Etre ou ne pas Etre …Humain

Lumière -humaine

Qui n’a pas entendu cette réflexion  » L’erreur est humaine » ou le justificatif à défaut d’une argumentation étayée et percutante  » c’est humain »??
Qu’est ce qu’être humain?
Etre humain c’est :
Vivre le conflit , les compromis, les concessions entre l’intuitif et la raison, la logique scientifique et son imaginaire.
Tel un gemme qu’un joaillier , un artisan ont commencé à tailler et polir des facettes créant un prisme . Il y laisse pénétrer un rayon de lumière pour en faire jaillir en ondes colorées les reflets de son âme, émotions , ressentis, sensations , sentiments venant du plus profond de sa roche brute. Comme un iceberg , c’est humain que de ne dévoiler que la partie émergée aux regards , aux rencontres et de ne laisser accoster et creuser que quelques -uns plus téméraires , plus patients ou plus aventuriers de la nature humaine. Sous la surface de l’eau des convenances, des préjugés, se cache le rocher , encore vierge de tout coup de burin .Opaque et sombre, massif , peu attrayant voire repoussant par sa banalité , son manque d’éclat et sa rugosité. Il cache le côté sombre des dangers .Etre humain c’est savoir lentement le faire pivoter sur son axe d’équilibre et d’y voir briller alors l’étincelle qui le différencie du simple petit galet érodé par le ressac marin échoué sur le sable.
Etre humain c’est ce petit grain de sable si semblable à la multitude de ses pairs d’un désert mais qui , sous le sabot d’un destrier des dunes , sous le souffle d’un vent se gorgeant en tempêté ,porté alors au-delà des frontières et au-delà des mers , dans une goutte de pluie verra d’autres horizons . Grain de sable ou goutte d’eau former un tout, tout en étant unique , semblable et différent.

inconscient-iceberg

Etre humain c’est:
reconnaitre ses faiblesses et ses fragilités, faillir, chuter et vivre la déception, la douleur, la déchéance, l’échec, la perte d’une partie de soi même et s’en relever pour construire et reconstruire un présent, un demain .
Cet humain se façonne au cours de ses rencontres, ses croisées de chemin .Parcours initiatique , l’allure ralentie, l’élan s’épuise. l’un des deux fait une embardée ou tourne des talons . Sur la carte du tendre c’est la séparation , long chemin de croix pavé de privation, d’errance solitaire . Et puis l’itinéraire vers une déviation ou une échappatoire et sur un promontoire en vue panoramique s’ouvre le paysage de la contemplation et de la méditation .
C’est ce besoin vital de vouloir exprimer par la plume, la couleur, le son et la lumière .Par le sang , par la sueur et les larmes , par des éclats de rire ou des cris de colère, exposer au grand jour sa joie , sa tristesse, sa peur, sa mélancolie, sa hargne , son envie, son désir à cet autre être humain qui lui a tendu la main et qui sans jugement, sans tabou, en pudeur , en silence accompagnera ses rires et ses larmes dans un respect et une pure innocence d’enfant ou mature sagesse .

De l’enfance, garder les souvenirs enjolivés par le temps. Humain de s’y replonger avec délectation et de garder les yeux écarquillés et le cœur grand ouvert à la beauté des choses simples, une rai de lumière à travers des persiennes faisant danser les grains de poussière, fragments microscopiques de tissus de vie érodés par les frottements du temps.
Ce temps à l’échelle humaine , en accepter la trace des ans . Se réjouir du tatouage indélébile sur son corps. Les rides, scarifications tribales, marqueurs biologiques des émotions, rire aux coins des lèvres, doute du lion sur le front, plissement tectonique palpébral scrutateur étonné. Etrange combat perdu d’avance que de courir après le remède miracle de la jeunesse éternelle, peau lisse artificielle reniant son vécu.
Aimer foncièrement l’humain. Visiter, explorer la nature dans toutes ses différences, ses outrances, ses excès, ses travers et même ses déviances, beauté et laideurs en lumière et ombre projetées dans un voyage au-delà de la raison . Folie ordinaire faisant tomber les masques , rêves et cauchemars en chemins de traverse qui font parfois dérailler ce train en dérision cynique , en basse soumission frôlant de l’égoïsme l’autosatisfaction .
Humain de sombrer dans la noirceur de l’âme en y cherchant malgré tout , à tâtons, l’étincelle nichée, la braise incandescente qu’un petit souffle de vie, une respiration accordée crochète le verrou, soulève un coin du voile et laisse remonter en surface les désirs, les envies, les aspirations en osant affronter ses peurs ancestrales inscrites au plus profond.

