Je veux dédier ce poème à toutes les femmes qu’on aime …

Les passantes, poème  d’Antoine Pol , écrit en 1911,publié dans « Emotions poétiques » en 1918, découvert par Georges Brassens dans les années 40 chez un bouquiniste, la met en musique en 1971 . Aujourd’hui, c’est Charlotte Abramow , réalisatrice photographe, qui nous présente en tableaux esthétiques la vision de la femme actuelle dans la liberté et la diversité .

« J’ai imaginé cette vidéo comme un poème visuel. Une ode à la femme, à leur liberté et à leur diversité. À tous types de corps, tous types de métier. Montrer qu’il ne doit pas y avoir de barrière pour la femme, un être humain avant tout. » Charlotte Abramow

 

Eloge des femmes , de celles mystérieuses ou insaisissables , des rencontres. manquées  . Regard d’homme sur ces femmes aperçues , croisées et qui passent pour le texte original d’ Antoine Pol. Vision de ce qu’était peut-être leur vie ..

Une existence humaine en un fugace instant de conscience ou un rêve chimérique et pudique à la lueur d’un visage entraperçu sur lequel on aurait aimé lire un signe d’approbation pour arrêter le temps et y trouver une invitation à un rapprochement profond  .

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Obscur objet du désir- Cachez moi ce con que je ne saurais voir

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Envier Janvier ce mois entier pour présenter ses voeux pour la nouvelle année .  Certains ne feront pas voeux de chasteté  et de l’épiphanie où il est tradition de tirer les rois  ( visite des rois mages à l’enfant Jésus à l’origine de cette fête  des  couronnés)  Les reines ne seront pas en reste  et de mettre à l’honneur leurs joyaux en les couchant sur du papier pour mieux les glorifier . . De la pâte feuilletée de la galette à 4 feuillets rescapés d’un incendie, de mots brûlants à l’époque et des rebondissements, de l’amande à l’amende et à l’emprisonnement Le con d’Irène  d’ Aragon vous est conté .

Écrit en 1920 dans  un manuscrit  projet de “ La défense de l’infini “1500 pages qu’il a lui mêm brûlé et dont quelques feuillets avaient été sauvés par Nancy Cunard , riche américaine , amante de Louis .Publié sous compte d’auteur anonyme en 150 exemplaires en 1929 ( petit livre illustré de 5 eaux  fortes d’ André Masson) par Pascal Pia  imprimeur et féru de litteratures  clandestines , circulant sous le manteau . Ce n’est qu’après la mort d’Aragon que ce petit chef d’oeuvre de littérature classique française lui fut enfin attribué officiellement . 1982 : ouverture de l’accès aux archives d’ Aragon  livrant quelques pans à la bibliothèque Jacques Doucet. Puis, en 1989 , un maître de conférence français retrouve à Humanities research Center d’Austin  les fameux feuillets sauvés par la Texane  avec inscriptions “fragments Aragon 1827”.

2 dec 1993 , aux ventes aux enchères de Drouot est mise en vente un des 150 exemplaires, celui là même appartenant à Pascal Pia. En fin de livre apparaissent les épreuves corrigées de la main d’ Aragon .

Entre temps, Régine Deforges  ( écrivain, scénariste, réalisatrice, éditrice , militante ) , première éditrice française, en mars 1968 publie ‘une deuxième fois ‘Irene’, la première de Janvier 68 ayant été refusé pour absence d’auteur . On y ajoute donc le nom de’ Albert de Routisie ( édition L’or du temps) . 2 jours après sa parution, saisie des manuscrits et  condamnation pour outrage aux bonnes mœurs la prive de ses droits civiques pendant 5 ans .

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Le con d’Irène- Louis Aragon : Extraits

 

« À moi les cascades les trombes les cyclones l’onyx le fond des miroirs le trou des prunelles le deuil la saleté la photographie les cafards le crime l’ébène le bétel les moutons de l’Afrique à face d’hommes la prêtraille à moi l’encre des seiches le cambouis les chiques les dents cariées les vents du nord la peste à moi l’ordure et la mélancolie la glu épaisse la paranoïa la peur à moi depuis les ténèbres sifflantes depuis les cavalcades d’incendies des villes de charbon et les tourbières et les exhalaisons puantes des chemins de fer dans les cités de briques tout ce qui ressemble au fard des nuits sans lune tout ce qui se déchire devant les yeux en taches en mouches en escarbilles en mirages de mort en hurlements en désespoir crachats de cachou crabes de réglisse rages résidus magiques muscats phoques or colloïdal puits sans fond. À moi le noir » […………]

Elle restait là des heures à me prodiguer le calme, les conseils, tout près, tout près de moi sans voir, je n’ai jamais su si elle voyait, sans voir dans mes prunelles tragiques la haine et le désir mêlés sanglants. Dans le silence et la quiétude mes yeux dansaient pour émouvoir. Une marée d’images y montaient, elle s’interposait peu à peu entre le monde et moi. Corps, corps corps de tous les gens à la ronde, mes mains clouées vous arrachaient vos vêtements, vous arrachaient les vêtements révélateurs de vos formes damnantes, arrachaient à la fois, ecor chaient votre peau tentatrice et laissaient sur vos blancheurs et sur ma cornée de grandes traînées rouges  à mourir de la malle mort sans confesseur, de la mort divine et grondante qu’appelait sourdement ma chair bouleversée sur la rive impossible à quitter du plaisir, interdit à celui qui n’a plus l’usage de ses mains clouées de part et d’autre des cuisses inertes contre lesquelles dérisoirement se dresse énorme bonté du ciel suce, branle et baise!la queue prete à crever les murs et bandant aux étoiles . […]

Chap 8

Si petit et si grand ! C’est ici que tu es à ton aise, homme enfin digne de ton nom, c’est ici que tu te retrouves à l’échelle de tes désirs. Ce lieu, ne crains pas d’en approcher ta figure, et déjà ta langue, la bavarde, ne tient plus en place, ce lieu de délice et d’ombre, ce patio d’ardeur, dans ses limites nacrées, la belle image du pessimisme. Ô fente, fente humide et douce, cher abîme vertigineux.

