De l’expérimentation à une nouvelle conception discographique , Concept Album qu’est ce que c’est ? Exemple en Playlist Virtuelle .

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Cette année a vu passer les anniversaires des 50 ans de nombreux albums de musique  devenus  mythiques comme par exemple Sergent Pepper lonely heart club’s Band  des Beatles . Il fait partie de ce qu’on appelle les albums concepts . Mais qu’est- ce donc ? Sans reprendre tout l’historique et sans vouloir polémiquer sur le premier album concept de l’Histoire de la musique, je vous propose une petite visite de quelques monuments discographiques qui servira d’éléments de playlist pour un stream consacré à ce sujet ce soir, dans une plateforme internet  en diffusion pour des auditeurs également via Shoutcast.Nouveau concept de Lafraise endossant sa tenue de DJ  dans un monde virtuel : afin de ne pas saturer le chat local avec des commentaires écrits ou trop d’interventions vocales de l’animatrice radio , cet article , en lien , permettrait aux intéressés d’y glaner des détails, anecdotes , thématiques ou idées des albums sélectionnés.

 

Un album concept est une création par un artiste ou un groupe musical dont toutes les pistes sont reliées par un thème, une idée, une histoire .Le lien se retrouve à travers des ponts musicaux, des rappels dans les paroles, des enchainements narratifs mais aussi, la plupart du temps par une cohérence et une esthétique visuelle un packaging , une pochette et un livret portant les symboles , les images particulière à cette œuvre complète. L’album Octavarium de Dream Theater livrera certains de ses mystères en matière de concept poussé à l’extrême (détaillé plus bas ..)Un album  concept propose des thèmes récurrents dans chacun des morceaux ou est le fil conducteur d’une histoire contée tout au long des différentes pistes; .. Une construction faite avec finesse, tant pour la narration , à travers les textes ciselés que par l’architecture musicale  faite de ponts, de rappels , d’échos entre les musiciens . De cette étincelle créatrice naissent sur scène  en live des spectacles enchanteurs. Origine des opéra rocks , parfois , repris en source d’inspiration  au cinéma ….Certains albums ont inspiré leurs auteurs , des comparses ou plus tardivement des esprits réceptifs à la portée visuelle de ces contes, histoires, témoignages d’une époque, de ces critiques constructives des abus et déviances d’une société en crise via la bande dessinée, le théâtre , les films d’animation et tout autre moyen d’expression .. Qui inspire l’autre ??

L’historique des concept- albums , depuis que les enregistrements musicaux sont possibles est détaillée sur de nombreux sites dédiés ) la musique ou d’informations générales  ( Cf Wikipedia).Une présentation comme figurant dans une playlist permettra de voyager à travers les années et les genres musicaux.

Le concept développé par Les Moody blues  dans Days of future passed  est de suivre la journée d’un homme normal dans sa vie quotidienne . Les titres  rythment les moments de cette journée .

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    1. The Day Begins: Morning Glory
    2. Dawn: Dawn Is a Feeling

 

  •  The Morning: Another Morning
  • Lunch Break: Peak Hour

 

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  • The Afternoon: Forever Afternoon (Tuesday?)
  • Evening: The Sunset / Twilight Time

 

  1. The Night:Night in white satin  / Late Lament

il s’agit du « premier album concept indiscutable de l’Histoire du rock, d’après l’universitaire Christophe Pirenne, , et sans doute également de la première collaboration « systématique » entre un groupe de rock et un orchestre symphonique.

Pet  sound – The Beach Boys

Plusieurs des disques sortis en 1966 étaient considérés comme des « concept albums » dans le sens qu’ils présentaient des chansons liées par leur thème, et encouragèrent d’autres musiciens à utiliser le format album de cette manière. Pet Sounds est un reflet de l’état d’esprit de Wilson à l’époque (et une inspiration majeure de Paul McCartney). Bien que l’album présente un thème commun du point de vue des émotions, Wilson et Asher ont plusieurs fois répété qu’il ne présentait pas de narration spécifique. Cependant, Wilson concède qu’on peut considérer Pet Sounds comme un « concept album » de par la manière dont il a été produit et structuré. Ses chansons racontent l’histoire d’une relation tumultueuse, reflet de la vision de Wilson sur le passage difficile de l’enfance à l’âge adulte dans l’Amérique des années 1960, la nature excitante mais fugace de l’amour, et l’attente d’un futur meilleur.