cerveau lumiere

 

Etre humain c’est:
Reconnaitre qu’on n’y connait rien, voir son ignorance et chercher à la combler en lisant, en écoutant avec attention, en cherchant à comprendre l’incompréhensible. Remettre en cause les dogmes, les vérités, les préjugés, les croyances accumulés au fil des années et savoir dépoussiérer par la rencontre avec l’autre humain dans son être et son vécu, son histoire. c’est déchiffrer parfois le cryptage d’un message envoyé entre les lignes, entre les mots , dans les sens et les non-sens , parfois même dans l’insensé. Entrouvrir la porte des interdits , les failles et les faiblesses, l’illogique, tout ce qui peut faire perdre pieds et réveiller le doute.

ruth-bernhard-embryo

Etre humaine c’est se retrouver dans toutes les femmes bafouées, blessées, martyrisées, massacrées, s’indigner de leur avilissement, instrumentalisation, de voir tous les combats, toutes les luttes, toutes les causes et reconnaitre son impuissance à ne pouvoir agir , à ne pouvoir en supporter le poids du monde sur les épaules .
Humaine de chair et d’os , à la fois mère et putain, madone, icône, muse ou jugée moins que rien quand l’homme efface l’accent circonflexe ,perdant toute certitude d’être sûr d’elle , il la plie sous son joug pour n’être plus que sur elle. D’un diva au divan d’une dit  » vas au divin ou au diable « , va nu pied, sans- culotte, révoltée d’un bonnet affublée, chute du piédestal. Les statues sont brisées. Domination aveugle , qui dans une orthographe revisite les tirets écrivant l’épitaphe de la langue maternelle , abréger des souffrances, des zéros de conduite en leçons de morale , elle redevient objet de vol, de pillage , de mise à sac , uterus à louer ou à prendre de force , à mutiler ou pire. Se cacher, se terrer ou se taire . Où sont les droits, où sont les lois , c’est humain ???

C’est cependant agir dans l’ombre, insoumis, indignés, résistants, anonymes, tendre une main, une oreille ou plus et sans en tirer gloire s’effacer du rond de lumière. C’est savoir qu’on ne sait rien, de plonger encore et encore dans le puits sans fond de la connaissance , de sentir ou ressentir à défaut de pouvoir comprendre, de cultiver le jardin des savoirs , de s’y abreuver et de s’y nourrir sans désirer la satiété . De ses excès , loin de la modération et de la sobriété , lorsque funambule cet humain se sent perdre l’équilibre, prendre du recul , un temps d’arrêt et saisir sans honte le balancier qu’on lui tend, le harnais de sécurité qui, mieux qu’un parachute , si d’un faux pas il tombe ,saura le conforter à mieux recommencer .

fragile

C’est humain le repli stratégique , protecteur dans sa bulle, . Se poser, contempler, réfléchir, s’isoler pour un temps de la foule, du tumulte, du bruit devenu neutre du brouhaha et rebondir alors sur le trampoline des perceptions, des interprétations, des graines d’idée qui germent en effet de miroir , de boomerang revenu . C’est à la fois récepteur, émetteur , transmetteur d’histoire et de mémoire, passeur de rêve et d’espoir , c’est l’homme, la femme, l’enfant porteurs des gènes, passagers de la vie perpétuant les rituels dans « il était une fois..il était une foi » . d’une génération à l’autre, nous, amas de poussière d’étoile, locataire temporaire de la planète Terre . Comme d’autres espèces du monde du vivant , disparaitre. Le sol, l’air et les eaux lui survivront et reprendront leurs droits
Etre humain c’est ne savoir qu’une chose , la fin inexorable , la seule égalité de tous la mort . Humaine , cette vie tel un arbre aux racines du passé , aux branches du présent dressées, aux fruits muris qui tombent et dont les graines germées de demain portent tous les espoirs.
Humain de rire tant qu’il rit avec et non qu’il rit de l’autre, qu’il joue avec et non de l’autre, qu’il se trompe et non qu’il trompe l’autre .Tomber, se relever, hésiter, se tromper , faire erreur ? Errare humanum est , perseverare diabolicum . L’erreur est humaine , on apprend de ses erreurs et Confucius de rajouter  » l’homme sage apprend de ses erreurs et l’homme plus sage encore apprend des erreurs des autres  » , c’est humain !