C’est dans ce sillage humain que les navires enfin perdus, leur machinerie désormais inutilisable, revenant à l’enfance des voyages, dressent à un mât de fortune la voilure du désespoir. Entre les poils frisés comme la chair est belle sous cette broderie bien partagée par la hache amoureuse, amoureusement la peau apparaît pure, écumeuse, lactée. Et les plis joints d’abord des grandes lèvres bâillent. Charmantes lèvres, votre bouche est pareille à celle d’un visage qui se penche sur un dormeur, non pas transverse et parallèle à toutes les bouches du monde, mais fine et longue, et cruciale aux lèvres parleuses qui la tentent dans leur silence, prête à un long baiser ponctuel, lèvres adorables qui avez su donner aux baisers un sens nouveau et terrible, un sens à jamais perverti.

Que j’aime voir un con rebondir

Comme il se tend vers nos yeux, comme il bombe, attirant et gonflé, avec sa chevelure d’où sort, pareil aux trois déesses nues au-dessus des arbres du Mont Ida, l’éclat incomparable du ventre et des deux cuisses. Touchez mais touchez donc vous ne sauriez faire un meilleur emploi de vos mains. Touchez ce sourire voluptueux, dessinez de vos doigts l’hiatus ravissant. Là que vos deux paumes immobiles, vos phalanges éprises à cette courbe avancée se joignent vers le point le plus dur, le meilleur, qui soulève l’ogive sainte à son sommet, ô mon église.

Ne bougez plus, restez, et maintenant avec deux pouces caresseurs, profitez de la bonne volonté de cette enfant lassée, enfoncez, avec vos deux pouces caresseurs écartez doucement, plus doucement, les belles lèvres, avec vos deux pouces caresseurs, vos deux pouces. Et maintenant, salut à toi, palais rose, écrin pâle, alcôve un peu défaite par la joie grave de l’amour, vulve dans son ampleur à l’instant apparue. Sous le satin griffé de l’aurore, la couleur de l’été quand on ferme les yeux.

Ce n’est pas pour rien, ni hasard ni préméditation, mais par ce BONHEUR d’expression qui est pareil à la jouissance, à la chute, à l’abolition de l’être au milieu du foutre lâché, que ces petites sœurs des grandes lèvres ont reçu comme une bénédiction céleste le nom de nymphes qui leur va comme un gant. Nymphes au bord des vasques, au cœur des eaux jaillissantes, nymphes dont l’incarnat se joue à la margelle d’ombre, plus variables que le vent, à peine une ondulation gracieuse chez Irène, et chez mille autres mille effets découpés, déchirés, dentelles de l’amour, nymphes qui vous joignez sur un nœud de plaisir, et c’est le bouton adorable qui frémit du regard qui se pose sur lui, le bouton que j’effleure à peine que tout change. Et le ciel devient pur, et le corps est plus blanc. Manions-le, cet avertisseur d’incendie.

Déjà une fine sueur perle la chair à l’horizon de mes désirs. Déjà les caravanes du spasme apparaissent dans le lointain des sables. Ils ont marché, ces voyageurs, portant la poudre en poire, et les pacotilles dans des caisses aux clous rouillés, depuis les villes des terrasses et les longs chemins d’eaux qu’endiguent les docks noirs. Ils ont dépassé les montagnes. Les voici dans leurs manteaux rayés. Voyageurs, voyageurs, votre douce fatigue est pareille à la nuit. Les chameaux les suivent, porteurs de denrées. Le guide agite son bâton, et le simoun se lève de terre, Irène se souvient soudain de l’ouragan. Le mirage apparaît, et ses belles fontaines… Le mirage est assis tout nu dans le vent pur. Beau mirage membré comme un marteau-pilon. Beau mirage de l’homme entrant dans la moniche. Beau mirage de source et de fruits lourds fondant. Voici les voyageurs fous à frotter leurs lèvres. Irène est comme une arche au-dessus de la mer. Je n’ai pas bu depuis cent jours, et les soupirs me désaltèrent. Han, han. Ire appelle son amant. Son amant qui bande à distance. Han, han. Irène agonise et se tord. Il bande comme un dieu au-dessus de l’abîme. Elle bouge, il la fuit, elle bouge et se tend. Han. L’oasis se penche avec ses hautes palmes. Voyageurs vos burnous tournent dans les sablons. Irène à se briser halète. Il la contemple. Le con est embué par l’attente du vit. Sur le chott illusoire, une ombre de gazelle…

Enfer, que tes damnés se branlent, Irène a déchargé. […..]

