Terminal Beauty – Rita Mitsouko et Serj Tankian

Apparition de ce titre chanté par Les Rita Mitsouko et Serj Tanian ( du groupe System of a Down) sue le EP   The Eye ainsi qu’n Bonus sur Variety album de 2007 . Inspiration à la suite de photographies de défilés de mode dans la presse féminine et irritée du peu d’interet collectif au problème de santé publique qu’est l’anorexie ( un des troubles de comportement alimentaire  entrainant le plus grand taux de mortalité au niveau des pathologies psychiatriques). Janvier 2017 , la loi Mannequin en France n’est  toujours pas passée au Journal Officiel ..

Paroles en français pour les non-anglophones

Elles sont jetées dans des décors naturels ou sophistiqués

Elles y cultivent un air de mort

Grandes poupées du genre cassé, baisé peut-être

Et on aime ça

Elles sont si maigres

Elles me font peur

Elles ont l’air aigre

Pleines de douleur

Oh c’est horrible à voir

Corps de malades, de prisonnières

Epaules creuses et pubis géants

La chair a disparu, l’os est presque nu

Et pourtant, on aime ça

Elles sont si maigres

Elles me font peur

Elles ont l’air aigre

Pleines de douleur

J’ai refermé le magazine

Je l’ai rendu à la dame

J’avais la nausée, je ne veux plus les regarder

Elles sont horribles, elles me dépriment

C’est une insulte à leur beauté

Toutes ces beautés esquintées

Elles sont si maigres

Elles me font peur

Elles ont l’air aigre

Pleines de douleur

Toutes ces beautés esquintées

Crise ou dépression, quand la satisfaction dans la vie cree des inégalités. Du bilan officiel d’une jeunesse en péril!

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En cette période de crise mondiale qui perdure et semble annonciatrice d’un bouleversement comme la fin annoncée  d’une civilisation vers une nouvelle à venir , la jeune génération du XXIeme siècle porte en elle les stigmates des angoisses et terreurs nées de la perte de repères et de valeurs fondamentales tant dans le monde du travail, de l’éducation, la santé, dans la propagation d’images d’insécurité, d’un accroissement des inégalités . L’état de santé, de bien- être et de satisfaction de vie des enfants et adolescents ,semble révélateur et préoccupant comme le montre l’ analyse faite au travers de différentes études dont le bilan Innocenti 13 lancé par le centre de recherche de l’UNICEF   2016, « Équité entre les enfants : tableau de classement des inégalités de bien-être entre les enfants des pays riches ».  La France n’est pas épargnée par cette crise et sa jeunesse développe de plus en plus des signes alarmants de troubles et pathologies psychiques ou réservés jusqu’à présent aux adultes comme le « burn out ». De la vigilance à la prévention , comment reconnaitre les  signes de souffrance et faire la part des choses entre la crise d’adolescence et la souffrance, les troubles psychiques et/ou psychologiques faisant émerger parfois des comportements ou de lourdes  pathologies dans cette période charnière, invalidant et handicapant la future vie d’adulte.

 

Les moins de 20 ans représentent en France 24, 6 %  chiffre 2014 sur 66 millions d’habitants, environ. Le suicide des jeunes y est la 2eme cause de mortalité  , après les causes accidentelles . La France a le triste privilège d’être un des pays d’Europe avec le plus grand taux de suicide  chez les enfants et les adolescents et ce taux ne diminue pas , ces dernières années. Chiffre difficile à dresser de façon précise car ne tient pas compte des morts déclarées accidentelles chez de jeunes enfants 4-5 ans , mis dans le déni par certains adultes directement concernés( parents, cellule medico-sociale…) . Un chiffre révélé par l’UNICEF dans son bilan innocenti 13 a été repris dans de nombreux médias , celui concernant le classement sur 38 pays entrant dans cette étude sur le critère: Inégalité dans l’enseignement , la France  se positionnant 35 / 39 d’après l’étude de l’écart de réussite et le pourcentage d’enfants sous le niveau de compétence 2 dans 3 matières (mathématiques, lecture, sciences) aux tests PISA(  programme international pour le suivi des acquis)passé par l’OCDE, passés par des jeunes à 15 ans. D’autres résultats , plus alarmants sur les incidences des inégalités tant de revenus, de santé et sur l’évaluation par ces jeunes sur leur niveau de satisfaction dans la vie sont à  débattre. Les scores concernant la satisfaction dans la vie reposent sur l’évaluation par les enfants eux-mêmes de leur satisfaction dans la vie, sur une échelle de 0 (« la pire vie possible») à 10 (« la meilleure vie possible « ). 28eme position de la France . Les jeunes, eux-mêmes signalent le malaise, leur mal-être .Pas étonnant de voir augmenter le chiffre des adolescents souffrant de mal -être et de comportement à risque  désorganisant la trajectoire  d’insertion de vie   dans leurs parcours personnels et/ou intimes. Rappelons que la santé est définie  comme étant « un état complet de bien-être, physique, mental et social, ce qui ne consiste pas seulement en l’absence de maladie ou d’infirmité.  »

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Extrait du bilan Innocenti 13,  Centre de recherche de l’UNICEF – Innocenti, Florence.  ( intégralité à lire sur le site UNICEF) L’adolescence peut être une période de grande transition, où les jeunes vivent de nouvelles expériences et prennent des risques. Analyser dans quelle mesure un faible niveau de satisfaction peut coïncider avec des comportements à risque ou des troubles du comportement chez les adolescents justifie de manière évidente la nécessité de remédier aux inégalités. L’analyse des données HBSC montre que les enfants faisant état d’un faible niveau de satisfaction dans la vie (c’est-à-dire ceux affichant des scores inférieurs à la moyenne des scores de la moitié inférieure de la distribution dans leur pays) courent en moyenne deux fois plus de risques de déclarer se livrer à au moins trois types de comportements à risque différents que leurs pairs. Cette corrélation reste vraie même après avoir pris en compte l’âge, le sexe et le statut socioéconomique de la famille de l’enfant. Dans plus de 20 des pays étudiés, les enfants les moins satisfaits dans leur vie courent jusqu’à trois fois plus de risques que leurs pairs de se battre fréquemment, d’être victimes de harcèlement et de fumer régulièrement.

Dans 19 de ces pays, ces enfants sont également plus susceptibles de harceler les autres ; et dans 11 d’entre eux, leurs probabilités d’encourir davantage de blessures augmente.

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Doit-on attendre les signes de gravité définis par la Haute Autorité en Santé comme  accident, suicide, violence , délinquance , consommation de produits psycho actifs, hospitalisation aux urgences pour coma éthylique pour prendre en compte les signes de troubles psychologiques et psychiques touchant 15 à 20%  de la population adolescente dans des niveaux variés de gravité allant d’un état subdepressif, dépressif avéré , jusqu’à l’éclosion de troubles psychiques plus inquiétants. Ce sont les psychoses, et particulièrement la schizophrénie, dont les prémices sont souvent insidieux. Le diagnostic ne doit pas être porté à la légère et ne doit être retenu que lorsque les manifestations sont durables, comme les troubles graves de la pensée,les bizarreries sérieuses du comportement, des hallucinations et des propos délirants.Il peut y avoir à l’adolescence des épisodes délirants, voire même hallucinatoires,extrêmement saisissants et angoissants pour l’entourage. Ils présentent un caractère brutal, aigu, s’associent à des troubles de l’humeur et des manifestations d’excitation ou de dépression ; ils sont souvent transitoires et passagers, ils nécessitent certes des soins spécifiques, mais n’entachent pas nécessairement le pronostic d’avenir.D’autres troubles, comme des comportements hystériques, des phobies, des obsessions ou des états dépressifs, nécessitent un dépistage et un traitement par des spécialistes. Selon les cas, le thérapeute envisagera une approche individuelle ou avec participation familiale, et parfois une brève période d’hospitalisation . On ne  parlera  que de troubles  en période d’adolescence car le diagnostic de pathologie psychique  fixée ne peut être posé qu’une fois l’âge de jeune adulte. La santé psychique d’un citoyen se construit dans la continuité de sa vie, elle se comprend à partir d’une origine et en fonction d’un avenir, l’adolescent en difficulté doit être considéré dans son environnement : famille, amis, école, lieu de vie, quartier et société.