Sgt Pepper lonely heart’s club band  -The Beatles

Dans cet album, la « fanfare du club des cœurs solitaires du sergent Poivre » accueille le public à son concert. L’album Sgt Pepper est ce concert, et tout, jusqu’à la pochette innovante — elle s’ouvre, elle contient les paroles des chansons imprimées au dos, elle est munie d’une planche d’accessoires à découper, une première dans le rock — et débordante de couleurs, fait de ce disque un pionnier de l’album-concept, ne serait-ce que par son retentissement. Le biographe Steve Turner écrit : « presque toutes les conventions régissant les 33 tours furent transgressées »

Pourtant, au-delà du personnage de Billy Shears (interprété par Ringo Starr), qui fait le lien entre la chanson-titre et With a Little Help from My Friends, les chansons n’ont pour la plupart aucun rapport entre elles. Afin d’assurer la cohérence du projet, le groupe, sur une idée de son assistant Neil Aspinall, décide de reprendre la chanson-titre en avant-dernier morceau (« merci, nous espérons que vous avez aimé le show, nous sommes désolés mais il est temps de partir »), plus vite, plus rock et dans une autre tonalité. Et parfois, le hasard fait bien les choses ; le cri du coq que l’on entend à la fin de Good Morning Good Morning est dans la même tonalité que le premier accord de la reprise de Sgt Pepper et permet donc de lancer celle-ci.

L’album se clôt par le long decrescendo d’un accord de mi majeur — joué simultanément sur tous les pianos disponibles dans les studios Abbey Road par John Lennon, Paul McCartney, Ringo Starr, George Martin et Mal Evans -, un sifflement à 20 kHz, inaudible par l’homme mais destiné à faire aboyer les chiens, et un « jingle » sans fin sur le sillon intérieur

Si Sgt. Pepper n’est pas un album-concept au sens strictement musical, il en est un tout simplement parce que ses auteurs l’ont pensé ainsi et l’ont fait savoir.

Jethro Tull – Aqualung

Ian Anderson, le leader du groupe, a cependant toujours nié qu’Aqualung fût un album concept, et il est vrai seule la deuxième face traite vraiment du même thème de la religion.

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Jethro Tull, « Thick as a Brick », 1972. Aux critiques musicaux qui prétendaient, à tort, qu’ »Aqualung » était un album concept, Ian Anderson, chanteur de Jethro Tull, répondit avec « Thick as a Brick ». “C’est comme s’il ne contenait qu’un titre”, souligna l’artiste. « Thick as a Brick » est un album riche, au tempo et à l’instrumentation variés, aux textes métaphoriques. Il raconte l’histoire de Gerald « Little Milton » Bostock, un gamin de 8 ans qui s’impose dans un concours littéraire réservé aux adultes. Couvrant l’événement, le journal local d’une petite ville salue d’abord ce nouvel auteur inconnu, puis il découvre le pot aux roses et finit enfin par exclure le jeune imposteur.L’histoire de sa participation,son triomphe et disqualification s sont détaillées dans les notes sur la pochette du disque , comme composition d’articles du journal d’une petite ville . Les textes des chansons  sont imprimés, ainsi que de nombreux articles, tous écrits par Ian Anderson, qui a un grand sens de l’humour. Cela favorise l’idée de « parodie », en se moquant du journalisme des petites villes.