Chapitre 6

« Poissons poissons c’est moi, je vous appelle : jolies mains agiles dans l’eau. Poissons vous ressemblez à la mythologie. Vos amours sont parfaites et vos ardeurs inexplicables. Vous ne vous approchez pas de vos femelles et vous voici l’enthousiasme à l’idée seule de la semence qui vous suit comme un fil, à l’idée du dépôt mystérieux que fit dans l’ombre des eaux luisantes une sourde exaltation muette, anonyme. Poissons vous n’échangez pas de lettres d’amour, vous trouvez vos désirs dans votre propre élégance. Souples masturbateur des deux sexes, poissons, je m’incline devant le vertige de vos sens. Plût au ciel, plût à la terre que j’eusse le pouvoir de sortir ainsi de moi-même. Que de crimes évités, que de drames repliés dans le trou du souffleur. Vos transports transparents, mort du Christ ah que je les envie. Chères divinités des profondeurs, je m’étire et je me démène si je pense un instant à l’instant de votre esprit où se forme la belle plante marine de la volupté dont les branches se ramifient dans vos êtres subtils, tandis que l’eau vibre autour de vos solitudes et fait entendre un chant de rides vers les rives. Poissons poissons, promptes images du plaisir, purs symboles des pollutions involontaires, je vous aime et je vous invoque, poissons pareils aux montgolfières. Jetez au creux de vos sillages un lest passionnel, signe de votre grandeur intellectuelle.Poissons poissons poissons poissons.Mais l’homme aussi fait parfois l’amour ».[…………….]

« Les mots ne lui font pas plus peur que les hommes, et comme eux ils lui font parfois plaisir. Elle ne s’en prive pas au milieu de la volupté. Ils sortent d’elle alors sans effort, dans leur violence. Ah, l’ordure qu’elle peut être. Elle s’échauffe, et son amant avec elle, d’un vocabulaire brûlant et ignoble. Elle se roule dans les mots comme dans une sueur. Elle rue, elle délire. Ça ne fait rien, c’est quelque chose, l’amour d’Irène ».[…..]

A quoi s’accrocher , des hauts et des bas – Quand la lingerie se la joue chic et fine.

RankinUn petit quizz distrayant et futile a attiré l’attention de Lafraise . Portant sur la lingerie fine, il fallait reconnaitre l’appellation de pièces variées composant les sous -vêtements , les « dessous » qui parfois mettent le sens au plus hauts ( quel comble pour des bas!). Du soutien-gorge aux collants, du slip brésilien au porte- jarretelles (déjà visité sur ce blog, il y a quelques années), c’est une petite anthologie de la lingerie féminine qui s’affiche au grand jour, de haut en bas . Accrochez -vous !

GERMANY-SWITZERLAND-ART- MerettOPPENHEIMLe soutien- gorge : Décidément la langue française recèle de faux amis , euphémisme que la gorge pour ne pas dire les seins. L’ancêtre de ce soutien , apodesme grec, strophium romain avait plus pour rôle de les cacher que de les mettre en valeur. Un gout plus prononcé pour les silhouettes androgynes que pour les protubérances , les canons en matière de beauté féminine voient tour à tour se bander, se cacher ou au contraire dévoiler, redresser , faire pigeonner ces attributs de morphologie féminine.
Gorgerette ou brassière , dont le diminutif « bra » en donne l’étymologie anglo-saxonne, il va s’intégrer pendant des siècles au corset . Il faudra attendre la fin du XIXeme siècle pour séparer les seins en deux bonnets distincts, leur assurer confort et réel maintien .
A corbeille, pigeonnant ou à balconnet , ils avantagent le décolleté. Petits artifices que les redresse seins, les coussinets, push up , fermeture dans le dos ou devant, baleines ou maintien renforcé, leur forme de bonnet du triangle ou du bandeau, mamelons pointus ou rondeurs douces , chacune y trouvera son modèle . Brandi comme porte drapeau par les féministes , brulé ou remis en cause sur les bienfaits de le porter ou non , interdit par certains, érotisé par d’autres le soutien -gorge s’affiche et se coordonne . Objet à réveiller les convoitises, les désirs il est surprenant de le voir arborer le nom de Bikini ( île tristement connue pour les essais nucléaires) lorsqu’il se mouille pour les loisirs aquatiques et devient maillot de bain mis à l’honneur par les pins-up de l’époque .
564_bessy_de_sarancolin-1-00315Culottes, slips : Qu’elles soient fendues comme les portaient jadis les femmes au champs ( plus fonctionnelles pour uriner sans avoir à se dévêtir et en toute discrétion), ce sont leur échancrures, leurs formes plus ou moins enveloppantes de l’anatomie hanche et croupe qui en déterminent le nom . Intégrée et solidaire de la partie recouvrant le tronc et c’est le body qui la remplace. Tout comme le collant, c’est au monde des danseuses qu’il quitte le milieu sportif pour venir rejoindre les tiroirs et le corps passant de dessus à dessous. Recouvrant les hanches , descendant sur les cuisses nous retrouvons le panty.

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troupe du Moulin Rouge- French Cancan & dessous dévoilés.

Ah ce fameux panty, culotte longue jusqu’aux genoux bordé de petites dentelles , dévoilé aux yeux d’un public plus ou moins averti par les fameuses danseuses de french cancan et mis en peinture par Toulouse Lautrec avant d’orner les photographies érotiques vendues sous le manteau .

stockings_by_toulouse-lautrecMoins de tissu, Il devient boxer ou shorty se parant d’un volant comme une mini jupette. Montant sur le ventre , c’est le slip gaine , renforcé de fibres élastiques pour effacer quelques bourrelets que les corsets d’antan comprimaient également.
Slip italien, brésilien, tanga au string , les fesses , les hanches se couvrent ou se découvrent et ne croyez pas que le prix de ces dessous s’allègent avec la raréfaction de la quantité de dentelles, de soie et autres matériaux et tissus. Loin de là , plus c’est petit et plus c’est cher.