Les signes d’alerte peuvent être dépistés par les différents intervenants dans l’environnement du jeune.

Crise d’angoisse  , crise de panique , hyperventilation, crise de pleurs   ,somatisation:  tremblement irrépressible , céphalée, douleur abdominale ,  perte de sommeil  ou très perturbé , nombreux réveils nocturnes succédant à difficulté d’endormissement , nuit agitée , terreur nocturne .. Trouble alimentaire , spasmes , nausée , vomissement , perte d’appétit , modification dans le choix alimentaire mais aussi une rupture subite dans les résultats scolaires , dans la concentration , la motivation . Isolement, enfermement progressif dans un état de morbidité, de passivité, de négligence, de silence où seuls  les rires  ou sensation de bien- être relatifs s’expriment lorsqu’il est en contact virtuel , rivé à son écran d’ordinateur ou qu’il donne le change avec des personnes extérieures à la cellule familiale. En présence seule des parents cette gaieté passagère , parfois trop exubérante se transforme  en passivité, en  tristesse avec un déni ou un refus d’exprimer ce qui perturbe ou ce qui fait souffrir le jeune instaurant une perte du dialogue  avec l’adulte .

Frustrant en tant que parent que de voir son « petit » se renfrogner , s’enfermer , s’isoler et entendre les sanglots . Soit il manque de mot pour exprimer ce qui lui arrive soit il ne souhaite pas vous en parler , vous ne pourriez pas comprendre . Le jeune en souffrance est tel un animal blessé. Il se terre dans son antre (sa chambre) , cherche à cacher, à camoufler ses sentiments, ses ressentis, ses angoisses ( il se calfeutre sous des vêtements même quand il fait chaud ) ou vous attaque toutes griffes dehors si vous essayez de l’approcher sur le mode de l’impulsivité, la rupture, les variations d’humeur, l’intolérance, la frustration, l’incapacité d’attendre, la violence contre eux et contre les autres.  Il n’a pas les mots pour exprimer ou considère que vous , parents êtes incapable de l’écouter et de l’aider.

L’isolement quand le mal -être s’installe ne touche pas seulement la cellule familiale .L’absentéisme scolaire en devient un symptôme . Nuit agitée du dimanche au lundi, fatigue. La sonnerie du réveil- matin qu’on n’entend pas , du simple retard à la somatisation ( douleurs abdominales, maux de tête,  spasmes, haut -le cœur, vomissements ou malaise vagal…Autant de raisons de ne pouvoir aller en classe  .Les fléchissements scolaires avec chute des résultats, peur inconsidérées du retentissement d’un mauvais carnet scolaire sur la suite des études ,les  retards, absences non motivées , une phobie scolaire, une demande subite de déscolarisation ou d’alternative comme des cours à distance sans justification autre : s’absenter à soi même ,la fatigue d’être  soi!

Quand à fleur de peau , la jeune fille en fleur et le jeune homme  bouton en éclosion  s’enfoncent les propres épines en plein cœur . Le rite de passage prend des allures de meurtrissures et pour l’adolescent en souffrance vient le marquage du corps . Des accidents de vie , prise de risque, automutilation ( coupures, brulures).Même si ces cicatrices sont souvent cachées dans un premier temps , elles  doivent être décryptéés comme signe de rupture avec la communication verbale, geste de traduction de langage corporel exprimant un manque, une difficulté identitaire , une blessure psychologique dont l’adolescent essaie de cacher la cause ( maltraitance, harcèlement à l’école, abus sexuel dans le cadre incestueux ou non…). Transformer en sensations physiques  la souffrance psychique , s’approprier autrement un corps en métamorphose , corps sexué qui peut déranger, angoisser.

Idées noires, Idée suicidaire , chronicité et intentionnalité  . Comment  en tant que parent  le savoir , en prendre conscience  alors qu’il est , parfois, dans le déni de souffrance   » je ne ressens rien « . La violence n’est pas toujours présente , c’est par le mutisme , par une apparente indifférence totale et par un renfermement affectif avec la disparition de toute forme de tendresse ou de colère , de manifestation de contentement ou de désaccord .Les couples » action/inaction, activité/passivité, intérêt/désintérêt, mouvement/inertie « même si elle est verbalisée sur un blog ,   partagé sur un réseau social , le jeune lorsqu’il commence à aller mal en verrouille l’accès libre pour ne pas porter le poids du jugement , de la critique . Il cherchera d’abord de l’aide compatissante par un de ses pairs .Qui  autre qu’un ado puisse comprendre cet état de mal -être ?certainement pas un alien d’une autre planète qu’est l’adulte , vécu comme juge et non comme personne à l’écoute bienveillante. Génération jeune plongée  dans une vie très différente de celle que vécurent leurs parents à même tranche d’âge . On peut parler d’une société adolescente . Un microcosme dans un univers vécu parfois comme hostile, source d’angoisse, d’incompréhension .

Simon Siwak

Il n’y a pas une adolescence  mais des adolescences … aussi multiples que les jeunes dans leur histoire familiale, culturelle, éducative , sociale , religieuse , ethnique . Cette période de transition entre la petite enfance, passée sous la dépendance étroite des parents, et l’âge adulte qui serait celui de l’autonomie semble d’autant plus difficile que les « événements » familiaux traversés sont déstabilisants. Séparation , divorce, déménagement, précarité professionnelle, chômage, perte de revenus, maladie des parents, handicaps de vie sont autant de fardeaux à porter . l’enchaînement des interactions et des événements qui l’ont marqué et l’ont prédisposé à cette souffrance psychique qu’il semblait cependant traverser sans trop de heurts et qui brise sa capacité de résilience, la capacité à réussir, grandir et des compétences alors même qu’on subit des circonstances de vie défavorables. Soudain , lors d’un événement de plus faible impact l’aptitude d’un corps à résister à un choc laisse place à l’engrenage infernal

L’ adolescent refuse toute limite et multiplie les transgressions et mises en danger graves, y compris contre lui-même : tentatives de suicide, explicites ou masquées. C’est aussi le cas quand il décroche des autres et de la réalité : il est prostré, il refuse de communiquer, il est saisi de moments d’angoisse extrême, il tient des propos sans queue ni tête et un brin mégalos ou mystiques, il entend des voix. Dans un cas comme dans l’autre, le jeune est la proie d’une souffrance sérieuse qui ne doit jamais être laissée en l’état ou méprisée, même lorsque cette douleur s’exprime par des actes inacceptables. Ce qui lui arrive va au-delà de la crise d’adolescence ordinaire et ne s’améliorera pas de manière spontanée.