Texte :pascale Lafraise

Photographies du Net 1,2,3,5 – 4: Embryo, Ruth Bernardh

Publicités

La Vie – Charlie Chaplin

ChaplinJ’ai pardonné des erreurs presque impardonnables, j’ai essayé de remplacer des personnes irremplaçables et oublié des personnes inoubliables.
J’ai agi par impulsion, j’ai été déçu par des gens que j’en croyais incapables, mais j’ai déçu des gens aussi.
J’ai tenu quelqu’un dans mes bras pour le protéger.
Je me suis fait des amis éternels.
J’ai ri quand il ne le fallait pas.
J’ai aimé et je l’ai été en retour, mais j’ai aussi été repoussé.
J’ai été aimé et je n’ai pas su aimer.
J’ai crié et sauté de tant de joies, j’ai vécu d’amour et fait des promesses éternelles, mais je me suis brisé le coeur, tant de fois!
J’ai pleuré en écoutant de la musique ou en regardant des photos.
J’ai téléphoné juste pour entendre une voix, je suis déjà tombé amoureux d’un sourire.
J’ai déjà cru mourir par tant de nostalgie.
J’ai eu peur de perdre quelqu’un de très spécial (que j’ai fini par perdre)………
Mais j’ai survécu!
Et je vis encore!
Et la vie, je ne m’en lasse pas …………
Et toi non plus tu ne devrais pas t’en lasser. Vis!!!
Ce qui est vraiment bon, c’est de se battre avec persuasion, embrasser la vie et vivre avec passion, perdre avec classe et vaincre en osant…..parce que le monde appartient à celui qui ose!
La vie est beaucoup trop belle pour être insignifiante!

Charlie Chaplin

LOCKED OUT OF HEAVEN (Bruno Mars) by MaFaMily Trio

Question …. on les aide à faire leur C.D avec des créations originales via mymajorcompany.com ??? moi, j’ai envie  et vous ???

 

 

Coeur d’ échiquier impair et passe

Pierre Raser, Jeu d'échecs, bilboquet, lampe, pichet 1953_thumbComme une fêlure
Une égratignure
Un vase trop plein évasé
Evadé, ébréché
Un cœur de pierre
Précieux comme un diamant
Un roc où les vagues de larmes
Déferlent au firmament
Non conforme à la règle du jeu
Sur l’échiquier de la vie
Case de vide
Des regrets des non -dits
Page éraflée d’écriture inconnue
Relief d’un braille
Langue des signes
Qui dessine un noir dessein
De la courbe d’un sein
Aréole d’un ange
Qui a perdu son U

NEWS_1364922440D’une plume arrachée
A ses ailes
Chute sur la terre
Foudroyé en plein vol
D’une flèche acérée
Eclat de miroir taillé
En pointe assassine
Et laisse à demi mort
Ou à demi vivant
Survivant
D’une longue agonie
En carbone
Et en mine dépitée
Un cœur , sur le carreau
Laisse ruisseler
Visqueux et cailleté
Sa substance vitale
Du labyrinthe de sa mémoire
Secouant les puces et les tics
Squelettiques tocs

1355416795455_source

De sa toque corsetée
Et du ruban encré
D’une machine qui écrit
Ou qui crie
frappe la marguerite
Et ses pétales désuets
D’un  » je t’aime , un peu
Ou pas du tout »
Un itou quand T
Il perd et d’un X
Malade, crachant le sang
Les glaires
Sortent les doutes
Et jettent les sorts
Sacrifiant les amours
À l’autel de l’impasse
A la rue des impairs
Alibi sans abri
Orphelins de misère
Païens nécessiteux

De l’échiquier de vie
Pas encore éjectés

89568480574ca9cb88803823ef766637

Mère d’ un dieu
Père qui manque
En silence désaveu
Enfantant le mépris
Les rejetons blafards
Bavards et bataves
Quittent alors les placards
Les bureaux, les tiroirs
Bourreaux des formulaires
Candidature multiple
En cocote de papier
Voyez les recycler
Le jour des funérailles
Perles des couronnes
Fleurs artificielles
Au moment du banquet
Et du bouquet final
Feux, on les croyait
Fous ils annonçaient
Le retour de l’âme
Le retour de flamme
Honte et déshonneur
Boulets et chaines
Comme bagne à perpète
Hongre, âne ou mulet
Bas les masques
Les castrés