tumblr_n5fh1icTBC1rsj72ao1_500Le corset lorsqu’il abandonne les bretelles devient bustier puis gaine. Perdant ses œillets, ses agrafes, ses baleines , noués; lacés devant il devient guêpière affinant la taille et faisant bourdonner dentelles , perles, rubans pour y accrocher les bas et montrer le slip ou la culotte échancrée qui la complète. Plus légère à très fines bretelles elle devient caraco et lorsqu’elle habille les nuits c’est la nuisette qui apparait sous son déshabillé ouvert et transparent parfois. De l’art de voiler et dévoiler les atours de jour comme de nuit , la lingerie n’a de cesse de se montrer diverse et variée, sage ou coquine.

moah_75_1118657733_chantal_thomass_3Abandonnant le haut, le serre- taille reprend alors le flambeau . Des origines du porte jarretelles , simple ceinture orné de rubans . A leurs extrémités , des crochets , des fermoirs , des pinces comme celles des bretelles à pantalon de ces messieurs pour y accrocher les bas de chausses comme on les appelait à l’époque. Remontant l’échelle du temps , les porte jarretelles , vers 3000 avant JC n’étaient portés que par les hommes. La jarretière, simple anneau de contention et maintien anti glisse de la chausse, la chaussette ou le bas, laissant voir quelques centimètres de peau à la racine de la cuisse ou plus au dessus ou en dessous du genou laisse place au porte jarretelles , préconisé médicalement par Mr Féréol Dedieu pour éviter le garrotage.

to_visit_the_queen_by_scottchurch-d4twp7eLe strophium romain s’accompagnait de fascia crurales complétant le bandage abdominal couvrant le ventre et les hanches, le zona. Tenant plus du caleçon à pieds , les collants ont, en fait, précédé l’avènement des bas. Ce n’est qu’au XVIeme siecle qu’on sépara la culotte des jambes et que naquit cet objet les couvrant et les allongeant , objet de fétichisme chez certains hommes. D’abord tissés , les bas sont de laine, de cuir, de brocards, de soie rehaussés de fils d’or ou d’argent . Ils abandonnent progressivement les jambes masculines pour parer celles des femmes exclusivement. La rayonne ou soie artificielle en démocratise le port au début du XXème siècle. Loin d’un objet de séduction, les bas avant le retour en force du collant, apanage des danseuses, avec l’arrivée de la mini-jupe ( Mary Quant, 1968) font partie intégrante des pièces vestimentaires . Il était de bonne moralité pour les jeunes filles et les femmes de ne point se montrer jambes nues. Apogée du bas Nylon, fin , souple et résistant, combat déloyal de grosses firmes pour évincer l’apparition de matière infilable dans les prémices de la société de consommation, un effort de guerre est demandé aux utilisatrices américaines lors de la seconde guerre mondiale : rendre leurs bas afin qu’ils soient fondus et retissés pour les toiles de parachute. A l’inverse, combien de femmes ont recyclé ces parachutes en cousant habilement de magnifiques sous-vêtements. Pénurie de matières premières , le système D n’empêche pas la coquetterie . Brou de noix et autre colorant sont appliqués sur la peau en trompe l’œil (un avant- gout du body painting !)

lesdessouschicsremirebillard6Les années 80 et l’avancée de nouvelles textures issues de la pétrochimie , l’apparition de l’élasthanne, des microfibres relancent le marché du bas qui s’agrippe désormais en haut des cuisses par une bande autofixante faisant délaisser les jarretelles. Elégance et sensualité, objet de culte ou esprit rebelle le bas se porte toujours haut et fort en couleurs, en matières, en motifs.

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Ajouré lorsqu’il est bas résille, orné d’un fileté longitudinal lorsqu’il est bas couture, il n’en a pas fini d’en découdre avec les collants, les grandes chaussettes montant au dessus du genou. La créativité des designers et faiseurs de mode jouent d’ingéniosité en le mettant à toutes les sauces, en le déstructurant, le trouant, le filant (grunge et punk, urbain même ), Le shorty , lui aussi s’ennoblit et fera partie intégrante d’une tenue sophistiquée pouvant accrocher à son tour ces bas en haut de vos cuisses.

N’oublions pas le jupon , le fond de robe ou combinaison même si , passé de mode, seules nos mères ou nos grands-mères les portent encore . Un petit regain les avait fait être portés au grand air , autre dessous à passer dessus, micro phénomène de mode vite dépassé par les fashion victimes. Les dessus dessous ou la mise en valeur du corps, du luxe, du raffinement, la dentelle , puncta in aera (points en l’air) , decorum des hommes et ecclésiastiques à l’encolure au bas des manches , des costumes de cour aux robes de prélats ces ornements enchantent les dames et leurs multiples jupons . Les jabots, les jarretières et même les bords de bottes souples en sont garnis.

