Solitude – Tu Solide Amour

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“On parle pour rompre la solitude; on écrit pour la prolonger “ Edmond Jabès

 

C’est avec ma solitude, comme seule compagne que je t’écris . Que l’encre des yeux ou le sang du coeur couvrent de mots d’amour les plages de ton île déserte, silence .Qu’ils soient couchés sur un papier à lettre parfumé et décoré en épistolaire déclaration adressée au singulier, qu’ils soient enlacés par une mélodie et emphatiquement déclamés ou qu’ils soient publiés en livres brochés, en écriture électronique  s’affichant ici en public ou ignorés, ils signent un acte d’amour: défricher les terres intérieures d’un univers, qui inlassablement sort d’une boîte crânienne ou de pandore.

 

La sonorité de ces mots et leur résonance sont l’expression d’une musique intérieure, reflet d’un état d’âme, de l’humeur de l’instant ou pire d’un sentiment qui grandit . harmonique, dithyrambique, simplicité complexe, répétition, hypnotique , elle est partie intégrante  de la symphonie du coeur et ne joue que quelques mesures de la partition de l’âme. Te l’écrire, c’est peut-être m’en détacher, en larguer les amarres, couper le noeud gordien.

Ces mots, je les ai portés en moi, gestation silencieuse.Aujourd’hui je leur donne vie, les lâche et te les livre  pour les laisser s’épanouir et mourir. Peu importe ce qu’il en adviendra, qu’ils imitent ,plagient ou motivent et inspirent. Peu importe qu’on s’y identifie ou reconnaisse ou qu’un érudit  y retrouve des traces d’un “ déjà-vu, déjà-lu,déjà-dit”, il ait des coïncidences, des similitudes, des ressemblances dans nos chemins de traverse.

Grâce à toi, je suis en amour de l’amour, amoureuse ; d’amour heureuse: d’affect tueuse en affectueuse; d’amitié ami t’y es !

J’ai l’honneur, par cette missive de ne pas te demander en union, en fusion. Loin de moi, le désir d’être une moitié et toi le tout ou de ne faire qu’un avec toi par acte de sacrifice ultime  : cannibalisme que d’absorber et de faire disparaître pour soi l’être aimant. Quant à la moitié, ce n’est guère mieux : devenir un demi toi, un écho, une contrefaçon et ne plus être entière et singulière . Si l’amour consiste à trouver chez l’autre le miroir de soi même , à attendre que tu me dises ce que je souhaite entendre rien ne vaut l’or de ton silence ! et plutôt que de demander ta main, je préfère en toute liberté te tendre la mienne .

T’aimer c’est te rendre encore plus libre d’exprimer ou non , d’éprouver , de sentir et de vivre , c’est de relier 2 univers en y donnant de la distance, en respectant les frontières, les expansions et compressions .

Ton univers : Tu ouvres les portes de ta maison et me fais visiter ton espace, ton cocon, ton sanctuaire , tes amis et connaissances, tes passions . Tu me donnes le droit d’en explorer la surface et me sers de guide vers les profondeurs tout en délimitant le jardin secret. T’aimer c’est ne pas faire acte d’ingérence, au contraire y respecter tes frontières, s’enrichir et cultiver les différences. Ni maître, ni prison, pas de lutte, de conquête de territoire, d’annexation ou colonisation.T’aimer c’est nos 2 univers, 2 solitudes, 2 humanités qui s’inclinent  respectueusement l’une vers l’autre pour un rapprochement et continuent leur périple. Elles sont porteuse de nos singularité.Malgré des éphémères failles temporelles lors de ces explorations de trous de vers, elles nous réjouissent et nous donnent ce cadeau ultime qu’est la sérénité infinie de sa savoir ensemble partie intégrante du même cosmos.

 

Te livrer mes émotions, mes sentiments, te dire  aujourd’hui je t’aime sans t’enchainer ou t’attacher, sans  te restreindre ou réclamer en retour, c’est accepter ce lien affectif qui ne ligote pas . Je revendique ma seule responsabilité  dans ce droit de t’aimer, d’aimer seule en toute liberté sans besoin d’appartenance ou de possessivité, d’approbation ou de reconnaissance , ne t’en déplaise.