Small faces_ Ogdens’ Nut Gone Flake

Seule  la face 2 est vraiment intéressante en ce qui concerne les albums de concept. Il raconte l’histoire de Happiness Stan, qui, avec une mouche magique, se lance à la recherche de la moitié manquante de la lune. L’histoire elle-même est racontée par Stanley Unwin, un comédien britannique, dans une langue mi-anglaise mi-gobbled inventée, tandis que le dialogue entre Stan et les différents personnages étranges qu’il rencontre prend la forme de chansons. C’est un album distrayant, et contrairement à la plupart des albums concept, il n’essaie pas de vous faire penser ou transmettre des messages profonds à part « La vie est juste un bol d’All-Bran / Vous vous réveillez tous les matins et c’est là « Un documentaire  dans lequel apparaissait cet album l’a intitulé » Blues-rock teinté d’âme et pop psychédélique avec une saveur de pitrerie moqueuse  de music-hall de Cockney « résume assez bien.

Arthur (Or Decline and Fall Of The British Empire), Tha kinks 1969

Apres leur premier Album Concept The Kinks Are the Village Green Preservation Society. « La vie , les pensées , les espoirs et les rêves d’Arthur, les histoires que Ray Davies a écrites et produites, les petites scènes que les Kinks jouent  et  chantent, un album qui est un chef-d’œuvre à tous les niveaux. La réalisation suprême de Kinks. « ~ De la revue Rolling Stone, 1er novembre 1969. Péripéties d’ Arthur ayant quitté son pays natal pour vivre son rêve en Australie .Dans la magnifique chanson « Shangri-La », nous apprenons que la vie en Australie n’est pas ce à quoi il s’attendait. Ce n’est pas le Shangri-La de leurs rêves:
Dans la dernière chanson, « Arthur », nous laissons le protagoniste à la fin de son rêve, essayant de trouver ce qui n’a pas fonctionné.

The Who, « Tommy », 1969.

La création de l’opéra rock Tommy élève les bouillonnants Who au rang de pionniers. Le genre fera école, notamment en francophonie avec « Starmania ». Composé par le guitariste Pete Townshend, « Tommy » raconte l’histoire d’un gamin qui voit son père tuer quelqu’un. Sa mère lui lave le cerveau pour le convaincre qu’il n’a rien vu. Ses sens s’effacent un à un. Le voici sourd, aveugle et muet! Ses parents cherchent un traitement. En vain. Leur frustration est telle qu’ils se retournent contre Tommy, qu’ils battent, torturent et droguent. Les médecins finissent par comprendre que l’origine du mal est psychosomatique. Un miroir brisé va sortir Tommy de sa torpeur. Il devient un prophète, mais ses fidèles finiront par le rejeter.

The Who, « Quadrophenia », 1979. Après le triomphe de « Tommy », le guitariste énergique des Who, Pete Townsend, décide de remettre le couvert. Pour « Quadrophenia », Townshend développe donc une nouvelle histoire à décliner en plusieurs tableaux, sur scène. Cette fois, l’action se situe à Londres, où l’on s’attache à Jimmy, un jeune qui aime lles femmes, la drogue  et la violence. Désenchanté, il se rebelle, d’abord contre ses parents, prend un train pour Brighton où il a précédemment connu d’autres fêtards, comme Ace Face .Iécouvre en arrivant qu’il travaille comme groom. Convaincu de n’avoir aucun avenir, Jimmy vole un bateau et vogue jusqu’au large où, sous une pluie battante, il songe à sa triste vie… Le succès de ce deuxième opéra rock est tel qu’il donnera lieu à un film.

King Crimson, « In the Court of the Crimson King », 1969. En matière de rock progressif, il est indéniable que King Crimson a pulvérisé les codes existants pour emmener le rock là où il n’était encore jamais allé. Le premier album du groupe, sorti le 10 octobre 1969 sur le label Island, a ouvert des horizons nouveaux à une génération au moins de musiciens. Les membres de King Crimson, tous virtuoses, s’aventurent dans le jazz ou la musique symphonique en explosant les rythmes binaires. Bien sûr, il s’agit de rock exigeant que bien des gens ne comprendront jamais, mais plus les années passent et plus le génie de ce groupe apparaît au plus grand nombre. Une première salve qu’on qualifiera de rock symphonique qui annonce déjà les bouleversements absolus de « Discipline » et autres chefs d’oeuvre.