CQaGWXTWIAA2sTrSens dessus dessous après cette liste de lingerie? Bas ou collant? String ou culotte? A vous de choisir, à vous de combiner ensemble ces différentes pièces. Confort ou séduction, plaisir personnel que de sentir sur sa peau douceur et élégance . De sensuelle, glamour attention de ne pas tomber dans le ridicule , le burlesque frisant même le vulgaire.

signe-vilstrup_fashionproduction_5Paraitre plus qu’être , de la belle à la rebelle , de la provocatrice à la péripatéticienne aguichant le client , il n’y a qu’un fil, tout comme un bas filé, une maille résille. Les gouts et les couleurs sont affaire personnelle . Et pourquoi ne pas inverser les rôles et transformer vos hommes, votre partenaire de jeu en homme -objet en jouant de votre lingerie comme élément de stimulation, réveil de leur libido , titiller leur imaginaire en se rapprochant de leurs fantasmes et mettre en valeur en habillant leur objet de fétichisme ( jambes, pieds, chevilles, genoux, fesses, chute de reins, seins ou gorge, à chacun sa petite région charnelle, corporelle qu’ils déshabilleront du regard et du bout des doigts ou pire …)

berta.AWStrip tease et pole danse , un art d’une plaisante provocation de leurs sens . Un petit air boudeur pour sortir du boudoir, sage taquine, coquine affriolante, mutine gourmandise à chacune sa tenue chic ou choc, cuir, latex, dentelle ou soie , voiler ou dévoiler le désir de se plaire , de mystère.

lingerie-glamour-de-chantal-thomassTransformation du corps naturel en corps culturel , poids des convenance et de la bienséance, cacher ou dévoiler un peu de chair, un peu d’intime , moraliser ou transgresser, érotiser ou camoufler , ces sous-vêtements accrocheurs ou contraignant en dévoilent plus sur les reflets des sociétés et civilisations à travers l’histoire et la place de la femme au travers des âges . L’être et le paraitre, jeu de domination , de contrôle, de pouvoirs. La lingerie fine , tout comme un bijou, un parfum expression de l’éternel féminin .

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Nouvelle rubrique : Voyage et partage d’archives photographiques familiales d’une petite fraise pour ne jamais oublier ses racines.

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 » Je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre ; la France en ce temps là ….. »C. Aznavour

Nuit et Brouillard – Hubert-Félix Thiéfaine -Chanson de Jean Ferrat -vidéo & lyrics

Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants
Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent

Ils se croyaient des hommes, n’étaient plus que des nombres
Depuis longtemps leurs dés avaient été jetés
Dès que la main retombe il ne reste qu’une ombre
Ils ne devaient jamais plus revoir un été

La fuite monotone et sans hâte du temps
Survivre encore un jour, une heure, obstinément
Combien de tours de roues, d’arrêts et de départs
Qui n’en finissent pas de distiller l’espoir

Ils s’appelaient Jean-Pierre, Natacha ou Samuel
Certains priaient Jésus, Jéhovah ou Vichnou
D’autres ne priaient pas, mais qu’importe le ciel
Ils voulaient simplement ne plus vivre à genoux

Ils n’arrivaient pas tous à la fin du voyage
Ceux qui sont revenus peuvent-ils être heureux
Ils essaient d’oublier, étonnés qu’à leur âge
Les veines de leurs bras soient devenues si bleues

Les Allemands guettaient du haut des miradors
La lune se taisait comme vous vous taisiez
En regardant au loin, en regardant dehors
Votre chair était tendre à leurs chiens policiers

On me dit à présent que ces mots n’ont plus cours
Qu’il vaut mieux ne chanter que des chansons d’amour
Que le sang sèche vite en entrant dans l’histoire
Et qu’il ne sert à rien de prendre une guitare

Mais qui donc est de taille à pouvoir m’arrêter ?
L’ombre s’est faite humaine, aujourd’hui c’est l’été
Je twisterais les mots s’il fallait les twister
Pour qu’un jour les enfants sachent qui vous étiez

Vous étiez vingt et cent, vous étiez des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiriez la nuit de vos ongles battants
Vous étiez des milliers, vous étiez vingt et cent.
Paroles : Jean Ferrat

Charlie ou pas , Liberté de choix ?