Manifestations émotionnelles et affectives,bruyantes mais transitoires ou au contraire insidieuse et silencieuse , si on n’y prend pas attention , elles  peuvent prendre l’allure d’une souffrance dépressive. La dépression clinique de l’adolescent ne doit pas être ignorée ; on sait qu’elle touche en moyenne 2 à 8 % de la population de cette tranche d’âge. La prise en charge, dans sa spécificité infantilo juvénile fera, ultérieurement,  l’objet d’un autre article , dans ce blog.La prévention de la dépression passe par son repérage précoce : certaines questions posées aux jeunes pourraient aider à repérer ceux pouvant être déprimés ou sub-déprimés, ce qui permettrait de proposer rapidement un soutien adapté.

Quelques pistes de réponses appropriées pour un état de « crise »:

Etre sage et performant , correspondre à l’enfant idéalisé , répondre aux attentes des parents , on fait voler tout cela en éclats en cherchant à détruire  cette image . Le rire « avec » devient ironie , le vocabulaire comporte des noms d’oiseaux . Cynique , arrogant et provocateur ou passif zombie silencieux , renfrogné, refusant  ou omettant les gestes d’entraide ménagère, hygiène corporelle, et de son environnement.  La maison devient un hôtel de passage, sa chambre un taudis  , grand écran cinématographique où se projette un film 3D d’éclats de voix, de portes qui claquent, de murs où on se fracasse, de rires hystériques au débordement tsunami , flot de larmes incontrôlables, ou sanglots étouffés, plaintes et cris lors de cauchemars ou terreurs nocturnes.

Calmer le jeu . l’adolescent attend de ses parents la conservation d’un modèle de stabilité . Comment vaincre l’agressivité et la violence du jeune si vous-même sortez de vos gongs  . Effet rebond ou miroir . Tension , nervosité et réponse impulsive parfois inadaptée  à son comportement odieux , à sa provocation . Trouver les mots pour transformer la violence  en colère  parlée , montrer son opposition à certains débordements et à la mise en danger  réelle . Réaffirmer les limites en étant apaisant , montrer qu’on est attentif  , éviter l’humiliation .

Essayer de relancer une communication .Faire preuve de patience, ne pas chercher à brusquer. Créer une atmosphère de confiance, de calme , chercher à désamorcer tout conflit qu’il tente  de provoquer . Le jeune cherche à tester toutes les limites , que ce soit les siennes par des comportements de prise de risque ou celles de l’adulte .  Difficile  parfois de rompre l’isolement volontaire et le mutisme dans lequel il s’enferme .réponse classique  en leitmotiv :  » tu ne peux pas comprendre , cela ne te regarde pas  » .

Lui faire sentir que vous prenez en considérations ses sentiments, ses problèmes sans le rabaisser ou banaliser sous couvert de  la crise adolescente . Le  » ce n’est qu’un mauvais moment à passer , tu verras plus tard ….  » Le jeune vit avec douleur le moment présent , il est en rupture avec sa petite enfance dont il cherche à s’extirper et ne peut se projeter dans un avenir incertain .  L’engagement positif  , par de petits gestes, par le sourire , le contrôle de sa propre colère , de ses émotions négatives , (ne pas réagir de façon impulsive) régler ses propres problèmes personnels  ou en minimiser l’impact ., montrer  qu’on se préoccupe de lui , , lui témoigner son affection , passe du temps avec lui , lui renvoyer cette image positive dont il a tant besoin pour l’aider dans la réappropriation de l’estime de soi .Proposer des activités ou des sorties qu’il affectionne . Même si vous essuyez des refus systématiques, vous lui envoyez le message que vous ne baissez pas les bras . Tel un funambule sur une corde raide l’adulte doit jongler entre autorité et bienveillance, ne jamais tomber dans le laxisme du « laisser faire » .

Les jeunes qui perçoivent une bonne cohérence familiale, qui ont le sentiment d’être objet de l’estime de leurs parents, et qui arrivent à parler avec un membre de leur famille ou même un professeur ont moins d’idées suicidaires.L’aider à trouver cette personne « ressource » vers qui il pourra se tourner pour exprimer ce mal- être qu’il ne peut verbaliser avec vous . Argument qu’il développe , le fait de s’entraider entre jeunes, ils  sont dans la même galère comment trouveraient-ils une solution  à leur propre problème existentiel lorsqu’ils se transforment en véritable éponge à émotions , se chargeant des ondes négatives , de la tristesse et n’ayant pas les clés pour  essorer ,(prendre de la distance  être dans l’empathie  , avoir conscience de la souffrance de l’autre sans s’y identifier) . Les partages et échanges entre les membre de la tribu des amis ne fournissent pas , la plupart du temps , les réponses adaptées.  Le paradoxe est que ces adolescents ont besoin, pour se construire et se comprendre, de cette évasion dans un monde à eux, autre que celui des adultes. Montrer un intérêt pour leur passion , valoriser un projet exposé, une requête , accepter le  surinvestissent dans la vie relationnelle extrafamiliale, l’appartenance à la tribu dont il vivra comme rituel d’autonomisation  cette étapes dans la construction d’une identité après imprégnation d’un langage, d’une mode vestimentaire, d’activités communes ,mimétisme et identification réciproque dont les parents  sont exclus.

Inégalité de bien -être entre les enfants et les adolescents dans les pays riches , progression des manifestations de souffrance psychiques et psychologiques , idées noires, violence, comportements à risque , suicide touchant toutes les couches de la société française mais dont les inégalités en matière de revenus influent tant sur la réussite scolaire que sur la prise en charge précoce des problèmes de santé chez les jeunes. L’instabilité et la  précarité face sociale qu’il vit à l’intérieur de lui-même, le ressenti d’un faible niveau de satisfaction dans la vie au travers des conditions socioéconomiques, d’un monde en remaniement perçu comme chaotiques, des angoisses et doutes émis par les adultes quant à l’avenir incertain exposent-ils les jeunes à des risques pour la santé ou est-ce l’inverse ? Education et Santé sont des fers de lance de programme politique voulant lutter contre certaines inégalités, mais   aucun programme politique soucieux du bien -être de l’enfant ne peut négliger cet autre  aspect et en rejeter la pertinence.

 

Références :

Bilan  Innocenti 13 lancé par le centre de recherche de l’UNICEF   2016, « Équité entre les enfants : tableau de classement des inégalités de bien-être entre les enfants des pays riches ».Innocenti 13,  Centre de recherche de l’UNICEF – Innocenti, Florence.

 » LA SOUFFRANCE PSYCHIQUE DES ADOLESCENTS ET DES JEUNES ADULTES « Ministère de l’Emploi et de la Solidarité, Haut Comité de la santé publique

Yakapa.be  (une action de la communauté française) manuel de survie pour parents d’ados qui pètent les plombs ;44, Boulevard Léopold II – 1080 Bruxelles -yapaka@yapaka.be

Illustrations : Simon  Siwak

Mon petit frère de la lune

Témoignage d’une petite fille de 6 ans sur son jeune frère autiste . Documentaire animation réalisé en 2007 par Frédéric Philibert .

Dans quel état J’erre.