Freak out! The mothers of invention ( Zappa) 1966

Le thème de l’album n’est pas musical, mais se situe au niveau des paroles. On y trouve la vision satyrique de Zappa sur la culture pop américaine (un sujet récurrent, depuis usé et abusé par de nombreux artistes). Une grande farce sur la musique rock et les États-Unis : « Toutes les chansons sur l’album sont à propos de quelques choses, »écrit Zappa dans son livre The Real Frank Zappa Book, « Ce n’était pas comme si on avait un tube et que l’on devait remplir le vide autour. Chaque chanson avait sa fonction et s’inscrivait dans un concept satirique ».

 L’histoire du rock est telle qu’elle a parfois conduit certains artistes à se moquer ouvertement d’autres. Tel est le cas du premier groupe de Frank Zappa qui n’hésitera pas à ressortir son album « Freak Out! » avec une pochette délirante copiée sur celle de « Sergent Pepper’s Lonely Hearts Club Band ». Ce qu’on ignore souvent, en revanche, c’est que les quatre de Liverpool se sont aussi inspiré de l’album des Mothers of Invention, sorti un an avant le leur! Avec « Freak Out! », les Mothers of Invention ont imaginé un album concept dont chaque chanson parodie un aspect de la culture pop américaine. Chaque titre a été pensé pour s’insérer dans un ensemble. Un vrai puzzle! “Ce n’est pas comme si nous étions sûr d’avoir un tube et que nous avions fait du remplissage tout autour”, ironisera Frank Zappa. Le résultat? Un disque d’avant-garde à redécouvrir avec bonheur.

Frank Zappa, « Joe’s Garage », 1979. On ne dira pas de Zappa que sa musique était d’accès facile. Guitariste exceptionnel, le musicien n’aimait rien davantage que déconstruire et rompre l’équilibre rythmique. Les concepts albums, il adorait ça. Dans le genre, on aurait pu retenir Apostrophe, groovy de bout en bout et parfois très marrant sur le modèle d’une suite de sketches.

Dans « Joe’s Garage », Zappa imagine un ado qui forme un groupe dans son garage et rêve de devenir une idole, mais c’est sans compter sur Big Brother, ou plutôt the Central Scrutinizer, comprenez les autorités qui vont l’influencer. Joe finira par verser tout son fric à la religion d’Etat avant d’être arrêté et lorsqu’il sera enfin libéré, il finira fou. Une histoire formidable et des titres d’une efficacité redoutable.

Spliff, « The Spliff Radio Show », 1980. En dehors d’une formation dans le chant lyrique et d’une propension à agacer le régime communiste est-allemand qui lui vaudra d’être expulsée (si, si!) à l’Ouest en 1977, où elle arrivera à point nommé, en plein mouvement punk, l’inimitable Nina Hagen avait un talent rare: débusquer des musiciens exceptionnels. A son arrivée en RFA, elle flashe sur le groupe Spliff, surtout actif dans la new wave, qu’elle détourne à son profit, le rebaptisant Nina Hagen Band pour ses deux meilleurs albums. Délaissant ensuite cette furie de Nina pour se retrouver entre mecs, les rockers allemands signent le « Spliff Radio Show », une pure merveille! Unique album du groupe enregistré en anglais, le « Spliff Radio Show » est conçu comme une station de radio, avec sa musique variée – chaque titre reflète un style musical différent (électro, reggae, punk-rock) -, sa publicité et même ses jingles.

Songs for the deaf – Queens of the stone age

Troisieme album studio nous emmenant en balade de Los Angeles au désert Mojavetout en écoutant les stations de radio des villes en cours de route, comme Banning en Californie et Chino Hills , en changeant toujours de fréquence jusqu’à ce que l’une des chansons de l’album soit jouée.
Mais outre les annonces radio divertissantes (« Nous jouons les chansons qui ressemblent plus à tout le monde que n’importe qui d’autre. »), Avec l’appartenance changeante du groupe, cet album est aussi célèbre pour avoir mis en vedette Dave Grohl à la batterie, qui, avec Josh Homme, Nick Oliveri, et le chanteur Mark Lenagan, était sans doute l’une des meilleures « line up » dans leur histoire.