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Charlie , et voilà que Paris s’enflamme ainsi que les villes, bourgades et  villages de France et de Navarre.
Chacun y a été de son étiquette posée : « je suis Charlie » . Certains ont essayé d’en tirer profit . Que ce soir le merchandising autour de ce slogan, autour du numéro spécial de mercredi, que ce soit de montrer sa bobine au premier rang de l’actualité nationale ..oh excusez , devenue internationale , globalisation , mondialisation oblige . Grands et petits, toute couleur politique, toute confession religieuse ou pas , chacun arborait un panonceau , une marque de fabrique « je suis Charlie ».
Etre Charlie ou pas , passer pour un charlot ou pas , revêtir une charlotte , heu un bonnet phrygien pour cette marche républicaine ou pas .. Mouvement de cohésion , descendre dans la rue au nom des libertés et voilà que les villes , les villages de France métropolitaines ; ainsi que les dom toms , le même jour à quelques heures de décalages horaires , sans oublier les français expatriés se mettent à marcher .
« Je suis Charlie » le dimanche 11 Janvier oui et après ??? Je suis Charlie , parce que je m’identifie ou je suis membre d’une communauté blessée dans sa chair , presse écrite , policier, Juif, libre penseur, crayon , papier, victime, goi et roumi, mécréante , rom et sans papier, sans magazine et sans journal hebdomadaire ou pas .
Au-delà de ce que représente Charlie Hebdo, certains d’y voir des dessins blasphématoires voir même pornographiques … Qu’est-ce qui est plus choquant, plus vulgaire , plus dégradant …une image de « merde » d’ étron crayonné ou des personnes connues pour leur contrôle plus que musclé sur le droit d’expression dans leur propre pays , en représentation officielle à ce défilé ? Ceux qui viennent redorer leur côte d’impopularité, ceux qui en esperent des retombées personnelles , qui étaient là pour se montrer .Image, image et encore image, clichés, caricature, obcénité!
17 morts dans des actes caractérisés de barbares dans la capitale du pays qui a connu historiquement une révolution populaire et qui historiquement sert encore d’exemple, la fameuse révolution française! . 17 morts et combien chaque jour dans différents points du globe , là où les conflits sont attisés, armés, financés par l’occident ? Facile de dire : « les premières victimes de la folie radicale islamique sont les musulmans eux-mêmes … et pourtant vrai ! Oui , les français de base n’y connaissent rien .Islam et musulman quelle différence, lorsqu’ils arrêtent la frontière au monde arabe? . Savent-ils quel est le pays à plus forte « densité » de croyants musulmans ??? Ils vous répondront un des pays du Maghreb ou du moyen- orient .. Et L’Indonésie alors , et l’Asie ???
Je suis Charlie , mais je ne comprends pas le parti pris de renforcer une présence policière principalement autour des écoles ou lieu de culte hébraïques …. Je suis Charlie mais les cloches de Notre Dame de Paris ont retenti, défilé républicain et laïc uniquement?
Je suis Charlie ou Charlot ,je ne suis pas Charlie hebdo …Parce que j’ai vécu cette année 1995 la vague d’attentats à la bombe ( bouteilles de gaz bourrée d’écrous et de pièces métalliques), métro Saint Michel ,Paris ( 7 morts,84 blessés) 25 juillet Place Charles de Gaulle, tentative sur ligne TGV, marché boulevard Richard Lenoir (11eme arrondissement), , toilettes publiques prés d’une école, , Ecole Juive Nah’alat Moché Villeurbanne(près de Lyon), Station de métro Maison Blanche, 11octobre trame du RER C entre les statons Musé d’Orsay et Saint Michel, Port Royal et qui avait débuté le 24 décembre 1994 de la prise d’otage du vol Air France 8969( Alger-Paris).Rappelez-vous de l’intervention Du GIGN , faisant les « unes » de tous les médias de l’époque. . La peur au ventre , les menaces de gaz Saron, les fausses alertes. Je suis Charlie en ayant côtoyé les familles, les victimes , en ayant pris en charge leurs maux et leurs mots, leurs plaies, leurs souffrances, leurs silences.
Je suis Charlie parce que les jeunes des cités, des banlieues sont embrigadés , parce que l’enrôlement et la radicalisation ne se font pas seulement dans les prisons , dans ses prisons où l’on veut désormais « isoler » les gourous, les recruteurs, où l’ont menace de peines fermes les « illuminés », les fous, les déments, les excités qui osent crier qu’ils ne sont pas Charlie.
Les jeunes dans les collèges ou les lycées qui n’ont pas accepté de faire la minute de silence décrétée dans tous les établissements et lieux publiques ,ces générations enfants ou petits-enfants d’ immigrés ne se sentent pas français , ne se sentent pas concernés par le pays où ils sont nés . Un avenir mensonge, un boulot, une perspective d’avenir , l’ascenseur ou l’escalier social , le respect de leur différence, la liberté, l’égalité et la fraternité ?
Radicalisation , Fondamentaliste, Islam, Islamiste …Il serait temps de redéfinir chaque mot. Jouer sur la dialectique plutôt que sur le choc d’une image , toujours ces images…
Un événement historique que cette hypermédiatisation . Je suis Charlie ou je ne suis pas . Je suis l’enfance violée, mutilée par les mines anti personnelles, je suis celui qui meurt de faim, celui qu’on empoisonne au nom de la consommation. Je suis le petit, l’opprimé, le muselé. Je suis ces victimes collatérales , ces civils qui meurent d’être au mauvais endroit , au mauvais moment . .Je suis ces femmes esclaves sexuelles, prise de guerre pour le repos du héros .Je suis les milliers de morts, de familles déchirées, de maisons ou d’hôpitaux, d’écoles détruites. Je suis l’arme de destruction massive d’une ethnie, d’une communauté, d’un clan , d’un ennemi au nom d’un dieu , d’un prophète, d’une couleur de peau, d’un chromosome de trop, d’une croyance, de racines, d’une différence.
Je suis blasphème, déclaration ordurière, choquante, profanatrice, inacceptable. Je suis politique, financier, pouvoir, convoitise débridée, dictature, sexe, sarcasme, mensonge, ultraviolente, pornographie, .je suis tortionnaire et bourreau au nom de la démocratie, de la liberté de contrôler les pensées, de juger et de sanctionner les délinquants, les criminels au nom de lois, de dogmes. Je suis l’enfer sur terre au nom d’un paradis pour après .Pour après quoi ? Je suis Charlie, Bravo, Alpha..
Je suis ce mouton bêlant qui suit le troupeau sans broncher, mouton de Panurge prêt à se jeter dans le vide par ignorance , par stupidité, par paresse. Je suis Charlie irraisonné, sans peu de foi ou de mauvaise foi, tricheur, menteur, affabulateur, provocateur. Je soulève les foules, je réveille les instincts les plus vils, ceux qui vont se faire du beurre sur mon dos en posant une main fratricide sur mon épaule, faire du merchandising d’un slogan, de ces 3 mots, faire rimer haine avec je t’aime, république avec déclic. Dessins grotesques, j’en remets une couche pour étaler en presse papier, en agent X, en argent sale, en fauteur de trouble, en émotion de l’instant, en contagion virale, en supposition , supputation et suppôt de Satan. Je suis Charlie qui diabolise.
Je suis Charlie, plutôt Charlie Chaplin dans ses écrits dans son poème La Vie , ses réflexions, ses parodies et ses satires , ses actes emplis d’humanité et de respect. .Je suis cette Goi , roumi , cette scélérate, mécréante , qui hésite entre athée ou agnostique. Je suis ce rien qui se demande ce que serait le monde s’il avait la preuve indéniable que les dieux, déesses n’ existent pas , que la morale, l’étique , le bien le mal n’a plus de fondement , de fondation , qu’il n’y a donc plus de limite , plus d’interdit. Je suis le chaos , la fin d’une civilisation , la fin de l’humanité. Je suis Charlie transgressif.
Je suis … L’auxiliaire être loin des verbes croire, espérer, souhaiter, unir, agir. Je suis impression , émotion, sensation, sentiment, représentation, signifiant ou signifié, suis-je une réalité?
Je suis Charlie en montrant la route aux enfants pour une ouverture d’esprit , pour une tolérance de toutes les religions , vers une quête spirituelle tout au long de la vie . Je suis Charlie Delta Echo lorsque je m’enrichis à travers la rencontre, le dialogue , la découverte de l’autre dans ses différences , dans ses idées , ses représentations et ses croyances , lorsque le débat se nourrit de matière, de connaissance, de savoir , d’une argumentation et non d’une confrontation hostile .