LadyLuck49_origin_1

Batavia
Quelle salade
Et dans ce charabia
Glossolalie d’une repentie
Apprenant en rime
Envers et contre tous
De virage en dévers
Quitte le prosaïque
Casse la mosaïque
Du dernier mohican
Elle gardera sa plume
Dans l’encrier du temps
La replonge à jamais
Le crayon à la mine défaite
Crève la bulle
Ange à la gomme
Cœur à la noix
A qui se vouer

bille-boulard-05-800x800

Y a plus de saison
Feuilles d’ automne
L’été se pèle
Et quand sang mêle
Le flacon du divin
En nectar et en miel
Barbouillant
Barbotant
Dans les mots
Dans les flaques
Du printemps en hiver
De Noël avant l’heure
Renaissant à la vie
Une réincarnation
Comme d’un cadavre exquis
Le vase de ses nuits
En jouant sur les mots
En breton, en latin
Peut -être en grec ancien
La mémoire revenue
Boira le vin nouveau
Et du pain sur la planche
Plongeoir du salut
Le diamant en sautoir
Va piquer une tête
Et ramener sa fraise
Egratigne le miroir
Repose enfin les pièces
Loin du château de cartes
Rois, fous et reines
Paillette et pacotille
Cotillons et corsets
Balayés d’un revers
Voient les cases
Accueillir
De belles perles de verre
Jeu de l’imaginaire
Plus serein et heureux
D’une procrastination
Délivrée, elle s’échappe
Une oblomoverie
Amnésie, inertie
Enfin elle est guérie.

Photographies du Net

Texte:Pascale Lafraise

Serrures et clés – Les portes mentales vers les mystères intérieurs.

Luca-Signorelli-Resurrection-of-the-Dead

Être un tout et pourtant morcelé . Accepter les forces et les faiblesses. Qui dicte les lois ? Définissent-elles des droits et des devoirs ? Qui a le doit de les contourner , qui a le devoir de les modifier ? Existe-t-il une loi immuable comme celles de la Nature ? Des lois, des devoirs dictés par notre Nature profonde . Comment être un tout , dans un infini , un univers de sciences , de connaissance, d’expérience à vivre . Doit-on se laisser porter par ses sens , par l’expression de ses besoins primaires à toujours satisfaire ou accepter d’être faillible ? Accepter la chute rédemptrice par la duplicité  , c’est tomber, c’est être en perte d’un équilibre momentané. C’est bouger , rien de statique et de fixé et quelle force de pouvoir se relever et de se sentir grandi . Un obstacle de vie , un accident , une perte ouvrent les voies diverses devant vous . Prendre la route de la désespérance ou s’armer d’une machette et ouvrir un passage étroit entre les ronces , les arbres épineux , les lianes unies aux racines pour vous compliquer la tache . De l’effort d’avancer  encore et toujours , de prendre en main dans la sueur et les larmes , dans ces gouttes de sang des griffures occasionnées,  nait une voie de changement. Changement ou avancée dans votre jungle intérieure , votre forêt aux arbres caduques ou persistant . S’engager sur le chemin de découverte, d’exploration de la nature profonde  voit les raies de clarté percer à travers la canopée , éclairer votre progression , chasser les doutes  et les ombres . Prendre des risques et oser s’aventurer dans l’inconnu .Mais est-ce vraiment l’inconnu ? Ne pas appréhender la découverte à l’angle d’une paroi minérale et végétale de son labyrinthe intérieur un cadavre caché dans un placard , souvenir désagréable d’un passé qu’on avait soigneusement enfoui . Le faire jaillir de l’oubli , le laver de la culpabilité ou de la honte et l’ accompagner alors dans le sanctuaire du cœur . Tu étais tapi dans un coin de ma tête à me jeter comme des maléfices , à m’envoyer des images spectrales que je n’arrivais pas à déchiffrer (j’avais perdu les clefs) . J’ose t’affronter dans toutes les visions . Illusion qui me dictait des actes inconscients ou pire  qui me freinait dans l’ascension de mon escalier interne , tu étais .Par mon acceptation , tu deviens expérience qui forge la rampe en fer du présent et facilite alors le cheminement . Car nous forgeons notre propre enfer en conservant des souvenirs pénibles , en les ressassant en s’y replongeant pour vouloir expliquer une nouvelle erreur de jugement , une action jugée  » négative » . Point de justification à donner sur les bases de ce qui est révolu et qui n’avait pas été digéré et évacué. Le ruminer encore et encore ou le stocker dans un coin noir , c’est une stase intestinale de matière fécale fétide , l’occlusion intestinale , la péritonite et la septicémie de l’âme.

