SLIKS – De la peinture rupestre à la technique du Tag urbain

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Rafael Sliks est né et a grandi à São Paulo (Brésil).Ce graffeur est fortement influencé par les textures de la ville et de ses dégradations causées par le temps et la pollution .De nombreuses personnes ont fait la relation  entre les peintures rupestres dans les cavernes  et le graffiti. Oui, tous les deux ont un mur comme  support.  Oui, nous Humains semblons toujours très primitifs. Mais c’est juste cela. Il y avait un besoin de  représentation et de compréhension du monde extérieur; ici, il y a un besoin de l’affirmation d’un monde intérieur. Là, on a tenté de créer des règles. Ici, là transgression. Il n’y avait aucun écrit et peut-être le dessin était les seuls moyens visuels de communication. Ici, l’écriture est l’origine de tout. Le graffiti prend   son nom, de l’anglais  « writer », l’auteur, celui qui écrit. Et le Tag comme   est appelé la signature de l’artiste de graffiti, est le langage  duquel tout l’ esthétique de graffiti est développé. Sliks est  diplômé en  calligraphie qu’il met en pratique. Vous croisez  souvent , par hasard une de ses tags au fil des  rues de São Paulo;

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C’est audacieux, une simple couleur, aucun contour. Les mouvements rapides de la main, le bras, la pression de doigt correcte sur la buse  de la bombe de peinture pour vaporiser avec le bon angle l’angle et la distance entre l’aérographe  et le mur. Cela  détermine le résultat. Comme la synthèse complexe du geste aléatoire et contrôlé, le Tag porte une tradition si respectable et du grand art traditionnel, c’est la jonction parfaite entre la maîtrise de technique et l’esthétique. Les critiques  d’art du passé, imaginaient-ils qu’un récipient à jet d’encre sous pression pourrait tout changer? ? Pendant presque 5 décennies,  des générations ont utilisé et amélioré le vaporisateur pour créer un nouvel esthétisme . Sliks  trace son chemin toujours dans une recherche dépassant le simple Tag  calligraphié. Il joue avec le langage et les significations des graffitis . À leurs frontières, il crée des univers tridimensionnels utilisant des plans multicolores, des textures  dégradées par le temps et la pollution  qu’il recouvre de sa trace leur donnant vie .Que ce soit sur de supports extérieurs , sur des toiles ou sur support photographique, ses peintures jouent de leur propre gravité.

Mêlant peinture, photographie et Graffiti, Sliks adapte les techniques de peinture murale sur toile. En utilisant différents types de lignes, de couleurs et en variant les outils, il crée des pièces d’art abstrait qui naviguent entre figuration et abstraction.

Quand Truskool pose ses couleurs sur la Ville Rose. Fresque et histoire du graffiti à Toulouse

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Toulouse, ces jours-ci ,assiste à la naissance de la plus grande fresque murale du centre-ville .A la demande de la mairie, le collectif Truskool et ses artistes œuvrant pour la reconnaissance de l’art urbain depuis 1987 , les graffeurs toulousains Siker, Ceet T, Soone, 2Pon, Tober, Der et Tilt déjà connus comme le collectif Arnaud Bernard Système, juste retour des choses, travaillent d’arrache-pied à leur première réalisation en commun celant ainsi une nouvelle page de l’histoire du graffiti à Toulouse.

Depuis  dimanche, le 4 Juin 2017, la façade ( 30 mètres de hauteur, 12 de largeur) d’un immeuble, situé boulevard Lascrosses, près de la place Arnaud Bernard, quartier berceau historique du graffiti se couvre en liberté où les seules contraintes imposées par les Bâtiments de France : respecter les teintes dominantes dans le bâti du secteur. Les couleurs chaudes comme le beige et le jaune ont donc été privilégiées, avec du rouge. La dernière touche sera l’application d’un vernis , protection contre les U.V pour préserver les teintes initiales.

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Plan des 7 strates de la fresque

« On a divisé le mur en sept strates. Tout en haut, Siker a représenté son écriture, Ceet a dessiné des poulets, moi les trois premières lettres rondes de mon nom, 2Pon commence aujourd’hui, Tober représente sa signature visible sur ses stickers, Der a posé son style en 3D, et Tilt laisse sa trace tout en bas »explique Soone, dans un entretien avec la presse .

Alors qu’ils se connaissent depuis de nombreuses années, c’est la première fois que les sept membres  du  » crew » travaillent en même temps sur un projet. Le nom de leur collectif a donné le titre d’un livre d’Olivier Gal, Truskool : l’histoire du graffiti à Toulouse, publié en 2016 aux éditions Atlantica. Le récit, autour de la bande de copains  nous replonge dans une époque où règnent la créativité et la subversion, à travers le « Wild style » chez les graffeurs. «Il y avait de nouveaux styles, il y avait de vieux styles…, dit 2Pon (la Truskool se différenciant de la New School en Europe, elle-même opposée à la Old School new yorkaise ). Nous on s’en foutait, la vraie école c’était celle qui prenait tout : la True School ! ». Ce livre, truffé d’anecdotes, de commentaires et de nombreuses photographies d’archive.