Et puis non , je ne suis pas Charlie .Je suis Alpha Bravo Delta Echo Foxtrot Golf Hotel India Juliet Kilo Lima Mike November Oscar Papa Quebec Romeo Sierra Tango Uniform Victor Whiskey X-ray Zulu. Je ne suis plus journal hebdomadaire polémiste, je suis alphabet phonétique radio. Charlie ou pas, libre de vous exprimer, libre de penser .

Charité bien ordonnée commence par soi – même.

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La charité , élevée au rang de vertu reine des vertus accompagnant la foi et l’espérance comme la nommait Saint Paul, repris par Thomas d’Aquin .C’est au XIIème siècle qu’elle s’organise en réponse à la réalité sociale de la pauvreté de plus en plus criante dans un monde confronté à l’urbanisation . Hospices, maisons de charité, maladreries, léproseries, apportant soins physiques et moraux voient le jour. Restos du cœur, banque alimentaire, soupes populaires, épiceries sociales, œuvres caritatives ou action de particuliers , le terme de solidarité, d’action sociale détrône le terme de concept initial de charité tant par la connotation historique religieuse que par, inversement , version populiste transformant le comportement social bienveillant et utile en situation humiliante de dépendance dans une relation inégale. La charité, un acte d’amour, un don matériel et immatériel. Qui en est le bénéficiaire, à qui veut-il du bien , à qui en fait-il ?Aimer , c’est vouloir du bien à l’autre. Quand cet autre est dans le besoin, que peut-on faire? Lui tendre la main et l’aider à ce qu’il se prenne en charge en se sachant soutenu dans son effort, en l’accompagnant de sa présence bienveillante pour qu’il reprenne confiance en lui et qu’il puise l’énergie à agir ou est-ce lui tendre un billet , quelques pièces, un colis de denrée alimentaire , une action ponctuelle ?
Un acte de charité ne se manifeste t’il seulement qu’ en offrant une aide matérielle? Est-on plus charitable en faisant des dons d’argent auprès d’associations ou par le don de soi par les actes volontaires? Charité chrétienne ou humanitaire?  » La charité, Msieurs, dames » était une phrase traditionnellement marmonnée par les mendiants clochards , sans domicile fixe S.D.F en langage politiquement correct. Le charitable accorde plus qu’une simple pièce de monnaie , il prend la main tendue pour lui donner plus. Donner de son temps, voir même de sa vie pour lutter contre la pauvreté, l’injustice, contre la folie des hommes. Doit-on envoyer de la nourriture, des médicaments, des matériaux de construction ainsi que tout autre objet de première nécessité ou doit-on au contraire soutenir, former, reconstruire ? Des particuliers, des organisations non gouvernementales , hormis une aide financière et logistique apportent dans leur bagage un soutien psychologique, soutien physique …On peut citer les équipes médicales et paramédicales allant sur place pour soigner , éduquer , transmettre .. Un exemple Handicap International. Les volontaires affrontent la réalité de terrain , s’adaptent aux ressources du pays où ils agissent. L’ingéniosité des bricolages avec les moyens locaux, l’esprit de récupération et recyclage pour fabriquer une orthèse ou une prothèse et redonner l’autonomie . A quoi servirait une prothèse biodynamique hypersophistiquée demandant des sommes astronomiques à sa confection , des semaines d’apprentissage , un entretien régulier? Une « emboiture » ,un pilon en matériau trouvé sur place seront plus bénéfiques s’ils sont faits et accompagnés, avec rigueur et savoir faire, à l’ajustage, à la prévention des risques cutanés occasionnés, à une hygiène « primaire  » et nécessaire. C’est la transmission du savoir et du savoir- faire pour que la population locale puisse prendre elle-même en charge ses nécessiteux.

Il en est autant de la charité silencieuse de certains chirurgiens , qui , anonymement partent chaque année opérer les personnes dans l’incapacité de recevoir le geste salvateur par manque de structure ou de personnels adaptés aux pathologies . Outre les interventions chirurgicales, ces bénévoles forment leurs jeunes confrères et consœurs autochtones à prendre le relai et , loin des gants chirurgicaux à usage unique et du bistouri, prennent pelles et pioches pour creuser des sanitaires, des points d’eau non contaminés . Prévention avant guérison. Protéger c’est ça aussi l’humanité en chacun, c’est un acte simple d’amour universel.