il_570xN_380446070_lhoo

Faire le ménage , ranger , ordonner , trier et évacuer les mauvaises pensées , les idées erronées, le trop plein d’activités désordonnées qui ne remplissent pas un vide , mais bouchent des horizons nouveaux, parasitent les possibilités de synthèse et d’analyse . Chercher la clé qui ouvre enfin la serrure d’une porte dérobée et fait entrer un air nouveau. . Accepter d’être , son être avec ses défauts et ses qualités , avec son ignorance qui ne demande qu’à être nourrie , abreuvée et savoir qu’on ne sera jamais rassasié, que la satiété du corps charnel est comme oasis ou mirage  dans le désert.

Je suis comme un monument architectural qui ne peut être fini . Ce temple, ce musée vivant, cette cathédrale est un lieu de culte ou plutôt d’inculture . Il peut renfermer des joyaux, des tableaux d’un art dont les critères ne sont pas encore définis. Qui peut en voir la laideur ou la beauté? Qui a le droit d’en porter un jugement de valeur, y apposer une étiquette , en dresser un catalogue, un inventaire de ce qu’il recèle ? Y a-t-il des canons, des lois humaines pour en dicter les droits et les devoirs , les heures d’ouverture au public , les jours de fermeture ? L’architecte, le géomètre , les ouvriers d’un tel chantier en connaissent-ils les mystères , les secrets que pourraient dévoiler les fouilles archéologiques . Même moi , je n’en possède pas encore les formules mathématiques ou chimiques , les principes et règles physiques. Qui en fixe les dogmes ?

sculpture-11-bis

Ce cheminement intérieur se fait tout en douceur depuis peu . Les méandres de la vie , les pièges , les chutes successives n’ont rouverts certaines plaies que pour mieux les traiter . On m’a tendu des béquilles, des orthèses  . Les médecins et leur progrès en science et en technologie ont œuvré . Ceux de l’âme étaient à ce moment muets ou j’étais sourde à leur message codé en une langue inconnue . Seule dans la foule , il me fallait quitter la mégapole , ses tentations, son monde artificiel bardé de panneaux publicitaires géants où les néons aveuglants clignotaient comme autant d’attrapes- mouches et vous engluent, vous collent , vous  stoppent dans votre envol. Traversée d’un désert symbolique , retour aux sources du » dénuement », de la pauvreté originelle ( est ce pauvre que de ne rien posséder et ne rien vouloir , seulement une quête de vérité?) .Vérité sur les motivations, les forces, l’énergie qui vus pousse à continuer , qui transforme des combats impétueux en victoire sur soi même . Combien de portes mentales encore à ouvrir, c’est là tout l’intérêt, le piquant, le sel de la vie ? Celle de la sérénité , de la paix intérieure qui chassent les démons , les cauchemars, les obsessions délirantes apportent chaleur , lumière, réconfort . Quelle source d’énergie sans aucune facture, taxe, impôt à reverser? La gratuité , le don , la charité en sont les moteurs, les ailes des moulins, les pales de la roue à aube , le pot de la noria.

sculpture-34-bis

Jugement, approbation ou réfutation, bien et mal , vice et vertu, la morale et les lois des hommes sont là pour « juger », décider . Jugement de l’image que vous montrez de vous ou que le reflet du miroir est perçu par les autres . Peut-on se montrer tel qu’on se perçoit ou voit soi-même? Les autoportraits des photographes ont cette diversité d’expression  dans l’instantané de la prise de vue, de la focale utilisée, du cadrage , de tous les réglages souhaités pour la qualité . Le choix du papier pour le tirage en modifie déjà un peu l’aspect  ( brillant ou mat, nombre de grains comme pour celui du peintre). Un visage ou de plein pied, vêtu ou dans sa nudité , autant de possibilités , autant de vision offerte aux perceptions et représentations propres à chaque spectateur de ce jeu d’acteur mis en scène par lui-même . Ce pourrait être un exercice , une expérimentation intéressante que de tracer son autoportrait en quelques mots spontanés qui vus viennent à l’esprit . Qualités/défauts ou forces/faiblesses seront dessinés. Demandez alors à quelques personnes différentes , une de chaque sphère (publique ou professionnelle, privée amis ou membres de la famille’, intime en relation d’amour ou de désamour qui a gouté votre chair ou votre sensualité). A vous d’en apprécier les similitudes et les contraires. Une partie, une pièce du puzzle de la dualité peut surprendre et vous guider vers une des portes cachées jusqu’à présent par un lourd rideau ou un voile, selon votre niveau d’avancée dans votre labyrinthe cérébral.