Gong, « Flying Teapot », 1973. Peu de jeunes (et même de moins jeunes) connaissent Gong, groupe cosmopolite emmené par le discret Australien Daevid Allen, décédé . Artiste complet, chanteur et peintre, Allen a aussi co-fondé Soft Machine. Gong est un groupe phare formidablement créatif, qui a donné naissance à multiples affluents: Mother Gong, New York Gong, Pierre Moerlen’s Gong, etc. Son univers, psychédélique, oscille entre le rock progressif et l’électro. La faute à ses incroyables musiciens: le guitariste Steve Hillage, le saxophoniste Didier Malherbe et le batteur Pierre Moerlen surtout. De souche franco-anglaise, Gong a enregistré une foule d’albums, tous plus intéressants les uns que les autres. De la musique sous influence contant des histoires de gnomes invisibles et de théières volantes. L’album « Flying Teapot » justement, ouvre la trilogie Radio Gnome. Un voyage. Cosmique et fascinant.

Camel, « The Snow Goose », 1975.  Pour son 3ème disque, Camel pense s’inspirer de Siddhartha, le roman de Hermann Hesse. Le projet est abandonné au profit d’un autre livre, « The Snow Goose » (L’Oie des neiges) signé Paul Gallico, dont Camel compte citer des passages entiers, mais l’écrivain s’y oppose avec force. Il attaquera le groupe en justice pour des questions de droit d’auteur – et non à cause de la cigarette comme on le dit. Contraint de penser l’œuvre sans paroles, les têtes pensantes de Camel, Andy Latimer et Peter Bardens se soumettent et écrivent, en une nuit (!), une symphonie.

Certains groupes musicaux ont la particularité d’enchainer les albums concepts

Nombreux albums de Rush   caress of steel, 2112;a farewel  to kings

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Pink Floyd .

Les incontournables en la matière : Groupe rock dont les membres ont toujours aimé composer de manière thématique, en privilégiant des sujets, une atmosphère quasi systematique, alors que s’eesae à ce style presque tous les groupes rocks anglais du moment.

Pink Floyd, « Dark Side of the Moon », 1973. Seul album concept dans l’Histoire à s’être vendu à plus de 40 millions d’exemplaires. D’aucuns le considèrent d’ailleurs comme le meilleur album rock jamais enregistré.  Chaque morceau de cet album est basé sur un des éléments de stress de la vie humaine (le temps, l’argent, la guerre,la mort , la maladie mentale) et  réfléchit à la place de l’homme dans l’univers. L’ombre de Syd Barrett est présente, notamment dans le titre « Brain Damage ».

Pink Floyd, « The Wall », 1980. . L’isolement et la folie qui ont conduit leur premier chanteur, Syd Barrett, à l’hopital psychiatrique  pour avoir abusé des psychotropes, ont guidé Roger Waters dans son travail pour « The Wall », qui raconte le destin de Pink, surprotégé par sa mère après le décès de son père à la guerre. Tourmenté par ses profs, Pink devient une rock star. Mariage voué à l’échec, il s’implique dans des relations douteuses, se drogue, tombe dans la violence . Tous ses traumatismes sont autant de briques dans le mur qui le sépare du monde réel(Emprisonnement dans ses pensées troubles et ses fantasmes  paranoïaques de dictateur fasciste) . Un sursaut de conscience lui dicte de se ressaisir  et qu’il va falloir abattre le mur  pour se libérer. Intelligent et puissant.

Arcade Fire, « The Surburbs », 2010. Basés à Montréal, les rockers canadiens ont envisagé tous leurs albums de manière conceptuelle. Cela fait partie de l’ADN du groupe et c’est aussi ce qui a séduit feu David Bowie, invité surprise de l’album « Reflektor » en 2013. Dans l’aventure d’Arcade Fire, un détail a son importance: la petite église de Farnham, le lieu unique le groupe a enregistré ses trois premiers albums. « The Suburbs », sorti en 2010 et couronné d’un Grammy, explore la banlieue dans toute sa diversité, ce lieu où le chanteur Win Butler et ses petits camarades ont grandi. La banlieue et son décor, peu riant. Gamin, Butler rêvait de s’en échapper. Dans « The Suburbs », il y revient pour la regarder avec ses yeux d’adulte et finit par constater que la vie n’est qu’un éternel recommencement. Un grand disque.