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En toute légitimité , je peux exprimer mes désirs, mes envies, écrire, chanter ce que nourrit l’absence  loin de la notion du manque ou du vide à combler. Ton amour-heureuse , solitaire n’a rien d’un ermite ou d’une nonne et sur sa planète naine , elle caresse de ses mots le papier quand elle déborde de gestes de tendresse à donner . C’est un papier buvard, pas bavard qui absorbe l’expression des désirs refoulés et l’argile ou les toiles , les rimes ou l’effleurement d’un pinceau, le frôlement des cordes de guitare  qui changent en expressions créatives les tensions pulsionnelles.Les sons, les couleurs et les mots du sensuel caressant, excitant se transforme en énergie. Les doigts ne martèlent plus le clavier.Leur pulpe en effleure les touches comme ta peau métaphorique et les mots s’y tatouent.l’absence de toi n’en est point souffrance mais naissance d’un élan , elle n’est pas source d’isolement mais fait briller ma solitude de cette liberté d’ouverture pour l’imprévu et pour le monde.

Contradiction ou paradoxe que ton vibrant silence nourrissant la liberté, tissant un lien qui délie . T’aimer c’est se libérer de la dépendance, c’est aimer l’amour, aimer sans ce besoin aliénant de d’abord vouloir être aimée .

En d’autres temps, pas si lointains, j’aurais été dans l’attente de tes mots cajolants, sécurisants dans l’attente de gestes de tendresse, d’invitation ) plus comme autant de preuve d’un sentiment en retour. Le silence n’est pas de l’indifférence et parce que je t’aime, je ne suis jamais seule.

Noctambule, funambule, j’erre sur le fil tendu entre 2 mondes et tu es mon balancier . Une nuit de canicule, je suis partie à tâtons me promener dans le noir et le semblant de fraîcheur avant que le soleil ne se lève . Mes pas m’ont mené dans un champs au voisinage. En toute liberté, mes sens  et la conscience en éveil, j’ai perçu un bruissement d’insectes, les senteurs des herbes séchées et la chaleur diurne accumulée par les pierres, une brise légère me faisant parcourir la peau de frissons agréables. Toutes ces sensations me faisaient voyager vers toi. J’y ressentais ta présence , mon coeur empli de pensées pour toi. . Je ne suis pas seule dans cette solitude et riche de l’amour que j’ai pour toi . J’en apprécie chaque petit moment, petit bonheur, l’imprévisible, la joie, le ravissement et l’étonnement. C’est être dans l’échange même à distance à défaut du partage.

T’aimer c’est respecter ta liberté, ton indépendance, ton autonomie, ton auto-suffisance. C’est ne pas s’immiscer dans ton environnement , ton cercle d’amis ou de s’imposer comme spectatrice de tes faits et gestes , c’est au contraire apprécier et se réjouir  de tes nouvelles rencontres, centres d’intérêt et passion. T’aimer, c’est exprimer de l’admiration pour ta curiosité en toute chose, tes talents et tes compétences .C’est écouter sans être dans le jugement mais donner un avis , le sien propre et unique sans flatter, ni flagornerie, sans duperie , sans jalouser ou envier.C’est te souhaiter une multitude  de moments de joie, de découverte, de surprise, d’étonnement loin de la routine et du banal . C’est être heureuse de ta félicité, de tes amours, de ta verticalité , d’un envol vers une quête d’absolu. T’aimer c’est aussi rester entière et singulière, ne pas chercher à te ressembler ou à changer pour te plaire , éviter le mimétisme et te laisser libre de poursuivre l’exploration planétaire ou de changer de période orbitale.

Dans la solitude , on peut lire  solide tu. Le tu est aussi la quête du “soi”, la rencontre avec ses fragilités et faiblesses, sa part d’ombre, ses blessures /On y puise alors ses forces, son amour, son énergie, sa solidité. C’est ce sentiment riche et si particulier du sodade

Solide et libre alors de te dire, de t’ecrire. Finis les interdits, le contrôle source de frustration de ne pas être soi dans son intégralité, finis de s’effacer, de s’oublier.

De l’aspect extérieur de ces phrases, tu en percevras la gnose . Dans le respect de ton cocon, sanctuaire de tes secrets, de ton être intérieur, aimer la métamorphose encore inachevée.Tenir sous silence tes doutes ou taire tes sentiments . Retranscrire  au travers d’un vocabulaire de couleurs sonores dont toi seul connait le code et l’offrir en écoute n libre à toi d’en expliquer le fondement ou de garder le silence. Chacun y trouvera sa propre traduction. Solitude chérie dans l’acte de création.

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T’aimer, c’est ne rien demander de plus que ce que tu offres. C’est ne pas oublier d’être seulement dans le présent , la rencontre fortuite , tu es tel que tu étais avant cet événement et c’est ce tout  avec tes différences, ton altérité qui m’a fait m’arrêter , m’étonner, me ravir et t’aimer. T’aimer en toute liberté , c’est aussi accueillir chaque opportunité et faire un don anonyme d’amour universel dans ce lien sans entrave et sans  engagement qu’est l’ amitié. C’est, dans ce cheminement solitaire volontaire d’être ouvert à tous en ce monde, c’est fraterniser et se sentir relié.