Ce cheminement , cette marche lente dans les terres inconnues (terra incognita) lie le corps et l’esprit, la matière et l’énergie. Il ne s’agit pas d’un revers de la main de faire table rase mais plutôt d’apprécier autrement chaque met, chaque élément qui peuvent vous nourrir. Une nourriture bio et variée intellectuelle a autant de bienfaits sur le corps et l’esprit. Je me libère des chaines et cordes des doutes, de le suspicion , de la jalousie, des remords et ouvre mon cœur plus que ma tête, le mental plus que la chair (cadavre en suspend dans le temps). Je deviens somnambule, funambule à la recherche de mon équilibre de vie et de pensées, d’actions et de mouvements perpétuels. Je deviens silence qui n’existe jamais au sein de la nature. Bruissement d’insectes, brise dans les branches, clapotis des gouttes d’eau, de rosée ou vague marine. Le flux et le reflux , le yin et le yang ne sont jamais en  lutte interne mais paix intérieure. Dualité ou non dualité, je deviens maitre et disciple, je ne suis plus esclave de moi-même car j’apprends à mieux me connaitre. J’accepte mes devoirs personnels . Je me respecte . Démarche égocentrée ou au contraire plus grande ouverture aux autres? Une sensation , une émotion , un sentiment d’être un avec tous, d’avoir déclenché le processus d’auto-guérison, de donner et d’accorder pleinement le droit et le devoir de se sentir, non , d’être  tout simplement ..ETRE . Force et puissance dans les résistances , dans le fait d’exister en pleine conscience, de s’ouvrir, se dilater à cette liberté enfin autorisée, cette volonté farouche qui donne cette chance incroyable de ne plus fragiliser , blesser, torturer son  » moi » intérieur , d’accepter et de s’accepter dans son passé, son présent et son devenir. Apprendre  encore et toujours, savoir qu’on ne sait rien et que cette source du savoir est le plus grand océan universel. Celui là  ne manque pas de poissons, petits ou grands , de plancton , de krills, d’iode. Autant de gouttes d’eau si semblables qui font un , mers ou océans, lacs ou rivières. Déluge primitif du volcan de la connaissance ou bombardement météorite issu d’un autre univers, ce cycle d’eau vitale tel qu’il est en nous ou sur notre belle planète s’écoule à travers les livres et les écrits, les partages oraux des contes et légendes , des mythes, des témoignages, des œuvres gravées, sculptées, peintes, imprimées. A fouiller dans le passé on y trouve des merveilles. Gardez l’esprit en alerte en toute objectivité en vous laissant charmer, séduire, amuser et rire , en se méfiant , en gardant sa réserve  de toute contrefaçon ou de grandes théories informatisées, générées de manière arbitraire où le mensonge, l’omission , les erreurs s’accumulent ; les gurus sont partout à vous fanatiser.  Enrichissez-vous sans fin de la beauté, de l’art et du savoir, des autres et de soi même . Quelle plus belle aventure, quelles plus belles découvertes que tous ces trésors immatériels que sont le ressenti , le vécu ? A vous de faire, d’agir , de vivre et d’être. Vous avez les outils, vous avez les manuels , vous avez les portes et les serrures . Saurez vous trouver les bonnes clés ?  Mystère, quant à moi , je me tais ! J’ouvre des portes mentales vers un voyage intérieur.

Photographie : 2 Moerkey   3,4  / Sculpture  Guy Baudat, Chateaubrun (36)

De la mouche à la bouche – au revoir à revoir.

ComeFall-in-love-BalajiMaheshwar

On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre. Quand on essaye de leur en faire voir de toutes les couleurs ou au contraire quand on veut les engluer (papier tue-mouche), elles s’envolent à tire d’aile . Plus résistantes que les abeilles qui meurent mystérieusement en ce moment dans les Pyrénées, les ariègeois peuvent le confirmer , elles n’ont pas pris la poudre d’escampette profitant des températures douces de cet hiver qui n’en est pas un .Y a plus de saison disent les anciens.