Ahayuasca

Une date anniversaire se profile devant moi. Celle du diagnostic qui est tombé comme un couperet , qui a changé la vie , le sens de la vie, des réflexions, des recherches sur la mort, sur les religions, sur la spiritualité ou comment remplir ce fossé qui s’ouvre à ce moment là , ce présent à l’avenir si incertain voire même sans avenir terrestre. Date anniversaire qui rapproche de la délivrance du cap des 5 ans de rémission pour devenir guérison totale ( tel que la médecine le détermine). Le crabe, le dragon , le cancer . Ce mot qui fait si peur, ce mal qui devient si fréquent dans notre société industrialisée.

 

Cette maladie affecte autant le patient que son entourage. Celui qui le subit de plein fouet est certainement le conjoint, le ou la partenaire et compagnon de vie de couple, les parents, les enfants, les amis, les collègues de travail etc…On ne dira jamais assez le trouble et le désarroi dans lesquels sont plongés alors les personnes autour du patient lorsque celui-ci dévoile sa maladie. Elle est sienne car il l’a vivra activement dans sa lutte, dans les effets secondaires des traitements, dans les bouleversements physiques, psychiques et mentaux qu’il va affronter. Passifs , se sentant démunis, impuissants confrontés à leurs propres représentations mentales de la maladie, l’ invalidité, l’handicap et de la mort , certains fuient non par lâcheté ou par indifférence . Il est parfois difficile de trouver les mots et oser parler de ses propres angoisses, ses peurs, ses démons intérieurs. Quelle attitude adopter? L’établissement qui m’a pris en charge n’était consacré qu’à cette pathologie. Chaque membre du personnel hospitalier y travaillait par sensibilité propre, par choix. L’éducation en Santé et l’éducation du patient et de son entourage n’est pas un vain mot . Une discussion à bâtons rompus avec l’équipe « éducative » , une oncologue, une infirmière cadre, une psychologue a répondu à beaucoup de questionnements anticipant l’aide à l’annonce pour ma fille jeune pre-adolescente . Un livret illustré m’a été remis . Plusieurs chapitres détaillent , dans un vocabulaire adapté à chaque tranche d’âge , les symptômes, les traitements, les effets secondaires afin de préparer et de répondre aux grandes interrogations ou peurs des enfants et adolescents. Nous l’avons lu ensemble sans occulter le sujet de la mort. En toute honnêteté, il faut dire que cela a précipité toutes les démarches d’organisation de tout ce qu’un parent isolé doit prévoir en cas de décès : vérifier ses clauses d’assurance décès, crémation ou enterrement avec la prise en charge financière des frais occasionnés ( he oui , on n’y pense pas lorsqu’on se sent toujours jeune et en pleine santé!) mais surtout sereinement trouver les accords harmonieux pour celui ou celle qui accueillera son enfant, la chair de sa chair , définir ce futur tuteur légal .
Quelle paix intérieure une fois cette étape franchie. L’acceptation de ne pas être immortel , d’appréhender en toute conscience cette possibilité qui étonnamment déclenche une énergie de vie sous toutes ses formes. Un avantage certain de par ma profession para médicale , confrontée à Dame la mort en multiples occasions, les phases d’acceptation de la maladie , de sa morbidité ont été franchies à une vitesse record. Ceux qui ont eu plus de difficulté et certainement de souffrance morale dans cette épreuve sont mes parents . Ce n’est pas dans l’ordre des choses que de concevoir la perte d’un enfant , quelque soit son âge . Il n’y a rien de plus injuste, de plus inhumain . Volontairement, je suis restée géographiquement éloignée d’eux afin de leur éviter la vue d’une déchéance physique occasionnée et par la maladie et par la lourde artillerie mise en œuvre . Certains des lecteurs réguliers de ce blog ont certainement lus entre les lignes ce qui n’arrivait pas à être explicité ouvertement à cette période. Et pourtant , les clés y figuraient. Pudeur ou jardin secret , il en a été ainsi pour les amis, les connaissances.
Esprit positif ou ouverture de conscience, cet accident de parcours de vie m’a emmené et me guide encore sur une route incroyable. Il est devenu comme évidence de ne plus se projeter dans l’avenir mais de vivre pleinement le présent , le ici et maintenant . Sentir comme nécessaire de s’économiser , utiliser autrement son énergie vitale , la canaliser et découvrir en soi des ressources inestimées , des envies non , plus fort en soi des désirs , des forces , des besoins, des aspirations , de l’intention .

Devant une épreuve de vie se pose naturellement la recherche de vérité, la quête de réponse , d’espoir dans la religion ou la spiritualité. Peut-on opposer ces 2 mots alors qu’ils se complètent peut-être? Loin de moi l’idée de demander l’aide d’un dieu, de me mettre à prier , de réclamer un miracle. Les questions essentielles :pourquoi je vis? Y a-t-il un but? Ais je une mission à accomplir? Qu’y a-t-il après la mort? On ressent un sensation de soif de connaissances ou plutôt de décodage , décryptage de ce qui est inscrit au fond de soi même , cette partie d’iceberg immergé qu’est l’inconscient et qui possède tant de réponses, tant de connaissances , tant de savoirs: la sagesse diront certains.
Une personne ordinaire évite de se poser des questions sur la mort , dans ses préoccupations du quotidien. Abreuvée par les images incessantes de carnage, de charniers, de cadavres liés aux guerres, aux épidémies, à la famine et tous les fléaux du Monde clivé entre le Bien et le Mal, l’ Industrialisé, l’Emergent et le laisser pour compte, cette personne ordinaire se réfugie dans les images d’Epinal, les clichés , les représentations mentales( selon sa perception, ses croyances, son éducation, sa religion…) d’un paradis promis en attente d’une rédemption . Recherche d’un absolu d’un sens à l’abstraction : je vais mourir et après ? Ya t’il un après ? . Le fait de régler le « après » pour ma fille a balayé toutes les peurs, toutes les craintes . Et combien même il n’existe rien après , je n’en avais plus peur .Les angoisses centrées sur les mystères entourant le moment du passage de la vie à trépas laissaient place à un esprit serein . Cette quête obsessionnelle lorsqu’on l’arrête , lorsqu’on se pose pour un temps , lorsqu’on saisit sans savoir comment que la réponse ne vient pas de l’extérieur mais de son propre intérieur par un temps hors du Temps et des habitudes du quotidien ( relaxation, exercices respiratoires et d’écoute, méditation…). Ne plus écouter la petit voix intérieure, appelée différemment selon les croyances, les représentations mais s’ouvrir au contraire à un silence intérieur .