Solitude, on te nomme folie, asociale, non conforme lorsque tu quittes la boite d’un collectif à la pensée unique, lorsque tu n’ adhères ou ne colles à aucune des étiquettes d’un type de société, de religion, de philosophie, de culture, de mode de pensée. Solitude, tu es nécessaire pour  apprendre à se connaître, à découvrir toutes les facettes qui fait être unique et singulier en étant unifié et être partie d’un tout. , tout le contraire du manque, de l’isolement et de l’abandon . Solitude , tu m’as appris la valeur du silence, de la distance, de l’absence et toi , amour, tu m’apprends la patience, la bienveillance, la compassion, la constance et les frontières de la liberté.

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Cesaria Evora – Sodade

Frappe toi le cœur !

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Frappe toi le coeur

Comme écrivait Musset

Ou la Nothomb, auteurs

Au delà de ces traits

Loin d’une étude de moeurs

De la rythmique humaine

Nature et profondeur

La souffrance, le chagrin

Les amours et les peurs

 

C’est là qu’est le génie

Quand tape le tambour

Dont la peau retentit

Et couvre le bruit sourd

 

Cymbales et charleston

Vibrant en harmonie

Des émotions des hommes

Insensée batterie

Les sentiments resonnent

Déraison et oubli

 

Quand tambour est le coeur

Et que,  brisé il git;

Les baguettes de l’amour

et les membranes , détruit

 

Tabla, tama, tam tam, taïko

Quelque Soit le pays

Quand la haine prend de haut,

Jalousie et mepris

Percutant les affects

Faisant tonner les bruits

 

Grosse caisse de fanfare

Frappe toi le coeur

Et dans ce tintamarre

Comme un amour se meurt

Exprime alors l’espoir

En caressant les pleurs

Du balai babillard

Chahute donc les leurres

Instrument avatar

Aux illusoires rancoeurs

De ton cardiaque rempart

Sois en le bâtisseur

L’architecte des hasards

Épanouis le en fleurs

 

Du génie de ton coeur

Frappes en la cadence

Et danse, danse !!!!!!

Texte : Pascale Lafraise

Le verbe – L.E.J (album les poupées russes)

Paroles:
Quand j’me réveille j’veux du silence, lui seul sait m’écouter
Il n’y a qu’en lui que j’ai confiance, en termes de conseils beauté
On aimerait que je me taise mais je ne me vêts que du verbe
La lumière du mot, c’est dans la note qu’elle devient réverbe
Je m’offre à lui nue comme un vers qui n’est pas alexandrin
Et lui parle avec une voix qui se marie avec son grain
Je me pare de laine, lui parle des vers de Verlaine
Je m’épile électrique, il aime mes va et vient
Rouge à lèvres, sourire blanc, rimmel bleu méthylène
Lui sait que sous mes bonnets, je rêve de doigts phrygiens, phrygiens
Quoi? Sous prétexte qu’on est belle faudrait être polie et s’taire?
Les compliments circonstanciels, lui, il ne sait pas les faire
Quoi? Sous prétexte qu’on est belle faudrait être polie et s’taire?
Les compliments circonstanciels, lui, il ne sait pas les faire
Je maquille ma figure de style, fouille dans mes vieux habits
Multiples propositions, aucun article n’est défini
Je lui parle, il ne répond pas, c’est une drôle de séduction
Le paradoxe, c’est que de ça, je sais faire abstraction
C’est de lin et de coton qu’il compose ses oraisons
Quand il réfléchit peu, il me croit sage comme une comparaison
Mais moi je serai plus qu’une anacoluthe je serai une anaphore
Tant pis si je pléonasme, il nie ma morphologie d’amphore
Quoi? Sous prétexte qu’on est belle faudrait être polie et s’taire?
Les compliments circonstanciels, lui, il ne sait pas les faire
Quoi? Sous prétexte qu’on est belle faudrait être polie et s’taire?
Les compliments circonstanciels, lui, il ne sait pas les faire
Face à son œil de verre je vocalise des immondices
Son cœur de métal dérobe les formes de ma robe qui plisse
J’enfile comme des métaphores, mes collants filés
Et il plaide la folie tout au long de mon défilé
Il m’épuise à ne pas parler et à rester de glace
Pourtant, dans la chaleur de mon souffle, ce sont des cœurs que je lui trace
J’aimerais que l’image qu’il renvoie ne puisse pas s’estomper
Qu’il me dise que je suis belle car je ne peux pas le laisser tomber
Quoi? Sous prétexte qu’on est belle faudrait être polie et s’taire?
Quoi? Sous prétexte (polie et, polie et) Quoi?
Sous prétexte (polie et s’taire)
Les compliments circonstanciels, lui, il ne sait pas les faire
Quoi? Sous prétexte (polie et, polie et)
Quoi? Sous prétexte (polie et s’taire)
Les compliments circonstanciels, lui, il ne sait pas les faire
Quoi? Sous prétexte (polie et, polie et)
Quoi? Sous prétexte (polie et s’taire)
Les compliments circonstanciels, lui, il ne sait pas les faire