Je me sens mouche , drosophile… Je prends de la couleur , de la hauteur et me voile la face ou fais face à ce voile qui m’enveloppe , m’absorbe et va faire disparaitre les contours et les bords, les pleins et les déliés d’une calligraphie d’esthète. Je me tâte pour vous dire « Au revoir ». Oh voir , quelle richesse ! c’est lorsqu’on perd un sens , que nous saute enfin au yeux son importance. Je ne vous raconterai pas d’histoire. La vision , je la perds peu à peu. La chambre devient noire et même les lentilles n’y peuvent rien changer. Laconique attente d’une greffe hante ce présent , ici et maintenant. c’est en incapacité prochaine que je me plonge, séants, dans ces derniers instants . Du pinceau, du crayon, sanguine et fusain , j’occupe l’oisiveté qui devient ma compagne. Lire et entrer en conversation intime avec les auteurs en plongeant aveuglément entre les lignes avant que le flou me rende folle. Se mentir, s’interdire de vivre ses rêves , ne pas chercher à parer les coups du sort , mais plutôt comprendre d’où ils viennent autant de paradoxes jetés à la face du monde. Maitre de son destin , de ses choix, je ne serai point servante , esclave ou futile frivole. Apprécier le burlesque de la situation débridée , désinhibée de toutes les conventions, de toute concertation. Gardez tous vos conseils, vos prêches, vos chantages et même vos menaces . La courbe de la vie m’envoie dans cette direction, ce tournant et regardant par dessus une épaule, serrant les omoplates , non pas un négatif ou tout autre cliché mais bien l’opportunité de  mettre enfin à nue, montrer les cicatrices, les empreintes des abus, les mensonges et fausses promesses.

Blue-Eyed-Girl-600x768

C’est parfois très gouteux le vinaigre ! Tout comme le pain, il demande un levain , une mère nourricière dont les bonnes bactéries , dans la fermentation réveillent la texture , une mère qui en déclenche  la transformation . Le mot est lâché . Transformer ses fragilités en force, puiser avec douceur et lenteur toute son énergie, se libérer du joug ou de tout autre chaine, ne plus être le boulet d’une société de merde, le couillon de la farce , le pigeon d’argile sur lequel on tire en visée de le faire exploser en milliers de fragments. Pour moi c’est déjà fait . Merci beaucoup la Vie , tu m’enseignes à loisir qu’on ne sait jamais rien sur tout et jamais tout pour rien . Quitter le monde du travail , et comme en liturgie y faire une retraite. Retraite aux flambeaux , c’est la circonstance que de dévaler les pentes enneigées de nos belles montagnes que sont les Pyrénées . Des bougies allumées , des torches ou des lampions  comme autant de lucioles baignent alors les pistes et les skieurs gelés par la froidure nuit , avec un bon vin chaud finiront le cortège.

Il était mille fois l’envie d’écrire, de peindre et de sculpter. Il était cent fois l’envie de publier, d’afficher, de montrer … Il était une fois d’autres couleurs du cœur à jeter sur la toile ou bien sur le papier… me mettre à nue et dévoiler le « moi intérieur », pourquoi pas?

tumblr_mwa3rfocGG1r47bczo1_500

Chrysalide, papillon, mouche ou insecte kafkaïen, absurde réalité ou éphémère pensée, avant que cet écran ne s’éteigne, que le disc dur ne me laisse en rade, vous offrir quelques mots, quelques tâches, quelques bribes , mes bouées de sauvetage du naufrage de la vue qui se brouille, ce sera à tâtons, pour vous toucher peut-être , moins souvent mais toujours avec cette flamme qu’est la déraison , la dérision et sans aigre rancœur mais plus acidulée et moins édulcorée. Qu’on ne s’y trompe pas , c’est bien un au revoir , un à revoir bientôt quand, de la pupille, non plus en orpheline maladie, munie d’une rustine je referai surface de l’abyssale plongée  . Un peu d’huile de coude et de térébenthine , un peu d’huile de noix pour cette vinaigrette, un nouveau maillot pour une mayonnaise…Mieux que la chantilly pour mieux se régaler . De la mouche à la bouche ,au coin des lèvres se poser et à pleines dents on va croquer la Vie .

Mais, mais , mais …Ceci n’est pas une poésie

Irving Penn bee 2

Quand les abeilles disparaissent le reste suit.

Quand le silence se pose

Et que dans la cheminée

Ne reste que la suie

Le vent a-t-il éteint les braises de l’ amour?