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Remontant le temps, voyage dans l’espace et histoire

David Bowie, « The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars », 1972. Qui mieux que David Bowie incarnait la rock star,, l’étoile du rock  au sens universel du terme? Personne. Maître David sévit maintenant dans une autre dimension, mais il aura passé sa vie à s’aventurer hors des sentiers battus. Pour beaucoup, son premier album est resté inégalé. Malgré le nombre d’années de sa sortie , il n’a pas pris une ride. Bowie se projette dans la peau de Ziggy, un être androgyne venu d’ailleurs qui choisit le rock pour délivrer un message d’espoir tandis que se profile la fin du monde dans les 5 ans à venir. Ziggy, guitariste  doué voit son ascension avec son groupe  « les araignées de Mars »,  dérape et sera victime de ses excès. A noter que lors des concerts live D.Bowie poursuit le concept en nommant officiellement ses musiciens qui l’accompagnent  » the spiders from Mars » comme on peut l’apprécier dans le film éponyme au nom de l’album.

Spirit, « The Adventures of Kaptain Kopter & Commander Cassidy in Potato Land », 1981. Si vous aimez les Doors, Jimi Hendrix et des groupes comme Traffic, vous ne pouvez passer à côté de Spirit, un groupe américain emmené par son guitariste virtuose Randy California et son batteur Ed Cassidy. Après plusieurs excellents albums, nos deux complices enregistrent cet album-concept délirant où ils s’imaginent à la place de deux rockers cosmonautes explorant un monde étrange, le Pays des Patates, en quête de sons et de sensations rock. L’album défile comme une fiction, avec des dialogues et des effets sonores entre les titres. Humour garanti .

Green Day  American idiot Un jeune homme vivant en banlieue et s’ennuyant à mourir, aspirant à autre chose qu’à la routine quotidienne ,décide de partir. C’est « Jesus of suburbia »Après avoir erré et s’être découragé, il rencontre son alter ego, un sale gosse punk et violent ( St Jimmy)  Il découvre alors la drogue, puis l’amour, avec Whatsername. Letterbomb lui annonce sa rupture .St Jimmy meurt ensuite. Désœuvré dans les rues , sans ami et ans amour il décide rentrer chez lui , peu apres la mort de son père ( Wake me up when september ends) Bien que  rangé, il continue à avoir une pensée émue pour cette période et pour celle qu’il a rencontré. Les thématiques sont  clairement punk : l’ennui face à une Amérique des banlieues, la critique de la politique américaine (Holiday). L’idée centrale est un  gamin perdu, en quête d’aventure et d’identité, auquel personne ne s’intéresse. Evocation dans ans « Jesus of suburbia » refrain : « City of the damned, lost children with dirty faces today, and no one really seems to care ». On suit  tout au long de l’album ce gamin, ce Jesus of suburbia et son parcours initiatique.

Autre style, autre thématique

Stevie Wonder, « A Journey Through the Secret Life of Plants », 1979. Ce double album conçu comme bande originale du film documentaire de « The Secret Life of Plants », devait figurer dans cette selection. Des synthétiseurs en cascade, de la virtuosité partout. Stevie Wonder, toujours en quête de sons nouveaux, découvre le sampler et l’utilise pour la première fois en studio, avec brio. L’album, essentiellement instrumental, décontenance totalement la critique qui ne le comprend pas. Dans une époque dominée par le disco, surtout aux Etats-Unis, les fans, eux, attendaient plus de voix. Ils sont déçus, mais sauront néanmoins prendre le temps de découvrir ce disque majeur, profondément avant-gardiste.

On peut alors penser qu’une BO de film peut être album-concept. Dans une moindre mesure, oui. A partir du moment où les musiques sont liées par une histoire ou un thème, c’est un album-concept.

