
Il y a des jours où on en a plein le dos de chercher à porter le poids du monde sur ses épaules, tel Atlas, où son axis ne s’articule plus et grince de trop de compressions. Vouloir alors déposer, non pas le bilan , mais le lourd globe terrestre, le lancer loin de son attraction et de son système solaire pour qu’il rebondisse de planète en planète, qu’il regagne le néant sidérant. Faire des ricochets sur la surface des océans du vide. Combler de ses courbes les » creux », arrondir les angles, couper ou briser les lignes à haute tenson, attention , d’intention aucune, revisiter un univers uni!

Souhaiter mettre au placard certaine marinière : les beaux jours arrivent et les modes passent. Le Vintage voit défiler les ans et ressortir des cartons des « habits », kilts et bérets, panama ou bibi à voilette, ombrelles , éventails et fines dentelles embaumant la naphtaline ou l’essence de bois de cèdre. Détourner le treillis, y coudre des pièces de couleur , y broder des tambours , des crabes, des fleurs du Laos, y ajouter sa griffe !
s’en vêtir ensuite pour des noces barbares, enterrement de première classe, soirée de remise de prix ou de médailles suivis d’un dîner à « tenue correcte exigée ». S’y présenter en retard pour rater le discours officiel et puis ….
Trouver dans son assiette les reliquats, les restes d’un festin digne d’une cantine scolaire : de la bouillie rose au menu , Quel régime ! D’un chaudron de sorcière, ce met « exquis » réjouira les papilles de nos apprentis chimistes. Fricadelle d’importation ou rognons à la moutarde, cœur et poumon passés à la moulinette, tripes de quand déjà ? Ah variés sont les abats à s’inscrire sur la carte de la gastronomie française à hauteur des escargots ( de bourgogne ou petits- gris ramassés sous la pluie), cuisses de grenouille.

Plus oriental est mon palais , en ce moment. De tajine au pigeon, d taboulé libanais, de pâtisserie dégoulinante de miel et de sirop à la rose ou à la fleur d’oranger, farcie de pistache, datte, figue, étoile anisée , je rêve. Arak, raki ou thé parfumé avec des pignons de pin agrémenteraient ces mets, mais un verre d’eau fraiche posé à coté d’une petite tasse de café à la grecque conviendrait aussi .
Une pâtissière a comblé ces envies. Les aromes et les parfums flottant dans la maison me ramènent vers elle, vers toi. Tu nous as charmé de tes recettes magiques, envouté par les mariages de saveur. Tu as réjoui nos autres sens en nous parant de chatoyantes étoffes en sari, nous entourant de ta douceur. Tu nous manques. Tel un chien sans collier, tu es partie vers une nouvelle vie en franchissant un cap ou une péninsule, traversant des rivières, peut- être des océans vers quelques iles , continents ou future galaxie. Partie sans laisser d’adresse, des voix s’élèvent vers le ciel de tes jours, de tes nuits. Mélodies, dédicaces, cri d’amour pour elle, namasté.
Un seul signe de toi sans écran de fumée pour nous dire que tu vas, que tu es dans une belle histoire. Nous avons foi en toi et dans ton « il était une fois … »liberté de te dire « Je t’aime », de te tendre la main, sans écrire de poème. Une plus tout à fait enfant, jeune fille en fleur, se joint à cette chaine humaine. d’une corbeille de fruits, d’une fleur dans un pré, d’une rose des vents et des sables, d’une plume de cygne et d’un petit air de Blues s’envolent des pensées tracées à coups de pinceau du cœur. Il était une fois … des femmes et des hommes inquiets, tristes. Il en est aussi des gais, souriant, plein d’espoir et d’amour à donner. Respect !
mars 14, 2012
Catégories : Uncategorized . Étiquettes : Message, Peinture, Photographie, sensorialité . Auteur : pascalelafraise . Comments: Laisser un commentaire