C’est la vie et non la mort qui est un défi , qui est une lutte. De patiente passive , je me transforme en guerrière . Concentrer son énergie , vaincre ses peurs , se laisser emportée par les rêves si nombreux en ces périodes de sommeil perturbés. Accepter les gênes, les incapacités , les impossibilités , les transformer en autre chose , faire à chaque instant un apprentissage sur le vif , ressentir une joie de passer chaque jour une marche de plus sur l’escalier de la vie … troubles de sensibilité fines des extrémités (fourmillements des pulpes des doigts empêchant de bien percevoir les objets) chute des ongles , ces magnifiques pinces à épiler naturelles qui vous permettent d’attraper les objets minuscules .. Au quotidien ne plus être capable de boutonner ses habits. Qu’à cela ne tienne , vive les vêtements amples qu’on enfile sans peine . Emprunter les chaussures à velcro de sa fille .. Et vous faites 2 heureuses , l’une se sentant utile à sa manière et l’autre ne faisant pas supporter le poids de la dépendance et ne se lamentant pas sur son sort , passant outre les difficultés du quotidien . Fini de lire compulsivement des écrits, des témoignages, des études scientifiques ou ésotériques mais vivre l’instant au jour le jour dans le « ici » et faire avec, faire autrement ou ne pas faire.
En relisant des écrits, en revoyant les peintures , sculptures , produits en cette période me vient la sensation de m’être échappée volontairement d’une réalité qui n’était plus mienne . Cette énergie créatrice, ce besoin vital d’exprimer , de noter, de métamorphoser une perception différente : sauter dans un espace temps ou sembler agir sous une conscience accrue , un peu comme ces témoignages de voyage psychédélique sous drogue psycho active … C’est parfois avec la sensation bizarre qu’une autre personne , qu’un autre moi-même ait tenue le pinceau ou pianoter sur les touches du clavier informatique. Serait-ce l’ effet des toxiques injectés ou effet rebond de l’organisme , de mon propre système cérébral en ébullition ? Comment expliquer rationnellement cet état de vigilance ou de conscience accrue , cette perception différente des éléments entourant par une sélection des informations comme le besoin d’aller à l’essentiel, de trouver et ressentir l’essence des êtres et des choses comme pour m’en imprégner avant de disparaitre .
Ne pas connaitre les mots pour exprimer les sensations , les émotions éprouvées par ce corps qui n’était plus vraiment le mien , je me vivais comme dépossédée de cette enveloppe de chairs et d’os appartenant désormais à la Médecine , touchée , par les seules mains thérapeutiques . Expérience qui n’avait pas d’écho dans mes souvenirs , mon vécu , mon histoire propre ne pouvant faire appel au cerveau cognitif .. Ce biais artistique , cette flambée intellectuelle était comme l’unique moyen de traduire les émotions, sentiments et pensées . Le corps physique défaillant déplaçait l’énergie vers d’autres modes d’expression, de communication.

sukhi Barber

Narcissique , égocentrée ou au contraire sentiment d’indifférence, c’est un combat des nombreuses facettes du caractère ou de la personnalité qui se sont affrontées dans cette guerre. Ne pouvant faire preuve d’objectivité, seules les personnes de mon entourage, les amis, la famille, les « aidants » et les soignants pourraient décrire celle qu’ils ont entraperçu, « vu » ou ressenti . Non pas une victime qu’il fallait secourir mais plutôt une femme et une mère ne baissant pas les bras face à l’adversité, face à la fatalité cherchant à garder l’expression de son essence, la Femme au sens plein et vrai du terme, dans ses désirs, ses aspirations dans son  » être » et son  » devenir », dans son « intériorité » Un choix s’imposa d’emblée : essayer d’être le stratège pour cette bataille à mener. Privilégiant tant faire se peut l’hospitalisation de journée ( c’est-à-dire le maximum de bilans, de consultations avec les spécialistes, les soins, les interventions chirurgicales en déambulatoire avec le minimum de nuitées passées loin du domicile) le rôle primordial de mère a certainement été l’arme la plus redoutable contre la progression insidieuse du crabe. La volonté de ne pas montrer ou de ne pas laisser place à la souffrance morale afin d’en protéger au mieux celle qui vivait au quotidien, qui risquait de devenir l’éponge à émotions , ma fille .

Incroyable de voir ce que l’être humain est prêt à faire pour lui-même et pour les autres . Il est à la fois capteur et producteur d’énergie. Energie, élan vital , notion difficile à mettre en mot qui se perçoit comme un flux circulant, une pulsation interne qui pousse à agir , à mouvoir une force intérieure plaçant l’organisme en situation holistique, ouvrant une porte à l’auto- guérison . Ce terme ne signifie pas l’abandon des thérapeutiques mais la capacité mise en œuvre par l’individu à mettre en place toutes les ressources physiques, mentales et psychiques pour lutter efficacement contre les facteurs d’agression. L’état de rémission face à la maladie , par le choix en libre arbitre de vivre et non de survivre, d’accepter jusqu’au risque ultime qu’est la mort , d’agir en décisions et actes de responsabilité personnelle a ouvert des dimensions , des passages vers d’autres réalités , un autre état de conscience , un processus de changements dans les comportements et habitudes de vie (extérieur), une grande période d’errements intellectuel et spirituel menant à une voie de guérison. Dans quel état j’erre, sur quelle étagère de la bibliothèque intérieure que chacun a au fond de soi, se trouve une encyclopédie de connaissances dont on semble en ignorer l’existence et qui se manifeste pourtant au moment opportun en nous ouvrant un de ces volumes reliés à l’humanité toute entière. Dévoilant les capacités adaptatives à une situation ou l’influence du mental, de l’esprit, de l’émotion, de la pensée pouvant modifier complètement une expérience. Colère, peur, haine laissent place à une sérénité, une joie de profiter de chaque petit instant . Ces livres de sagesse posés comme autant de marches d’escalier s’ouvrent à nous cycliquement au travers des expériences, des accidents de parcours, des chutes sur le sentier tortueux de la vie. Schizophrénie, crise mystique ou crise de foi chacun y pose un nom . Dans la quête spirituelle, difficile de ne pas noter les lacunes dans nos connaissances actuelles des bases et fondements des religions. L’histoire ancienne par transmission orale puis écrites est déformée plus ou moins volontairement par le truchement des traductions approximatives ou d’interprétations de maitres à penser, la destruction ou la disparition pour censure de textes anciens . Il y a cependant beaucoup de vérité contenues dans les doctrines de toutes les religions, malgré les distorsions et les pures inventions narrées dans un mode de récit. Surprenant lorsqu’on s’y plonge de noter des points communs dans des événements « retranscris » comme l’épisode du déluge, des similitudes de symboles se retrouvant encore de nos jours dans des objets aussi anodins que peut l’être un chapelet catholique , tchotki ou lestovka pour les orthodoxes, le sabha ou misbaha des musulmans, lesbih turc, màlà ou nenju juzu ou yu dsu selon qu’il soit bouddhiste, hindouiste, amidiste ou sikhiste. Une corde, un collier , des grains et perles pour autant de prières. L’ère de la communication sous toutes ses formes, les gurus , faux prophètes, les bonnes âmes prêchent leur bonne parole et vous ouvrent les bras , à vous les victimes en vous promettant la félicité. Attention à l’embrigadement sectaire. Sous couvert d’un développement personnel , vous devenez soumis et esclave consentant soulageant votre porte-feuille plus que vos troubles de santé ou votre psyché.
Lecture conférence , discussions sont les bienvenues pour ouvrir des pistes de réflexions qu’il faut explorer ensuite en solitaire. C’est votre responsabilité personnelle que de mener ce voyage intérieur. La spiritualité , spiritus signifiant le souffle : trouver le souffle de vie intérieure. J’ai ressenti ce souffle , cette source d’énergie en contact avec la Nature mais ceci est une autre histoire. Elle est codée et répertoriée sur l’étagère  « jardin secret » .A vous d’en trouver et d’entrouvrir le livre.