Outre le cinéma ou le théâtre, l’album-concept peut aussi rejoindre la littérature ou la bande dessinée. Un exemple

Tales of mystery and imagination Edgar Allan Poe    the Alan Parson Rroject

En France, nous ne sommes pas en reste non plus grâce à Cocoon. Leur second album, « Where the oceans end » est ainsi un album concept inspiré par les films d’animation japonais, parlant d’un petit garcon rencontrant une baleine millénaire du nom de Yum Yum et parcourant le monde avec elle (vous remarquerez que l’on retrouve là aussi la thématique du voyage initiatique, le petit garçon rentrant chez lui à la fin).Les clermontois ont ainsi parlé à la sortie de l’album d’une possible adaptation sous forme de film d’animation, mais aussi sous forme de nouvelles. Elles n’ont pas encore vu le jour, Cocoon étant en pause, mais ça reste une affaire à suivre.

 

L’album peut aussi avoir une adaptation audiovisuelle, les musiques rythmant le film, voire le narrant à elles-seules. C’est par exemple le cas de The Wall, qui présente très peu de dialogues mais dont l’histoire est narrée par les musiques et les images. La musique parle ainsi pour elle-même, et est encore plus explicitée par son support visuel.Film D’Alan Parker, 1982 succède à la première tournée du show monumental par la taille de ses décors 1980-81 se limitant qu »à quelques villes pour des raisons liées au gigantisme de l’infrastructure nécessaire .

Le double album “Love” d’Angels and Airwaves a donné naissance à un film du nom de « Space time : a space odyssey »), mais aussi à un comic, inclus dans le « gold package » à la sortie de l’album.

Pink Floyd , de par sa richesse en innovation sonore , ambiance et atmosphère est source d’inspiration tant en rock psychédélique  que rock progressif et dérivés nombreux. Dans cette branche musicale, les albums  concept sont souvent légion tant pour les thématiques, les narrations dans les univers imaginaires  gothiques, féeriques, intergalactiques etc …..

Pain of Salvation en est une bonne illustration . Quelques albums avec leur thème

       The Perfect Element I 2 individus perturbés trouvent l’amour, l’un dans l’autre et  trouvent une fin tragique

  • Remedy Lane : Histoire d’une romance enfantine réveillée après des années mais lourds de leur passé, les protagonistes  sont conduits à l’adultère et au suicide
  • Be : peut -être l’album le plus conceptuel  décrit une situation dans laquelle Dieu  se trouve confronté à la déception , pour ne pas dire pire, par  sa création des humains et décident de les laisser livrés à eux -mêmes. Qu’adviendra t’il du genre humain ?
  • Scarsick est la continuité de  The perfect elementI à part que le protagoniste, désormais, regarde la télévision et  se sent mal  au travers de ce qu’il y voit et ressent .

 

Avant de détailler plus, dans l’article qui suivra celui-ci, 2 cas de figure particuliers dans ce  thème inépuisable des albums concepts, voyons un peu du côté des francophones .

Pour la France, on peut citer Emile Jacotey – Ange (1975)L’album nous raconte des souvenirs d’un vieux maréchal ferrant de Franche-Comté.

l’Opera du pauvre  Leo Ferré  Ce plaidoyer onirique et grinçant pour la Nuit, c’est-à-dire pour l’imaginaire et la subversion selon Ferré, synthétise toutes les facettes du poète et du musicien.

L’homme à la tête de choux – Serge Gainsbourg (1976)L’histoire de cet album : une histoire d’amour aliénait le narrateur, un quadragénaire échotier de journal à scandale (une feuille de chou). Le reste de l’album permettra à l’auditeur de comprendre la raison de cette descente aux enfers. Jaloux, humilié par les aventures à répétition de Marilou , le narrateur l’assassine , l’ensevelie sous la neige et sombre dans la spirale de la folie.

L’histoire de Melody Nelson – Gainsbourg(1971) en est un autre exemple .

…..A suivre.

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Kan’nal – Desert Flower

Metamorfosis- papallones I Elefants

SOUND OF CONTACT – Pale Blue Dot

E’ FESTA – P.F.M. – (Storia di un minuto, 1972)

PARADIGMA Band – Out of Sun Fields (Studio recording in processing)

Alice – De L’autre Côté Du Miroir (1970)