfin autorisée, cette volonté farouche qui donne cette chance incroyable de ne plus fragiliser , blesser, torturer son  » moi » intérieur , d’accepter et de s’accepter dans son passé, son présent et son devenir. Apprendre  encore et toujours, savoir qu’on ne sait rien et que cette source du savoir est le plus grand océan universel. Celui là  ne manque pas de poissons, petits ou grands , de plancton , de krills, d’iode. Autant de gouttes d’eau si semblables qui font un , mers ou océans, lacs ou rivières. Déluge primitif du volcan de la connaissance ou bombardement météorite issu d’un autre univers, ce cycle d’eau vitale tel qu’il est en nous ou sur notre belle planète s’écoule à travers les livres et les écrits, les partages oraux des contes et légendes , des mythes, des témoignages, des œuvres gravées, sculptées, peintes, imprimées. A fouiller dans le passé on y trouve des merveilles. Gardez l’esprit en alerte en toute objectivité en vous laissant charmer, séduire, amuser et rire , en se méfiant , en gardant sa réserve  de toute contrefaçon ou de grandes théories informatisées, générées de manière arbitraire où le mensonge, l’omission , les erreurs s’accumulent ; les gurus sont partout à vous fanatiser.  Enrichissez-vous sans fin de la beauté, de l’art et du savoir, des autres et de soi même . Quelle plus belle aventure, quelles plus belles découvertes que tous ces trésors immatériels que sont le ressenti , le vécu ? A vous de faire, d’agir , de vivre et d’être. Vous avez les outils, vous avez les manuels , vous avez les portes et les serrures . Saurez vous trouver les bonnes clés ?  Mystère, quant à moi , je me tais ! J’ouvre des portes mentales vers un voyage intérieur.

Photographie : 2 Moerkey   3,4  / Sculpture  Guy Baudat, Chateaubrun (36)