Brindilles trop humides , tempêtes enchainées

Malgré tous les efforts de la communauté

Cherchant des solutions inlassablement expose

Des  » et si .. » ,  » oui mais … »

Le brouillard happe tout, efface les contours

Délave les couleurs et tue au fond des cœurs

Le pollen, la semence divine

l’espoir du renouveau

La beauté, le sacré.

L’essence même

Se tarit.

Le sel,

La vie,

Se meurt

S’oublie.

La muse

N’amuse plus.

Sa musette est vide,

Plus de sens.

Où puiser l’énergie?

Il y a des jours sans fin,

Il y a des défunts,

Il y a des insatisfactions

Qui sont de vraies victoires.

Inassouvie sa faim,

Sacrifice inutile ?

Tout le porte à le croire.

S’oublier dans son labyrinthe intime,

Lâcher le fil d’ Ariane ainsi que la raison

Oser périr avec le minotaure

Avoir tors, tors?

Tord du verbe tordre?

Tors du torse ?

Ou torsade?

Et que dire alors du Dieu Tor?

Non ! c’est le T

Qui me tord

Et qui , science infuse

Me donne tous les torts.

Celui de la tortue,

Celui de ma torture,

Celui de ton silence,

Celui du mot absence,

Celui qui n’y est pas

Dans nos mots

Dans nos maux.

Nos ? Mais, mais, mais

Je divague.

Le T de temps

De tant, de tenter

De tempo

De tant pis

Du temps zéro

De SepTembre

De je T’aime,

T perdu à Art.

Qu’est ce que l’ art

s’il a perdu son T ?

Uvée, double vais

Hic se tait.

Y de gré ou de force

Ypsilon, illggnga

Doppiavou

X et kappa…

2,3 ou 4 g,

Impie, 2 π doux

Ok, j’avoue!

Comme les lettres manquantes

Aux latines racines,

Lacunaire victime

Ou otage consentante,

Abeille qui se meurt

De ne pas butiner,

On m’a empoisonné

D’un magique nectar

Qui s’appelle amour,

Qui dans son alphabet

Du K, du W

Du Y et du X

se joue tour à tour

Avec d’autres , peut-être

XX, XY, YY.

C’est ça, théorie des genres?

Basta cosi !

Est-il encore l’heure

De dire , l’amour se meurt

La planète étouffe

De tous ces ego Y stes ?

Etre lu, to be read

Je deviens polyglotte

To be rid

Quand j’entre dans la grotte.

Etre débarrassé de tout cet inutile

De tout ce qui pollue

Mais oui , bien sûr

Déjà..île

Je n’ai plus;

D’aile d’ange

Heureux « il »,

Depuis

Que du puits

La vérité jaillit

Une seule bouche à nourrir

Quelle chance!

Je vais crever la dalle

Du plancher  ou du toit

Du lino(leum),Valentin

Valentine,

Peinture indienne

Tatouage sur mes doigts.

Tu ne dois rien , Pascale.

Ton saint patron ,

Berger et transhumance

Trans-humain!

Tends la main,

Ne sois jamais mesquine.

N’avoue rien ou sinon

Malgré ta transparence,

Amour anti social,

On te vouera la haine

D’être tellement banale

De faire du ba bla bla..

Mais c’est tes rêves

Ce sont, dois- tu écrire

Pour ne pas être mal

Jugée, une fois de plus

Par la majorité.

Manquer de motivation

Jamais! vous m’entendez?

Mais , j’ai été jugée

Et on m’a condamné

Par contumace

Par absence

Par oubli

Je m’efface.

Si un seul mot

Surgit,

Je gis

Sur

Le gîte et le couvert.

Du pain , un toit

Vais-je l’avoir encore?

Pire que ça , serait mon sort

Sortilège! Sortir du cœur

De toi si tu me dis « dehors! »

« hors de ma vue , de mes rêves et de mes fantaisies ! »

Toi , TU … mon tout, mon roi !

La dame de cœur ,dans son château de carte

A perçu , un jour celui pour qui , her heart..

Pouvait comme au poker subir un full

Emportée par la foule…

Môme Piaf

Edith …

Et comme chantait Leo

Le grand , le vrai Ferré

« T’es toute nue sous ton pull

Jolie môme

Y a la rue qu’est maboule

Jolie môme.. »

Désolée Mr Ferré !

J’ai pas fait l’école de la poésie

Et vous appeler à la rescousse

Pour sauver une petite abeille.

Ok , je me mets toute nue

Tant pis pour le coq ou la poule

Je suis maboule!

Tant pis pour la secousse

Si elle est sismique

Alors…

On attend les répliques !