Photographies :1 Alex Grey – 2 Sukhi Barber

 

Ebola, épidémies et virus médiatiques

ebola-3d-950-528Recherche scientifique, course au remède miracle, au vaccin, fermeture des frontières et parfois des esprits, le virus Ebola répand, en contagion la fièvre médiatique. Philosophes, sociologues, anthropologues, auteurs littéraires, peintres, cinéastes ont montré leur vision symptomatique ou allégorique à travers l’Histoire et les âges, les différentes épidémies ou pandémies. Du livre La peste d’ Albert Camus au film Ebola Syndrome d’ Herman Yau et d’un texte en ligne de 2001 issu de publications lié au GRECE ( Groupement de Recherche et d’Etude pour la Civilisation Européenne),L’ère des virus d’ Alain De Benoist, à chacun sa manière de traiter . Liste non exhaustive et sans jugement de valeur, à vous de compléter et d’y administrer quelques piqures de rappel.

L’ère des virus: Alain De Benoist 2001

L’un des effets de la mondialisation est la généralisation du mode de propagation virale. Dans le monde des réseaux, le virus est partout : instantané, généralisé, diffus. Il constitue à la fois une réalité, une virtualité et une métaphore. Inexorablement, malgré les mesures adoptées pour empêcher son extension, le virus du Sida continue à s’étendre un peu partout dans le monde. Le continent africain est particulièrement dévasté. D’autres maladies nouvelles, dont certaines sont en fait des maladies anciennes que l’on croyait avoir éradiquées, apparaissent ici et là, menaçant de se répandre dans des continents entiers. Mais l’homme n’est pas le seul touché. En l’espace de quelques années, l’encéphalopathie spongiforme bovine (la maladie de la « vache folle ») a dévasté les élevages, plongé dans la crise tout un secteur économique, et continue d’inspirer les plus vives inquiétudes quant à l’ampleur de sa transmission à l’être humain. Et voici maintenant l’épidémie de fièvre aphteuse qui, partie d’Angleterre, s’est à son tour lancée à la conquête du monde.
Le virus est encore une notion-clé des nouvelles technologies de l’information. La diffusion rapide du système Internet est allée de pair avec l’apparition de virus informatiques qui, partis d’un point quelconque du globe, se transmettent en quelques jours, voire en quelques heures, aux ordinateurs du monde entier. Les marchés financiers, qui fonctionnent désormais en « temps zéro » à l’échelle planétaire, se reconfigurent eux aussi conformément au mode de propagation virale. Une crise financière localisée se propage instantanément d’un bout à l’autre de la planète, entraînant par une sorte d’« effet de dominos » une succession de crises qui menace à tout moment d’aboutir à un krach généralisé. Il n’est enfin jusqu’aux croyances idéologiques et religieuses qui se transmettent aujourd’hui sous une forme « virale », se jouant des frontières traditionnelles et utilisant les nouvelles techniques de communication : l’islamisme, pour ne citer que lui, relève de ces nouvelles formes de contagion.
Le mode de propagation virale obéit à des lois qui lui sont propres. Le virus se propage de manière imprévisible, mais selon le principe des réseaux polycentriques. Ce n’est pas une propagation en chaîne, de type linéaire : chaque point touché se transforme en centre de diffusion à son tour. Cette propagation acquiert du même coup une extraordinaire rapidité. Elle saute par dessus les barrières géographiques, politiques, institutionnelles. Elle fait le tour de la terre dans un mouvement sans fin.
Pour faire face aux virus, les pouvoirs publics se transforment en autorités sanitaires. Dans tous les domaines, et pas seulement dans celui de la santé, les métaphores les plus fréquemment employées sont de type biologique ou médical. Pour enrayer l’extension des épidémies (ou des pandémies), on établit des « cordons sanitaires », on met en « quarantaine ». Parallèlement, on tend à assimiler tout ce dont on souhaite se débarrasser à des « microbes » ou à des « bacilles ». Contre un ennemi invisible, diffus, qui peut être partout, même là et surtout où on ne le voit pas, on a recours au principe de précaution. On abat des cheptels entiers sans être sûr que les bêtes qu’ils contiennent sont véritablement malades. L’internaute, devant son ordinateur, jette par prudence, sans les ouvrir, les messages dont il ignore la provenance. On en arrive ainsi à une sorte de généralisation de la loi des suspects : la simple possibilité d’infection conduit à mobiliser contre des catégories de populations entières. La suspicion se généralise. On sait combien, dans le passé, ce type d’attitude vis-à-vis d’un ennemi invisible mais considéré comme omniprésent, et donc d’autant plus redoutable que sa visibilité était nulle, a pu nourrir de redoutables fantasmes et inspirer de durables persécutions.
Dans le domaine de la politique et des idées, les conséquences sont évidentes. Les idées regardées comme « dangereuses » sont elles aussi traitées par le principe de précaution. Pour éradiquer leur propagation, on commence par grossir la menace en représentant des périls imaginaires (qui détournent l’attention des périls réels). On pratique l’amalgame, en identifiant l’un à l’autre des phénomènes qui n’ont entre eux que des ressemblances ou des affinités superficielles. On s’emploie ensuite à les éliminer, en transformant ceux qui sont censés en être les représentants ou les porteurs en citoyens de seconde zone, sinon en sous-hommes. On établit autour de ces derniers des « cordons sanitaires ». Pour finir, de surveillance en contrôle, de procès d’intention en persécution contre ceux qui sont suspects de déviance par rapport aux normes de l’idéologie dominante, la société tout entière devient « orwellienne » et tend à ressembler au célèbre Panoptique de Bentham. C’est ainsi que l’ère des virus ouvre la voie à un nouvel hygiénisme social.

Littérature :

Oedipe roi ,Sophocle  ,Vème siècle avant J.C

Le decameron ,Giovanni Boccaccio( Boccace), 1349-1353

Journal de l’année de la peste , Daniel Defoe,1722

Typhus , Jean Paul Sartre, scénario de film écrit en 1943

La peste, Albert Camus, 1947
Le hussard sur le toit,  Jean Giono ,1951

L’ amour au temps du choléra , Gabriel Garcia Marquez,1985
La quarantaine, JMG Le Clezio, 1995

Le 6eme jour, Andrée Chedid,1960, adaptation cinématographique par Youssef Chahine 1986

Le 8eme fléau, Cedric Bannet,2001

Cinéma:

Virus de Kinji Fukasaku,  1980
Contagion , Steven Sodenbergh,  2011
Alerte , Wolfgang Petersen, 1994
Ebola syndrome, Herman Yau 1996
Le Décaméron, Pier Paolo Pasolini, 1971
Mort à Venise, Luchini Visconti, 1971, d’apres la nouvelle Der Tod in Venedig de Thomas Mann écrite en 1912
Le hussard sur le toit, Jean Paul Rappeneau, 1995
Pars vite et reviens tard, Regis Wargnier,2007

 

Charité bien ordonnée commence par soi – même.