 

Quelqu’un m’a posé un jour cette question :  » tu m’as aidé parce que tu attends ainsi plus de notre relation ou parce que tu connais ma situation de vie? « Cette question a fait voler en éclat toute culpabilité de ma part de ne plus pouvoir ou vouloir aider matériellement celle ou celui à qui je voulais du bien. Est-ce se donner bonne conscience ou est-ce vouloir soulager la souffrance de savoir la personne aimée ( non pas au sens d’ Eros, mais d’Agape) dans l’impossibilité d’assurer ses besoins élémentaires alimentaires, hygiéniques, affectives ou psychiques et d’y répondre par une action volontaire de charité. Savoir ce que l’on fait , le pourquoi à cet instant, les circonstances et raisons ponctuelles. Savoir également et choisir librement d’arrêter cette aide matérielle en conservant cependant toujours intacte l’aide immatérielle , la bienveillance sans jamais en attendre quoique ce soit en retour. La charité, le don ne demande aucune contre partie. Ce n’est pas une dette dont on réclame des intérêts.

Aide toi, le ciel t’aidera. Aide toi toi-même. Charité bien ordonnée commence par soi même. Proverbes , expressions bibliques ou païennes ne prônent pas la fin de l’altruisme vers l’égoïsme . Elle est peut-être la réponse à la question qui me fut posée. Aimer en voulant du bien, c’est d’abord s’aimer et se respecter soi- même. Agir pour le bien, le bien- être en accord avec ses convictions . Désirer faire le bien d’autrui, lui apporter une aide, dans un geste d’amour unilatéral du genre humain , caritas , le « care » anglo-saxon. Cesser le geste d’aide matérielle , financière en offrant cependant celle immatérielle lorsque l’autre manifeste une sensibilité diverse et exprime à travers des doutes la mise en cause de la bienveillance désintéressée initiale rendant néfaste une action volontaire et instaurant une relation malsaine, quand vouloir faire du bien fait mal à autrui ou à soi -même.

 

Comment faire pour aider à retrouver son équilibre sur le fil de la vie lorsqu’une personne en a perdu le balancier et vacille au point de tomber dans le vide? Microcosme et macrocosme s’entrechoquent dans chacun d’entre nous. Que ce soit un seul individu ou un pays entier criblé de dettes, comment redresser la situation?
Réduire les dépenses, augmenter les sources d’entrée financières est la réponse du sens commun. C’est un peu le chat qui se mord la queue. Qui n’a pas connu la situation de se trouver, par des circonstances défavorables , des accidents de vie , un jour , pris à la gorge par le système bancaire tel qu’il existe en France, par exemple. Petite vie réglée d’un cadre moyen assurant à sa famille un confort de vie quotidienne ( logement agréable, voiture, loisirs…). Mauvais coup du sort, séparation ou décès du conjoint, perte d’emploi ou simplement maladie de longue durée comme est appelé de façon sibylline le cancer , le SIDA ou les affections neurologiques évolutives. Circonstances particulières, mauvaise transmission entre les différents intervenants , méconnaissance des lois et des droits tant du code du travail que social, le funambule voit le câble sur lequel il avançait se transformer en fil de fer barbelé hérissé de pointes. Les indemnités journalières auxquelles ils peut prétendre ne viennent pas remplir l’escarcelle de son compte bancaire, tandis que les factures en tout genre, les remboursements de crédit l’affichent en rouge loin de la somme de découvert autorisée. Commission de recouvrement, agios, frais de non paiement et refus de chèques s’accumulent creusant de plus en plus le fossé sous ses pieds. Les dettes publiques pour un Etat en sont une réplique à l’échelle macroscopique, mais pas de circonstance atténuante, la France aussi est malade. Elle ne manque pourtant pas de médecins, de spécialistes en tout genre. Les remèdes sont connus ; c’est à croire qu’aucun n’a le courage ou la charité de mettre en application le traitement et qu’il soit préféré des soins palliatifs.
Revenons à notre ex cadre moyen . Bénéficiaire de soins efficaces, de conseils, d’un environnement d’aide, il peut reprendre une santé physique, mentale et morale, se reconstruire dans son intégrité retrouvée ou faire face à un vivre autrement après acceptation des limitations ou perte définitive de certaines de ses fonctions. Il peut , malheureusement entrer dans une spirale infernale de dépendance, de perte de repères, d’inaction et de passivité, de découragement, de dépression sévère incapacitante et invalidante. La désocialisation, la marginalité, l’emprisonnement psychique, la solitude, le suicide sont parfois les seules prestations octroyées par la grâce de la société occidentale actuelle qu’il contribuait à engraisser de sa sueur de travailleur.

 

Quant à faire acte de charité , d’espérance et de foi dans la guérison de l’Etat, la réduction des dettes publiques par le don sans intérêt, il faudrait trouver un Saint à qui se vouer, un Dieu autre que celui du jeu de la finance, des actions seulement cotée en bourse. Rendons grâce à Saint Jude et Sainte Rita pour les causes perdues ou désespérées. En ordre ou en désordre, prenez bien soin de vous , take care comme diraient ceux de l’autre coté de l’atlantique, avec le traité transatlantique la réalité sociale de nouveaux pauvres dans un monde confronté à la dictature de profiteurs ne pourra même plus tendre la main. Par charité, elle lui sera coupée. Charité bien ordonnée commence par soi- même. Certains s’en laveront les mains, d’autres porteront des gants. Indulgence, philanthropie, vertu, désintéressement, bonté ne rimeront pas avec cette charité là.

Photographie : Charité romaine , Stéphane Lallemand

Texte :Pascale Lafraise