Le Silence – Lis Insus (live Paris , Zénith 8/06/2016)

Ernest ( Ernest Vonstras) – L’épouvantail (alb Les contes défaits 2012)

Lul De Fatenin – Guillaume Apollinaire

 

Sirènes j’ai rampé vers vos

Grottes tiriez aux mers la langue

En dansant devant leurs chevaux

Puis battiez de vos ailes d’anges

Et j’écoutais ces chœurs rivaux

Une arme ô ma tête inquiète

J’agite un feuillard défleuri

Pour écarter l’haleine tiède

Qu’exhalent contre mes grands cris

Vos terribles bouches muettes

Il y a là-bas la merveille

Au prix d’elle que valez-vous

Le sang jaillit de mes otelles

À mon aspect et je l’avoue

Le meurtre de mon double orgueil

Si les bateliers ont ramé

Loin des lèvres à fleur de l’onde

Mille et mille animaux charmés

Flairent la route à la rencontre

De mes blessures bien-aimées

Leurs yeux étoiles bestiales

Éclairent ma compassion

Qu’importe ma sagesse égale

Celle des constellations

Car c’est moi seul nuit qui t’étoile

Sirènes enfin je descends

Dans une grotte avide J’aime

Vos yeux Les degrés sont glissants

Au loin que vous devenez naines

N’attirez plus aucun passant

Dans l’attentive et bien-apprise

J’ai vu feuilloler nos forêts

Mer le soleil se gargarise

Où les matelots désiraient

Que vergues et mâts reverdissent

Je descends et le firmament

S’est changé très vite en méduse

Puisque je flambe atrocement

Que mes bras seuls sont les excuses

Et les torches de mon tourment

Oiseaux tiriez aux mers la langue

Le soleil d’hier m’a rejoint

Les otelles nous ensanglantent

Dans le nid des Sirènes loin

Du troupeau d’étoiles oblongues.

 

LP- How low can you Go

LA MÉMOIRE DU MÉDAILLON D’OR – Animation short 2020 -Ecole de l’image GOBELINS

Agnes Obel – Broken Sleep ( alb Myopia Fev 2020)

La province – Damien Saez (extrait libertaire -album: Le manifeste 2016-2019 ni dieu ni maître)

Elle a les yeux d’un Rhône, coulant des bords de Seine

Un sourire de Gascogne, dans café de Compiègne

La vieillesse d’un Bourgogne, brame sur les plaines

Le chant d’une cigogne chantant sur les Cévennes

Elle a le cœur maquis du gilet résistant

D’un Jean Moulin tapis dans les Vercors du temps

D’une nappe Vichy soudain tachée de sang

Non elle n’est pas Paris, elle est le paysan

Elle a les yeux d’un bar tabac du populaire

Montluçon ou Montbard font les mêmes prières

C’est Buffon, c’est Rousseau, c’est Balzac, c’est Flaubert

Ceux qui se lèvent tôt, c’est le brame d’un cerf

C’est le chant du rouge-gorge puis du martin-pêcheur

C’est le chant des manifs du peuple travailleur

Qu’il beau temps ou qu’il pleuve des rivières sur nos cœurs

Dans les gorges des fleuves, c’est quand le soleil pleure

C’est l’enfant de la Drome, au clocher de Provence

C’est quand la baie de Somme ressemble à mon enfance

C’est quand le fort de Bretagne c’est Saint Malo qui trinque

Des villes ou des campagnes c’est le chant des complaintes

C’est quand tout se fini au fond d’un Finistère

Qu’on a plus d’autre choix que combattre les mers

Des plaines, des montagnes, en été, en hiver

Oui c’est quand l’eau de vie fait combattre l’enfer

Elle a le cœur des plaines et les yeux bord de mer

Des populaires sueurs, des travailleurs déter

De Marseille à Toulouse elle fait trinquer les verres

De l’Aube qui vous chante les patois de la Terre

Des Ardèche aux Ardennes, jusqu’au fond de l’Ariège

Elle est quand sur Paris soudain tombe les neiges

C’est quand la Réunion, vos enfants un Bas-Rhin

C’est comme une Martinique soudain qui tend la main

Ils l’appellent la Province, je l’appelle la France

C’est la Terre travailleur, puis c’est cette enfance

Piano jouant Chopin dans la tour des misères

Pour égayer un peu le triste populaire

C’est pisser dans la Meuse que creuse une rivière

Un ruisseau pour aller, oui voir le bord de mer

C’est le dos du Jura, c’est la Marne en Lozère

Au Luberon qui chante, oui l’accent de mon père

Elle a les yeux froncés ou la peau de l’ébène

Elle est des Indochine ou de Mostaganem

Elle est le sang mêlé oui puisque dans nos veines

Se marie les mêmes sangs de l’ivoire à l’ébène

Qu’importe nationale elle restera l’internationale

Terre d’asile oui toujours à mes frères

Elle est de tous pays la plus belle des terres

À qui cherche un abri garde le cœur ouvert

Et si toujours se pointe les discours pourriture

Pour virer les PD, les blacks, quand les ordures

Nourrissant des misères, oui vous jette en pâture

Ceux qui ne portent pas les mêmes traits aux figures

À ces gens-là il faut tendre le doigt bien haut

Il faut porter toujours oui l’unique drapeau

La France face à l’humain elle ouvre son manteau

Pour donner le sein aux orphelins des drapeaux

Elle est pourquoi je tiens mon histoire à bout de bras

Contre tous les fascismes qui gangrènent je crois

Sur les terres imbéciles de leur paranoïa

Contre tous les dandysmes qui gangrènent tu vois

De ces tristes Paris qui se rêvent en London

Qui se rêvent Amérique puis qui pensent que Freedom

Sonne mieux que liberté, tristesse de gavage

Au goulot qu’on enfonce dans les cerveaux propage

Toujours la même histoire alors garde le poing

Levé toujours gamin contre l’empire du rien

Pour l’histoire de ta mère, pour l’histoire de ton frère

Pour celle de ton voisin, pour celle de l’étrangère

Face à l’humain toujours qui voudrait répéter

Le pire de sa nature pour nourrir les charniers

Il n’y a que l’union mariant la différence

Oui qui toujours a fait l’histoire de notre France

Il n’y a que l’union mariant la différence

Oui qui toujours a fait l’histoire de notre France