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La charité , élevée au rang de vertu reine des vertus accompagnant la foi et l’espérance comme la nommait Saint Paul, repris par Thomas d’Aquin .C’est au XIIème siècle qu’elle s’organise en réponse à la réalité sociale de la pauvreté de plus en plus criante dans un monde confronté à l’urbanisation . Hospices, maisons de charité, maladreries, léproseries, apportant soins physiques et moraux voient le jour. Restos du cœur, banque alimentaire, soupes populaires, épiceries sociales, œuvres caritatives ou action de particuliers , le terme de solidarité, d’action sociale détrône le terme de concept initial de charité tant par la connotation historique religieuse que par, inversement , version populiste transformant le comportement social bienveillant et utile en situation humiliante de dépendance dans une relation inégale. La charité, un acte d’amour, un don matériel et immatériel. Qui en est le bénéficiaire, à qui veut-il du bien , à qui en fait-il ?Aimer , c’est vouloir du bien à l’autre. Quand cet autre est dans le besoin, que peut-on faire? Lui tendre la main et l’aider à ce qu’il se prenne en charge en se sachant soutenu dans son effort, en l’accompagnant de sa présence bienveillante pour qu’il reprenne confiance en lui et qu’il puise l’énergie à agir ou est-ce lui tendre un billet , quelques pièces, un colis de denrée alimentaire , une action ponctuelle ?
Un acte de charité ne se manifeste t’il seulement qu’ en offrant une aide matérielle? Est-on plus charitable en faisant des dons d’argent auprès d’associations ou par le don de soi par les actes volontaires? Charité chrétienne ou humanitaire?  » La charité, Msieurs, dames » était une phrase traditionnellement marmonnée par les mendiants clochards , sans domicile fixe S.D.F en langage politiquement correct. Le charitable accorde plus qu’une simple pièce de monnaie , il prend la main tendue pour lui donner plus. Donner de son temps, voir même de sa vie pour lutter contre la pauvreté, l’injustice, contre la folie des hommes. Doit-on envoyer de la nourriture, des médicaments, des matériaux de construction ainsi que tout autre objet de première nécessité ou doit-on au contraire soutenir, former, reconstruire ? Des particuliers, des organisations non gouvernementales , hormis une aide financière et logistique apportent dans leur bagage un soutien psychologique, soutien physique …On peut citer les équipes médicales et paramédicales allant sur place pour soigner , éduquer , transmettre .. Un exemple Handicap International. Les volontaires affrontent la réalité de terrain , s’adaptent aux ressources du pays où ils agissent. L’ingéniosité des bricolages avec les moyens locaux, l’esprit de récupération et recyclage pour fabriquer une orthèse ou une prothèse et redonner l’autonomie . A quoi servirait une prothèse biodynamique hypersophistiquée demandant des sommes astronomiques à sa confection , des semaines d’apprentissage , un entretien régulier? Une « emboiture » ,un pilon en matériau trouvé sur place seront plus bénéfiques s’ils sont faits et accompagnés, avec rigueur et savoir faire, à l’ajustage, à la prévention des risques cutanés occasionnés, à une hygiène « primaire  » et nécessaire. C’est la transmission du savoir et du savoir- faire pour que la population locale puisse prendre elle-même en charge ses nécessiteux.

Il en est autant de la charité silencieuse de certains chirurgiens , qui , anonymement partent chaque année opérer les personnes dans l’incapacité de recevoir le geste salvateur par manque de structure ou de personnels adaptés aux pathologies . Outre les interventions chirurgicales, ces bénévoles forment leurs jeunes confrères et consœurs autochtones à prendre le relai et , loin des gants chirurgicaux à usage unique et du bistouri, prennent pelles et pioches pour creuser des sanitaires, des points d’eau non contaminés . Prévention avant guérison. Protéger c’est ça aussi l’humanité en chacun, c’est un acte simple d’amour universel.

 

Quelqu’un m’a posé un jour cette question :  » tu m’as aidé parce que tu attends ainsi plus de notre relation ou parce que tu connais ma situation de vie? « Cette question a fait voler en éclat toute culpabilité de ma part de ne plus pouvoir ou vouloir aider matériellement celle ou celui à qui je voulais du bien. Est-ce se donner bonne conscience ou est-ce vouloir soulager la souffrance de savoir la personne aimée ( non pas au sens d’ Eros, mais d’Agape) dans l’impossibilité d’assurer ses besoins élémentaires alimentaires, hygiéniques, affectives ou psychiques et d’y répondre par une action volontaire de charité. Savoir ce que l’on fait , le pourquoi à cet instant, les circonstances et raisons ponctuelles. Savoir également et choisir librement d’arrêter cette aide matérielle en conservant cependant toujours intacte l’aide immatérielle , la bienveillance sans jamais en attendre quoique ce soit en retour. La charité, le don ne demande aucune contre partie. Ce n’est pas une dette dont on réclame des intérêts.

Aide toi, le ciel t’aidera. Aide toi toi-même. Charité bien ordonnée commence par soi même. Proverbes , expressions bibliques ou païennes ne prônent pas la fin de l’altruisme vers l’égoïsme . Elle est peut-être la réponse à la question qui me fut posée. Aimer en voulant du bien, c’est d’abord s’aimer et se respecter soi- même. Agir pour le bien, le bien- être en accord avec ses convictions . Désirer faire le bien d’autrui, lui apporter une aide, dans un geste d’amour unilatéral du genre humain , caritas , le « care » anglo-saxon. Cesser le geste d’aide matérielle , financière en offrant cependant celle immatérielle lorsque l’autre manifeste une sensibilité diverse et exprime à travers des doutes la mise en cause de la bienveillance désintéressée initiale rendant néfaste une action volontaire et instaurant une relation malsaine, quand vouloir faire du bien fait mal à autrui ou à soi -même.

 

Comment faire pour aider à retrouver son équilibre sur le fil de la vie lorsqu’une personne en a perdu le balancier et vacille au point de tomber dans le vide? Microcosme et macrocosme s’entrechoquent dans chacun d’entre nous. Que ce soit un seul individu ou un pays entier criblé de dettes, comment redresser la situation?
Réduire les dépenses, augmenter les sources d’entrée financières est la réponse du sens commun. C’est un peu le chat qui se mord la queue. Qui n’a pas connu la situation de se trouver, par des circonstances défavorables , des accidents de vie , un jour , pris à la gorge par le système bancaire tel qu’il existe en France, par exemple. Petite vie réglée d’un cadre moyen assurant à sa famille un confort de vie quotidienne ( logement agréable, voiture, loisirs…). Mauvais coup du sort, séparation ou décès du conjoint, perte d’emploi ou simplement maladie de longue durée comme est appelé de façon sibylline le cancer , le SIDA ou les affections neurologiques évolutives. Circonstances particulières, mauvaise transmission entre les différents intervenants , méconnaissance des lois et des droits tant du code du travail que social, le funambule voit le câble sur lequel il avançait se transformer en fil de fer barbelé hérissé de pointes. Les indemnités journalières auxquelles ils peut prétendre ne viennent pas remplir l’escarcelle de son compte bancaire, tandis que les factures en tout genre, les remboursements de crédit l’affichent en rouge loin de la somme de découvert autorisée. Commission de recouvrement, agios, frais de non paiement et refus de chèques s’accumulent creusant de plus en plus le fossé sous ses pieds. Les dettes publiques pour un Etat en sont une réplique à l’échelle macroscopique, mais pas de circonstance atténuante, la France aussi est malade. Elle ne manque pourtant pas de médecins, de spécialistes en tout genre. Les remèdes sont connus ; c’est à croire qu’aucun n’a le courage ou la charité de mettre en application le traitement et qu’il soit préféré des soins palliatifs.
Revenons à notre ex cadre moyen . Bénéficiaire de soins efficaces, de conseils, d’un environnement d’aide, il peut reprendre une santé physique, mentale et morale, se reconstruire dans son intégrité retrouvée ou faire face à un vivre autrement après acceptation des limitations ou perte définitive de certaines de ses fonctions. Il peut , malheureusement entrer dans une spirale infernale de dépendance, de perte de repères, d’inaction et de passivité, de découragement, de dépression sévère incapacitante et invalidante. La désocialisation, la marginalité, l’emprisonnement psychique, la solitude, le suicide sont parfois les seules prestations octroyées par la grâce de la société occidentale actuelle qu’il contribuait à engraisser de sa sueur de travailleur.