 

Sabotage – Home again acoustic

Cheers for local product sound! Enorme coup de coeur en toute simplicité !!

Douceur

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Zooman2009 (flickr)

Quand les mots sont des caresses

Des gestes tendres tout en pudeur

Qu’ils, parfois, n’auraient de cesse

D”enlacer tout en douceur

 

Ils s’accompagnent de silence

De points de suspension

De soupirs ou de latence

Des virgules inexperience

Réponse aux interrogations

D’un monde prêt à l’implosion

 

Ils n’osent pas toujours se dévoiler

Et s’afficher au grand jour

Quand l’âme est leur encrier

Ils tatouent d’un acte d’amour

Le corps, l’esprit et la psychée

Comme trouvères et troubadours

Ils dessinent la carte du tendre

N’en déplaise aux contemporains

Aux geeks, aux technos ,aux malins

Quand l’harmonie cherche à tendre

Crayon de la vie entre ses mains

 

Quand du coeur chante le vocabulaire

Cherche à s’accorder à la grammaire

Il recherche l’harmonie

Qui tenderait vers l’infini

Ces mots auraient comme compagne

La brise , dans les blés, en campagne

Le torrent d’eaux glacés en montagne

Le chant du grillon, de la cigale

De l’hirondelle, rien de phénoménal

De la simplicité, l’éphémère

Laisse place pour cet ami

Pour cet amour indéfini

A tout ce qui, dans les non -dits

Mais que les murmures suggèrent

Quand les mains balbutient

Caressent les mots et rien n’égale

D’y adjoindre un petit air

Avec langueur faire longue escale

Au continent  tendresse, douceur

Car il est temps, car il est l’heure

 

Quand les mots sont des caresses

Des gestes tendres tout en pudeur

Qu’ils, parfois, n’auraient de cesse

D »enlacer tout en douceur.

Photo : Zooman2009 Flickr

Texte : Pascale Lafraise

Amours enfantines

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Les amours enfantines

Sont loin d’une comptine

T a rien de fantasmé

C’est juste de l’éprouvé

Qu’elle soit princesse ou fée

Il n’existe rien de minime

Quand le coeur apprend l’hymne

Pour son preux chevalier

 

Dans leur imaginaire

Ils deviennent bateau

Et voguent sur les flots

Se sentent temeraires

Et c’est au fil de l’eau

Que magnifiques corsaires

Font chavirer le beau

Et tout ce qui leur est cher

Disparait aussitot

Ils ont quitté la terre

Dans un voyage stellaire

 

Anges, demons, sorcieres

Cherchent à rompre le charme

Avec des interdits

Des “ vous êtes trop petits”

« -Quel age est nécessaire?

-Combien faut il de larmes

Pour qu’il soit permis

A l’amour de dire  OUI? »

 

Et ne vous moquez pas !

Y a rien d’plus malheureux

Qu’un jeune coeur brisé en 2

Il n’y a pas d’heure

Pour découvrir

Et ressentir

Ce qu’est le malheur

 

Quelqu’un qui te fait la misère

C’est comme le manque d’une mère

Qui a oublié de te faire

Câlins “je t’aime”

Tendresse et même

Te nourrir de douceur

Te sourire de bonheur

 

Les amours enfantines

N’ont rien d’une comptine

N’ont rien d’imaginaire

Deux âmes qui, de concert,

Des secrets de la Vie

Découvrent la folie

Vibrer à l’unisson

Quand on est polisson

 

Les amours enfantines

Se moquent bien des “ grands”

Adulte, souviens toi

Que , lorsqu’on égratigne

L’amour à coups d’épines

On regrette parfois

Avec tant d’insistance

Ce premier elan electrique

Premier amour initiatique

Dans la totale confiance

De l’Enfance!!

Texte : Pascale Lafraise

Photo tirée du film : Jeux d’enfants 2003, réalisateur, Yann Samuel