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De  1987 , premier graff  posé sur un mur de Toulouse(il est l’œuvre de Mosquito suite à sa rencontre avec des graffeurs parisiens sur la plage d’Hossegor pendant les vacances),à la création d’un festival Rose béton , première édition en 2016 pour cette biennale de l’art contemporain urbain, sans oublier le  » Graff Tour », visite guidée de la ville rose, dédiée à l’art du graffiti ( à l’intitiative de l’ office du tourisme). 2 heures commentées par un guide conférencier , parfois accompagné d’un graffeur professionnel : circuit  à pied de la place des Tiercerettes, avec une étape dans le Jardin d’Embarthe, qui accueille encore une ancienne fresque de Soone et dans la rue Gramat, dont les murs sont presque entièrement recouverts. Ces deux lieux ont accueilli pour la première fois des graffs autorisés par la mairie au début des années 2000.En  bus de la place Arnaud-Bernard et arpentant Toulouse pour  découvrir les plus belles réalisations , les insolites ou méconnues et celles nées pour  Rose béton 2016 comme les deux dames du Pont des demoiselles, d’Aryz, la fresque de Maye et Mondé, au métro Saint-Agne ou le graff de Jace, à l’école Anatole-France. Quoi de mieux que de finir ce périple au pied de «la Symphonie des songes» de Miss Van, au quai de Tounis.

La bande de copains, gribouilleurs locaux  de murs comme Fastoche, Looping, et Caramba, plus tard 2Pon et Déclic… Rappeurs, danseurs, graffeurs se réunissent notamment à Arnaud Bernard autour du graffiti. Et le Crew (collectif artistique) Arnaud Bernard System (A.B.S) naît en 1989.D’autres se joignent au  mouvement qui a permis la reconnaissance du graff et de sa culture, avec 2pon, Der, Soone et Tilt comme chefs de file à partir de 1995.Rejoints par une étudiante en première année d’Arts Plastiques à l’Université du Mirail, Miss Van puis d’autres femmes Melle Kat,  Fati etc.., les membres du  » crew » partent à la conquête de festivals, expositions, œuvres en commun  hors la France étendant la notoriété  Toulouse en ville incontournable en Europe du point de vue de l’art urbain.

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Inspiré du Punk, du mouvement Dada comme de la culture Hip-Hop américaine, l’art de la rue s’est depuis forgée ses lettres de noblesse, couvrant désormais les murs des galeries d’art comme des plus grands musées internationaux(une institutionnalisation et une marchandisation, qu’on range sous le nom de street art). Reste que les professionnels sont une minorité et que l’esprit rebelle des origines perdure. «À l’origine, le graffiti est une discipline exercée dans l’illégalité la plus totale, note Olivier Gal, ce qui est d’ailleurs son principal moteur. Les choses se sont corsées face à la répression, les poursuites, le nettoyage massif et immédiat… ».

De l’art éphémère couvert par d’autres à l’infini , directement sur le mur ou support accroché en galerie, de l’underground au mécénat et aux commandes officielles des municipalités,  quand les vandales, taguant les murs et les trains de leurs pseudonymes, en quête de reconnaissance et d’un peu d’éternité deviennent des artistes contemporains urbains L’histoire du graffiti à Toulouse s’affiche en monumentale fresque , dévoilée le dimanche 11 Juin 2017.

De Ceet T à Ceet Fouad, une histoire de poulet

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Fouad Ceet,  artiste graffiti d’origine marocaine, né en 1971,  passa son enfance à Toulouse . De la Truskool  toulousaine à la Chine où il réside actuellement , il revient cette semaine en Occitanie, à l’assaut d’un gigantesque mur de la Ville Rose pour participer à une œuvre collective dont il ornera ses fameux  » poulets », animal fétiche dont il s’amuse sur les significations culturelles  . Rien d’étonnant n cette année de coq de feu que ses influences lui ouvrent les portes de l’ Asie . De nombreuses cordes à son arc, expériences de la rue, Ceet T se forme en peinture à l’huile et en sculpture .Les couleurs de la musique ne lui sont pas étrangères. Designer, maitre dans le dessin et la calligraphie  a aussi décidé de promouvoir son art qu’est le graffiti en Asie

 

Ceet est un artiste représentatif et investi au sein du projet Jardin Rouge, il est aussi le chef d’orchestre de la résidence d’artistes Jardin Orange à Schenzen, en Chine, soutenue par la fondation Montresso.

Moonshine ( Alcool de contrebande) Etam-Cru

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Réalisé pour le Richmont Project ( Virginie-U.S.A) en 2013, par le Duo polonais Stainer & Betz composant Etam Cru. En cette pleine saison des fraises, le sujet en était trop tentant;

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Détail  » gourmand » de la fresque Moonshine

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