 

Quant à faire acte de charité , d’espérance et de foi dans la guérison de l’Etat, la réduction des dettes publiques par le don sans intérêt, il faudrait trouver un Saint à qui se vouer, un Dieu autre que celui du jeu de la finance, des actions seulement cotée en bourse. Rendons grâce à Saint Jude et Sainte Rita pour les causes perdues ou désespérées. En ordre ou en désordre, prenez bien soin de vous , take care comme diraient ceux de l’autre coté de l’atlantique, avec le traité transatlantique la réalité sociale de nouveaux pauvres dans un monde confronté à la dictature de profiteurs ne pourra même plus tendre la main. Par charité, elle lui sera coupée. Charité bien ordonnée commence par soi- même. Certains s’en laveront les mains, d’autres porteront des gants. Indulgence, philanthropie, vertu, désintéressement, bonté ne rimeront pas avec cette charité là.

Photographie : Charité romaine , Stéphane Lallemand

Texte :Pascale Lafraise

Agroécologie, quand le parlement joue au maitre d’école, logique !

188 La «loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt» a été adoptée au parlement, jeudi 11 Septembre 2014.
Hormis les loups qui ne hurlent pas de joie pour l’autorisation de leur abattage délivrée pour une durée d’un an par les préfets décideurs, les visionnaires et les pionniers français de l’agriculture raisonnée, intégrée et biologique ( biodynamique, cultures associées, utilisation des prédateurs naturels et micro-organismes limitant les pesticides et autres produits des groupes industriels de l’agrochimie) un peu plus de 10 000 sur les 500 000 exploitants agricoles en France voient aboutir leurs efforts en matière d’agro écologie. Pourtant, ils ne sont pas satisfaits de cette loi. Contraintes supplémentaires pour certains, bon sens pour d’autres qui n’attendent pas les lois et décrets des hautes autorités gouvernementales pour tester, expérimenter, mettre en action, en application leur conception d’exercer leur noble profession d’agriculteur, de paysans de la terre , de pourvoyeurs de matière première et essentielle à notre alimentation.
Ces irréductibles anti système imposé par le jeu des subventions, par les accords de l’union européenne, par le diktat des industriels et des maitres du jeu de casino financiers et boursiers ont mis en pratique leurs valeurs, leur credo, leur amour de la terre nourricière.
Respect de l’environnement, c’est avant tout le respect et la préservation des éléments de base : la terre, l’eau, l’air, la diversité biologique. A la rentabilité, ils préfèrent conserver et améliorer la qualité « primaire  » et primordiale du terrain ( la préservation des sols en limitant les risques de pollution ,maitrise des intrants agricoles, moyens appropriés de protection des cultures et des animaux tant pour leur bien-être que leur santé, contrôle des effluents et déchets produits par l’exploitation).

Loin de l’Integrated Farming, Agriculture Intégrée, « sponsorisée » par les industries de l’agrochimie ( Monsanto, BASF, DuPont, Bayer Cropscience etc.. Rivalisant d’ingéniosité à délivrer un message écologique auprès du grand public, dupant la masse en cherchant à se refaire une virginité sur le terrain « porteur » de l’environnement.
Les professionnels de la terre le savent bien. Rappelons que la France est toujours le premier pays consommateur de pesticides d’ Europe . Cette loi «loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt »représente le modèle typique des décisions gouvernementales au double langage. Seule la réduction de l’ emploi de pesticides aux abords de zones d’habitations ou de concentration humaine à risque ( Ecoles, hôpitaux) est soulevée. Le  » produire plus et produire mieux » n’a d’école logique que son rôle pédagogique dans l’enseignement de l’agronomie , la promotion de l’agroécologie et de l’agriculture biologique dans les établissements d’enseignement aux métiers de l’agriculture .

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Les trouvailles en biotechnologie, au service des industries agrochimiques proposent par exemple des distributeurs, diffuseurs de phéromones artificielles d’insectes nuisibles . Les mâles déboussolés, à la recherche vaine des femelles en perdraient toute leur vigueur et leur nocivité. Les agriculteurs bio , lion de la monoculture utilisent un subterfuge plus naturel . Associant différentes espèces végétales sur la même parcelle ou à proximité, ils rétablissent l’équilibre et le cycle naturel par la diversité et la présence d’insectes entomophages ( se nourrissant des insectes ravageurs ). L es rotations des cultures et le travail des sols par des techniques plus en superficie et en douceur comme le sarclage et loin du gros ferraillage mécanisé, le purin d’ortie et la putréfaction naturelle des déchets de paille favorisent la fertilisation azotée croisée, luttent contre les maladies, les ravageurs et les adventices (mauvaises herbes des cultures).

La principale innovation de la loi est la création de groupements d’intérêt économique et environnemental (GIEE), collectifs d’agriculteurs qui pourront bénéficier de majorations dans l’attribution des aides publiques lorsqu’ils mettent en place des projets agroécologiques.
Agroécologie , jolie terminologie d’ experts, de membres de commission d’évaluation et de certification . « C’est simplement du bon sens » répond l’amoureux de sa terre. La lecture du rapport préliminaire de l’Office Parlementaire d ‘Evaluation des choix Scientifiques et technologiques, Rapport Pesticides et Santé présenté par M. Claude Gatignol, Député, et M. Jean-Claude Étienne, Sénateur en 2010 en est une parfaite illustration . Les points de vue, les résultats de certaines études ( demandez-vous qui les a initié et l’intégrité et la liberté d’action des différents protagonistes) montrant la dangerosité des pesticides sont contre balancés par des éléments de doute, de modulation et de modération. Certains modèles d’agriculture, dans d’autres pays y sont abordés comme piste de réflexion. Gageons que celui sur l’agriculture biologique , chez nos voisins italiens en aient inspiré certains.

Extrait: Le nouveau programme de développement rural 2007-2013 lancé en Italie prévoit que chaque région italienne adopte un plan de développement rural (PDR) et en définit les axes sur la base du plan stratégique national (PSN) arrêté par le ministère de l’agriculture.
Diverses mesures de soutien ont été mises en place progressivement pour encourager la conversion des agriculteurs à l’agriculture biologique. La loi régionale LR 28/98 met en place un service d’aide au développement : la vulgarisation des techniques est financée à hauteur de 50 %. La région finance également les certifications.
Les aides accordées à l’agriculture bio sont importantes : 5 millions d’euros en 2005, 10 millions d’euros en 2007. A noter que les fonds dédiés à l’Agriculture Biologique sont également alimentés pour partie, depuis la loi de finances pour 2004, par une taxe de 2 % sur les pesticides commercialisés, destinée à subventionner les recherches en faveur de l’agriculture biologique.

Dans le même temps, les 150 premières vaches sont arrivées à la « Ferme des mille vaches » pouvant accueillir dans un premier temps 500 animaux et quelques centaines de génisses, à Drucat, prés d’Abbeville dans la Somme. Le produire plus et produire mieux pour la filière laitière ne semble pas tenir compte , par ce gigantisme des éléments dangereux pour l’environnement (nuisances olfactives, épandages) et contraire au bien-être des animaux, concentrés et élevés hors sol. Agroécologie, avez -vous dit ? Quand le parlement français joue au maitre d’école, il y a toujours les exceptions qui confirment les règles !